Thursday, January 31, 2008

2007: le bilan

.Voilà, nous sommes fin janvier, et je n'ai toujours pas pris mes résolutions du Nouvel An. J'imagine que c'est trop tard, maintenant (pareil pour les cartes de voeux qui attendent d'être envoyées). En fait, j'ai laissé traîner parce que la lourdeur des décisions à prendre me paraît insoulevable pour le moment. Je préfère enfouir ma tête sous le sable et éviter de voir plus loin que demain.
Trop tard, donc, pour les bonnes résolutions, mais peut-être ai-je encore le temps de faire un bilan.

Dès le départ, 2007 ne me disait rien qui vaille. Je n'avais pas tort: le 2 janvier, un fou furieux a semé la panique chez nous et nous a, pour de longs mois, plongés dans l'angoisse et la colère. C'est à cause de lui que nous nous sommes frénétiquement (et en vain jusqu'à présent) lancés dans la recherche d'une maison à acheter. A cause de lui que nous avons passé TOUS nos week-ends, de janvier à juin, puis de septembre à décembre, à visiter des maisons. Nous avons failli en acheter une, ça n'a pas marché, l'aventure nous a délestés de quelques milliers de $ et nous a laissé un goût amer. Alors que tout le monde chante sur tous les tons l'effondrement du marché immobilier, nous n'arrivons toujours pas à trouver une maison dans nos prix (et une fois que nous l'aurons trouvée, arriverons-nous à payer les impots locaux, qui sont les plus élevés des Etats-Unis?)
2007, ça a donc été l'année grise de l'inquiétude sourde, de la rancoeur, de la discorde. Ce que cet homme malfaisant a porté dans ma famille, c'est plus que la simple peur de se faire agresser par un déséquilibré. Il est à l'origine de tellement de complications, ma tentative (avortée) de changer de boulot, nos disputes à propos de nos plans à longs termes, nos dissensions sur les finances, les vacances, la scolarité des enfants. Peut-être que je lui mets beaucoup sur le dos, mais c'est son pétage de plomb qui a tout déclenché.
Quand je pense à l'état d'anxiété dans lequel je vivais en permanence, il y a un an. Quand je pense au malaise qui surgissait chaque fois que je rentrais chez moi. Comment voudrait-on que je pardonne et que je parle à cette femme (sa femme, ma collègue, qui l'a défendu alors qu'elle est elle aussi une victime de sa violence) comme si rien ne s'était passé? Je ne peux pas. Je ne peux pas.

Ah, mais il ne faudrait pas oublier le silver lining: après tout, sans cette crise, nous n'aurions pas obtenu la maison dans laquelle nous habitons maintenant. Cette petite maison que j'aime tellement, que je ne voudrais pas quitter. Le déménagement ici a été le point positif de cette année.

2007 a eu aussi ses beaux moments, il ne faut pas pousser non plus. En été, bien sûr...
Le week-end à Barcelone, cadeau que j'ai offert à ma petite soeur pour ses 18 printemps. L'occasion de se retrouver entre filles, avec ma cousine et ma soeur. Un régal. Un bonheur que cette ville, vibrante, chaleureuse, brouillonne et éclatante de beauté.


Une petite semaine dans le New Hampshire, chez Else, avec son fils. Quelques jours en parenthèse, suspendus au fil léger de l'amitié.


Le plus durable, peut-être, j'espère, de 2007, ce sont les liens qui se sont créés, renforcés - avec, entre autres, certaines d'entre vous!
Et surtout le lien noué entre Else et moi, cette corde sur laquelle je marche les mauvais jours et ce fil qui s'envole vers le ciel avec un ballon au bout, les jours de beau temps. Avec toutes nos années d'écart, nous aurions pu ne jamais nous "rencontrer". Je ne sais ce qui nous a fait franchir la distance. Son amitié m'est devenue infiniment chère.

Tuesday, January 29, 2008

J'ai bien fait

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J'ai bien fait d'aller bosser lundi.

* Même si je n'ai finalement pas présenté mon super Zebda projet (ma chef a réquisitionné toute la réunion pour s'auto-défendre/justifier; nous avons donc tous remballé nos cartons. Enfin, je ne sais pas si les autres étaient aussi prêts que moi, qui piaffais d'impatience). Tant pis, j'impressionnerai mes collègues une autre fois.
* Même si ma classe-cobaye, sur laquelle, après cette réunion un peu pénible, j'ai testé mon Zebda projet, a moyennement accroché. Peut-être aurais-je dû m'abstenir de préciser que le groupe a vu le jour en 1990 (pour moi, c'est hier à peine, mais eux n'étaient même pas nés...). Ah, bah, c'est une classe bêcheuse, de toute façon. Et je me suis rattrapée depuis avec des classes plus rigolotes qui ont apprécié, elles (les bons élèves, parfois, ils ont de sacrés angles morts. J'en sais quelque chose).
* Même si j'ai constaté une fois de plus la clanification du département, et ma mise à l'écart soulignée ici et là. Même j'ai pas dit mon dernier mot. Du coup, au lieu de m'isoler dans ma salle pendant mes (rares) heures libres, je reste dans le bureau. Quitte à visser mes écouteurs sur mes oreilles, mais au moins, j'occupe le terrain.
* Même si, après la journée de cours, il a fallu me farcir une réunion supplémentaire de deux heures (record battu), qui n'a mené à à peu près rien, étant donné qu'elle n'avait pas été sérieusement préparée par les responsables. Grrr.
* Même si je suis rentrée avec le cerveau à plat, des enfants énervés qui n'avaient pas profité de leur séjour prolongé à l'After-School pour commencer leurs devoirs (du coup, Dudie y était encore à 7 heures et demie ...), et une tonne de copies qui sont restées non corrigées (je n'ai même pas eu la tentation de les aérer, comme je fais d'habitude: elles sont restées dans mon sac. Prêtes pour un autre aller-retour maison-école-maison).

Oui, j'ai bien fait d'aller bosser, lundi.
  • Parce que c'était l'anniversaire de ma jeune collègue (27 ans, la vaurienne! Presque 10 ans de moins que moi!!) et que tout le monde l'avait oublié (ça en dit long sur l'ambiance...). Elle me l'a dit en arrivant, et elle est partie enseigner sa première classe. Moi, j'avais une heure de libre avant la fameuse réunion du département, j'en ai donc profité pour filer à la boulangerie acheter une super tarte aux airelles. Comme j'ai enfin réussi à faire (partiellement) fonctionner cet appareil impossible qui me permet d'écouter mon ipod dans la voiture, comme il faisait un soleil magnifique, comme c'était une heure à laquelle je ne vais jamais en ville, cette mini-escapade m'a ravie. Et ma petite collègue était toute émue.
  • Parce que l'énergie que j'ai investie dans la préparation de mon Zebda projet ne m'a pas quittée. Je ne sais d'où elle vient ni pourquoi ni comment, mais voilà, j'ai la pêche à faire peur à la pile alcaline (copyright: Zebda). Pourvu que ça dure... Pour l'instant, cette réserve de pensée positive coussine les ondes méchantes de mon entourage professionnel, l'apathie de certains de mes élèves, le montant des impots à payer, les garçons qui se battent, la pluie qui s'est mise à tomber...
Et puis, pour finir la journée, tisane et chocolat, celui que je viens de découvrir et auquel je suis déjà irrémédiablement accro...

Sunday, January 27, 2008

Tombez-la! (Pronoms objets)

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Parce que l'ambiance du département est pourrie;
Parce que, à peine revenue des vacances de Noël, ma chef est repartie pour une semaine dans les îles (ça ne se fait pas dans une école, autant vous dire que c'est très mal passé...);
Parce que la même a demandé à la collègue que je déteste (mon ancienne voisine...) de présenter "les merveilleux projets sur lesquels elle fait travailler ses élèves" à la prochaine réunion du département (lundi) à grands renforts de compliments hyperboliques et d'exagérations suspectes;
Parce que l'autre prof de français (en qui je croyais pouvoir avoir confiance) m'a démontré la semaine dernière qu'il n'était pas de mon côté;
Parce qu'en deux ans et demi, je n'ai été absente qu'un jour et une heure (mes enfants et moi-même faisons preuve d'une remarquable résistance aux microbes et virus depuis que nous vivons ici...);
Parce que ... un grand ras-le-bol et je les emmerde tous,

j'avais décidé de me faire porter pale demain lundi et de manquer par là-même la redoutée réunion de département durant laquelle l'horrible collègue doit se faire valoir avec ses extraordinaires projets.

Et puis... Samedi après-midi, d'un lieu inconnu, m'est venue une inspiration. J'ai renversé la vapeur. Arrière toute. Comment ça, moi, fuir? C'est Zebda qui m'a tirée de mon funk. De ma Toulouse natale, l'accent, la couleur, ils m'ont sauvée. Je ne sais pas pourquoi cette idée qui trainait dans ma tête depuis un moment a soudain pris forme. Mais bon sang, mais c'est bien sûr! Nous sommes en train d'étudier les pronoms compléments d'objets. Quoi, vous ne voyez pas où je veux en venir?

Alors écoutez:


Et puis, allez voir le clip que mes garçons adorent (et qu'ils regardent en boucle).
Voilà, avec un projet comme ça, j'écrase tout le monde avec ma pêche, comment entrer en compétition avec une telle activité pédagogique? J'ai tout: le rythme, les images de la banlieue toulousaine, l'humour, la diversité sociale et culturelle (je ne sais pas chez vous, mais ici "diversité" est le mot incontournable du moment), le pronom COD qui suit l'impératif et qui précède le verbe à l'indicatif autant que l'infinitif, je vais les éclabousser tous avec ma débordante bonne humeur. Qu'est-ce que j'ai dansé là-dessus! Voilà, non seulement je vais assister à cette #$&@* réunion, mais je vais être la star.
Bon, ce n'est pas grand chose, mais ça suffit à me remettre le coeur à l'ouvrage. Je trépine d'impatience (je suis sûre que mes élèves vont adorer Zebda). Je vais trancher dans le vif de la morosité ambiante. Yeah!

Bon, je vous raconterai comment ça s'est passé...

Sunday, January 20, 2008

(Not a) Snow Day

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Jeudi soir, il a neigé. Bien sûr, les premiers flocons ont commencé à tomber pendant la dernière heure de classe, et nous n'avons pas eu de journée raccourcie. Ni même de Snow Day le lendemain. Ce Snow Day que tous les enfants attendent en vain depuis le début de l'hiver.
Mais quand même, il a neigé, il fallait en profiter. Alors, juste après le goûter, au lieu de faire leurs devoirs, les garçons ont enfilé leurs pantalons de ski et leurs doudounes, et sont partis courir dans la neige. La nuit est vite tombée, mais avec les lampes qui éclairent le jardin derrière la maison, ils ont pu continuer à rouler leurs boules de neige.


Au bout d'un moment, les parents s'y sont mis aussi. Entreprise collective de modelage de bonhommes de neige.

Ils n'ont pas tenu: la pluie a remplacé la neige, pendant que nous nous mettions (tardivement) aux devoirs, et à la fin du dîner (lui aussi retardé), le plus grand des bonhommes a commencé à vaciller...

Le lendemain matin, il ne restait que cinq tas de neige sale, une carotte, deux noisettes et des brindilles en désordre... Il a fallu aller à l'école. No Snow Day, but a beautiful Snow Night.
~~~
Si on s'éloigne un peu du halo jaune des lampes de jardin, la nuit est féérique, brodée de blanc, épinglée de scintillements. Je reviens sans cesse goûter la paix majestueuse des grands arbres sombres festonnés de dentelle éclatantes. Mes pas étouffés, l'odeur piquante de la neige, les voix des garçons, à l'autre bout de jardin, l'immobilité tout autour: nuit de janvier, soir de neige.

Wednesday, January 16, 2008

Blocage

.Je n'arrive plus à écrire ici. Rien à faire. Pourtant ... Les garçons qui font des leurs; un samedi à New York avec Else; ma rencontre avec Marie; la pesanteur et l'embarras du secret, parfois; des histoires de parfum; la neige qui ne tombe pas... Il me semble que j'ai dans ma besace de quoi écrire. L'envie de raconter aussi.
Mais je n'y arrive plus. Je tourne autour du noeud sans pouvoir le défaire. Je danse d'un pied sur l'autre, mais je reste au même point.
A plus tard, donc.

Monday, January 07, 2008

Fin des vacances

.C'est la fin des vacances... J'ai vu hier quelqu'un que je n'avais pas rencontré depuis longtemps et qui m'a dit que j'avais l'air très reposé. J'étais un peu étonnée, mais j'ai décidé que ce regard sur moi était de bonne augure pour reprendre le collier. Au moins, cela: je n'ai pas abattu tout le travail escompté, mais j'ai pris un acompte de sommeil.

Dimanche matin, c'est pancakes.

Dernière balade avec le chat, avant son départ.Demain, c'est la rentrée...

Sunday, January 06, 2008

Un chat panivore

On nous a prêté un chat pour les vacances.

La même minouchette que d'habitude (elle était déjà là pour Thanksgiving, et aussi l'année dernière... Elle prend pension chez nous à chaque petite vacance). Cette fois, elle est restée plus de deux semaines, son plus long séjour, alors nous avons vraiment appris à nous connaître. Elle commençait à se sentir chez elle ici. Elle s'est approprié la chaise du bureau, au point de menacer férocement celui qui s'en approchait durant sa sieste. Elle venait volontiers dormir sur mes genoux quand j'étais assise à l'ordinateur (et miaulait méchamment si je me levais). Elle a confirmé sa prédilection pour les sacs.



J'ai découvert qu'elle aimait le pain, et plus encore le panettone.


Et puis, elle m'a échappé, un soir. Moi qui passait mon temps à dire aux garçons: "Attention à la porte, ne la laissez pas sortir!", c'est entre mes jambes qu'elle s'est faufilée, à 10 heures du soir... Je l'ai suivie en pantoufles dans le jardin. Elle me laissait approcher, mais dès que j'étais sur le point de l'attraper, elle bondissait un mètre plus loin. Elle broutait l'herbe avec entrain. Et puis, brusquement, elle a filé, s'est glissée dans les broussailles, a franchi la barrière et est partie chez les voisins. Nous avons essayé, pendant une heure, de la retrouver. Il faisait nuit noire et -1°, conditions idéales pour la chasse au chat. Elle avait complètement disparu. A 11h, je me suis résolue, toute déconfite, à appeler sa propriétaire. Et c'est là que j'ai appris que la puce électronique dont elle est porteuse n'était pas (comme je le croyais en toute naïveté, pff...) reliée à un satellite permettant de la localiser. C'est juste une base de données, avec adresse et numéro de téléphone, si jamais elle atterrit dans un refuge pour animaux.
J'ai vécu un grand moment de stress, l'angoisse de l'avoir perdue, la pesanteur de la responsabilité, ouh, je n'étais pas glorieuse... J'ai mis dehors un coussin sur lequel elle avait dormi et d'autres choses avec son odeur, pour qu'elle se retrouve. Et de la pâtée pour chat. J'ai laissé toutes les portes ouvertes. Et je me suis rongée les sangs avec entrain.
A minuit et demi, je me suis enfin résolue à aller me coucher. J'ai jeté un dernier coup d'oeil sur la terrasse ... Elle était là, l'air un peu transie et ébouriffée. Elle s'est laissé rentrer sans protester. J'ai dormi comme une pierre, cette nuit-là.
Elle vient de partir. Je continue à fermer la porte avec précaution.

Friday, January 04, 2008

Douceurs

Qu'as-tu fait de tes vacances, Ô toi qui berçais tant de projets depuis début décembre?...
Hum. J'ai officiellement décidé que les vacances n'étaient PAS faites pour barrer une à une les lignes de la TO-DO list. Par conséquent, en ce presque dernier jour de vacances, il me reste encore des milliers de cartes de voeux à écrire, un calendrier de mes cours de littérature (au jour près, a insisté ma chef) à assembler, un projet de cours pour l'année prochaine à mettre sur pied, toute ma paperasse à trier, des papiers de sécu à remplir (pas touchés depuis juin, arrrrgghhh), mon bureau à ranger, des copies à corriger (toujours et encore, ça ne finit jamais...), des mails auxquels il faudrait que je réponde...

Qu'as-tu donc fait de tes vacances?

Ah, la grasse mat', pour commencer.

Une traduction (un peu d'argent de poche...)

Et puis, un samedi à New York avec ma mère.



Et puis du patin à glace avec mes enfants (ça y est, Paolo m'a lâchée! Il tient tout seul sur la glace! Le coup de pouce est venue avant-hier, quand sa copine Zélie, toute contente de le voir, a patiné vers nous avec une grâce dont je suis encore jalouse, et lui a pris la main pour qu'ils patinent ensemble. Il n'a fait ni une ni deux, et s'est lancé. Bien sûr, il a eu du mal à la suivre, mais du coup, il a réalisé qu'il pouvait avancer tout seul...)



Et puis, quand la copine Zélie est venue à la maison, elle m'a demandé si on pouvait faire des cookies. Qu'a cela ne tienne, j'ai sorti ma recette de gingerbread cookies, Paolo et Zélie ont mesuré, versé, mélangé, cassé un oeuf chacun, puis m'ont un peu abandonnée. Ils sont revenus découper chacun "leur" cookie, dans la pâte pas vraiment facile à manipuler (pas le temps de la faire refroidir), et Zélie a dû partir, en emportant son cookie tout chaud et merveilleusement odorant. Du coup, je me suis retrouvée avec beaucoup beaucoup de pâte et plus de marmitons. Je me suis bien amusée, et la maison a embaumé la cannelle pendant toute la soirée...



Et puis, mon Papa m'a envoyé des chocolats... Et ça occupe les chocolats. Il faut passer du temps à choisir celui qui correspond à l'humeur du moment, non, pas croustillant aujourd'hui, pas fruité non plus, café, mmh, ah oui, un peu d'amertume et beaucoup de douceur, "Ganache Caramel déglacé au Xéres", c'est parfait ... Et après, il faut cacher la boîte, pour que mes trésors ne disparaissent pas trop vite. Oui, ça prend du temps, les chocolats.