Tuesday, January 30, 2007

Mardi 30 janvier: Conductrice


Je conduis. Si si. Et j'ai une voiture (une petite rouge, celle qui est sous la neige de l'hiver dernier, sur la photo). Et je m'étonne que personne ne me félicite en me voyant aller et venir, si tranquille au volant. Ils ne savent pas, oh ils n'ont pas idée du chemin parcouru pour en arriver là...

J'ai passé mon permis à 22 ans, je l'ai eu au deuxième essai, et j'ai reçu ma petite carte rose avec l'impression d'une vaste supercherie. C'est que je ne savais pas conduire, moi! Et me voilà en possession d'un document officiel qui attestait du contraire.
Résultat: je ne l'ai pas utilisé, ce permis, pendant des années. Normal: j'habitais Paris, je n'avais pas de voiture. Dans le sud, j'ai utilisé quelques rares fois l'auto de ma grand-mère (qui ne conduisait pas, mais tenait à la disposition de ses enfants et petits-enfants une petite 205 blanche, pour les vacances), que j'ai d'ailleurs mise dans le fossé deux fois de suite (en manquant d'écraser mon jeune homme contre un mur, la première fois). Evidemment, ça m'a guérie de l'envie de conduire pendant un certain temps.
En Californie, mon Américain avait une moto (je n'ai jamais été tentée de la conduire), mais nous avons loué une belle et grande voiture pour nous balader vers l'intérieur des terres, pendant une semaine de vacances. C'est dans Death Valley que je me suis reconciliée avec la conduite: rien devant, rien derrière, rien sur les côtés (et surtout pas de fossé!) sur des miles et des miles. Pas de changement de file, toujours tout droit. Le rêve. J'ai été conquise par la conduite automatique.
Retour en France: toujours pas de voiture, je me fais conduire pendant les vacances dans des voitures empruntées à droite et à gauche.
Mais lors de ma deuxième installation aux Etats-Unis, il a pourtant fallu que je m'y mette. C'était très simple: à Memphis, le piéton n'existe pas. Le non-conducteur est un non-être. Ma survie dépendant de ma capacité à changer de file sur Germantown Parkway, je me suis résolue, la mort dans l'âme, à reprendre le volant. Pas le choix: rien n'était accessible à pied. Le supermarché le plus proche était à 45 min de marche (j'ai essayé, quand même, sous un soleil de plomb et sous les regards intrigués des autochtones qui n'avaient jamais vu ça). Alors, après de multiples sessions de ré-acclimatation progressive (niveau de stress maximum, un mari critiquant mes moindres mouvement à côté de moi, des enfants grognons à l'arrière ... Plus d'une fois je me suis garée, je suis sortie en claquant la porte, "C'est fini, je ne reprends pas le volant, si tu veux rentrer, tu n'as qu'à conduire.")
Et puis, nous sommes arrivés ici, nous avons acheté une deuxième voiture (ma petite rouge que j'aime), et j'ai commencé à me sentir à l'aise. A faire la fière (sur les routes que je connais bien uniquement). Même à prendre plaisir à rouler, Thomas Fersen à fond, dans la campagne. Je suis devenue une conductrice.

Et, mercredi dernier: consécration. Pour la première fois, je me suis risquée, seule, sur une freeway que je ne connaissais pas, une de ces terrifiante à 6 ou 8 voies, qui bifurque sans arrêt et presque sans prévenir. Pour peu qu'on n'y fasse pas vraiment attention, si on reste tranquillement à droite en respectant les limites de vitesse (c'est tout moi, ça), on se retrouve embarqué vers New York sans possibilité de faire demi-tour. Heureusement que mon homme m'avait dessiné des schémas très précis avec des indications irréprochables. Je ne me suis pas perdue, je n'ai pas eu d'accident, je suis arrivée à l'heure, entière et en nage, malgré le froid. Tellement crispée pendant tout le trajet que depuis je ne me tiens plus de mal de dos. Complètement nouée. MAIS j'y suis arrivée. Pas peu fière.

Du coup, l'entretien pour lequel je m'étais lancée dans une telle aventure s'est déroulé comme sur des roulettes. J'avais consommé tout mon stress disponible dans la voiture, je suis donc arrivée totalement à l'aise. Décontractée au maximum. Effet garanti.

Maintenant, l'euphorie de l'exploi (deux heures de bagnole sur une American freeway! Yeah!) s'étant quelque peu atténué, reste la question:
Est-ce que je vais changer de boulot? Vais-je prendre ce nouveau poste qu'on vient de m'offrir?

En question subsidiaire: est-ce vraiment une bonne idée de vouloir travailler non seulement dans la même boîte que mon mari, mais surtout en étroite collaboration avec lui?...

Monday, January 29, 2007

Lundi 28 janvier: Sick day

Je suis restée à la maison. Mal partout, la tête bourdonnante (trois heures de sommeil ... je n'ai plus l'âge pour être performante sur si peu de réserve), et surtout l'impression suffocante d'un grand débordement.
Alors je suis restée à la maison. Sans le dire aux garçons qui râlaient de devoir aller à l'école alors que la neige était tombée pendant la nuit.
(- Mais il n'y en a pas assez pour un snow day!
- Cette année, il n'y en a jamais assez pour un snow day. Il leur faut quoi? Dix mètres de neige?)
Je suis restée à la maison. Pour la première fois depuis que je travaille ici. Pour me poser, me récupérer, me reprendre.

Bien sûr, j'avais oublié qu'un jour, c'est toujours trop court. Alors, oui, j'ai corrigé un paquet de compositions, oui, j'ai réglé des problèmes de paperasse, bien sûr, j'ai réussi à passer l'aspirateur et à laver les draps des enfants ... Mais je n'ai pas préparé mon cours de littérature, ni trié la pile dangereusement vacillante qui grandit de jour en jour sur mon bureau (c'est pour cela que je travaille toujours sur le bureau de l'homme de la maison). Ni, malheureusement, fait la sieste.

J'ai bu du thé, éparpillé mes tasses, plié du linge et regardé la neige par la fenêtre.



Alors bilan de cette journée off: pas plus reposée, mais moins suffoquée par le poids des contingences. Et la fatigue crée autour de moi un écran cotonneux qui amortit les chocs.

Wednesday, January 24, 2007

Mercredi 24 janvier: Souvenir en forme de birthday cake

C'était il y a deux ans, à Memphis. Le gâteau-lion est l'oeuvre du papa, qui a tout fait tout seul, préparation, cuisson, glaçage, couleurs, dessins ...
Il est beau, non?

Saturday, January 20, 2007

Samedi 20 janvier: Cultural differences

Depuis très longtemps, c'est son obsession: acheter une maison. Et c'est vraiment la dernière de mes priorités. D'abord un voyage en Italie, en Grèce, une nouvelle table basse, une machine à faire des glaces, un dîner à New York, que sais-je?... La maison passe après.

Comme la majorité des Américains (comme TOUS les Américains que je connais), il a grandi dans une maison dont ses parents étaient propriétaires. Moi, je n'ai jamais habité que dans des appartements (à l'exception de la maison dans laquelle nous habitons maintenant, mais elle est coupée en 4 appartements, ça ne compte pas vraiment), loués par mes parents ou moi-même (Ah oui, et j'ai aussi habité dans un dortoir).

Sa philosophie, c'est: "Payer un loyer, c'est payer les études universitaires des enfants de quelqu'un d'autre".
Ma philosophie, c'est: "Payer les mensualités d'une maison, c'est sacrifier nos vacances, nos rares sorties, les activités extra-scolaires des garçons ... Je préfère profiter MOI de mon argent maintenant, plutôt que d'en consacrer autant aux murs qui m'abritent."

Sa peur, c'est: "Se retrouver à la retraite toujours en location, avec à peine de quoi payer le loyer et RIEN à transmettre à nos enfants." (C'est vrai que les retraites, aux US ...)
Ma peur, c'est: "Se serrer la ceinture pendant des années pour une maison qui ne sera rien d'autre qu'un gouffre à $$, la vendre dans la précipitation si l'un de nous perd son job (une probabilité toujours à l'horizon, ici), et passer à côté de mille choses, juste pour devenir propriétaires."

Conflit qui dure, conflit non encore résolu. La crise de voisinage que nous traversons en ce moment a précipité les choses, et pour un peu, j'aurais dit oui les yeux fermés. Mais une conversation avec mon père ("Vous êtes fous, vous allez bouffer des patates pendant 20 ans!") m'a remis les idées en place et ma méfiance à l'égard du projet a ressurgi. Alors, achètera, n'achètera pas?... Qui de nous deux?...

Friday, January 19, 2007

Vendredi 19 janvier: Enfin!

Au réveil, je n'avais rien remarqué, dans l'obscurité et la fatigue du "before 6 AM". Et puis, pour tirer Paolo de son lit, j'ai ouvert les stores et j'ai vu le duvet blanc d'une toute jeune neige ...
Bon, évidemment, ce n'est pas assez pour un "Snow Day", mais c'est un début.

Et comme ce n'était définitivement pas un Snow Day, il a fallu aller à l'école. Quelqu'un m'avait précédée sur la grande route.

Thursday, January 18, 2007

Jeudi 18 janvier: Compote aux petits lapins

Recette: vous prenez de jolis petits lapins, vous les faites gambader dans une compote pommes-poires caramélisée, et vous les croquez avant qu'ils ne s'échappent.

Wednesday, January 17, 2007

Mercredi 17 janvier: Suite et fin de l'histoire (à la demande de mes 3 lectrices)

Alors le voisin ... Par où commencer?

La première fois que je les ai vus, par la fenêtre, j'ai pensé: "These people are bad news". Pourtant je ne suis pas particulièrement intuitive, je ne "sens" pas les gens (et me trompe souvent sur la vraie personnalité de ceux que je croise), mais là, "gut feeling" très très négatif.

J'ai dit à mon autre voisine, qui est devenue une amie (et a déménagé depuis): "I saw the new neighbors, they have a little girl". Elle m'a répondu avec un air d'entre deux airs: "No, I think it is a little boy". J'ai insisté: non, non, je t'assure, j'ai bien vu une petite fille d'environ 3 ou 4 ans, aux longs cheveux blonds bouclés qui lui arrivent au milieu du dos.

Hé bien, en fait, elle avait raison. Quoi, vous n'avez jamais rencontré un petit garçon à qui on n'a jamais coupé les cheveux depuis sa naissance?

Le père: beaucoup de poils gris, comme dirait l'homme de la maison, c'est à dire une longue barbe grise et filandreuse et des cheveux pareils, attachés en queue de cheval. Un air de soixante-huitard attardé, que n'a pas tardé à confirmer nos premières conversations. Ce type a lu énormément, en français ou en anglais, alors forcément, il avait l'air plutôt content d'être tombé sur des littéraires (nous). Et pourtant, l'une des premières choses qu'il nous ait dite, c'est qu'il ne sortait jamais ("I haven't gone out since 1968", tiens, qu'est-ce que je disais...), qu'il voyait le moins de monde possible, qu'il préférait les livres aux gens ... Ah?... Comme premier contact, ça se pose là.

Mais il nous a flairés et rapidement branchés littérature. Pour donner une idée du personnage, il est fasciné par les écrivains d'extrême droite antisémites français de l'entre-deux guerres. Il a tout lu, il trouve ça extraordinaire. Lui-même étant issu d'une famille juive (richissime, selon ses dires, mais il aurait été déshérité par son père parce qu'il s'est enfui en Europe au lieu d'aller à l'université, ou parce qu'il était anarchiste, ou quelque chose dans le genre), je trouve cette fascination pour le moins malsaine.

Autre signe particulier: il a travaillé deux ans dans sa vie. En tout et pour tout. C'est le grand qui lui a posé la question, l'année dernière (et, en bon paranoïaque, il a répondu: "Je vois de quoi parlent tes parents ...", ce en quoi il se trompait). Le reste du temps? Selon lui, il lit, selon sa femme, c'est un écrivain "free-lance". A propos de femmes, il en a eu au moins 3 (pourquoi m'a-t-il raconté autant de sa vie, quand je ne lui demandais absolument rien?), et j'en ai déduis que c'est de là que provenaient ses revenus. La dernière qu'il s'est trouvé ... est ma collègue, et je n'en dirai rien.

Anyway.

Je passe sur bien des épisodes désagréables, bien des heurts à cause du bruit. Nous vivons au-dessus d'eux, la maison est très mal insonorisée, et le fait de simplement marcher produit un bruit impressionnant. Depuis que nous habitons ici (depuis 18 mois), nous passons notre temps à dire aux garçons: ne courez pas, ne sautez pas! Je devrais enregistrer une cassette et la leur passer en boucle. Ils essaient, mais c'est plus fort qu'eux, ils oublient ... Comme dit mon oncle, le sautillement est le mode de déplacement naturel des enfants. Alors ils sont envoyés au coin, et se demandent pourquoi le gamin d'en-dessous, lui, a le droit de courir-sauter-crier (on l'entend très bien), alors qu'eux se font punir. Mais c'est terminé, j'ai arrêté me casser la tête pour le bien-être de ces gens, dans la mesure où les garçons restent raisonnables, pas question de jouer à sauter du lit superposé (ils ont essayé, j'ai cru que la maison s'effondrait). Il ne faut pas exagérer.

Bref (je voudrais faire court ...), cette femme est enceinte (elle a 40 ans, lui 60, passons), et elle ne veut pas que mon homme fume sur le parking devant la maison (il ne fume jamais à l'intérieur, par courtoisie et parce que sinon je piquerais une crise). Il avait l'habitude de griller sa cigarette à une quinzaine de mètres de la maison, mais ce n'est pas assez loin pour elle, surtout qu'elle est enceinte, blablabla. Plutôt conciliant, le fumeur accepte de s'éloigner sur l'herbe (alors que rien ne l'y oblige).

Et le 2 janvier, alors qu'il finit sa clope à la limite de l'herbe et du parking (à 20 bons mètre de la maison), le voisin arrive en voiture, se gare, sort en trombe de sa bagnole, s'avance sur lui et commence à le menacer. "If I catch you smoking here again, I am going to put you in the hospital, I am going to beat the shit out of you, I am going to kick your ass in front of your kids. You can call the police, I don't care, when I get out, I'll find you ..." Etc., etc. Rien de ce qu'a pu répondre mon mari (qui est resté remarquablement zen) ne l'a calmé. De menaces en imprécations, il a fini par rentrer chez lui.

J'en ai été malade. Ce type est fou et violent, j'en ai des preuves, mais c'était la première fois qu'il nous menaçait directement. Le lendemain, j'ai tremblé toute la journée, sans pouvoir m'arrêter, un froid incontrôlable. Peur pour moi, pour mon homme, mes enfants. Une peur viscérale, comme si mon corps en savait plus que moi.

Depuis, j'en ai beaucoup parlé, je me suis calmée, raisonnée, mais nous avons décidé de partir d'ici. Décision lourde de conséquences, et je ne sors pas des complications qui s'ensuivent ... En attendant, nous nous enfermons à clé (ce que nous ne faisions jamais auparavant), nous l'évitons, l'homme de la maison fume loin dans le jardin et je n'adresse plus la parole ou le moindre regard à ma collègue (dont le bureau touche le mien, pratique ...)

Voilà la fin de l'histoire, trop longue et pourtant considérablement abrégée.

Ah, j'oubliais. Nous ne savons pas si cet homme possède une arme. Lorsque mon mari a demandé à sa femme, il y a quelques mois, s'il avait un flingue chez lui, elle a répondu "I don't know ..."

Pour moi, ce n'est pas une bonne réponse.

Wednesday, January 10, 2007

Vendredi 12 janvier: Voisinage


Quand j'étais enfant, j'habitais dans le 15e avec mes parents, à côté d'un fou. Il avait entre 50 et 60 ans, ne travaillait pas, vivait chez sa mère (qui avait donc environ 80 ans), et buvait comme un trou. Quand il était ivre (tous les jours, à des heures différentes), sa mère ne le laissait pas entrer dans l'appartement, alors il l'insultait devant la porte "Chienne, salope, crève charogne!", une belle collection de jurons que j'écoutais, terrorisée, collée à ma porte d'entrée. Une seule fois il a défoncé sa porte (elle était solide). Quand il avait moins ou pas encore bu, il était aimable, ou plutôt obséquieux ("Bonjour maaaademoiselle!"), et ne me faisait pas moins peur. Je rentrais vite vite vite chez moi. Ma chambre partageait un mur avec leur appartement, et j'entendais leur quotidien, les "Qu'est-ce qui te ferait plaisir pour le dîner?", les "Maman chérie, tu es sûre que tu n'as pas froid?", aussi bien que "Tu crèveras avant moi, salope!". Ils vivaient dans l'amour-fusion et la haine, et m'ont fait trembler pendant quelques années (surtout quand elle ne lui ouvrait pas en pleine nuit et qu'il venait sonner chez nous). J'ai vécu longtemps dans cet appartement, mais je ne me souviens plus de ce qu'ils sont devenus, durant les dernières années que j'y ai passé.

Rue du Cardinal Lemoine, quand j'habitais seule dans mon 20 mètres carrés, j'ai attiré l'attention d'une autre folle, une femme qui ne sortait jamais de chez elle et me guettait quand je montais le minuscule escalier pour atteindre mon 4e étage. Elle m'alpagait et me demandait de lui faire quelques courses, à la pharmacie ou au supermarché. Elle tenait la porte serrée contre elle pour que je ne vois pas l'intérieur de son appartement, et parfois se couvrait la bouche d'un foulard quand elle me parlait. Elle insistait pour me donner des biscuits en remerciement de mes petits services, biscuits que je jettais dès que j'arrivais chez moi, écoeurée par l'odeur rance qui s'échappait par bouffées de l'entrebaillement de sa porte et qui restait - du moins j'en avais l'impression - sur les biscuits.

Quand je suis partie vivre à Berkeley, je me suis trouvé une room-mate avant même de débarquer aux Etats-Unis. C'était rassurant de penser que j'allais cohabiter avec une Française qui vivait là-bas depuis un certain temps. J'imaginais ... je ne sais pas, une complicité, un guidage pour m'aventurer en terrain inconnu. Ha! Il ne m'a pas fallu longtemps pour m'apercevoir que j'étais encore tombée sur un cas intéressant.
D'abord, personne à la maison quand j'ai débarqué, cafardeuse et jet-lagged au maximum. Juste un mot sur la porte pour m'indiquer d'aller chercher les clés chez les voisins (plutôt méfiants). Une serviette de toilette pliée sur mon lit, un savon (elle devait me penser très sale après un long voyage en avion...) et un autre petit mot pour m'informer qu'elle était chez son amie, et que je pouvais me servir de ce que je voulais dans le frigo. C'était plutôt gentil, sauf qu'il n'y avait dans le frigo que des pots: moutarde, mayonnaise, et quelques cornichons (pardon, pickles). Heureusement, il me restait des barres de céréales du voyage.
Elle ne s'est montrée que 2 jours plus tard (elle m'avait appelée entretemps, pour m'expliquer que son amie s'était fait cambrioler et qu'elle devait rester avec elle parce que ladite amie était morte de peur à l'idée de rester seule chez elle), j'ai donc dû trouver par moi-même une source de ravitaillement (les voisins toujours méfiants m'avaient indiqué le supermarché le plus proche, à 25 mn à pied de là, sans bien sûr me proposer de m'y accompagner. Je suis rentrée crevée, chargée comme un baudet de sacs en plastique que j'ai failli abandonner deux ou trois fois sur le trottoir et je crois bien que j'ai pleuré en chemin). Une des premières choses que m'a dite ma room-mate, c'est "Tu as compris que je suis lesbienne?" Heu, oui, pas de problème ...
J'ai vécu deux mois intéressants, prise dans les crises de jalousie de sa copine qui déboulait à n'importe quelle heure pour la surveiller et à qui il fallait mentir à l'occasion ("Non, elle n'est pas rentrée depuis hier soir ..."), ses coups d'humeur à elle, ma chambre fouillée, des disquettes qui ont disparu, et puis brusquement (après d'autres péripéties), elle m'a annoncé qu'elle allait emménager avec sa copine, alors il fallait que je me trouve autre chose ... A posteriori, ça a été une bénédiction, mais sur le moment, je l'ai eu rude.

A Paris, rue Saint-Charles, il y a eu le boucher qui faisait vibrer l'immeuble de haut en bas par ces coups de hachoir à 5h du mat' (sa table à découper était contre un mur porteur, et il refusait obstinément de faire les bricolages nécessaires pour l'isoler). Nous habitions juste au-dessus de lui, au premier étage, nous étions donc aux premières loges pour subir ses BOUMs matinaux. J'étais enceinte, le grand avait 18 mois, et nous étions tous épuisés par un sommeil haché menu par un boucher hargneux. J'avais l'impression qu'il me tapait directement sur la tête. Un dimanche matin, nous avons senti une odeur de gaz très forte dans la salle de bains, immédiatement appelé les pompiers et fait évacuer l'immeuble (j'aime à penser que nous avons sauvé la vie de toutes ces personnes ...). Les pompiers ont brisé la porte du boucher et sont allés éteindre le gaz qu'il avait laissé allumé (criminel!). Tout ça a fini par un procès, pas initié par nous, pourtant immédiatement concernés, mais par les propriétaires du 8e, qui n'en pouvaient plus d'être ébranlés tous les matins. Ils ont gagné leur procès, le boucher avait de toute façon déjà plié boutique, et nos derniers mois rue Saint Charles ont été beaucoup plus calmes, au-dessus d'un magasin de fringues.

A Memphis, notre voisin de gauche est mort d'overdose, une nuit d'été alors que nous avions passée en grande partie à refaire le monde dehors sur la terrasse, avec notre copine de Californie. Mais lui, il ne nous a jamais gêné, c'est à peine si nous l'avions remarqué jusqu'à ce que les flics défoncent sa porte.

Mais tout ça, tout ça, c'est du pipi de sansonnet à côté du type qui vit en ce moment en-dessous de chez nous. The neighbor from HELL.

Sunday, January 07, 2007

Dimanche 7 janvier: Climate change

Il faisait beau ce week-end. Trop beau? Une vingtaine de degrés en janvier ... Et dire qu'il s'en trouve pour ne pas juger de première importance la lutte contre le réchauffement du climat.
J'aime le soleil, la chaleur, l'air tiède du printemps ... au printemps.

Où sont les neiges d'antan?...
(Comprenez par antan, l'année dernière à la même époque, à 2 semaines près, sous le même arbre)

Friday, January 05, 2007

Vendredi 5 janvier: Savoir se taire


Il faut que j'apprenne. Il faut que j'arrête de me confier à tout le monde. Il faut que j'arrête de jouer les drama queens. Il faut que je dé-dra-ma-ti-se. Il faut que je ferme ma gueule!
Pourquoi est-ce que je ne peux pas m'en apercevoir avant qu'il soit trop tard? Pourquoi faut-il toujours que je me dise "Ah ... j'ai dépassé les bornes" une fois que c'est fait et jamais deux secondes avant d'ouvrir la bouche?
Je n'apprends rien. Je n'apprends rien.

Tuesday, January 02, 2007

Mardi 2 janvier: Tout nouveau, tout beau

Nouvelles couettes.


Nouveau peignoir (merci Père Noël!)



Nouveau talent (oui, si je puis me permettre le pastiche, C'est Moi Qui Les Ai Faits, ces petits savons, cadeaux en retard pour celles qui doivent croire que je les ai oubliées. Pas peu fière!)


Nouveau jour, nouvelle semaine, nouveau mois, nouvelle année ...

Monday, January 01, 2007

Lundi 1er janvier 2007: Ce que j'espère ...

Bonne année à tous!

Dimanche 31 décembre: Le dernier jour de l'année

Je voulais trouver le temps, aujourd'hui, de faire le bilan, en solitaire, de 2006. Peut-être d'aller marcher un peu, au soleil. Ha! As if ...
Pas le temps.

Je voulais commencer à corriger mes copies avant la rentrée.
Pfff.

Je voulais ranger la maison, finir de vider les valises, faire le grand ménage.
JE L'AI FAIT !! (A part mon bureau, toujours work in process)

Je voulais écrire des cartes de voeux (je suis très en retard, cette année).
Pas une.

Je voulais faire des truffes au gingembre, des financiers au citron et au chocolat, des orangettes pour finir l'année en douceur ...
Voilà!



Je voulais mettre ma jupe de princesse et boire du champagne avec des amis.
J'ai fini par mettre mon nouveau pantalon en velours et nous avons bu des bulles vers onze heures avec notre gentille voisine, sans faire de bruit pour ne pas renouveller le conflit avec les odieux voisins. Les souvenirs du réveillon de l'année dernière sont amers.

Je voulais des bougies partout, pour commencer l'année en lumières. Les loupiottes ont tenu leur promesses, nous nous sommes embrassés avec dans les yeux les reflets multiples de tous ces petits feux qui brillent en nous, pour nous, autour de nous.