Saturday, September 30, 2006

Samedi 30 septembre: Pour qui?

La tentation d'écrire pour une seule personne, un lecteur choisi, attentif parce que possédant des clefs. Le désir d'être lue, d'ouvrir la discussion, de recevoir des réponses, de faire des connaissances et des reconnaissances. Et le repli, le "juste pour moi", le silence mains sur les oreilles autour de mes mots.
Postulations contradictoires.
Je n'ai rien résolu, et j'arrêterai probablement d'écrire ici avant de prendre une décision.

Thursday, September 28, 2006

Jeudi 28 septembre: Les saisons du jardin

Eté









Automne









Hiver

Printemps














C'est Christie qui m'a donné envie ... En cherchant une photo de mon jardin (MON jardin?) à lui envoyer, j'en ai trouvé tant et tant que je me suis décidée à en faire quelque chose. Un an que nous sommes ici, j'ai fait le tour des saisons.

Wednesday, September 27, 2006

Mercredi 27 septembre: Fatigue


La fatigue pèse, et m'empêche d'aller me coucher. Je n'ai pas eu assez de temps. Alors j'en vole au sommeil, pour rien, des quarts d'heure gaspillés et la certitude de me retrouver chiffon demain matin.
Je repense à un soir d'automne, il n'y a pas si longtemps, au soleil rasant, à la possibilité de prendre mon temps. A l'impossibilité de la saisir.
Une plante m'a fait envie, qui s'étirait avec fierté vers la fin du jour, la douceur de l'air comme écrin à son bleu velouté. J'aurais voulu lui ressembler.

Sunday, September 24, 2006

Samedi 23 septembre: Mon petit garçon aux étincelles



6 ans.

La tête dure comme un caillou, l'obstination portée fièrement en blason, le coeur sur la main et une préférence marquée pour les bisous. Mon doux-dur, mon Paolo, qui me rend dingue, chaque jour un peu plus. Personne n'a comme lui la capacité de se couler à ce point exactement dans mes bras, adoptant une forme qui nous devient commune. Mon caméleon, shape-changing, malléable à en devenir une partie de ma chaleur.

Qu'est-ce qui, depuis un an, a changé? Je n'ai pas l'impression qu'il change. Il est la personne la plus fidèle à lui-même que je connaisse, sans pause ni calcul. Toujours la même tête têtue, le même sourire soleil, les yeux les plus beaux qui se soient posés sur moi. Il grandit, apprend un peu (il ne tient pas trop à apprendre), s'habitue doucement aux changements qu'il n'aime pas trop. Pour la première fois depuis que nous avons quitté Paris (il n'avait pas trois ans), il a commencé l'année dans un lieu et un environnement connu. Je le regarde y évoluer avec l'étonnement heureux qui lui vient d'une innattendue familiarité. Pour la première fois, il va pouvoir inviter ses copains à son anniversaire. Il n'en peut plus d'attendre le jour de la fête.

Je n'ai même pas pensé, comme l'année dernière, au jour de sa naissance. Aujourd'hui, je n'ai pensé qu'à lui, lui tel qu'il est aujourd'hui, à 6 ans. Comme un caillou qui fait facilement des étincelles, si on sait s'y prendre.

Tuesday, September 12, 2006

Mardi 12 septembre: I am not going to school.


- Elle était gentille, la baby-sitter?
- Oui ... Oui, assez. Mais quand même, elle nous a laissé faire les foufous, et elle ne nous a rien dit. Elle ne nous a même pas grondés!
- Tu aurais préféré qu'elle te gronde?
- Ben, on faisait les foufous, quand même!

Difficile à comprendre, mais très clairement exprimé, ce besoin d'être remis dans le droit chemin, qui le pousse à nous mettre à bout, à tester les limites, tout le temps, et à chercher jusqu'où il peut aller trop loin. Le matin, particulièrement, quand le temps presse, que les minutes sont comptées et que j'aimerais partir travailler sans avoir eu à me battre avec lui, c'est dur de le voir cogner sa petite tête obstinée contre mon autorité pour voir qui cèdera le premier. Il y a des jours où j'arrive à désamorcer, en détournant son attention (pas tout à fait 6 ans, on a l'attention volage, et si on ne se concentre pas très fort sur sa mauvaise humeur, on risque de l'oublier). Et puis, il y a des jours comme ce matin.

No, I am not getting up.
No, I am not going pipi.
No, I am not eating my breakfast.
No, I am not getting dress.
Forget about brusing my teeth.
And I AM NOT GOING TO SCHOOL.

Ah?...
Ce n'est que le 4e jour d'école.
La confrontation a duré jusqu'à ce que je perde patience, à 10 mn montre en main du passage du bus. J'ai pris l'enfant pas lavé, pas habillé, le ventre vide et l'oeil mauvais, et je lui ai posé un ultimatum (très peu sophistiqué, du genre: tu bois au moins ton jus de pommes et tu t'habilles en deux temps trois mouvements, sinon tu as la fessée de l'année). Il s'est mis à pleurer, m'a autorisée à le prendre dans mes bras, et après un calin express, a gracieusement accompli en vitesse accélérée tout ce que je n'avais pu obtenir en une demi-heure de cajoleries et de raisonnements raisonnables. A croire que sa dignité ne l'autorisait à céder à mes exigences qu'après un coup de gueule de ma part. Demain, dois-je commencer par gronder tout de suite?

Drôle d'enfant-herbe sauvage, qui ne va dans le sens du vent que quand souffle la tempête. Mais qui s'illumine à l'improviste pour un sourire qu'on lui offre en passant.


Lundi 11 septembre: Questions importantes.


- Maman, est-ce qu'on est dans un film?
- Non, on n'est pas dans un film. Pourquoi, tu as l'impression qu'on est dans un film?
- Oui, parfois. Mais ce qui est drôle, c'est qu'on ne sait pas qui nous regarde.
C'est un film qui ne peut jamais finir, sauf quand tout le monde est mort.
- C'est un peu triste.
- Non, c'est TRES triste. Le film finit quand tout le monde est mort. Quand toute la famille est morte.

Ah oui. L'enfance, pays heureux de l'innocence naïve. Oui.