Trop tard, donc, pour les bonnes résolutions, mais peut-être ai-je encore le temps de faire un bilan.
Dès le départ, 2007 ne me disait rien qui vaille. Je n'avais pas tort: le 2 janvier, un fou furieux a semé la panique chez nous et nous a, pour de longs mois, plongés dans l'angoisse et la colère. C'est à cause de lui que nous nous sommes frénétiquement (et en vain jusqu'à présent) lancés dans la recherche d'une maison à acheter. A cause de lui que nous avons passé TOUS nos week-ends, de janvier à juin, puis de septembre à décembre, à visiter des maisons. Nous avons failli en acheter une, ça n'a pas marché, l'aventure nous a délestés de quelques milliers de $ et nous a laissé un goût amer. Alors que tout le monde chante sur tous les tons l'effondrement du marché immobilier, nous n'arrivons toujours pas à trouver une maison dans nos prix (et une fois que nous l'aurons trouvée, arriverons-nous à payer les impots locaux, qui sont les plus élevés des Etats-Unis?)
2007, ça a donc été l'année grise de l'inquiétude sourde, de la rancoeur, de la discorde. Ce que cet homme malfaisant a porté dans ma famille, c'est plus que la simple peur de se faire agresser par un déséquilibré. Il est à l'origine de tellement de complications, ma tentative (avortée) de changer de boulot, nos disputes à propos de nos plans à longs termes, nos dissensions sur les finances, les vacances, la scolarité des enfants. Peut-être que je lui mets beaucoup sur le dos, mais c'est son pétage de plomb qui a tout déclenché.
Quand je pense à l'état d'anxiété dans lequel je vivais en permanence, il y a un an. Quand je pense au malaise qui surgissait chaque fois que je rentrais chez moi. Comment voudrait-on que je pardonne et que je parle à cette femme (sa femme, ma collègue, qui l'a défendu alors qu'elle est elle aussi une victime de sa violence) comme si rien ne s'était passé? Je ne peux pas. Je ne peux pas.
Ah, mais il ne faudrait pas oublier le silver lining: après tout, sans cette crise, nous n'aurions pas obtenu la maison dans laquelle nous habitons maintenant. Cette petite maison que j'aime tellement, que je ne voudrais pas quitter. Le déménagement ici a été le point positif de cette année.
2007 a eu aussi ses beaux moments, il ne faut pas pousser non plus. En été, bien sûr...
Le week-end à Barcelone, cadeau que j'ai offert à ma petite soeur pour ses 18 printemps. L'occasion de se retrouver entre filles, avec ma cousine et ma soeur. Un régal. Un bonheur que cette ville, vibrante, chaleureuse, brouillonne et éclatante de beauté.
Une petite semaine dans le New Hampshire, chez Else, avec son fils. Quelques jours en parenthèse, suspendus au fil léger de l'amitié.
Et surtout le lien noué entre Else et moi, cette corde sur laquelle je marche les mauvais jours et ce fil qui s'envole vers le ciel avec un ballon au bout, les jours de beau temps. Avec toutes nos années d'écart, nous aurions pu ne jamais nous "rencontrer". Je ne sais ce qui nous a fait franchir la distance. Son amitié m'est devenue infiniment chère.

