Le plus souvent, je le porte au poignet. Personne ne le remarque.
Je fais attention, je voudrais le garder.
Soyez le plus heureux possible.
Il s'est installé sans bruit sur le canapé. Tout est prêt, mais pas moi à me réveiller, j'ai fini à une heure du matin. Je le sens, je devine sa silhouette menue et silencieuse. Je demande: "Qui est là?". Il me répond, bien sûr: "C'est moi". J'arrive encore à distinguer leurs voix, même si elles se ressemblent de plus en plus. Il me dit: "Vous n'êtes pas obligés de vous lever, j'attends". Et il attend, et attend et attend.
Au pied du lit duquel je n'arrive pas à m'arracher, il y a ce que je préfère, la promesse, les paquets encore enveloppés, les rubans, les noms sur les étiquettes.
Je finis par me lever, puis les autres après moi ... sauf Paolo plongé dans un sommeil infini. Dudie n'en peut plus d'attendre, il compte et recompte les cadeaux (un nombre exhorbitant...), il tourne en rond, fait de plus en plus de bruit, mais rien n'y fait: Paolo semble hors d'atteinte. Pour passer le temps, je fais un pain à la citrouille et au gingembre, nous grignotons les biscuits aux épices laissés par le Père Noël (Dudie a repéré ceux qu'il a emportés: un sapin et un bonhomme et un coeur), on allume le feu. Enfin, à 10h et demie, j'essaie de sortir mon doux des bras de Morphée. Il n'y arrive pas, ouvre les yeux, les referme ... Il faudra que toute la famille défile devant sa couette pour qu'il en sorte enfin. Et c'est les yeux embrumés de sommeil qu'il découvre ...
Ils s'arrêtent un instant, ne savent pas bien par où commencer. Et puis ils commencent: euphorie du papier déchiré.
Quand tout est ouvert, je sens bien leur désarroi. C'est tout et c'est trop en même temps. On enchaîne sur le petit déjeuner, mais ils s'échappent déjà pour revenir à leurs nouveaux trésors. Il s'agit maintenant de se les approprier.
Plus tard, bien plus tard, le déjeuner de Noël... Je me souviens du réveillon qui a eu lieu hier soir, là-bas, sans nous. Ni ma mère ni moi n'en parlons vraiment, mais nous y pensons. Nous avons eu des échos par le téléphone. Oui, ça s'est bien passé (trêve de Noël ), le foie gras était bon, le gigot d'izard très réussi. Tiens, je n'ai pas demandé si la traditionnelle querelle du Saint Honoré a eu lieu cette année.
L'après-midi s'étale tranquillement. J'ai essayé mon nouveau pantalon et celui qui l'a commandé pour moi au Père Noël s'étonne (s'irrite presque): "Mais c'est la même taille que celui de l'année dernière [et de l'année précédente], et la même marque, il devrait t'aller!" Ah, mais voilà, il m'est trop grand, tu n'as pas remarqué que j'ai changé de taille?... Il faudra le changer.
Le jour baisse, mais je décide de partir en balade. Il faut un peu pousser les garçons, ils protestent, mais finalement, nous nous emmitouflons et ils se lancent dans une opération "nettoyage de la nature" qui les occupent tout le long du chemin. Ils remplissent un plein sac de cannettes, de papiers et des sacs de chips.