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Monday, September 17, 2012

Projet du weekend




J'ai récupéré un bureau (grâce à Freecycle, une mane si on prend le temps de jeter un coup d'oeil sur les messages régulièrement).  Assez bon état, mais jaune pisseux et surtout terrible odeur de renfermé, racontant un long séjour dans une cave.  Je l'ai lavé, récuré, intérieur et extérieur, j'ai délogé quelques araignées qui y avaient élu domicile, j'ai décollé quelques vieux stickers, mais rien à faire: l'odeur de moisi est tenace.  J'ai fini par acheter une bombe de peinture pour peindre l'intérieur des tiroirs, et mon grand garçon s'en est donné à coeur joie.  On verra si ça marche ...


Puis il m'a aidée à repeindre l'extérieur.


Nous y avons passé des heures, mais je suis assez fière du résultat.  Moi dont la main imprécise fait immanquablement des bredouillis de peinture, je me suis appliquée, j'ai patiemment corrigé chaque erreur, j'ai attendu que la première couche sèche avant de passer la deuxième ...  Comme quoi, on change en vieillissant!  (et on aurait tort de toujours donner raison aux idées arrêtées que véhiculent "les autres" sur nous: ma légendaire maladresse, mon incapacité à faire quoi que ce soit de manuel ...)



Et je vous le montrerai complètement fini...

Sunday, July 01, 2012

Aujourd'hui: Clés

...
A quelques jours de l'expiration du bail, on m'a annoncé qu'il était renouvelé pour un an.  Immense soulagement: je me voyais mal, en quinze jours, trouver un nouvel appartement et organiser encore un déménagement.

Du coup, je m'autorise à me sentir "chez moi", dans ce petit (tout petit) nid.


Bien sûr, la transition a été rude.  Passer de quatre chambres à une seule.  De deux salles de bains à une seule.  D'une salle de séjour, un salon, une salle à manger à une seule pièce de vie (qui me sert aussi de chambre), ouverte sur la cuisine. 


Avoir la moitié de mes possessions dans la cave d'une amie (mais au fait, en ai-je vraiment besoin?...).  Me demander combien de temps je vais supporter les engueulades des deux zouaves forcés de cohabiter après trois ans en chambre individuelle.


Tout cela est provisoire et je continue à croire que les avantages de ce modeste logement sont largement supérieurs à ses inconvénients.  Je suis contente d'en garder les clés un an de plus (même si je reste bizarrement inconsolable de la perte de ma maison).


Monday, June 25, 2012

Since October (1)

...

J'avais perdu le cordon de mon vieil appareil photo.  Je viens de le retrouver, exactement là où il aurait dû se trouver - encore un coup de ces objets apparaissant-disparaissant qui me jouent des tours (just checking if you were paying attention).
90 photos - depuis octobre.  Pas les plus importantes, j'ai le nouvel appareil pour celles-là, mais celles, en marge, que je prends quand je n'ai sous la main que le petit qui traîne dans mon sac.  Retour en arrière sur quelques mois durant lesquels ma vie a pris des tournants abrupts (non, en fait: durant lesquels j'ai fait basculer ma vie et celle de ceux qui m'entourent de manière abrupte.  Pas de regret, mais pas sûr qu'un jour je me pardonne).



Octobre - Dans le jardin de cette maison qui n'est plus la nôtre.  Leurs longs et mystérieux jeux-conciliabules. 
Il n'est pas dit que je puisse leur montrer ces photos sans qu'ils se mettent à pleurer. Je m'abstiendrai, pour le moment.

Un matin d'automne de ma fenêtre - mon ancienne fenêtre.

Décembre - Où?  Des lumières dans l'obscurité du mois le plus sombre.  Je ne les situe plus.

Avril - Après le déménagement et tous les bouleversements.  Sur le chemin de l'école, nous traversons le playground des petits.

 Avril - Premières glaces.

Avril - Paolo, transformé, joue les stars.  Il ramène de bonnes joues de son séjour en France (ma mère est une excellente cuisinière...).  Il a temporairement laissé tomber les attaques, l'agressivité, la colère et retrouvé le sourire.


Avril - Ces mois si difficiles ont été ceux du renforcement de mon amitié avec l'Architecte.  Il a pris la place qu'Else a délaissée.  Il est devenu, depuis l'été dernier, mon confident (presque le seul qui soit au courant de mon aventure avec le Correspondant - et je n'oublierai pas sa réaction à l'annonce de "It's over, you know."  Il a posé sa main sur mon bras, il m'a regardée bien en face et il m'a dit: "It didn't work out.  It didn't work out, but it doesn't mean he is not a good guy.  Remember that.  You had that."  J'ai acquiescé.  Et nous n'en avons plus reparlé.)
Nos déjeuners du samedi dans "notre" restau.  Nos verres du vendredi soir chez Térésa.  Il m'a aidée à traverser ces temps durs.  J'ai été là pour lui, aussi.

(A suivre...)





Sunday, March 11, 2012

Aujourd'hui - Blanc

...
Deuxième jour de vacances - le malaise ne me quitte guère, envahit tout quand la nuit tombe.  Ce matin, quand ça allait encore, j'ai lavé tous les draps de la maisonnée, toutes les serviettes et les torchons.  Programme "Blanc".  Et puis il a fallu sortir, emmener le fiston en ville, passer deux heures au café pour cause de correction de copies, récupérer l'enfant et aller faire les courses, préparer le dîner, ranger la vaisselle.  Il est 10h, je veux me coucher, et les lits ne sont pas faits.  Le découragement m'accable.  C'est bête, hein?  Il suffit de faire les lits, ce n'est pourtant pas grand chose. 

Update de 11h: Les lits sont faits.  Et qu'est-ce que ça va être bon, de dormir dans des draps propres...

Tuesday, January 24, 2012

Le coeur gros

...
A vous tous (toutes?) qui m'avez envoyé tant de messages chaleureux, merci.  Merci du fond du coeur, que vous m'avez réchauffé, quand par ailleurs j'avance si difficilement dans mon long hiver. 

Bien sûr, je n'ai jamais eu autant envie d'écrire, d'écrire pour vous, de vous écrire que ces derniers jours.  Raconter le déménagement, l'entassement dans le petit appartement, le moment où il a fallu tourner le dos à l'homme et à la maison, la dernière fois...  La douleur aiguë qui me prend de temps en temps.  La peur de ce qui m'attend.  La fatigue qui m'étreint.  Le découragement parfois.
Mais surtout, surtout, les amis extraordinaires qui m'ont entourée, épaulée, qui ont été là pour moi, qui ont empaqueté mes verres, hébergé le surplus qui ne rentre pas dans le tout petit appart, porté mes cartons, déballé mes assiettes, remonté mon lit.  Je les aime, ceux-là, tellement!  En plus de l'aide concrète qu'ils m'ont offerte, ils m'ont redonné un peu confiance en moi.  Si j'ai des amis aussi merveilleux, c'est qu'ils doivent trouver, quelque part, que je vaux la peine d'être fréquentée... 

J'ai le coeur gros, oui.  J'ai tant perdu, ces derniers mois, tant laissé derrière moi.  Mais j'ai aussi le coeur rempli de l'amitié, de l'affection qui m'arrivent de toutes parts.  Alors encore: merci.

I'll be back.  Take good care of yourselves.

Saturday, January 07, 2012

Farewells

...

C'est la semaine des adieux.
Adieu à la maison dont nous avions rêvé, celle qui avait tout pour nous (3 ans et demi ensemble).
Adieu à mon mariage (14 ans et demi).
Adieu au père de mes enfants (16 ans de vie commune).

Au revoir à ce blog (5 ans et demi), auquel je n'ai plus l'énergie de me consacrer, et qu'il vaut mieux, pour de multiples raisons, mettre en sommeil quelque temps.

J'ai traversé bien des tempêtes ces dernières années, mais là vraiment je trouve la traversée périlleuse.  Je vous remercie de m'avoir accompagnée et fait des signes depuis la terre ferme.  Je vous retrouverai quand j'aurai fini mon périple en eaux dangereuses.  D'ici là, n'hésitez pas à me donner des nouvelles.
Je vous embrasse,

Lola

Saturday, September 03, 2011

Mon été

...
Je ne sais comment parler de mon été.

A vrai dire, je ne sais plus vraiment comment écrire ici.
Juste avant de partir en France, je me suis dit que j'allais, pour de bon, fermer ce blog. Le sens qu'il y aurait à continuer à écrire ici m'échappe. Plusieurs conversations avec des gens que j'estime - et qui ignorent tout de mon jardin secret - m'ont presque fait honte. Quelle idée de s'exposer ainsi, pour qui et pour quoi? Et puis, mes garçons sont à l'âge où les mises en garde sur les dangers du www deviennent nécessaires. En leur répétant: rien ne s'efface, on ne peut pas revenir en arrière, tout ce que vous mettez de personnel sur le web peut être utilisé contre vous, je pense à moi et mon exhibitionnisme, ici même. Et je ne me contente pas de me montrer, je les ai enrôlés dans mon show, eux aussi, sans qu'ils le sachent.
Oui, j'ai honte.

En même temps, je sais ce que m'a apporté cet endroit, qui est à la fois une sorte de journal, compte-rendu des humeurs, des hauts et des bas que je traverse, et un exutoire où épancher ma tristesse, ma frustration, mes peurs. Le petit cercle qui au fil des ans s'est formé autour de ces pages m'est devenu précieux. Pourtant, quand je me suis retrouvée à Paris, en juillet, toute engluée dans une détresse paralysante, je n'ai pu appeler aucune de ces bienveillantes commentatrices. J'avais besoin de me détacher de mon blog. Et je ne savais comment établir le contact entre la vraie vie et celle d'ici (là). Je me rends compte à quel point je me sens peu libre: c'est comme si, dès que je mets le pied en France, tout mon entourage, famille, amis, avait le droit de revendiquer mon temps, tout mon temps. Je m'y prête de bonne grâce, je dois le reconnaître. Mais il m'est difficile d'échapper à leur vigilance pour avoir un peu de temps pour moi. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point pouvait être pesante cette affection sans relâche. Je croyais que mon manque de liberté venait de l'homme qui m'accompagnait - c'était vrai, mais ce n'était qu'une partie du tableau.

Maintenant que j'aimerais aller et venir à ma guise, partir pour un weekend sans rendre de compte, rencontrer qui bon me semble sans en rien dire à personne, je m'aperçois que c'est illusoire: ma vie entière semble être constamment sous le regard de quelqu'un. D'où le délicieux frisson de cette correspondance secrète, qui m'enchante depuis plusieurs semaines. Mais si elle aboutit un jour à un voyage, comment le dire à ceux qui attendent de moi que je sois exactement là où ils pensent que je dois être?

Mon été, donc, puisque j'ai décidé d'en parler, a été un bizarre échafaudage, une superposition hétéroclite de bons et de mauvais moments, que j'ai grimpé sans savoir où j'allais arriver. Le plus étrange, dans cette construction, c'est que je n'arrive pas bien à en mettre en ordre les strates temporelles: les événements s'empilent sans séquence chronologique, les rencontres se télescopent, il y a comme un décalage que je ne m'explique pas bien. J'ai passé, depuis que je suis revenue, beaucoup trop de temps à essayer de mettre en ordre mes souvenirs, et je ne crois pas y être bien arrivée.
Au cœur de mon été, il y a eu la maladie et un passage trop près de la mort qui ne se laissera pas oublier. Il y a eu la volonté de vivre, insufflée encore et encore, un effort commun. La découverte que la famille peut être chargée de ce devoir de veille: rempart contre le malheur, nous tous serrés les uns contre les autres, conscients des failles dans notre barrage, mais faisant face, bravement. Que je suis heureuse d'avoir été là, avec eux!
Et puis, les rencontres. Celles que j'attendais, qui se sont parfois produites, mais à côté desquelles je suis le plus souvent passée. Frustration de l'interminable attente, déception des communications défaillantes. Tu m'entends? Non, décidément pas. Celles que je n'attendais pas, celles que j'ai provoquées (j'ai eu de l'audace, cet été, et je ne parle pas seulement des escaliers de pierre à deux heures du matin). Quelques mots lancés dans le vide pour voir s'ils atterriraient quelque part. Ils ont visiblement traversé le gouffre et ont été récupérés, de l'autre côté. Un fil ténu, auquel je m'accroche désormais un peu trop.

Voilà, tout cela est vraiment trop sibyllin, volontairement sans doute. Pour ma mémoire.
Je reviendrai quand je pourrai, c'est promis.

Tuesday, April 12, 2011

Comme un mardi (28)

...
Cette maison n'est déjà plus la mienne.
Peut-être aurais-je moins mal au coeur de la quitter.
Pourtant, elle n'a jamais été aussi rangée, ré-arrangée, rutilante, récurée, éclairée, décorée... Mais pas pour nous, non, pas pour nous.

Wednesday, March 23, 2011

Comme un mardi (25)

...
Un mardi en retard...
Un mardi dans les travaux, la peinture et les cartons.
Les vacances sont presque finies, elles auront été presque entièrement consacrées à s'occuper - tristement - de cette maison qui sera bientôt en vente.
Maintenant, je vais me mettre à écrire les bulletins de mes élèves. Ça va me prendre tout le reste de la semaine.

Saturday, July 31, 2010

Petit matin

...
J'ai hésité, et puis je les ai laissé partir sans moi. Avec regret. Mais la fatigue accumulée pèse trop et je redoute les trois ou quatre heures de marche. Les garçons bien équipés (chaussures de montagne, casquette, écran solaire, eau, biscuits au chocolat) sont partis joyeusement, sans se retourner. A leur âge, il fallait me traîner de force pour faire la moindre balade...

Au lieu de la montée vers l'étang, j'ai photographié le début du jour sur le village.

Thursday, July 29, 2010

Re-connectée

...

Après moultes péripéties informatiques, caprices de mon ordinateur, défaillance des réseaux internet, lâches défections des chargeurs mac et une rondelette somme d'euros déboursés pour trouver une solution, me revoilà sur le www! Pas peu fière d'y être arrivée, même si j'y ai laissé le budget réservé aux achats parisiens (= pas de shopping cette année) (de toute façon, les soldes sont finies) (et je n'ai trouvé qu'un pantalon et une chemise, trois fois rien) (je les ai achetés, d'ailleurs, juste avant la carte 3G qui m'a coûté un bras et deux jours avant le chargeur pour lequel j'ai laissé un oeil). Hello there, I am baaack! Et contente de retrouver mon petit coin internautique.

Re-connectée, donc. Avec mon pays, ma ville, ma langue, ma culture, ma famille, mes amis (les anciens et les nouvellement croisé(e)s en chair et en os). Ma facilité à me reglisser dans mes vieux vêtements m'étonne et m'émerveille. Deux ans: ce n'est rien. Tout est toujours en place, à quelques ronds dans l'eau près, quelques vaguelettes, des traces sur les visages, des enfants grandis - je me mets dos à dos contre la fille de ma cousine, 13 ans, dans quelques mois tu me dépasses! -, des pierres déplacées. Mais les intonations sont les mêmes, les regards identiques, je vous retrouve, je n'ai même pas besoin de vous reconnaître, vous êtes là de tout temps avec moi, en moi, partie de moi.

Mes enfants ont plus de mal. Ils ne sont plus habitués à cette large et bruyante famille, se courroucent de devoir bisouiller tout le monde ("Encore il faut les embrasser!"). Ils se perdent dans les cousinages et baissent la tête quand on s'approche d'eux. Dudie se contente de ne pas sourire, comptant sur son visage de marbre pour rafraîchir les tentatives intempestives de familiarité, mais Paolo a parfois des débordements de mauvaise humeur sans tact. Il me faut, inlassablement, reprendre les règles de la vie en bonne entente avec l'entourage. Je me rends compte que ces enfants "sauvages" (dixit ma mère, qui n'hésite pas à les secouer) vivent trop isolés et que leur savoir en matière de relations sociales est des plus limité. C'est l'été de leur apprentissage. Ils renouent avec la vie en communauté, tant mieux pour eux, même si c'est loin d'être évident.

Allez, j'ai encore quelques semaines en France, je reviendrai. J'ai deux lundis en retard, je m'y mets tout de suite.

Hope you are all well!

Thursday, April 22, 2010

Déplacements et déceptions

...
Ce matin, première heure, je me suis plainte en mode "mama ours". J'ai écrit au tableau ma complainte (nous venons d'aborder le passé composé en Français 1, il fallait en profiter).
Presque quatre heures plus tard, j'ai retrouvé mon écriture intacte en entrant dans la salle. Personne n'a dû se servir du tableau entre-temps.

Cette semaine,
entre la fatigue qui me mine, me ronge, diminue mes résistances et mes facultés,
et la déception d'un puis deux voyages annulés,
et le soulagement,
et la tristesse,
je ne sais plus de quel côté me tourner, où me poser. S'il vous plaît, ne me prenez pas ma chaise, j'ai besoin qu'elle soit toujours au même endroit.

Le nuage qui a cloué au sol mes seuls visiteurs de l'année m'a délivrée de la nécessité de préparer ma maison pour les accueillir. Plus de grand ménage, de rangements de fond en combles. Je regarde avec désespoir l'ordre provisoire qui règne depuis presque deux ans - des entassements "en attendant" auxquels je rêve de m'attaquer sans jamais en avoir le courage. Il faudrait avoir un projet, une vue d'ensemble. Mais chaque pièce se contente de pousser dans les coins son petit bric-à-brac. Cette maison ne ressemble à rien.
J'évite de penser aux plans sur la comète que j'avais tirés - mes visiteurs coincés à Paris sont plus malheureux que moi. Mais leur non-venue relance mon lancinant mal du pays. Et renaît, venimeuse, la question: Where is home?

Thursday, March 25, 2010

Embellir (chez moi)

...
Dans cette maison où, après deux ans on a l'impression qu'on vient juste de s'installer, un peu plus de ... beauté? Je suis (encore un peu) en vacances. Il fait beau (encore un peu). Vous aimez mon nouveau mur?

[Je n'ai pas fait le gâteau, c'est une cramique que j'ai trouvée chez Whole Foods et immédiatement achetée, portée par la nostagie. Elle est un peu trop sucrée (et un peu trop chère), mais en souvenir des cramiques du dimanche de mon enfance...]
[J'ai acheté les branches de pêchers à la ferme sur Cold Soil Road - et j'attends patiemment que les bourgeons s'ouvrent -, mais les jonquilles viennent bien de mon jardin!]

Saturday, August 23, 2008

La nouvelle maison

Pour la première fois depuis presque trois mois, l'homme de la maison (appelons-le Jim, parce que Christie pense qu'il s'appelle ainsi, et après tout, ça lui va bien) a repris sa guitare. Il se plaint, ses doigts sont rouillés. J'écoute sans y prêter vraiment attention ces fluctuations que je connais si bien. Et puis, je comprends: nous sommes installés.

J'observe, sans parvenir à les fixer dans ma mémoire, à quel endroit se déposent les flaques de soleil dans cette maison. Je suis toujours étonnée de les découvrir - elles devaient pourtant être au même endroit hier, non?

Je ne m'habitue toujours pas ma cuisine. Je perds mes ustensiles, mets du temps à trouver les bols et les plats et redoute d'ouvrir le placard que j'ai retrouvé infesté d'insectes à mon retour de France (ils habitaient dans les pâtes et la farine, j'ai dû tout jeter...). Le sol en lino est un peu hostile et les portes des placards sont toujours collantes, malgré mes efforts pour les cirer. Je suis en charge de peindre cette pièce - Jim a fait tout le reste de la maison, tellement de surface à couvrir. Mais voilà, je n'arrive pas à me décider quant à la couleur des murs, alors je repousse l'échéance (j'avoue que je suis aussi quelque peu appréhensive d'avoir à me comparer avec le travail léché à la perfection de mon cher et tendre... Je sais qu'à moitié chemin, je commencerai à en avoir marre et que la dernière couche sera balancée sur les murs avec désinvolture. Hélas, je me connais trop bien...). En attendant, Jim a fait sa propre déco avec des restes de peinture blanche. Oeuvre éphémère (qui durera peut-être...)
Les chambres des enfants me ravissent. Malgré mes supplications, ils n'arrivent pas à les garder rangées plus d'un quart d'heure (pourtant, la moitié de leurs jouets sont encore dans des cartons à la cave. J'avoue que l'envie me prend parfois de les y "oublier". Non, je ne suis pas une méchante marâtre [or maybe I am], mais ils ont tellement de jouets. Ils ne s'aperçoivent même pas qu'il leur en manque. Comme dirait l'homme "Moi, quand j'avais leur âge..." Oui, oui, je sais, je sais.)
[Rangée. Pendant quelques minutes.]

[Fouillis. "Mais non, je n'ai pas besoin de ranger, c'est MA chambre". Pré-adolescence?]

Je n'habite toujours pas ma chambre. Cela fait deux jours que Le Lit (ah, il faudra que je raconte Le Lit) est installé et nous dormons toujours dans le bureau, tellement rempli de tout ce qu'on ne veut pas mettre dans les autres pièces qu'il est difficile de s'y mouvoir. Mais cette chambre ... non, n'est pas encore la mienne. La nôtre. Ou bien?... J'aime sa couleur, sa lumière. Il va falloir que je l'apprivoise. Pour l'instant, elle ne compte qu'un lit (Le Lit) et une commode. Elle a l'air un peu désappointée d'être si vide.

Notre nouvelle maison est toujours une nouvelle maison. C'est étrange comme j'ai l'impression de m'être acclimatée beaucoup plus vite, l'année dernière, à la petite vieille maison que nous n'avons habitée que quelques mois. Je crois que je suis toujours intimidée par le fait que celle-ci c'est la nôtre. Pour de vrai.

Wednesday, August 06, 2008

Retour

Qu'il est difficile de rentrer. Le retour a exactement le même goût que les céréales que j'ai retrouvées, à leur place, dans leur emballage habituel, un peu passées, un peu "éventées": elles ont perdu leur fraîcheur, et je ne peux m'empêcher de leur trouver un arrière-goût de poussière, même si je sais que c'est dans ma tête (comment, en trois semaines, la poussière pourrait-elle s'être infiltrée a l'intérieur d'une boîte bien fermée?...)

L'homme a travaillé comme un damné en notre absence, et presque tous les murs de la maison (y compris l'intérieur des placards) sont peints. Il me fait remarquer que c'est du travail quasi-professionnel (je veux bien le croire, vu le temps qu'il a passé sur chaque mètre carré ...) et s'agace de mon manque d'enthousiasme délirant. Je m'attendais à des bordures rouges dans le couloir (il m'avait consultée par téléphone) et je les retrouve blanches sans crier gare. Il me fait admirer le superbe luminaire qu'il a acheté pour notre chambre, et je grimace parce qu'il a choisi une ampoule "économie d'énergie" qui projette la lumière crue et glaçante d'un néon. Et puis je vois qu'il n'a pas - du tout - fait le ménage depuis notre départ, et que tout est sale... Je ne dis rien, mais ça doit se voir sur mon visage (bon, il faut aussi dire que je me suis levée à 4 heures du mat' pour prendre l'avion, que j'ai supporté 8 heures de vol avec mes deux loulous qui n'ont bien sûr pas fermé l'oeil une seconde, que nous sommes restés coincés dans les embouteillages en revenant de l'aéroport, qu'il m'a dit d'un ton désinvolte "Y'a rien à manger à la maison", ce qui fait que je me suis payé un petit tour au supermarché avant même d'avoir pu mettre les pieds chez moi... Bref, j'ai des circonstances atténuantes qui expliquent mon incapacité à feindre l'éblouissement devant l'amplitude du travail accompli). Nous finissons exaspérés l'un par l'autre et boudeurs, et nous le restons pendant deux jours.

Le jet-lag m'a frappée fort cette année. Il m'a fallu 4 bons jours pour me remettre d'aplomb et cesser de me traîner. Je supporte de moins en moins de quitter la France, je crois. Chaque fois, le contraste est plus violent. Les paysages ternes, les fruits insipides, les manies et les tics des gens d'ici me heurtent de plein fouet. 5 jours après, je me suis réhabituée, il n'y paraît plus. La France me manque de manière abstraite, c'est un sentiment que je range dans ma panoplie d'expatriée, et plus une douleur physique qui me fait répéter "Je me sens mal, je me sens mal" à longueur de journée (et l'homme exaspéré de lever les yeux au plafond - peint à la perfection, sans aucune dégoulinade).

Je suis de retour - et repars bientôt. L'été me file entre les doigts.

Thursday, July 10, 2008

Ce qu'on emporte ...

... de maison en maison

* nos messages/images/mirages de frigo

* nos quelques certitudes et principes établis en commun (certains sont branlants, mais l'ensemble se tient encore)


* Nos rancoeurs, nos regrets, nos réserves. Nos non-dits, nos non-faits, nos pas-encore accomplis. Nos projets. En commun et séparés. Tout ce qui nous sépare et nous rassemble. Tout ce qui nous assemble et nous ressemble.


* La forme de nos rêves

Monday, July 07, 2008

Forget-me-nots about moving

.La prochaine fois, il faudra se souvenir de:

- ne pas débarquer du camion les cartons marqués "Kitchen" en premier (ils se retrouvent tout au fond du garage, sous un tas d'autres cartons, inaccessibles...);
- emballer les boîtes de conserve AVEC l'ouvre-boîte (avez-vous déjà essayé d'ouvrir une boîte sans ouvre-boîte?);
- préparer une valise de vêtements qui n'ont pas besoin d'être repassés, BEAUCOUP de vêtements (surtout si la machine à laver doit arriver beaucoup plus tard);
- déballer le carton de DVD en premier (mesure de tranquillité nécessaire);
- contacter le service de téléphone/internet avant même d'être sûr d'avoir la maison: apparemment, 3 semaines à l'avance, ce n'est pas suffisant.
- repérer les cafés avec wifi (Quel bonheur, à BonneEspérance, il y en a un, justement, au milieu du village, qui fait d'excellents scones et de très bonnes gaufres... Ils me voient tous les jours. Paolo a baptisé le lieu, en fracassant une bouteille de jus de pomme sur le joli plancher devant le comptoir. Du verre et du jus partout, et un petit garçon enragé contre lui-même et contre le monde entier. Depuis, j'y vais plutôt seule.)
- Ne pas espérer s'installer rapidement. Etre patiente, patiente. Accepter le chaos, le désordre, la poussière. Ne pas lutter contre des moulins à vent, ni se décourager parce que rien n'avance. Petit à petit, une chose après l'autre... Mais oui, cette maison sera habitable!

Saturday, July 05, 2008

Disconnected

.

Je ne suis pas partie, je ne me suis pas perdue dans un dédale de cartons, j'ai déménagé et je suis sans téléphone, sans internet, sans chambre, sans repères depuis une semaine. C'est comme une épreuve initiatique: apprendre à vivre sans confort moderne. Le frigo et le four qui décident d'arrêter de fonctionner quand nous emménageons (quelqu'un m'a dit: "Tu sais, les maisons sont un peu rancunières, elles n'aiment pas le changement. Et méfiantes. Il faut leur laisser le temps de s'adapter.") Pas de machine à laver, ni à sécher. Pas d'eau froide pendant 2 jours.
Camping, tous les 4 sur des matelas dans une petite pièce. Je ne retrouve pas ce que je cherche (quel que soit ce que je cherche, d'ailleurs).
Mais petit à petit, les choses s'organisent. Un semblant d'ordre dans le chaos. La fatigue pèse lourd sur mes épaules. L'homme a apparemment chopé la maladie de Lyme (c'est le moment...) et bien sûr, en bonne hyponcondriaque que je suis, je me suis convaincue que moi aussi.
Les garçons sautent sur les matelas et dessinent sur les murs pas encore peints.

Bientôt la France.
Si je ne vous écris pas d'ici là, bonnes vacances, bel été à vous tous!