Monday, August 30, 2010

Comme un lundi (50)

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C'est la rentrée (des profs). Des heures assise en réunion, mes fesses n'en peuvent mais. Heureusement, ce soir, petite fête au bord de la piscine d'un collègue - c'est la dernière année, sa vieille piscine est en train de rendre l'âme, elle sera comblée très bientôt. Et ce soir, il faut finir les devoirs pour demain matin, alors que j'ai très très envie de dormir (les veilles de rentrée, comme les élèves, je n'arrive pas à trouver le sommeil, alors la nuit dernière a été brève...)

Sunday, August 29, 2010

Merci

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Je sais depuis longtemps que mon plus gros défaut est la rancune. Je n'oublie rien et pardonne difficilement. J'ai le ressentiment tenace.

Mais j'ai découvert récemment un autre vice qui m'est propre: je ne sais pas bien dire merci. Non pas que je sois ingrate: j'apprécie énormément tout ce qu'on me donne, tout ce qu'on me transmet, m'offre. Mais je ne sais pas comment remercier.

C'est une tare particulièrement déplorable au pays des "Thank-you notes", où, pour la moindre chose, chacun se fend d'un petit mot de remerciement. Je ne comprends pas, vraiment pas, pourquoi j'ai tant de mal à me plier à cette coutume. Chaque carte pour remercier un parent d'un petit présent à Noël, par exemple, me coûte des efforts considérables. Vraiment, ça n'a pas de sens.

J'ai reçu, cet hiver, au moment où je m'enfonçais dans des marécages insondables, une très très gentille lettre venant de très loin, qui m'a non seulement fait plaisir, mais qui m'a fait beaucoup de bien. Je me suis promenée pendant des semaines avec cette lettre dans mon sac à main, persuadée que j'allais bientôt m'asseoir et y répondre, pour dire à quel point j'étais touchée et combien ce petit mot m'avait aidé. Je ne l'ai jamais fait, j'en ai honte et je demande pardon à celle qui a pensé à moi au moment où j'en avais vraiment besoin.

Je dois à Else plus d'une lettre de remerciement. Mais plus le temps s'éloigne où ces mots auraient dû être écrits, plus il devient difficile de les écrire.
J'attends toujours le moment propice pour trouver comment exprimer vraiment ma reconnaissance, mieux qu'avec des mots convenus. Je n'ai jamais le temps. Bien sûr, on pourrait y voir une déclinaison de ma pathologique et pathétique tendance à la procrastination. Mais il y a plus que ça (je n'arrive pas à mettre le doigt vraiment sur ce dont il s'agit).

Samedi matin, lumière merveilleuse, soleil magnifique, l'air sentait bon, l'été ronronnait comme un vieux chat heureux. C'est le jour où j'ai décidé de ne plus laisser passer l'occasion de dire merci.
Dans un paquet venant de Belgique, j'ai trouvé de la tisane venant de Grèce (ah, juste l'idée me rend heureuse...) et trois livres extraordinaires. Il faut que je partage.


Deux petits livres pleins de recettes magiques, de potions extraordinaires, d'inspirations elfiques. Le rêve... Je me sens pousser des ailes de fée.

Et puis un cahier qui va m'être bien utile (il est déjà rangé dans mon cartable!) et que je compte utiliser régulièrement. Faire et refaire ces exercices me sera salutaire, je le sais.

[Comme d'habitude, cliquez sur les photos pour voir en plus grand, ça vaut la peine!]

Alors, merci, MERCI Myosotis pour ces cadeaux d'anniversaire arrivés à point nommé.

Merci à celle qui m'a écrit cet hiver. Merci à mes petites chéries qui m'ont offert des livres et un magnifique collier fait maison. Merci à celle qui me montre, jour après jour avec tellement d'humour et de talent, à quel point il est facile de dire merci. Merci à Samantdi pour un après-midi parisien. Merci à Christie pour un coup de fil matutinal. Merci à celui qui m'a enfin envoyé, ce samedi matin, le message que j'attendais tant.

Merci!

Tuesday, August 24, 2010

Chroniques d'un été amoureux: 21 ans

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J'ai vingt et un ans.
Ma tête me dit quelque chose, mon coeur et mon ventre le contraire. Il faudrait que je m'arrête là, que je tourne au coin de la rue et que j'aille me coucher. Arrête-toi, arrête-toi. Je continue. Il m'a vue, il s'est arrêté pour m'attendre. Je le rejoins et nous suivons sans nous presser le groupe qui descend la rue vers le parking. Il n'y a rien d'autre à boire que des bières, je m'en plains. Cela ne nous donne envie ni à l'un ni à l'autre de retrouver ceux qui nous précèdent. Il me dit qu'il n'a suivi qu'à moitié convaincu les gamineries de la soirée. Nous nous arrêtons devant le jardin du presbytère, il me montre le lierre dont il voulait se servir pour décorer le Grand Déménagement sur la place. Sans nous consulter, nous entrons dans le jardin d'habitude fermé. Un bruit sourd nous fait sursauter: une poire vient de s'écraser par terre, un de ces perous dont je me régalais tant quand j'étais enfant que je m'en donnais mal au ventre. Il se demande ce que c'est que ce truc, je lui réponds que c'est le bassin où on avait mis les truites pour la pêche des enfants. Les voix et les pas des autres s'éloignent. Le calme retombe sur le tout petit jardin et nous au milieu. Il est un peu plus d'une heure du matin. Je lui parle de Françoise des bébés dont c'était le jardin. Nous sommes debout, visibles et empruntés. Je lui dis "Viens t'asseoir" et je l'entraîne vers la bordure d'un lit de fleurs, quelques pierres à peine assez larges pour poser nos fesses. Nous sommes assis l'un près de l'autre. Nous regardons devant nous la maison muette et sombre d'Huguette, en nous demandant si on peut nous voir.
- Non, je crois que les chambres sont de l'autre côté. De toute façon, le lierre couvre complètement la fenêtre, il serait impossible de l'ouvrir.
- Oui, mais on peut regarder entre les volets...
Une autre poire tombe de l'arbre. Nous sommes assis l'un contre l'autre, nos épaules se touchent, nos jambes s'effleurent. Nous chuchotons, remuant le passé.
- Je ne sais même plus quand ou comment notre histoire a fini.
- Elle n'a jamais vraiment fini. Jamais de façon claire.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé, alors?
- Je ne sais pas.
Il y a bien sûr tant de choses qui ne sont pas dites.
- Tu te rends compte que la seule fois que je suis venue à Montpellier, c'est chez lui que tu m'as emmenée?
- Oui, je sais.
Deux filles remontent la rue. Nous sommes immobiles. Elles ne peuvent que nous voir, le mur du jardin est si bas. Pourtant elles passent sans tourner la tête vers nous. Le bruit de leur conversation et de leurs pas sur le gravier diminue. S'éteint. Nous bougeons à peine. Nous sommes assis blottis l'un contre l'autre. Nos mains s'attrapent, s'enlacent. Ma tête contre son épaule et son souffle dans mon cou. Je me souviens, je me souviens. Il suffit de tourner la tête, à peine, pour que nos visages soient face à face, nos bouches à même hauteur. Ce mouvement infime, je tourne la tête vers lui, je sais ce que je fais. Nous nous embrassons dans un jardin minuscule, à côté d'un poirier qui perd ses fruits et de l'église qui sonne ses demi-heures, entre une heure et demie et deux heures du matin. D'autres voix et d'autres pieds qui font rouler le gravier. Il me tient dans ses bras, nous ne bougeons pas du tout. Je sens son odeur de lavande, les yeux fermés.
- Et maintenant, jusqu'où on va?
Sa main sous ma veste, sous ma chemise, caresse mon dos, le creux de ma taille, remonte.
- Quand il y a le contact de la peau, c'est difficile de s'arrêter...
Encore une poire. Les pierres deviennent inconfortables et il se rend compte qu'il y a une limace à côté de lui. En bougeant, nous dérangeons les fleurs derrière nous et je réalise d'où venait l'odeur que j'avais cru sienne.
- Tu sens la lavande?
Je fais oui de la tête. Nous nous sommes levés, nous nous tenons debout, en pleine vue - mais il n'y a personne d'autre que nous, enlacés, serrés l'un contre l'autre au milieu du jardin, au milieu de la nuit. Il me murmure dans l'oreille ce que je sens aussi au creux de mon ventre. Les poires continuent à tomber, les limaces se baladent en liberté. Je ris.
- Pas ici!
Il me regarde. Il ne m'en faut pas beaucoup pour me décider. Je lui tends la main.
- Viens, j'ai une idée.
Il me suit, mais je sens une légère hésitation.
- Tu es prêt à courir un risque?
Nous avons fait le tour du jardin, nous marchons main dans la main, comme des amoureux, devant la maison de Huguette, nous remontons la rue vers le garage de ses cousins, la maison blanche de la tante de Céline et là-bas, plus loin, la maison de Bonne Maman.
- Tu as peur?
- Un peu.
- Ne t'inquiète pas!
Il me donne envie de rire. Je l'embrasse.

Plus tard, bien plus tard, je lui ai demandé si cela valait le risque. Cette fois, c'est lui qui m'a embrassée.
J'ai vingt et un ans, une nuit d'août.

Monday, August 23, 2010

Comme un lundi (49)

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Lundi pluvieux, mi-boulot, mi-rangement. J'ai retrouvé à la cave la mallette d'artiste que mon père lui avait offerte il y a 3 ou 4 ans. Paolo s'est tout de suite mis à l'oeuvre...

Sunday, August 22, 2010

Chroniques d'un été amoureux: 17 ans


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J'ai dix-sept ans.
Au réveil, mes lèvres sont rouges, mes joues roses, mes yeux brillants et cernés comme qui a embrassé trop tard dans la nuit.
Trop peu d'heures de sommeil de compteur, mais cette légèreté qui me soulève, me donne envie de chanter (personne ne veut m'entendre chanter). L'air est brillant, les couleurs tellement éclatantes qu'elles me font presque mal aux yeux. J'attends ce que la journée va m'apporter avec une secrète trémulation. J'ai envie de danser. Le contraste entre ma grande agitation intérieure et le calme apparent avec lequel il faut aborder les détails de la vie en famille me fait tourner la tête. Tout à l'heure, je le verrai. Et...?
J'ai dix-sept ans, un matin d'août.

Friday, August 20, 2010

Mon après-midi de femme de footballeur

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Pour mon anniversaire, je me suis offert une après-midi de femme de footballeur. A commencer par une manucure/pédicure. Une fois tous les deux ou trois ans, ça me prend... Je suis moyennement emballée par l'expérience (dire qu'il y a des femmes qui ont le temps et le désir de faire ça toutes les semaines...), d'abord parce que j'ai immédiatement ruiné la manucure en allant faire les courses dans la foulée (ce qui ne passerait jamais par la tête d'une femme de footballeur, à vrai dire), et ensuite parce qu'étant dôtée d'orteils particulièrement peu gracieux, je n'ai pas gagné grand chose en matière d'élégance pédestre même avec un chouchoutage à 30$. En revanche, j'ai bien aimé les massages des mollets.

Et j'ai trouvé matière à observation. Comme j'étais arrivée sans livre (je n'ai toujours pas la tête à l'endroit, le jetlag m'a ramolli le cerveau), j'ai pu m'adonner sans réserve à une analyse sociologique assez intéressante, le temps que le vernis sèche (et ça prend un temps infini! Je n'ai vraiment pas assez de patience pour ce genre de loisir). J'ai découvert qu'il existe, comme partout aux USA, une hiérarchie sociale très définie dans les "Nail salons". Les demoiselles qui se consacrent aux manucures sont asiatiques (et parmi elles se trouve la patronne de l'établissement), celles qui s'occupent des pédicures sont toutes des Latinas. Les deux groupes n'éprouvent visiblement aucune sympathie l'un pour l'autre et chacun communique dans sa langue pour se moquer ou critiquer l'autre. Il est évident que les manucuristes se considèrent un rang au-dessus des pédicuristes et elles le leur font bien sentir. Les Latinas, toutes extrêmement rebondies (et absolument pas inhibées, portant toutes des leggings qui font ressortir les formes confortables) sont rieuses, bavardes et presque ouvertement arrogantes (elles se moquent des clientes autant que de leurs collègues). Les Asiatiques (Chinoises ou Coréennes, je ne saurais dire) sont maigres, sèches de manières comme de corps et habillées comme dans les 80's. Aucun des deux groupes ne semble tenir en haute estime les Américaines blondes qui viennent, gobelet plein de glaçons à la main, se faire pomponner. Tout cela semble bien caricatural? En fait, ça l'était, au point que j'en étais presque mal à l'aise. Mais bon, une fois tous les deux ans...

La deuxième partie de mon après-midi de FdF s'est déroulée au bord d'une piscine, avec champagne, cadeaux et petits toasts. Else avait organisé pour moi une petite parenthèse entre filles. Qu'est-ce que le champagne était bon, dans le soir qui tombe, les cheveux mouillés et les yeux qui piquent...

Et pour finir, dîner sur la terrasse, gambas au BBQ et tarte aux framboises. Cette partie là était la moins FdF, parce que plus "home made", mais on ne va pas tortiller, c'était bien quand même!

Voilà, j'ai 39 ans.
De cette journée dont je n'attendais rien (pour une fois), j'ai tiré plein de petits plaisirs. Je prépare déjà ma grande fête du 19 août prochain...

Wednesday, August 18, 2010

Le retour (deuxième partie)

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L'humidité qui se plaque sur mon visage comme un baiser mouillé, l'odeur de poussière dans toute la maison, le jardin brûlé par la chaleur, le désordre laissé avant de partir, la forme des cuillères, le goût douceâtre de réglisse dans ma bouche... Il faut que je me réacclimate.

Et pourtant, tant de choses à faire, régler, trier, laver, que je n'aurai guère le temps de languir. I am back in New Jersey, and another year is about to start. Are you up to it?

Monday, August 16, 2010

Comme un lundi (48)

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Dernier jour à Paris, toujours sous la pluie.
La deuxième partie du retour commence demain matin à l'aube. Je vous écrirai du New Jersey!

Sunday, August 15, 2010

Retour (première partie)

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Passage à Toulouse juste une nuit, le temps de (n') y (pas) dormir. Je me tourne et retourne, prise entre la nostalgie du départ et l'angoisse de l'arrivée. Je laisse sur le quai ma mère en larmes - on pleure beaucoup ces derniers temps dans ma famille. C'est angoissant, à la fin, comme si je devais ne jamais revenir.

Sept heures de train (le TGV était 3 fois et demie plus cher que le train corail - qui ne s'appelle d'ailleurs plus comme ça, je crois), dans un compartiment pour 6. Heureusement que mes garçons sont des voyageurs aguerris. Je somnole de temps à autre, ils se passionnent pour leurs petits écrans, nous lisons un peu.

L'arrivée à Paris est dure. Il y fait plus chaud qu'à Toulouse, nos pulls nous gênent, nos valises sont beaucoup trop lourdes. Paolo a épuisé toute sa réserve de patience et de bonne conduite. Il se dispute avec son frère, me parle mal et je le rabroue trop vivement. Il décide de partir en plantant là sa valise. Je le surveille du coin de l'oeil en essayant de repérer les taxis.

Dans l'appartement des amis, désert en leur absence, j'étale notre bazar - beaucoup, beaucoup trop de choses à rapporter avec nous. Le poids des bagages me plombe le moral. Par la fenêtre, le ciel de Paris grisonne: ça sent la fin de l'été.

Friday, August 13, 2010

Farewell

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J'ai quitté mon village ce soir, avec beaucoup de peine et de larmes. L'impression de m'arracher à moi-même. L'impression de m'abandonner pour aller retrouver qui? quoi? et où? Si loin. Et tellement, tellement loin de moi.

Else m'a écrit "Be more yourself". Mais comment? Si loin du seul endroit où je me sens vraiment moi?

Cela faisait des années que je n'avais pas passé autant de temps dans mon village. J'y ai retrouvé ma famille, toute ma famille, et mes amis d'adolescence. Jeudi, nous nous sommes entassés dans une des maisons où nous avons tant fait la fête (jadis) pour regarder de vieilles photos des années 80, et nous nous sommes souvenus de notre folle jeunesse (j'apparais sur une photo, petite fille aux yeux verts avec un grand foulard bleu dans les cheveux, un peu floue, tournant presque le dos au photographe.) La nuit précédente, nous avions fait les fous dans le village, comme au temps de nos gamineries. Comment oublier?

Depuis hier, Apollinaire et son Adieu m'obsèdent.

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends


N'essayez pas de remplacer 'bruyère' par 'lavande' et 'automne' par 'été', vous perdriez rime et rythme (et pourriez y lire une des raisons de mes larmes, vendredi après-midi).

So difficult it is to say goodbye.
Farewell, my loves, farewell.

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Monday, August 09, 2010

Comme un lundi (47)

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Mes chaussures de bal, au lendemain du premier soir de la Fête du village.

Saturday, August 07, 2010

Mythologie

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Les orages ont apporté des ciels brouillés et des températures d'automne. Mais aussi, juste avant le retour d'un grand magnifique soleil, le plus bel arc-en-ciel que j'ai jamais vu.

Ce qui m'a permis, au détour d'une conversation météorologique, de dire - et de me souvenir - qu'Iris est l'un de mes prénoms préférés. Sans que la seule Iris que je connaisse, et qui d'ailleurs a abdiqué l'honneur de partager le nom d'une déesse, y soit pour quelque chose.

De toute façon je n'aurai pas de fille, alors que faire d'un si beau prénom? Y penser en regardant des couleurs extraordinaires à travers un voile de pluie. La photo n'en donne qu'une idée appauvrie.

Mes vacances en France ressemblent à cette image. Tout y est: soleil, pluie, brouillard dans le lointain, un paysage familier, une lumière inhabituelle, moi et les autres, et l'arc qui touche les deux rives.

Monday, August 02, 2010

Comme un lundi (46)

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Lundi brumeux. Puis pluvieux. Puis orageux. Zébrures dans le ciel bas et sombre. Grondements du tonnerre. Les lumières vacillent.

Demain, soleil? Vraiment?