Wednesday, March 31, 2010

Quelques photos, peu de regrets: vacances achevées

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On a repris depuis ... une éternité. C'était quand, déjà, les vacances?

C'était de bonnes vacances (surtout les 10 premiers jours), calmes, faites de plein de petits moments sympa, et les garçons s'en sont donné à coeur joie. Ce qui me rend particulièrement heureuse, parce que quelques jours avant la fin des cours, Dudie m'avait fait une scène (avec grosses larmes et trémolos dans la voix) sur le thème: "Tous mes copains s'en vont quelque part en vacances, au ski, dans les Caraïbes, en Grèce (son rêve), et nous, et nous, on ne va jamais nulle part!" J'avais été assez furieuse sur le moment (et n'avais pas manqué de lui rappeler que s'il va dans cette école de privilégiés, c'est parce que sa mère y travaille, et non parce que ses parents ont les moyens de payer les frais de scolarité - sans compter qu'un certain nombre d'élèves, boursiers comme lui, passent aussi leurs vacances dans les riants paysages du New Jersey, et ne s'en portent pas plus mal); puis, un peu plus tard, j'ai éprouvé une certaine tristesse - et amertume aussi.

A posteriori, je me demande si ce n'est pas la raison pour laquelle j'ai tant fait pour les garçons pendant ces quinze jours. Je les ai conduits à droite, à gauche, j'ai invité leurs copains à la maison (et même organisé un sleepover), j'ai fait quantité de gâteaux et plusieurs déjeuners "sandwiches au bacon". Je les ai emmenés deux fois au ciné, une fois au restaurant (et une fois au fastfood, reniant tous mes principes - mais ils étaient tellement heureux, c'était bien la première fois que je faisais cet effort-là). Nous n'avons pas réussi à caser une journée à New York, mais j'ai enfin trouvé le temps (et la motivation) de jouer à Carcassonne avec eux (depuis le temps que je promettais ... Je n'aime pas les jeux de société, et eux, ils adorent).

Voilà, c'était bien, c'est fini, maintenant il faut tenir jusqu'à l'été. Mais juin, ce n'est pas trop loin, non?

On a commencé sous la tempête, et puis deux jours d'été ...

Le jardin est devenu le lieu de villégiature des vacanciers.

Un bagel vert pour la St Patrick (berk?). Dudie m'a affirmé qu'il avait le même goût que d'habitude (C'est juste du colorant, maman!)


Tenté une nouvelle recette: scones au vieux gouda et aux pommes séchées (pas trouvé de poires séchées et pas le temps de les faire). C'est très très bon, mais je n'ai pas gagné le prix du meilleur hors d'oeuvre au cocktail de l'Association Française de Smalltown (mais qu'est-ce que je fais là...) C'était une bouteille de champagne, dommage.


Nous sommes les rois des grasses matinées. Prolongées.


Il fait à nouveau froid, tout le monde a ressorti les manteaux (sauf Dudie qui fait le malin en pull alors qu'il fait O°). Nous allons voir les pirates en groupe.


Dernière fois de la saison - nous avons la patinoire quasiment pour nous tout seuls.


Il fait presque assez chaud pour manger dehors - un oeil sur les chevaliers qui se lancent des défis, l'épée hardie et le verbe haut.

C'était bien, ces vacances.

Monday, March 29, 2010

Comme un lundi (28)

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Back to school ... ou "Les devoirs, le retour!"
Par chance, on ne divise pas pareil aux US et en France, ce qui me disqualifie pour aider Paolo à faire ses "divisions longues" (?) Et ça tombe bien, parce que j'ai de mauvais souvenirs de mon apprentissage des divisions (le pire, ça reste quand même la soustraction en CE1, qu'est-ce que j'ai pleuré!).

Je viens d'instaurer un système d'incitation à la gentillesse (suggéré par la psy de Paolo): chaque geste gentil ou attention de l'un pour l'autre sera recompensée par un petit autocollant sur le calendrier. Au bout de 10, le "gentil" aura un petit cadeau. Le but est d'améliorer les conflictuelles relations entre frères. So far, so good (mais on vient de commencer, aussi).
"Maman, ça compte de l'aider à faire ses maths?"

Sunday, March 28, 2010

Hyperactivité de dernière minute

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Je devrais en parler plus souvent ici. Apparemment, évoquer mon indécrottable paresse a eu pour effet presque immédiat de déclencher un déploiement d'énergie assez inhabituel chez moi. Il y a eu aussi la visite surprise d'un de mes collègues, venu m'apporter jeudi des oeufs frais pondus de ses poules, et qui m'a trouvée, à 11h et quelques du matin, en peignoir, échevelée, lunettée et visiblement réveillée depuis pas trop longtemps. Et les garçons ont déboulé en pyjama... Il a dû se poser des questions sur nos horaires.
Jeudi donc, après le départ de l'homme aux oeufs, je suis entrée dans une phase d'hyperactivité, et j'ai commencé par récurer de fond en combles les salles de bains. Une fois les salles de bain et moi-même rutilantes de propreté, j'ai saisi mon cartable et claqué la porte (j'étais fâchée, je ne me souviens plus bien pourquoi). En ville, j'ai travaillé de 14h à 21h presque non-stop, un peu au café, puis à la bibliothèque. J'ai abattu un travail considérable - pas assez, bien sûr, pour que j'envisage avec sérennité la journée de lundi, mais quand même.
(Après ça, je n'ai plus touché à mon cartable, c'est maaaal.)

Aujourd'hui, dernier jour officiel des vacances, je me suis démenée comme une folle pour essayer de rayer un maximum de lignes sur la "todo list" établie il y a 15 jours:
- emmener les enfants chez le coiffeur (oh combien nécessaire, Dudie a dû perdre un kilo et cinq centimètres: ses cheveux en afro lui faisait une auréole gigantesque! Et la coiffeuse a gentiment réparé les dégats que j'avais commis sur la chevelure de Paolo);
- acheter un aspirateur (je ne sais plus depuis combien de temps je l'ai sur ma liste, cet aspirateur);
- passer ledit nouvel aspirateur avec grand enthousiasme (il marche très bien) dans toute la maison;
- en profiter pour faire la poussière et mettre de l'ordre sur les étagères, surtout celles des garçons (Dudie réclame de nouvelles étagères - les siennes débordent de livres. Et pas question, bien sûr, de faire le tri, il les aime TOUS);
- Laver et changer les draps des enfants;
- Faire une soupe de légumes et une compote pour avoir un repas réconfort demain, après la première journée d'école.

Bon, c'est tout, et ça veut dire qu'il y a beaucoup de choses que je n'ai pas finies, voire pas considérées pendant ces deux semaines (tout en haut de la liste, l'insupportable paperasse, qui s'amoncelle depuis des mois. Vous avez une recette pour affronter ce monstre, vous? Dès que je regarde la pile, j'ai mal à la tête et je sors de la pièce...)

Mais, allez! Je sors la tête haute. Je ne m'en suis pas trop mal tirée. Ça fait du bien de laisser tomber deux ou trois choses "essentielles". Ça fait du bien d'accomplir des projets (même petits) qui me tenaient à coeur. (J'étais tellement contente de laver, sécher, ranger à la cave les affaires d'hiver, pantalons de neige, doudounes, gants ... pour les ressortir il y a deux jours, quand le thermomètre a replongé vers 0°. En même temps, je me souvenais bien de leur emplacement, alors...)

Demain, école. Je vais ressortir ma procrastination ordinaire, et mes trop longues soirées pour essayer de rattraper le coup. Troisième trimestre, nous voilà!

Thursday, March 25, 2010

Embellir (chez moi)

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Dans cette maison où, après deux ans on a l'impression qu'on vient juste de s'installer, un peu plus de ... beauté? Je suis (encore un peu) en vacances. Il fait beau (encore un peu). Vous aimez mon nouveau mur?

[Je n'ai pas fait le gâteau, c'est une cramique que j'ai trouvée chez Whole Foods et immédiatement achetée, portée par la nostagie. Elle est un peu trop sucrée (et un peu trop chère), mais en souvenir des cramiques du dimanche de mon enfance...]
[J'ai acheté les branches de pêchers à la ferme sur Cold Soil Road - et j'attends patiemment que les bourgeons s'ouvrent -, mais les jonquilles viennent bien de mon jardin!]

Le retour

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The Tuesday Man banished the word "difficult". So it was / is painful, anguishing, frightening, exhausting.
What is left? My feet so cold, my body curled up that cannot, cannot get warm. A bottle of patchouli - I hate that smell. An ugly necklace. Crumbs on the floor. Voices raising in the kitchen. A weak fence to protect my tulips against the deer. A movie never finished and finally at 2 AM screams in the den and cigarette smell in the staircase. A last e-mail. My inability to make a decision.

[Sorry for this cryptic post - for me only. To remember.]

Monday, March 22, 2010

Comme un lundi (27)

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Hier c'était l'été, aujourd'hui il pleut, pleut, pleut. Paolo m'a piqué mon chapeau, mes cheveux se gondolent d'humidité. Il se confirme que je déteste conduire sous des trombes d'eau.

Sunday, March 21, 2010

Ma lenteur

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C'est une histoire que j'aime, parce qu'elle me rappelle un temps dont je ne me souviens pas (mais que je n'ai pas complètement oublié).
C'est une histoire que j'aime parce qu'à chaque fois qu'on me la raconte, je m'y reconnais et m'y découvre.
C'est une histoire de Port-la-Nouvelle.

J'avais deux ou trois ans. Je me promenais avec mes parents sur la criée de Port-la-Nouvelle. Une dame qui vendait là ses poissons m'a dit: "Bonjour Lola" (je m'appelais déjà Lola, à ce moment-là). Mes parents l'ont regardée sans comprendre comment elle savait qui j'étais. L'homme à côté d'elle (un autre vendeur de poissons?) lui a posé la question qui les intriguait: "Tu la connais?"
Et elle: "Mais oui. C'est la petite fille qui est toujours toute nue, qui a toujours le pouce dans la bouche, et ses parents lui disent toujours 'Dépêche-toi Lola. Allez Lola, dépêche-toi!' "

Oui, eh bien, je n'avance pas plus vite, trente-cinq ans plus tard. (Mais il est plus rare que je me promène toute nue, quand même) (et j'ai laissé tomber le pouce, aussi).

Ma paresse

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A la moitié exactement des vacances, je regarde à droite et à gauche et me prends la tête à deux mains (et à demain aussi. Bye!)

Tout ce que je voulais, avais prévu de faire. Ma longue liste. Mes beaux projets. A demain?
Tout ça à cause de ma paresse.

Ma paresse.
Ma paresse est une vieille amie. Elle est avec moi depuis mon enfance (me chuchotait: encore une page avant de se mettre aux devoirs. Et le chapitre est presque fini. Et le suivant n'est pas très long...)
Ma paresse est traîtresse. Elle use de subterfuges toujours nouveaux pour me prendre au dépourvu. Elle me fait abandonner sans que je m'en aperçoive ce qui me tient vraiment à coeur.
Ma paresse est maîtresse du temps. Etire les heures, les jours, les semaines. Et quand ils me reviennent à la figure (effet "élastique"), je n'arrive pas à comprendre comment et où ils sont passés.
Ma paresse est mesquine. Elle accuse toujours les autres.
Ma paresse est geignarde. Elle invoque toujours la fatigue, la faiblesse. "Je ne me sens pas bien" est son refrain préféré (avec "J'ai le temps" et "Plus tard").
Ma paresse me fait horreur. Je la chasse et la retrouve toujours lovée à mes pieds.
Ma paresse maîtrise parfaitement l'art de la procrastination. Tout plutôt que ce que je dois faire. La vaisselle plutôt que les copies à corriger. L'aspirateur plutôt que les bulletins à rédiger. La lessive plutôt que l'aspirateur. Et ainsi de suite. Rien n'est plus urgent que récurer la baignoire quand il faut envoyer un e-mail délicat. Quant à la paperasse qui attend depuis des mois, impossible d'y arriver, il faut corriger les copies.
Ma paresse prend ses aises en vacances. Me fait traîner des heures en pyjama. Qu'est-ce que tu as fait ce matin/ cette semaine / ce mois d'août? Rien.
Ma paresse n'aime pas qu'on la secoue - en veut à ceux qui la critiquent sévèrement.
Ma paresse est raisonneuse, experte en arguments (presque autant que l'Homme, Maître des Arguments, au sens français et anglais). Elle sait se justifier. S'offense vite. Boude longtemps.
Ma paresse adore internet et le blogabondage. Resterait en transe pendant des heures à suivre des liens improbables, l'esprit en roue libre.

La semaine prochaine (demain?), je vais mettre ma paresse en veilleuse. Ou essayer.

[J'ai réagi au rythme lent de Samantdi. Je crois bien que nous sommes faites de la même pâte...]

Tuesday, March 16, 2010

Much better (ça commence...)

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Pour la première fois depuis une éternité, il fait beau. ET doux pour la première fois de l'année. Mes vieux voisins ont passé la matinée à ratisser leur bout de pelouse et bien sûr je me sens coupable de laisser le nôtre à l'abandon - nos feuilles vont venir gacher leur beau travail. Alors j'ai enrollé deux apprentis jardiniers plus ou moins consentants (l'un deux s'est vite transformé en apprenti chevalier, clamant que "Pour les feuilles, je ne suis pas bon!")

Le résultat n'est pas aussi nickel que chez les voisins, mais ça me fait un bien fou d'être dehors, au soleil, et de me donner un peu de mal pour embellir mon environnement. Je transpire, les pensées roulent en vagues fluides dans ma tête. Le chevalier a fait déserter mon dernier assistant, je les retrouve en train de comploter des aventures fantastiques (je crois bien qu'il y a un dragon dans l'affaire) assis sur la souche de l'arbre que je ne voulais pas couper (et OUI, je sais, il a bien fait de le faire couper quand même).

En ratissant, je découvre les toutes premières demoiselles du printemps - elles poussent à vue d'oeil, c'est incroyable. Ce soir, j'emmène mes jardiniers au restau. A condition qu'ils reprennent le rateau cet aprem, cela va sans dire.

Tempête du début des vacances (2)

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Dimanche matin se traîne. Je fais le tour des dégats causés par la tempête: une gouttière arrachée (réparée), le contenu des poubelles étalé sur la pelouse, un carreau cassé, un lampadaire en détresse. C'est minime, nous avons eu de la chance. Plusieurs maisons alentours ont perdu une partie de leurs toitures. Beaucoup de gens sont toujours sans électricité (il ne fait pas très chaud, la nuit surtout...)
Pendant deux jours, tout le monde va me rappeler combien l'Homme a eu raison de faire couper cet arbre penché dans le jardin, cet été (j'étais contre). Il serait sans doute tombé sur la maison des voisins.

Il continue à pleuvoir. Les enfants sont d'humeur grise, j'ai du mal à les secouer. Nous avons changé d'heure, mais ça ne change rien. Dudie a presque renoncé au concours de récitation de Pi, dont il parle pourtant depuis des jours et des jours. C'est moi qui finis par décider qu'il faut qu'il y participe. Pas vraiment d'enthousiasme de leur part, mais quand il s'avère que nous n'arriverons jamais à Smalltown à temps - trop de routes coupées, de détours, d'embouteillages -, il est vraiment déçu. Il comptait bien gagner.
Demi-tour pour essayer d'arriver au foot à l'heure. Encore routes barrées, il faut s'aventurer sur des chemins inconnus, c'est quoi ce bazar, on n'y arrivera jamais. L'équipe de Dudie perd, encore une fois. Sur le chemin du retour, on s'arrête chez mon amie française, qui nous sert pour goûter sa super tarte au citron, préparée pour le dîner de la veille. Déception d'entendre les quatre petits français jouer uniquement en anglais. Pour consoler Dudie d'avoir raté le concours de récitation, je lui demande de nous réciter les décimales de Pi qu'il connaît par coeur. Il s'exécute avec fierté et nous en récite 89. Tout le monde est impressionné. Je finis par repartir avec un sac plein de livres et de DVD ("pour tes vacances"), une grosse part de tarte au citron, du sorbet à la fraise fait maison, et une bonne partie du boeuf bourguignon qui aurait pu nous régaler la veille.

[L'arbre couché dans son jardin...]

Dimanche soir, j'invite mes copains catalans qui sont sans électricité, chauffage ou eau chaude depuis la veille. Ils sont très heureux de pouvoir prendre une doucher et de dîner au chaud. Le boeuf bourguignon est très apprécié. Ils se demandent si l'école sera ouverte demain.
Je lis jusque tard dans la nuit (toujours le même livre qui ne me plaît pas).

Lundi matin, nous nous levons tous tard. J'ai mal à la tête, mal au ventre, je sens l'angoisse monter. La nausée. Je suis mal partie dans ces vacances-là. Encore une fois.

Tempête du début des vacances (1)

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Je ne sais pourquoi, ces vacances de printemps m'angoissent et me rendent malade - chaque année. Je voudrais comprendre.

Vendredi soir, séance cinéma ratée et grosse frayeur sur la route.

Samedi matin, quelques tours de patinoire - plus vite, plus vite, je gagne de l'assurance - et départ de l'Homme pour la France, avec ses élèves. Du baby-sitting pendant 10 jours, dit-il. Pas ravi, mais quand même, il sera en France, lui.

Samedi après-midi, séance de rattrapage, j'emmène les garçons voir Percy Jackson. Pluie et vent, de la voiture au cinéma, nous arrivons tout dégoulinants. Le film (pas terrible) (il vaut mieux lire le livre) est interrompu 5 fois par des coupures de courant, provoquant les cris de toute la salle. Une fois même, nous avons droit à la pellicule qui brûle en gros plan sur l'écran, étrange... Les garçons sont contre mon idée d'enchaîner sur les courses hebdomadaires. Je les soudoie avec un goûter à Starbucks, et nous voilà en route pour le supermarché. C'est quand nous en sortons que les choses se corsent. Le chemin du retour est difficile, la pluie est aveuglante, le vent force contre ma petite voiture et la route est souvent barrée (jamais complètement, heureusement) par des arbres couchés. Ma mésaventure de la veille me rend tremblante, nous avançons au pas, avec Dudie qui me crie: "Une voiture en face, tes phares!" "Un arbre, arrête-toi!" Je le laisse me servir d'éclaireur, même si je n'en ai pas besoin. Nous arrivons enfin à la maison, à l'heure où mon amie française nous attend pour dîner. Elle m'appelle pour me raconter l'arbre déraciné dans son jardin qui a bloqué la route toute l'après-midi. Nous restons à la maison. Je regarde distraitement Man on wire en essayant de mettre en mots mon virage de la veille. Je lis jusque tard dans la nuit. La tempête continue dehors.

Monday, March 15, 2010

Comme un lundi (26)

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Conséquence de la tempête de ce week-end: les écoles publiques (dont les vacances sont décalées par rapport à nous et qui donc ont normalement cours cette semaine) sont fermées pour cause de coupures de courant, de circulation difficile, d'inondations, d'arbres couchés ici et là. Et les garçons, tout contents, profitent des copains qui devraient normalement être en classe.
J'ai décidé que mes vacances commenceraient demain - après trois jours pour eux, rien que pour eux, à mon tour, maintenant!
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Saturday, March 13, 2010

Cauchemars

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Hier, j'ai mis ma voiture dans le décor.

J'avais promis. Alors, malgré la fatigue de cette semaine abrutissante, malgré le rhume, le mal de tête, malgré la pluie battante, j'ai embarqué Paolo pour voir Percy Jackson. Son frère l'avait vu la semaine dernière avec ses copains. J'avais promis, juste lui et moi. S'il passait une bonne semaine. J'avais promis.

Je n'étais jamais allée dans ce cinéma-là. La route tourne et vire, dans l'obscurité, bien sûr - les routes sont rarement éclairées ici, on a mieux à faire avec l'argent des contribuables que d'assurer l'éclairage public, ou de réparer les trous dans les routes. De la petite route à la grande, puis des embouteillages - c'était vendredi soir. Nous sommes arrivés un peu en retard, mais pas trop. Nous avons traversé le parking en courant, trempés en quelques minutes. J'ai tendu un billet au type derrière son guichet, en lui demandant s'il n'était pas trop tard pour Percy Jackson. Il a tripoté son ordinateur et fini par me dire: "It's not playing tonight". Ah? Ah! J'avais vérifié les horaires jeudi, imaginant que rien ne changerait d'un jour à l'autre. Erreur. Paolo était très désappointé - et moi très abattue de l'avoir déçu - une fois de plus?
Nous sommes repartis dans la pluie et la nuit.

Quand nous sommes passés de la grande route à la plus petite, j'ai raté le premier virage. La route a tourné, moi j'ai continué tout droit. Quand je m'en suis aperçu - ça va très vite - j'ai d'abord essayé de redresser la trajectoire, mais la route était trop mouillée, la voiture glissait, glissait... Alors je me suis concentrée sur là où j'allais, tout droit. Il y avait un terre-plein sur lequel je suis allée m'échouer, freinant à fond. Paolo m'a dit: "Mais ce n'est pas par là qu'on doit aller." J'avais les jambes qui tremblaient, mais ma voix était très calme: "Non, mais ce n'est pas grave, on va faire demi-tour". Il n'a rien vu, dans la nuit, la pluie. Il n'a pas vu qu'on avait quitté la route. J'ai fait demi-tour, je me suis un peu embourbée, mais on a repris la route. Prudemment. J'avais très peur. Je crois vraiment que je ne devrais pas conduire la nuit. Je ne vois pas les bords de la route, je suis éblouie par les phares des voitures. Nous sommes rentrés à la maison.
Je les ai laissé regarder un DVD, je suis allée me coucher, un peu nauséeuse. Il était hors de question de raconter quoi que ce soit à l'Homme. Je n'aurais jamais fini d'en entendre parler. Je ne ferais qu'accroître son manque de confiance.

Je passe et repasse dans la tête le moment où je n'ai pas vu que la route tournait. Et si.
Si une voiture était arrivée en sens inverse.
Si, au lieu d'un espace vide, il y avait eu un mur, un poteau, un arbre.
C'est la troisième fois que j'évite de peu un très grave accident et que je m'en tire indemne, et ma voiture aussi. Ce devrait être un avertissement.

Aujourd'hui, pourtant, j'ai repris la route, dans la furie de la pluie et du vent. Au retour, il faisait nuit, la pluie incessante avait noyé des portions de la chaussée, je n'en menais pas large. De loin en loin, des arbres couchés par la tempête barraient une partie de la route. J'allais doucement. Nous sommes arrivés à bon port. Plusieurs fois, j'ai entendu la sirène des pompiers. Le dîner où nous devions aller a été annulé - un arbre, encore un, s'est effondré dans le jardin, coupant la route. Nous sommes restés à la maison.

Je n'en ai pas fini de le rater, ce virage. Des nuits et des nuits, je le sais, je vais aller tout droit.

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Tuesday, March 09, 2010

Sous l'eau

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La tête serrée dans un étau et l'intérieur tout cotonneux. La fatigue qui ramollit mes gestes et ralentit mes réactions. J'avance très difficilement, comme retenue par une force inerte et opaque qui m'entoure et m'enveloppe. Je suis sous l'eau, complètement sous l'eau et ma tête ne va pas longtemps supporter la pression.

Les piles et piles qui s'entassent sur mon bureau - chaque jour un peu plus, et pourtant j'y consacre des heures. La contrariété de faire face à un travail mal fait: ça pourrait me laisser indifférente, mais voilà, je suis chef maintenant (mon ex-chef ricane: "I feel your pain!" hinhinhin). C'est à moi de prendre en charge le boulot baclé des autres et d'en faire quelque chose de présentable. J'ai envie de tout envoyer bouler.

Mal, mal, mal à la tête. J'ai du mal à respirer. Moi qui ne suis jamais malade, pourquoi maintenant?

Il n'y a pas d'heure pour les braves. Allez, encore un petit effort, un petit paquet. Je vais y arriver. Ou pas.
Vendredi, je vais m'écrouler.

Monday, March 08, 2010

Comme un lundi (25)

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Mars entre-deux: encore de la neige, et déjà un petit bout de couleur à la pointe des bourgeons...

Thursday, March 04, 2010

Out of the office for a while

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Hell week again... C'est le bouclage du deuxième trimestre, les dernières copies à corriger, les cahiers d'exercices à vérifier, les moyennes à calculer et - horreur - les bulletins à écrire. Je ne sais pourquoi, ce trimestre, je fais un blocage complet, je n'arrive pas à les écrire. Je dois les rendre lundi, mais depuis le week-end dernier, j'ai le syndrome de la page blanche, impossible d'aligner deux mots. J'ai passé la journée à pénéloper: écrire trois phrases, en effacer deux; recommencer, rééffacer. Et mon bureau constamment envahi, des élèves, des profs, un visiteur (ancien élève), mes advisees (deux en larmes, une en colère). Demain, je fais l'école buissonnière, je ne serai là que pour enseigner. Et le reste du temps, j'irai me cacher pour essayer d'avancer. Allez, je roule mon fardeau encore une fois en haut de la montagne. Il me faudra recommencer d'ici peu. Sisyphe, je connais ta peine.

Monday, March 01, 2010

Comme un lundi (24)

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C'est la fin de l'hiver... Ce matin, notre bonhomme de neige a perdu la tête, un air trop printanier, peut-être?
Et en rentrant de l'école, nous l'avons retrouvé complètement affalé par terre (il oublie ses manières!) La neige fond, nous patouillons dans la gadoue, un vrai bonheur... Je n'arrive pas à croire que nous sommes déjà en mars, la tempête a retardé mon horloge saisonnière. Il commence à faire jour vers six heures, je n'en reviens pas.

[En arrière-plan, un petit school bus; il était 7h30 du matin, je mettais mes chaussures en houspillant les garçons - "Allez, allez, les manteaux! Vous avez vos gants?" quand je me suis décidée à prendre la photo - "Mais maman, qu'est-ce que que tu fais, c'est toi qui vas nous mettre en retard!"]