Tuesday, June 28, 2011

Comme un mardi (38)

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Cela faisait des mois que je n'avais pas nagé. Mon corps a retrouvé facilement, presque avec surprise, les lisses mouvements, l'étirement, l'enveloppement de l'eau.

Dimanche dernier, alors que je me sortais avec difficulté d'une mauvaise torpeur, une gluante déprime, j'avais décidé de me botter les fesses et d'emmener les garçons à la piscine. Ha! C'était sans compter Paolo, qui n'a rien trouvé de mieux que de se coincer le doigt dans la portière de la voiture. Au lieu de passer l'après-midi à la piscine, nous l'avons passée aux urgences... Rien de cassé, mais une douleur terrible (il est pourtant résistant). Du coup, c'était aujourd'hui notre premier plongeon de la saison.

Monday, June 27, 2011

New York avec eux ...

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Ce n'est pas forcément un plaisir.
Hum.
Donc, voyage obligé pour faire renouveler les passeports.
Quelques imprévus: embouteillages pour arriver à la gare, on ne prend pas le train de 8h40 mais le suivant (heureusement, je m'étais laissé de la marge...); la DS de Dudie est à court de batteries (il avait oublié de la charger hier soir ... C'est sa faute. Il réclame celle de son frère, je lui dis que ce ne serait pas juste, il fait la gueule pendant une bonne heure); je renverse du thé sur ma jupe blanche avant même d'avoir quitté Penn Station.
Mais à part ça ... Je navigue le subway de NYC comme une pro, nous arrivons au consulat à l'heure du rendez-vous, j'ai tous les papiers nécessaires (sauf que l'enveloppe pour le retour des passeports n'est pas recommandée...) Ça roule.
Paolo a du mal à rester tranquille pendant 45 minutes. C'est là que je remarque (encore une fois) qu'il est "différent": il ne peut pas simplement attendre. Il touche à tout, la clim, les bidules sur le bureau du monsieur des passeports, le fauteuil, mon sac... Il cherche son frère (et le trouve trop facilement, il faut que je me mette entre eux), geint parce que c'est trop long, demande à partir. Pendant ce temps, Dudie, le regard vague, patiente sans bouger (à moins d'être titillé par son frangin). J'observe une famille de trois garçons, entre 12 et 4 ans, qui attend son tour sans broncher. Pourquoi le mien ne peut-il se tenir?
C'est fini, nous sortons. J'avais prévu une visite au Met, pas loin, mais l'estomac parle et il faut trouver un restau. Ils décident qu'il faut manger italien et nous voilà en train de grimper l'escalier étroit d'un probable piège à touristes, mais je n'ai plus la force de me battre contre eux. Nous décidons de déjeuner sur la "terrasse", tout en haut.

[Et la porte au plafond? Ça leur a bien sûr rappelé le dialogue d'un film culte qu'ils connaissent par cœur*]
C'est finalement assez sympa et plutôt bon. Paolo est en extase devant sa margharita géante (contre toutes mes prédictions, il l'a bel et bien finie...), Dudie est ravi de ses linguini a la vongole et je me dis que peut-être la fin de la journée sera plus facile. Ahah.

Bien évidemment, le Met est fermé (Today's Monday, ma'am!) et nous voilà repartis à la recherche d'une poste pour trouver une enveloppe recommandée.

Une dizaine de blocks plus tard, Paolo gémit, il a chaud, il a trop mangé, il ne veut plus marcher. Derrière son guichet, un employé me garantit qu'on ne peut PAS acheter une enveloppe pré-payée recommandée. Je ne m'avoue pas vaincue et je fais la queue à un autre guichet. Et repars avec mon enveloppe, pas mécontente d'avoir persévéré, pour une fois. Et maintenant, il faut repartir au consulat. Drame. Paolo refuse d'avancer, Dudie se met à l'insulter, je suis au bord de l'explosion. Finalement, nous attrapons un bus sur la 5e, ce qui raccourcit notre marche et me donne - très temporairement - la paix.
En ressortant du consulat, je propose Central Park, juste là, d'ailleurs regardez les bateaux sur l'étang, mais rien à faire, ils veulent rentrer. Le zoo? Non, je veux juste rentrer à la maison.

Le bus, donc, et puis le train, la voiture, la maison (deux heures et demie plus tard). Je m'effondre sur mon lit. Je ne peux plus bouger. Ils ont le talent de me presser comme un citron, d'extirper jusqu'à la dernière goutte de mon énergie déjà tellement en pénurie en ce moment.
Je reviendrai à New York avec Dudie qui aime les musées et j'attendrai que Paolo se décide à grandir (un jour?) - ou alors peut-être que, comme son père, il n'aimera jamais New York. Après tout, il n'est pas obligé. Ni moi de le traîner avec moi.

* - La porte au plafond, là!
- Ça? Non mais, j'anticipe! Si vous voulez faire un deuxième étage, paf! vous pouvez parce qu'y a déjà une porte pour y accéder!

Edit: Pour revoir la scène, c'est ici!

[Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand]

Wednesday, June 22, 2011

22

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Another golden birthday - après 13 ans le 13 mai, voilà 22 ans le 22 juin.
Pour la fille de mon cœur, ma petite sœur.
Bon anniversaire, ma belle!

Comme un mardi (37)

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Ma main sans bague, exactement 14 ans après mon mariage. Toute une journée à traîner mon épuisement, comme une peine dont on ne se débarrassera jamais. A quand la fin de la tristesse?

Tuesday, June 14, 2011

Comme un mardi (36)

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J'ai ce soir retrouvé cette photo dans mon appareil et je me suis un instant demandé à quel moment de la journée je l'avais prise. Et qu'est-ce que je faisais en ville, au juste?

Symptomatique de ces journées de bouclage d'année scolaire, tellement remplies que j'ai du mal à en distinguer les jointures. J'ai l'impression de ne jamais dormir, d'enchaîner les unes après les autres les tâches à accomplir, de toujours - no matter what - me laisser déborder. Pas eu le temps de déjeuner ce matin, encore des bulletins à rédiger en buvant mon thé, un baiser à mes enfants endormis, ils sont en vacances, eux, à peine arrivée à l'école une interview par skype (c'est magique, la technologie), encore des bulletins à finir, j'ai dépassé l'échéance de deux heures, mais ça y est, je les ai envoyés, tellement de petits problèmes à régler, emplois du temps, summer reading, teaching assignments, et les livres de classe à commander, encore une fois je suis en super retard, c'était dû vendredi à midi... Il est finalement 11h et demie et je mange une pomme, qui traînait sur mon bureau depuis une semaine (mais elle n'est pas mauvaise) en me disant que j'irai bientôt déjeuner en ville, juste avant mon rendez-vous avec le Tuesday Man. Le Grand Organisateur des Emplois du Temps râle contre moi, j'ai encore changé ses plans avec mes profs que je veux faire enseigner au collège et au lycée, c'est quoi ce bazar. Il faut, il faut, j'ai promis, écrire cette lettre de recommandation pour A., et rapidement l'envoyer. Ah, et puis il faut que je rappelle ce type qui veut me parler de la candidature de S. dans son école.
Il est deux heures et quart, je suis en ville et je vais enfin pouvoir manger.
Je dois passer par la banque, plus un rond dans mon porte-monnaie, et puis j'ai cette lettre à poster, une réponse à une invitation de mariage, RSVP avant le 31 mai, je suis en retard (ça devient lassant, ce refrain).
C'est à ce moment-là que j'ai dû prendre la photo.

Et cette photo ressemble à ma vie en ce moment, fouillis, circulation, des gens qui traversent, "NO STOPPING OR STANDING", et cet orage qui noircit dans le fond, entre les arbres.

Tuesday, June 07, 2011

Comme un mardi (35)

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Ce matin, quand je suis entrée dans sa chambre, il avait déjà les yeux ouverts. C'est rare - extrêmement rare un jour d'école. Je me suis assise sur le bord de son lit et je lui ai parlé doucement. Et une immense, insurmontable angoisse m'a envahie. Il a fallu que j'attende, en respirant comme je pouvais, que disparaisse la tentation de sombrer, l'évanouissement.

Aujourd'hui était le dernier jour d'école de Paolo.
Dernier jour de l'année scolaire.
Dernier jour de l'école primaire.

Il est arrivé au bout, il a réussi, oui! C'était vraiment un "group effort", sa maîtresse, la "dame" du jeudi, les visages bienveillants à l'école, moi, un peu aussi, mais surtout lui, qui a tenu, qui a appris, qui a atteint le dernier jour de la dernière année de l'école primaire.

Pour presque tous les autres enfants de 4th grade qui étaient au centre de la cérémonie d'aujourd'hui, c'était une fête, même si certains étaient nostalgiques (une petite fille s'est mise à sangloter sur l'estrade en serrant la main du directeur et des instits, je crois qu'elle a mis les larmes aux yeux de la moitié de l'assemblée).
Pour Paolo, c'est une victoire, parce qu'il est passé bien près de l'exclusion une fois ou deux. Il a réussi à se prouver, et à prouver au directeur qui l'avait mis sur une voie de garage l'année dernière, qu'il pouvait finir ses années d'école élémentaire, malgré son refus des règles et règlementations, malgré son indépendance d'esprit et sa main trop leste, qui rend le coup de poing avant même d'avoir réfléchi aux conséquences de son geste.

Il était beau, aujourd'hui, et aussi un peu nerveux. Il a été parfait, il a bien chanté, bien joué du violoncelle, et il n'a même pas perdu sa chaussure en chemin (J'ai cherché la trace de l'incident, mais mon blog n'en a rien gardé: pourtant Dudie, il y a trois ans, a défilé sa chaussure à la main. Oui, une chaussure au pied et l'autre à la main.)
Paolo m'a dit, soulagé: "C'est fini". Oui, c'est fini, mon cœur. Jusqu'en septembre. Jusqu'à la rentrée au collège. Et là, là, les choses vont redevenir intéressantes...

Sunday, June 05, 2011

Ces jours-ci

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  • Je mange beaucoup de glaces.
Et d'ailleurs je ne suis pas la seule.


  • On me confie un "nouveau copain"...

(et oui, je sais, Paolo se moque des lois de la conjugaisons comme de tout ce qui règlemente la vie en général)

... qui n'est pas resté chenille longtemps.

Maintenant, j'ai un cocon dans mon bureau. Je ne sais s'il en sortira un jour quelque chose.

  • J'ai aussi droit à des revendications répétées (impossibles à ignorer, elles sont partout dans la maison, même à l'intérieur des placards).

  • J'emmène les garçons regarder un match de foot sur grand écran à la bibliothèque et je finis par rester avec eux (BAAAAAAARRRÇÇÇAAAAAAAA!!!) (oui, c'est moi qui crie le plus fort, les copains de Paolo n'en reviennent pas). Mes copies ne sont pas sorties de mon sac.

  • Je me fais des salades roquette/mangue (avec roquefort, amandes grillées, tomates-cerises, parfois prociutto, ou vieux gouda...) C'est très très bon.


  • Je regarde et re-regarde ma maison sous tous les angles. C'est encore ma maison. Pas pour très longtemps (quoique ... Ce n'est tellement pas le moment de vendre, et il y a tellement de maisons sur le marché...) (Il me tarde et il ne me tarde pas qu'elle soit vendue. Mais je n'en peux plus de la tenir toujours sur son 31, dans l'espoir qu'elle séduira d'éventuels acheteurs. Elle nous a séduits, nous, pourquoi les gens ne la voient-ils pas avec nos yeux?)


  • J’écosse et j'embauche des écosseurs.

Moi qui n'aime pas les petits pois, j'en raffole quand ils sont frais. Et crus.

  • J'observe les combats sans merci qui se déroulent dans mon jardin. Et puis je crie: "Vous vous déshabillez avant d'entrer!" La mud room est jonchée de shorts et t-shirts trempés. Difficile à croire que ces engins à l'aspect redoutable sont de bêtes pistolets à eau.

Saturday, June 04, 2011

Allergènes

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Else avait en charge pour quelques jours les chatons de son fils. Nous sommes allés les voir, imprudents que nous sommes ...

Immédiatement, nous nous sommes mis à roucouler et à vouloir les mêmes.


Et puis, au bout d'un quart d'heure, l'un d'entre nous ...


... (pas moi) ...


... s'est mis à se gratter, se frotter les yeux, le visage ...

... et il a fallu partir vite vite, avec un Paolo au visage gonflé, aux yeux presque fermés, la peau en feu et toussant comme un fumeur.
Je le savais allergique aux poils de lapin, mais pour la première fois il nous a démontré que les chats non plus ne lui réussissaient pas. Adieu donc notre projet d'adopter deux chatons. Il en était tout malheureux - et moi aussi qui attends depuis des années un chat dans ma vie.