Sunday, February 22, 2009

Tous les jours et toujours

Taguée par Satzuki... Elle ne me rend pas la tâche facile, parce qu'elle et moi partageons les mêmes petits bonheurs, c'en est bizarre!

Alors cinq choses que j'aime tous les jours et toujours:

* Le thé
Je ne sais pas si je pourrai m'en passer... Je suis difficile, en plus. J'ai une affection indéfectible pour le Earl Grey et l'Imperial Orange, une passion (récente) pour le Thé des Moines, une fidélité de tous les hivers pour l'Esprit de Noël, une gourmandise affichée pour le Thé du Hammam... Mais je n'aime pas les thés chinois fumés et forts. Et je bois tous mes thés légers (less is more for me.)
* La radio
Une habitude qui me vient de ma mère, qui irritait mon père et fait sortir mon mari de ses gonds. J'ai besoin du background noise pour penser en paix. J'ai besoin d'une bonne émission pour faire la cuisine. J'ai besoin des infos le matin en me réveillant. En l'absence de télé, je m'informe à la radio. Où que j'aille, la radio ne me laisse jamais seule (sauf dans mes montagnes où elle a du mal à passer) (mais le bruit du torrent au fond de la vallée me rassure).

* Le soleil.
Si possible sur ma peau nue.


* Les câlins de mes garçons.
La manière dont le grand appuie sa tête contre moi en miaulant (oui, mes enfants miaulent pour communiquer leur affection) (je n'ai qu'à m'en prendre à moi-même: à force de "Mon minou" et "chaton"...) . Les bras du petit autour de mon cou, sa main dans la mienne quand on marche, son corps qui se love si facilement contre le mien.


* Lire.
Quand j'étais petite, je me demandais comment j'avais pu vivre avant de savoir lire. Je n'étais pas sûre d'avoir existé en non-lectrice.


Il ne me reste plus qu'à passer la main... à Bea et à Myosotis, si elles passent par là. Et à tous ceux qui en ont envie!

Saturday, February 14, 2009

Just the beginning

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Je vous émeus. Je le sais, ne vous en défendez pas. Il suffit que je tourne légèrement la tête vers vous, que je vous regarde en oblique, sans cesser ma conversation, pour que vous perdiez contenance. Je vous ai surpris deux fois à bafouiller. L’homme en face de moi me parle de ses recherches, de sa thèse, des documents qui ont disparu quand son disque dur lui a fait faux-bond. J’écoute, je pose des questions, je compatis, mais je vous regarde.

La jeune femme à qui vous parlez vous dévore des yeux. Elle ne comprend rien à ce que vous racontez, la poésie du 19e siècle l’indiffère profondément, mais elle boit vos paroles, et cela vous donne confiance, d’avoir un auditoire conquis. Vous haussez la voix, pour couvrir les vagues tourbillons de l’accordéon qui constitue le bruit de fond (soirée française, l’hôtesse a cru bien faire), et je vous entends proclamer le génie unique, inégalé de Rimbaud. La bouche rouge carmin de votre auditoire fait un O, elle veut lire l’intégrale des poèmes de Rimbaud, là, tout de suite.

Je me lève pour partir, et je vous sens vous affoler. Je prends congé, vous commencez à traverser la pièce, plantant là votre admiratrice éplorée. Vous surgissez dans le couloir, au moment où l’hôtesse me tend mon manteau. Vous restez là, embarrassé, ne sachant que dire, entre deux femmes qui attendent une explication forcément alambiquée et menteuse. Finalement, vous vous tournez vers moi, et je vois combien vous êtes jeune. Vous parlez vite, vous dites un peu n’importe quoi, je vous trouble, jeune homme. « Je vous ai entendu parler de Baudelaire, tout à l’heure. C’est drôle, parce que moi aussi je parlais de lui ! C’est si drôle, hein ! Et, voilà, il se trouve … Bon, la semaine prochaine, je vais donner une conférence, enfin, je veux dire un … une lecture, vous savez, sur Baudelaire. Peut-être que ça vous intéresse ? Si vous voulez venir, je vous donne ma carte, appelez-moi, je vous enverrai toutes les informations, c’est sur l’expérience de Baudelaire sur les barricades, en 1848, et les répercutions de son désenchantement politique sur sa poésie… » Votre voix défaille. Vous reprenez faiblement : « Le spleen, tout ça… » Je me concentre pour ne pas me mettre à rire. Je tiens dans la main votre carte.

L’hôtesse me demande si je sais où se trouve la station de taxis. Immédiatement, vous vous proposez pour m’accompagner. Vous vous glissez derrière moi dans l’ascenseur minuscule. Je vous regarde de près, décidément, vous êtes très beau. Je romps brusquement le silence dont vous ne saviez que faire : « 'Le spleen, tout ça '… ? » Vous rougissez, vous vous excusez, vous promettez que vous êtes d’habitude plus éloquent, mais là… « Là … ? »

Heureusement, l’ascenseur s’immobilise. Nous sortons dans le froid. Vous êtes sans manteau. Je mets mes gants. Nous marchons sans parler. Pas de taxi à la station, mais vous insistez pour attendre avec moi. Vous soufflez sur vos mains. Je vous propose, vous ne vous y attendiez pas, de les mettre dans mes poches. Je m’avance vers vous et comme vous demeurez immobile, un peu étourdi (il vous faut apprendre à réagir plus vite, jeune homme !), je saisis vos mains et les mets avec les miennes dans les poches de mon manteau. Nous sommes maintenant face à face, je sens votre odeur, parfum et cigarettes mêlés, votre léger tremblement, qui devient un frémissement lorsque je me rapproche et m’appuis, à peine, contre vous. Je vous demande, la joue sur votre chemise : « Et quand est-elle, cette conférence sur Baudelaire ? » Vous avez du mal à garder vos idées en place, il vous faut une seconde avant de me répondre, d’une voix un peu rauque : « Le 8 ». Je me détache brusquement de vous, lève la main pour arrêter le taxi jaune qui pile devant moi. « Hé bien, je vous verrai le 8, alors ! » Je vous fais un signe de la main tandis que vous restez planté là, les bras ballants, abasourdi.

Vous me faites sourire. Vous ne vouliez tout de même pas … ? Nous avons le temps, vous savez. Un jour, un soir, je me pencherai vers votre beau visage indifférent. D’ici là … Laissez se dérouler la douce pente des relations éphémères. Un jour, il sera temps d’accélérer vers la fin. Je verrai dans les vôtres le reflet de mes yeux suppliants et je vous dirai – inutilement – « Je vous aime ».

[C'était ma participation à "Dis-moi dix mots", lancés par Kozlika. J'espérais pouvoir caser ma déclaration sur le site jevousai.me, mais je crains qu'elle ne soit un peu trop longue... ]

Sunday, February 08, 2009

Snow (Hey ho)

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C'est mon quatrième hiver ici, et je devrais m'habituer ... Mais non, je suis toujours prise au dépourvu par sa magie. Je l'attends, je l'espère, je la guette. Le premier matin où je me réveille pour la voir qui m'attend, silencieuse, de l'autre côté de la fenêtre, je suis heureuse comme un enfant, sans réserve, toute entière, simplement parce qu'elle est là.
La neige, la neige m'enchante.
(Je sais, j'ai l'enchantement facile)
J'aime la neige comme peuvent l'aimer ceux qui ont grandi en ville. Un petit miracle, à chaque fois. J'en voudrais plus. J'envisage de déménager plus au nord. New Hampshire, Maine...




Ah, partir à l'école avec un pantalon de ski, faire de la luge pendant la récré... Ils ont de la chance, ces gamins!

Aujourd'hui dimanche, le redoux a eu raison de la neige. Nous entrons dans l'hiver que je n'aime pas: les pieds mouillés, le ciel grisâtre et l'air maussade. Et encore deux mois avant le printemps.
Avec un peu de chance, nous aurons encore un petit coup de froid et une fois de plus, une dernière fois, de la neige...

Saturday, February 07, 2009

Vous me reconnaissez?...

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En février...
... alors qu'en mai!

Sunday, February 01, 2009

Broken

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Qu'est-ce que vous diriez, vous, à un petit garçon de huit ans qui,

- après avoir perdu une paire de lunettes en juin dernier,
- après avoir longuement égaré la nouvelle paire (finalement retrouvée par sa mère-qui-n'abandonne-pas-l'affaire)
- après avoir cassé les lunettes retrouvées (en essayant de tordre les branches qui, apparemment, lui faisaient mal aux oreilles)

vient de casser la troisième paire, de colère, suite à une remontrance de son instit'?

Tu sais combien ça coûte, une paire de lunettes (petit con)?
C'est pas grave mon chéri, je vais t'en racheter une quatrième paire (en 6 mois).
C'est pas grave mon chéri, je vais t'en racheter une quatrième paire avec ton argent de poche des 5 prochaines années.
On va te les réparer avec du scotch, et tu les porteras comme ça.
Tu peux te passer de lunettes, après tout.
En plus de casser les (c...) pieds de ton maître, tu casses aussi tes lunettes?

Anger management, anyone?