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Vendredi soir, j'ai campé. Oui, moi, dont le père de mes enfants a toujours dit que je serais incapable de m'accommoder de l'inconfort de la tente et de l'absence de douche (il n'a pas tort, d'ailleurs, c'est juste très vexant de se l'entendre dire, et plus d'une fois).
J'ai campé, donc, avec mon Paolo qui me tannait depuis deux semaines. Une "camping out adventure", organisée par son prof de sciences, pour réunir parents et enfants un soir dans la "nature" (c'est à dire sur la grande pelouse de l'école, à la lisière du bois). Pas de frères et sœurs, juste des élèves de 4th grade et un ou deux parents. J'avais dit non et non, j'étais trop fatiguée, submergée de travail, stressée, désemparée. Et Paolo déterminé. Son père a rejeté l'offre sans appel. Je me suis décidée deux jours avant, en traînant les pieds.
Je m'attendais à une poignée de tente, il y en avait une vingtaine... Et autant de parents avec qui il fallait faire la conversation (pour moi, l'aspect le plus désagréable de la soirée). Heureusement, une de mes collègues, maman elle aussi d'une petite 4th grader, était de l'aventure, et nous sommes restées collées l'une à l'autre autant que possible (oh les sauvages...)
Premier problème: je n'avais aucune idée de la manière de monter cette tente (l'homme l'avait sortie du garage sans explication ni instruction). Fort heureusement, la fille du prof de sciences, qui a l'âge du Dudie, est venue à mon secours et en deux temps trois mouvements, pof, ma tente était installée.
Tu vois, maman, c'était facile. C'était la plus petite de tout le lot, bien sûr.

Après l'installation (certaines tentes géantes, avec plusieurs pièces, ont pris plus de temps que d'autres...), le BBQ (hot-dogs et hamburgers, j'ai donc mangé de la salade), le film (dans l'école, quand même, nous ne sommes pas encore équipés pour le cinéma en plein air) (je me suis habilement éclipsée pour aller corriger des copies dans mon bureau, je n'ai vraiment pas l'esprit de groupe!), c'était l'heure des s'mores (pas ma tasse de thé non plus - il semble qu'aucune des traditions du camping ne me convienne) (difficile, moi?).


Après ça, les parents sont restés près du feu, tandis que les gamins et les lampes de poche sont allés se balader dans les bois et sur l'aire de jeu des collégiens (qui leur est interdite en temps normal). Quand les cris ont commencé à passer au suraigu et que le froid nous est tombé dessus, nous avons rameuté le troupeau et commencé à faire la queue devant les toilettes avec nos brosses à dents.

Et puis c'était le meilleur moment, celui du tête à tête sous la tente (dans notre cas, c'était tête contre tête, la tente était si petite...). L'heure du livre lu à la lumière de la lampe tempête. L'heure juste pour nous deux, avant de sombrer dans le sommeil.

Court, le sommeil, parce qu'à quatre heures un gamin dans une tente voisine a été pris de quintes de toux persistante (mais c'est pas possible, il n'y a pas un parent avec lui pour le faire boire, le calmer, lui donner du sirop, que sais-je, le faire taire?) Je me suis rendu compte que j'étais transie, le sac de couchage, le jogging et les deux polaires ne pouvaient rien y faire. A six heures, la nuit était bel et bien finie, et Paolo l'un des premiers dehors.

La rosée avait trempé les parois de la tente (extérieures ET intérieures), j'étais tellement gelée qu'il me tardait de sortir de là pour bouger et me réchauffer.

Les autres campeurs n'ont pas tardé à se lever. Un petit déjeuner bagels-jus d'orange s'est installé - et pour continuer à être mauvaise joueuse, je suis partie me faire un thé brûlant à l'école. Aaaahhh, le bonheur de la chaleur à peine franchies les portes ... Je me serai bien rendormie sur la moquette de mon bureau, les mains serrant amoureusement ma tasse fumante.

La toute petite, à gauche, à l'écart, c'est la mienne...

Voilà, il était sept heures du mat' et l'aventure était terminée. Paolo n'a pas bronché quand j'ai tout replié, et ai déclaré qu'il était l'heure de rentrer. Il était aussi fatigué et gelé que moi, malgré le soleil qui commençait à percer. Mais il était heureux, vraiment, de sa nuit sous la tente, de son expérience de la vie au grand air (presque).
La suite... Une journée lourde de fatigue, un enterrement (le mari d'Else), une première communion. Quatre tiques retrouvées sur le coureur des bois (et pas une sur moi... Je ne les vois pas ou elles m'évitent?) Un petit garçon qui passe l'après-midi (ensoleillée) à lire sur le canapé et la soirée à faire de la balançoire sous la pluie. Revient couvert de boue et me demande au débotté: On retournera camper?