Monday, June 28, 2010
Sunday, June 27, 2010
Back in NJ
...
Le voyage en voiture m'a paru long et pénible (et pourtant, ce n'est pas moi qui conduisais!), sept heures et demie sans presque s'arrêter et, au fur et à mesure que s'approchait le New Jersey, la familière étouffante chaleur qui nous assommait.
La maison est exceptionnellement propre et partiellement rangée. Il y a même de quoi dîner. On ne peut pas dire qu'il n'essaie pas.
Couchés avant neuf heures, écrasés de sommeil et de chaleur. Ils ont dormi d'un trait jusqu'à dix heures, et moi, la dormeuse, je me suis offert une petite insomnie de 3h du mat' à 6h30. J'ai rattrapé mon retard en matière de lectures www. J'avais faim à cette heure indue, une étrange impression de jetlag - pourtant, pas de décalage horaire entre le New Hampshire et le New Jersey. J'ai achevé un petit bout de nuit après le lever du soleil.
Aujourd'hui, accablée par la pesante moiteur, je n'arrive à rien. Je regrette la claire luminosité et la fraîcheur que j'ai laissées à sept heures et demie de route d'ici.
La maison est exceptionnellement propre et partiellement rangée. Il y a même de quoi dîner. On ne peut pas dire qu'il n'essaie pas.
Couchés avant neuf heures, écrasés de sommeil et de chaleur. Ils ont dormi d'un trait jusqu'à dix heures, et moi, la dormeuse, je me suis offert une petite insomnie de 3h du mat' à 6h30. J'ai rattrapé mon retard en matière de lectures www. J'avais faim à cette heure indue, une étrange impression de jetlag - pourtant, pas de décalage horaire entre le New Hampshire et le New Jersey. J'ai achevé un petit bout de nuit après le lever du soleil.
Aujourd'hui, accablée par la pesante moiteur, je n'arrive à rien. Je regrette la claire luminosité et la fraîcheur que j'ai laissées à sept heures et demie de route d'ici.
Wednesday, June 23, 2010
Le nid
...
Elle a bâti son nid en haut d'une échelle, sur la terrasse. Ecervelée qui n'a pas tenu compte des plans des habitants de la maison. (Else pense que c'est la même qui avait trouvé intéressant de se faire une maison sur la selle d'un vélo, il y a deux ans...)
Elle s'énerve quand on passe trop près, s'envole furieusement et nous engueule depuis l'arbre où elle a trouvé refuge. Je profite de son absence temporaire pour venir compter ses trésors. Quatre. Et bleus!
La maman rouge-gorge me surveille sévérement. Et moi je garde un oeil sur mes oisillons qui s'éparpillent de bonheur dans la liberté des vacances. Il faut que j'apprenne à les lâcher, aussi.
Tuesday, June 22, 2010
Comme un lundi (40)
Friday, June 18, 2010
Sinking
...
I am sinking
Fast
In cold waters.
No way out
No way up.
Or:
I am going straight
Into the wall
Watch me accelerate.
Faster.
I will crash
I know.
Can I wake up? At some point?
And realize it was but a nightmare and I can start all over again?
Please?
I have no faith in tomorrow
Or the day after.
Hope is laughable.
Hope is overrated, anyway.
Fast
In cold waters.
No way out
No way up.
Or:
I am going straight
Into the wall
Watch me accelerate.
Faster.
I will crash
I know.
Can I wake up? At some point?
And realize it was but a nightmare and I can start all over again?
Please?
I have no faith in tomorrow
Or the day after.
Hope is laughable.
Hope is overrated, anyway.
Tuesday, June 15, 2010
Comme un lundi (39)
...
Dédicace spéciale à Samantdi!
(Si vous n'arrivez pas à voir le nom sur le maillot, cliquez sur l'image pour voir en plus grand)
(Si vous n'arrivez pas à voir le nom sur le maillot, cliquez sur l'image pour voir en plus grand)
Sunday, June 13, 2010
Piles
...
En ce moment, c'est tout ce que je peux faire: des piles.
Piles des cahiers, livres et autres restes d'une année scolaire - multipliés par deux. Ce qu'on jette, ce qu'on garde (dans un carton, dans la cave, qui n'en ressortira jamais...)
Pile des livres à rendre à la bibliothèque. Et encore un peu plus de vestiges de l'année écoulée, un cartable plein (qui n'a pas bougé depuis mercredi, dernier jour d'école pour Dudie). Et la veste du costume portée elle aussi mercredi toujours dans l'entrée.
Piles de linge propre, plié à la va-vite, à ranger (ou pas).
Pile de bulletins à écrire qui me déprime au plus haut point (je n'arrive pas à m'y mettre).
Pile de paperasse à remplir.
Pile de trucs à ranger.
Pile-poil au mauvais moment des discussions pénibles, douloureuses, épuisantes.
Pile de choses à faire en urgence (mais quand?)
Et un dino solitaire qui se balade sans se soucier de l'agitation autour de lui. Je l'envie.
En ce moment, c'est tout ce que je peux faire: des piles.
Pile de bulletins à écrire qui me déprime au plus haut point (je n'arrive pas à m'y mettre).
Pile de paperasse à remplir.
Pile de trucs à ranger.
Pile-poil au mauvais moment des discussions pénibles, douloureuses, épuisantes.
Pile de choses à faire en urgence (mais quand?)
Tuesday, June 08, 2010
Jersey shore (voyage de fin d'année)
...
Il y a quatre ans, mon jeune collègue prof d'espagnol, nouvellement nommé Dean m'a offert d'être Class Advisor, c'est-à-dire son assistante.
Dans le système scolaire américain, les élèves ne sont pas regroupés par classe avec un prof principal, mais par niveau (ou classe d'âge); l'adulte qui supervise le groupe de 90 à 100 élèves d'un même niveau est leur Dean. Il s'occupe de la discipline, il les coache, leur fournit explications pratiques sur le fonctionnement du lycée et informations ponctuelles lors de l'assemblée hebdomadaire ( class meeting), il est en charge de l'esprit de groupe et du bon moral des troupes. C'est peu dire qu'il a du boulot (en plus de ses heures de cours - il est déchargé d'un cours, mais c'est bien peu au regard des responsabilités qu'il porte sur ses épaules).
Le Dean accompagne sa classe pendant les quatre ans du lycée. Il les prend lorsqu'ils sont Freshmen, tout juste sortis du collège et assez insupportables, et il ne les lâche que lorsqu'ils ont fini leur année de Seniors, beaucoup plus mûrs et riches de nouvelles acquisitions intellectuelles, artistiques et sportives (du moins on espère).
Voilà, Mr. Dean et moi avons fini notre premier cycle: nos Seniors vont devenir vendredi des anciens élèves (alumni, en bon anglo-latin), après la cérémonie de Graduation durant laquelle ils recevront leurs diplômes. Et vous pouvez me croire, ça lui fait tout drôle, à Mr. Dean (et à moi aussi!) de les voir partir. Quatre ans à les supporter et les porter à bout de bras, à les encourager, à parfois les maudire, à rire avec eux et à pleurer aussi quelquefois. Ils étaient 100 au départ, ils sont maintenant 85 et ils vont nous manquer.
Alors, Mr. Dean a finalement organisé la sortie dont ils rêvaient depuis leur Freshman year: il les a emmenés à la plage. Et moi avec, comme chaperon.

De manière assez inattendue (cette classe nous réserve toujours des surprises), la sortie s'est très très bien passée. Ils ont été super sages dans les bus, ils étaient à l'heure au départ comme à l'arrivée, ils étaient contents de leur journée - incroyable, pas un seul ronchon. Nous leur avons laissé quartier entièrement libre. Certains se sont baladés sur le fameux boardwalk (glaces, pizzas, friture, peluches ridicules et souvenirs ringards); la plupart ont joué sur le sable au volleyball, au frisbee, au baseball; les plus courageux se sont baignés (l'eau était glaaaacée!)
C'était la première fois que je goûtais aux joies du Jersey shore. Je n'ai pas profité des baraques à jeux, je n'ai pas mangé de frites ni de funnel cake (quelle horreur), je ne suis pas montée sur les manèges, mais j'ai lu sur le sable chaud, j'ai encouragé les joueurs de volley et j'ai mangé un lobster roll...

C'était une très bonne journée, qui m'a complètement vidé la tête, après un week-end désastreux. Cela faisait trop longtemps que la mer me manquait. D'accord, ce n'est pas la mer, c'est l'océan, mais bon.


Ah, et aujourd'hui, Mr. Dean m'a demandé si je voulais rempiler avec lui pour 4 ans. J'ai sauté de joie, oui oui oui. Une nouvelle classe nous attend...
Dans le système scolaire américain, les élèves ne sont pas regroupés par classe avec un prof principal, mais par niveau (ou classe d'âge); l'adulte qui supervise le groupe de 90 à 100 élèves d'un même niveau est leur Dean. Il s'occupe de la discipline, il les coache, leur fournit explications pratiques sur le fonctionnement du lycée et informations ponctuelles lors de l'assemblée hebdomadaire ( class meeting), il est en charge de l'esprit de groupe et du bon moral des troupes. C'est peu dire qu'il a du boulot (en plus de ses heures de cours - il est déchargé d'un cours, mais c'est bien peu au regard des responsabilités qu'il porte sur ses épaules).
Le Dean accompagne sa classe pendant les quatre ans du lycée. Il les prend lorsqu'ils sont Freshmen, tout juste sortis du collège et assez insupportables, et il ne les lâche que lorsqu'ils ont fini leur année de Seniors, beaucoup plus mûrs et riches de nouvelles acquisitions intellectuelles, artistiques et sportives (du moins on espère).
Voilà, Mr. Dean et moi avons fini notre premier cycle: nos Seniors vont devenir vendredi des anciens élèves (alumni, en bon anglo-latin), après la cérémonie de Graduation durant laquelle ils recevront leurs diplômes. Et vous pouvez me croire, ça lui fait tout drôle, à Mr. Dean (et à moi aussi!) de les voir partir. Quatre ans à les supporter et les porter à bout de bras, à les encourager, à parfois les maudire, à rire avec eux et à pleurer aussi quelquefois. Ils étaient 100 au départ, ils sont maintenant 85 et ils vont nous manquer.
Alors, Mr. Dean a finalement organisé la sortie dont ils rêvaient depuis leur Freshman year: il les a emmenés à la plage. Et moi avec, comme chaperon.
De manière assez inattendue (cette classe nous réserve toujours des surprises), la sortie s'est très très bien passée. Ils ont été super sages dans les bus, ils étaient à l'heure au départ comme à l'arrivée, ils étaient contents de leur journée - incroyable, pas un seul ronchon. Nous leur avons laissé quartier entièrement libre. Certains se sont baladés sur le fameux boardwalk (glaces, pizzas, friture, peluches ridicules et souvenirs ringards); la plupart ont joué sur le sable au volleyball, au frisbee, au baseball; les plus courageux se sont baignés (l'eau était glaaaacée!)
Ah, et aujourd'hui, Mr. Dean m'a demandé si je voulais rempiler avec lui pour 4 ans. J'ai sauté de joie, oui oui oui. Une nouvelle classe nous attend...
Monday, June 07, 2010
Thursday, June 03, 2010
Multiplications des cérémonies
...
Dernier jour de classe. Demain commencent les examens de fin d'année.
32°, air lourd, humide et poisseux. Les ventilateurs peinent à brasser l'air épais. Les élèves supplient qu'on les emmène dans les coins climatisés (la cafétéria, la bibliothèque prise d'assaut, le bureau du dept des langues, que j'ai déserté depuis que je suis chef et dans lequel la température est glaciale - ridicule).
J'ai passé chaque minute libre de ma journée à réviser avec mes élèves. Individuellement ou par petits groupes, ils ont investi mon bureau ("Mais on étouffe ici!"), les tables devant mon bureau, le couloir près de ma salle... Et on révise, on révise, on révise.
"C'est quoi déjà l'ordre des pronoms objets?" (me te se nous vous le la les lui leur y en);
"Pourquoi Paris est la plus belle ville du monde et pas la ville la plus belle?" (à cause de BANGS: Beauty Age Number Goodness Size, les adjectifs qui se mettent devant le nom - même au superlatif);
"Pourquoi Je pense que est suivi de l'indicatif et Je ne pense pas que est suivi du subjonctif?" (Vous savez, vous?)
Ce soir, dîner pour les "lifers" (les élèves de Terminale qui ont fait toute la scolarité dans cette école, depuis la maternelle) et leurs parents. Je suis invitée, en tant qu' advisor* d'une des élèves et aussi parce que je suis l'assistante du Dean* de cette classe. Je fais un petit (tout petit) discours - parmi d'autres, leurs instits de CP, leur prof de musique de l'école primaire, le directeur du lycée. Et nous regardons les photos de leurs années à l'école, leurs visages tout petits et déjà emprunts d'expressions bien à eux, leurs moments forts, spectacles, fins d'école primaire, fin du collège, bal du lycée... C'est la première (non, en fait la deuxième, il y a eu un brunch vendredi dernier) d'une série de cérémonies et célébrations qui culminera avec la Graduation, vendredi prochain. Cette année, à cause de mon lien particulier avec cette classe, j'ai été conviée à tous les événements qui jalonnent le parcours des Seniors (élèves de Terminale) vers leur statut de graduate. Et ça fait beaucoup... Je n'aurai pas assez de tenues d'apparat, je crois. Tant pis, je me montrerai deux fois habillée pareil (as if anybody cared...)
Il faut que je finisse ce soir de rédiger les examens pour demain. C'est la première fois que je m'y prends si tard. Ma vie en lambeaux commence à menacer le fonctionnement pourtant bien rodé de mon activité professionnelle. Il est temps que les vacances arrivent.
* Advisor: expliqué ici.
Dean: expliqué ici.
32°, air lourd, humide et poisseux. Les ventilateurs peinent à brasser l'air épais. Les élèves supplient qu'on les emmène dans les coins climatisés (la cafétéria, la bibliothèque prise d'assaut, le bureau du dept des langues, que j'ai déserté depuis que je suis chef et dans lequel la température est glaciale - ridicule).
J'ai passé chaque minute libre de ma journée à réviser avec mes élèves. Individuellement ou par petits groupes, ils ont investi mon bureau ("Mais on étouffe ici!"), les tables devant mon bureau, le couloir près de ma salle... Et on révise, on révise, on révise.
"C'est quoi déjà l'ordre des pronoms objets?" (me te se nous vous le la les lui leur y en);
"Pourquoi Paris est la plus belle ville du monde et pas la ville la plus belle?" (à cause de BANGS: Beauty Age Number Goodness Size, les adjectifs qui se mettent devant le nom - même au superlatif);
"Pourquoi Je pense que est suivi de l'indicatif et Je ne pense pas que est suivi du subjonctif?" (Vous savez, vous?)
Ce soir, dîner pour les "lifers" (les élèves de Terminale qui ont fait toute la scolarité dans cette école, depuis la maternelle) et leurs parents. Je suis invitée, en tant qu' advisor* d'une des élèves et aussi parce que je suis l'assistante du Dean* de cette classe. Je fais un petit (tout petit) discours - parmi d'autres, leurs instits de CP, leur prof de musique de l'école primaire, le directeur du lycée. Et nous regardons les photos de leurs années à l'école, leurs visages tout petits et déjà emprunts d'expressions bien à eux, leurs moments forts, spectacles, fins d'école primaire, fin du collège, bal du lycée... C'est la première (non, en fait la deuxième, il y a eu un brunch vendredi dernier) d'une série de cérémonies et célébrations qui culminera avec la Graduation, vendredi prochain. Cette année, à cause de mon lien particulier avec cette classe, j'ai été conviée à tous les événements qui jalonnent le parcours des Seniors (élèves de Terminale) vers leur statut de graduate. Et ça fait beaucoup... Je n'aurai pas assez de tenues d'apparat, je crois. Tant pis, je me montrerai deux fois habillée pareil (as if anybody cared...)
Il faut que je finisse ce soir de rédiger les examens pour demain. C'est la première fois que je m'y prends si tard. Ma vie en lambeaux commence à menacer le fonctionnement pourtant bien rodé de mon activité professionnelle. Il est temps que les vacances arrivent.
* Advisor: expliqué ici.
Dean: expliqué ici.
Tuesday, June 01, 2010
Le serpent
...
Je loge un serpent dans mes entrailles. Un long, puissant serpent, qui somnole depuis longtemps, parfois s'éveille et remue, et puis s'assoupit de nouveau, les paupières demi-ouvertes. Je le sens souvent - cette lourdeur qui va jusqu'à la torture, les nuits où je ne dors pas, empoisonnée par l'acidité de son venin.
Ces jours-ci, le serpent est complètement alerte, en attente. Je suis les mouvements de son corps dans le mien, je n'arrive pas à me reconnaître dans ces blessures que j'inflige et que je paie par l'auto-intoxication, le vacillement de mes certitudes et de ma lucidité. Je ne savais pas que faire souffrir était aussi douloureux, presque insupportable - presque. Je sens mon coeur battre au milieu de mon ventre, là où se tordent mes tourments. L'épaisseur de ma chair ne suffit plus à contenir ma peine, ma douleur.
Ce sont des moments tellement difficiles que je n'arrive pas même pas à en espérer l'issue.
Ces jours-ci, le serpent est complètement alerte, en attente. Je suis les mouvements de son corps dans le mien, je n'arrive pas à me reconnaître dans ces blessures que j'inflige et que je paie par l'auto-intoxication, le vacillement de mes certitudes et de ma lucidité. Je ne savais pas que faire souffrir était aussi douloureux, presque insupportable - presque. Je sens mon coeur battre au milieu de mon ventre, là où se tordent mes tourments. L'épaisseur de ma chair ne suffit plus à contenir ma peine, ma douleur.
Ce sont des moments tellement difficiles que je n'arrive pas même pas à en espérer l'issue.
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