Tuesday, March 29, 2011

Comme un mardi (26)

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Il était furieux: son frère avait pris sa place sur la table de la salle à manger pour faire ses devoirs et j'avais confirmé qu'il pouvait y rester. Un petit moment à combattre la colère et les larmes qui piquent les yeux - c'est trop injuste, c'est MA place, je me mets toujours là -, et il est parti s'enfermer dans sa chambre. Je l'y ai retrouvé en train de faire son exercice de sciences, par terre, enroulé sur lui-même, finalement on n'est pas si mal ici.

Sa chambre est zen, désormais débarrassée de la majorité de ses jouets et de presque tous ses livres, mis en cartons et en attente à la cave. Un peu comme il y a presque trois ans, quand nous sommes arrivés dans cette maison. Retour à la case départ.

Wednesday, March 23, 2011

Surprise du mercredi matin

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Un dernier coup de froid, juste pour marquer le coup. L'hiver a un peu de mal à tirer sa révérence.

Comme un mardi (25)

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Un mardi en retard...
Un mardi dans les travaux, la peinture et les cartons.
Les vacances sont presque finies, elles auront été presque entièrement consacrées à s'occuper - tristement - de cette maison qui sera bientôt en vente.
Maintenant, je vais me mettre à écrire les bulletins de mes élèves. Ça va me prendre tout le reste de la semaine.

Tuesday, March 15, 2011

Comme un mardi (24)

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Il y a des parents qui emmènent leurs enfants dans les Caraïbes, pour les vacances de Printemps (1). D'autres qui vont jusqu'aux Galapagos. Ou en Europe. Ou dans le Colorado, pour faire du ski. Ou en Floride, pour aller à la plage.
Moi, pendant les vacances, j'emmène mes enfants à la bibliothèque. Et alors?


(1) Ici, les vacances de février et celles de Pâques fusionnent en vacances de printemps (Spring Break). Deux semaines en mars pour les écoles privées, une seule semaine en avril pour les écoles publiques (de janvier à avril sans vacances, sauf quelques demi-journées par-ci par-là, c'est long, je trouve).

Monday, March 14, 2011

Histoires

Mes histoires - mes petits soucis, mes vrais tourments, ma laborieuse traversée du jour le jour, mes inquiétudes renouvelées, tout ce qui m'attend -, mon histoire - ce qui fait que je suis qui je suis - et puis, l'Histoire.

Vendredi était le dernier jour avant les vacances. Un grand soulagement de venir à bout de cette semaine trop remplie. La nervosité d'accueillir un candidat pour un poste bientôt vacant, quand personne n'est prêt, quand un collègue, remportant une fois de plus la palme de l'inefficacité et du non-professionnalisme, déclare forfait sans me prévenir, quand je dois laisser ma classe pour balader ledit candidat de rendez-vous en rendez-vous. L'anxiété de ce qui m'attend pendant ces deux semaines de "repos".

Et puis ce coup de fil de Ninette, "Ca pourrait aller mieux... "
- Pourquoi, qu'est-ce qui se passe?
- Tu te souviens où est mon mari cette semaine?
- Au Japon ... Oh, merde!"
Il a fini par rentrer dimanche, après avoir passé trois jours à l'aéroport. Plus de peur que de mal. Mais je sais l'angoisse de Ninette, qu'elle ne porte jamais en breloque, pendant ces longues journées. Et elle me dit: "J'ai la culpabilité de ceux qui ont eu de la chance". Et les autres, tous les autres, ceux qui n'en ont pas eu...

La grand-mère de mes enfants est Japonaise, leur père est né dans ce pays, même s'il n'en a parle pas la langue. Je ne sais si la famille qu'il a là-bas (qu'il ne connaît pas et avec qui il n'est pas en contact) va bien.
Ma belle-mère n'a pas vraiment transmis sa culture à ses fils. Elle le regrette maintenant et a fait des tentatives avec ses petits-fils. J'ai ces petits objets, ces origamis, ces algues séchées et ces petits biscuits salés qu'elle envoie régulièrement au milieu de tas de "trucs" (des brosses à dents, de la confitures, des stylos, des coupures de journaux, des biscuits sans sucre, des biscuits hyper-sucrés, des gants de jardinage, des chocolats, des chaussettes, du café, des torchons ...) Mais depuis quelques mois, la communication avec son fils est coupée. Alors je ne sais rien, mais j'imagine son bouleversement. Je n'ai jamais été proche d'elle, mais je sais bien ce que je ressentirais si une catastrophe survenait en France. L'impuissance, la culpabilité de l'éloignement, la peur, le chagrin. Elle est, contrairement à moi, très religieuse, elle doit prier beaucoup ces jours-ci. Je me contente de me balader avec cette boule d'angoisse au creux du ventre, ce nœud entrelaçant des fils qui viennent de l'Histoire, de mon histoire, de mes histoires.

Tuesday, March 08, 2011

Tuesday, March 01, 2011

Comme un mardi (22)

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Baby shower ... Quelle drôle de tradition. Je n'arrive pas à décider si ça me plaît ou pas (probablement pas). Mais je ne pouvais pas ne pas en organiser une pour l'arrivée du bébé de deux de mes collègues les plus chers. Lui travaille avec moi; elle, prof de bio, est arrivée dans cette école la même année que moi et c'est la propriétaire de notre chat de vacances. Leur petiot va arriver d'ici un bon mois.
Cette après-midi, après l'école, une cinquante de personnes s'est réunie pour fêter ce qui n'est encore qu'un espoir (Je pense que ce sont mes superstitions qui me font trouver cette célébration bizarre. Et si, et si...? Pourtant, ici, tout le monde considère normal de couvrir de cadeaux l'enfant qui n'est pas encore né).
J'étais allée chercher un énorme gâteau, plein de mousse au chocolat bien écœurante (qui a fait le bonheur de tous). L'autre prof de bio avait acheté des ballons roses et bleus et des décorations thème bébé. Une fois la surprise passée, les futurs parents ont été installés sur des chaises et on leur a mis dans les mains tous les paquets à déballer l'un après l'autre. Après moultes exclamations ravies et des remerciements réitérés, tout le monde a repris un morceau de gâteau et nous avons tout plié.
Les cadeaux sont partis rejoindre la chambre déjà toute prête. Et dire que j'ai acheté le couffin pour mon premier bébé deux jours avant sa naissance...