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La semaine dernière, Dudie s'est rendu compte que la date de la sortie du premier volet de Harry Potter 7 coïncidait avec la date de mon opération. Catastrophe, je ne pourrai pas l'emmener au cinéma le jour de la sortie du film. Il m'a bien demandé si je pouvais déplacer l'intervention
(Mais oui, mon chéri, ça ne fait qu'un mois que c'est programmé, j'ai tout organisé pour mes remplacements à l'école et pour vos trajets matin et soir, pourquoi pas tout annuler, juste pour aller se mêler à la foule de ceux-qui-l'ont-vu-le-premier-jour?), mais il n'a pas insisté (il devient bon pour détecter le sarcasme - et pour le manier aussi).
Trois jours après, Paolo a tenté le coup - il avait, lui, une réunion de lego robotics qu'il ne voulait pas manquer et qui n'était pas compatible avec mes plans. Moins raisonnable que son frère, il a piqué une grosse colère et m'a dit que je ne pensais qu'à moi.
Tu l'as depuis longtemps, ce truc, tu n'es pas obligée de le faire réparer maintenant!J'ai parfois du mal à choisir entre la tristesse et la colère, et puis finalement je laisse couler. J'en aurais été incapable, il y a quelques temps, mais là, voilà, il y a trop de sable dans mon petit camion, alors ...
Demain donc (ou plutôt aujourd'hui, il est plus de minuit), je vais passer sur le billard. Oh, pas grand chose, une petite réparation, je ne resterai même pas à l'hôpital (ici, on pratique beaucoup le
in-and-out). Ces derniers jours, ces dernières semaines même, ont été tellement débordés que je n'ai pas eu le temps de m'inquiéter (en fait je me suis inquiétée avant de savoir ce que j'avais). Maintenant, je redoute moins l'opération que l'après, l'immobilisation, l'interdiction de faire des efforts, de soulever quoi que ce soit (ma mère, qui possède un répertoire inépuisable de catastrophes et de malheurs, arrivés à la mère de l'amie d'une amie d'une amie, m'a promis les pires conséquences - exemples "vécus" à l'appui - si je ne respectais pas les consignes du docteur). Je vais avoir du mal à supporter de ne pouvoir rien faire dans la maison. Et, aaarrrgghh, ne pas pouvoir me faire à manger moi-même!!! (Heureusement, j'ai prévu le coup, j'ai fait des soupes que j'ai congelées, j'en ai pour quelques jours...)
Mais cette petite bosse sur ma route, c'est surtout un moyen de ne pas fixer les yeux sur la montagne qui s'élève derrière. Une fois passé cet épisode médical, il faudra faire face au reste, à tout le reste. Je ne sais pas si j'en aurai la force.
(peut-être aussi que si je dormais, j'aurais plus de courage et d'énergie. Je suis rentrée de l'école à 23 heures, ce soir, après avoir tout bouclé, tout mis en ordre - c'est la fin du trimestre -, tout organisé pour mes remplaçantes. Et une fois arrivée à la maison, où tout le monde dormait déjà, je me suis mise à faire mille choses plutôt que d'aller me coucher. Quelle idée d'être encore debout à cette heure indue, alors que tout mon corps crie DODO!!!)