Thursday, November 27, 2008

Un peu beau...

...
Non?

Et surtout souriant.
(Comme toujours...)

Tuesday, November 25, 2008

Unfortunately

...Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas. Mon obsession à me fixer des missions impossibles, elle, ne varie pas d'un iota.
Donc, le week-end dernier, comme d'hab, je me suis donné pour objectif de finir TOUTES les corrections de copies (bien obligée, c'est la fin du trimestre). J'avais bien m'intention de ne rien faire d'autre. Sauf: aller chercher les médailles des garçons (la saison de foot est finie, et c'est tant mieux parce qu'il fait horriblement froid); trouver une veste pour Dudie (il fallait être "bien habillé" pour la cérémonie de Thanksgiving à l'école, et les collégiens devaient donc porter veste-chemise-cravate; il nous manquait la veste...); et aller assister à une mini-représentation de Casse-Noisette, dans laquelle une de mes advisees était la Reine des Neiges (c'était juste une courte "preview", pour inciter les gens à venir au spectacle). Il me semblait que tout cela rentrait parfaitement dans mon samedi, en laissant de la place à une bonne pile de compositions. Wishful thinking!

En fait, tout s'est passé de travers. Allez, jouons au jeu des "shoulda, woulda":
- J'aurais dû accepter que nous prenions la voiture de l'homme pour aller chercher les médailles, au lieu de refuser ("parce qu'elle pue trop la clope, ta bagnole"). J'aurais dû le laisser conduire la mienne. J'aurais dû regarder où j'allais, au lieu de chercher à voir le bonhomme aux médailles.
Si ..., si..., si...., je ne me serais pas pris le trottoir, je n'aurais pas crevé un pneu (presque neuf), je n'aurais pas dû subir la rage de l'homme et l'exposé exhaustif de son point de vue sur ma manière de conduire. Je n'aurais pas été obligée d'apprendre à changer un pneu par -7° (je ne rigole pas), avec un cric rouillé, des enfants impatients dans la voiture et un homme à bout de nerfs. Je n'aurais pas perdu mon après-midi à patienter en attendant que le garage nous installe un nouveau pneu.
- J'aurais dû partir avec l'adresse du magasin de vêtements d'occase. Si je l'avais eu sous la main, ça m'aurait éviter de tourner en rond, avec les trois grognons gelés derrière moi, pour finalement renoncer. Personne n'avait l'air de savoir où il se trouve, cet endroit qui, m'avait-on garanti, regorge de vestes habillées pour garçons de 10 ans. Et Else ne décrochait pas son téléphone. Dommage. Il a donc fallu aller faire un tour au centre commercial (bleuuuuuurrgghhhh) pour dignement vêtir le fiston. Et accessoirement nourrir la tribu, parce qu'il était 2 heures de l'après-midi, et que personne n'avait déjeuné. J'avais l'estomac trop noué par mon incident de pneu pour avoir faim. Pendant que l'homme faisait la queue pour des hamburgers, je me suis acheté 3 pulls et un pantalon. Bah oui, c'était justement le moment de claquer du fric, parce que dans la semaine, nous avions dû payer (très cher) les réparations de la voiture de l'homme (au bout du rouleau, mais il faut qu'elle tienne encore un peu) et nous avons signé un contrat pour une nouvelle chaudière (la vieille semble décidée à ne pas passer l'hiver). Nous voilà donc plus endettés que jamais, et moi qui suis si peu dépensière, j'ai trouvé le moyen de tomber dans une frénésie d'achat. C'est triste. Shouda 've known better. En revanche, pas moyen de mettre la main sur une veste décente pour Dudie.
Le pneu n'étant toujours pas disponible, nous sommes allés faire les courses de la semaine, pour patienter. En faisant un petit tour par Target (où je vais quasiment tous les 15 jours), j'ai mis la main sur non seulement une veste, mais un pantalon habillé. La bonne taille, pas de rayures, pas trop cher et tout et tout. De joie, je me suis acheté un autre pull (pourquoi s'arrêter en si bon chemin...) (et je manquais cruellement de pulls, de toute façon). Bien sûr, j'aurais dû penser à Target en premier pour chercher la veste. L'homme l'avait suggéré, mais Mme JeSaisTout (moi) avait répliqué d'un ton péremptoire qu'on n'y trouve pas ce genre de vêtements. Shoulda 've shut my mouth.
- Evidemment, nous sommes arrivés à la représentation de Casse-Noisette juste quand elle venait de se terminer (après avoir - finalement - récupéré et payé mon nouveau pneu, il a fallu le mettre sur la voiture, rentrer à la maison, décharger les courses, repartir...) Comme ça se passait dans une librairie, j'ai offert des livres aux garçons (pour les remercier d'avoir supporté avec tant de constance les aléas de cette journée pourrie) (et aussi parce que j'avais une carte-cadeau donnée par ma chef lors des PTC). J'en ai profité pour faire réparer les lunettes de Paolo (finalement retrouvées le vendredi précédent, après une absence d'un bon mois, et cassées illico lundi, alors que l'enfant essayait de plier la branche "pour qu'elles tiennent mieux"). Et puis, comme ils étaient sages avec leurs nouveaux bouquins, je suis allée faire un tour chez Anthropologie, normalement hors de portée pour ma bourse, mais j'avais une autre carte-cadeau, celle-là donnée par Else pour avoir gardé son chat à Paques. Je me suis donc acheté une robe...

Et nous sommes rentrés à presque 21h.
J'ai dû travailler toute la journée de dimanche, toute la soirée de dimanche, et même un peu de lundi (je me suis couchée à 2 h du mat') pour finir mes copies. Mais, hé, j'ai FINI.

Bon, maintenant il va falloir se mettre aux bulletins.

Ce qui me ronge le plus, dans le récit de ce misérable week-end, c'est que je ne peux m'en prendre qu'à moi, à moi seule, à moi-même. Samedi soir, malgré mes 4 pulls, mon pantalon, ma robe, je me serais tapé la tête contre les murs de rage contre moi-même.

Tuesday, November 18, 2008

Unexpected

...
Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas. Celui-ci devait être entièrement - entièrement - consacré au travail. Correction de copies au kilomètre.
Oui mais voilà. Vendredi matin, j'ai reçu un e-mail.

Juste un petit mail pour te dire que je suis de passage a Philadelphie pour un congres (je stresse a mort car dois parler samedi). Je me demandais si je pouvais te voir samedi apres midi bien que cela semble peut etre un peu audacieux. A combien de temps de Philadelphie habitez vous ?

Ah, pas une hésitation. J'ai passé le début du week-end à ranger la maison (pas nécessaire, je sais), puis le samedi après-midi à essayer de récupérer ma tête-en-l'air qui avait pris le mauvais train (c'est un peu ma faute, mes indications n'étaient pas assez précises) et s'est retrouvée dans un coin paumé de Trenton, dans une gare déserte, à la nuit tombée. Else (heureusement qu'elle était avec moi, ma bonne fée!) a fait marché son GPS interne et intuitif. Après nous être perdues plusieurs fois, nous nous sommes retrouvées, et nous avons cueillie mon amie, absolument seule au milieu d'un sinistre parking vaguement éclairé, assise sur sa valise rouge...
Malgré un déluge sur le chemin du retour (voiture coincée entre d'insondables rideaux de pluie), nous sommes finalement arrivées à bon port.

Ce soir-là, en préparant le dîner, à table, après le dîner avec nos tisanes devant la cheminée, nous avons parlé, parlé, parlé... Je ne savais pas à quel point quelque chose me manquait, jusqu'au moment où, de manière impromptue, ce manque a été - temporairement - comblé. A constater combien j'ai pu déverser de ma vie, de mon coeur, ce week-end, je ne peux qu'en conclure que j'aurais sérieusement besoin d'une présence amie plus près de moi. C'est toujours lorsque se rompt mon isolement qu'il m'apparaît avec évidence.

La remettre dans le train a été aussi compliqué qu'aller la chercher (train en retard, attente interminable sur un quai glacial, correspondance ratée à deux minutes près...), mais nous nous sommes quittées avec l'impression d'avoir enfin passé du temps ensemble. Après des années d'entrevue en coup de vent, lors de mes passages parisiens. Et c'était bien.

[Même si maintenant je rame pour rattraper le retard accumulé. Et la fin du trimestre qui se profile à l'horizon, aaaaahhhh, quand verrai-je le bout de ma pile de copies?]

Saturday, November 15, 2008

La fête des écureuils

Et vous croyiez, comme moi, qu'Halloween était la fête des monstres ...

la fête des bonbons...

... En fait, vous et moi, nous avions tout faux. Halloween, c'est la fête des écureuils, je viens de le découvrir cette année. Ils s'en mettent une ventrée. D'abord en attaquant les citrouilles entières, posées sur le porche pour décorer, une bonne semaine avant Halloween. Un petit grignotage, ici ou là, discret. Et puis un petit trou. Et puis un gros trou, pour accéder à ce caviar des écureuils: les graines de citrouille. Il y en avait partout devant notre porte. Je crois que l'ordinaire des provisions hivernales de notre copain a été grandement amélioré (peut-être est-ce le même qui, cet été, avait agressé sauvagement une boîte - en métal - contenant des noix de cajou. Le couvercle en plastique de ladite boîte avait été salement amoché).
Et finalement, lendemain de festin, nous avons retrouvé nos Jacks 0'Lantern tout machouillés, le 1er novembre.


[Je sais, ce billet est sérieusement overdue. Mais le quotidien court plus vite que moi. Je devrais sans doute l'antidater. Suis-je la seule à pratiquer avec autant de plaisir secret l'antidatage? Presque toutes mes lettres sont antidatées. J'imagine que c'est ma petite revanche sur le temps qui m'échappe tant. Un moyen de reprendre contrôle - trop tard, a posteriori.]

Sunday, November 09, 2008

November week-end - 2 versions

...
Version 1: Samedi à New York. Pluie. Brunch en terrasse, protégée des gouttes par l'auvent. Quelques magasins, une pièce de théâtre (La Mouette - ou plutôt, The Seagull), un mojito au concombre, un risotto au magret de canard, au potiron et aux champignons, un retour en train ensommeillé...


Version 2: Dimanche à Bonne Espérance. Soleil et feuilles d'or. Fabrication de délicates bibelots végétaux. Partie de frisbee.
(Et aussi: lessives, pliage de linge, correction de copies, deux heures à l'école pour cause de "journée Portes Ouvertes", soirée de prep devant l'ordi - la semaine a déjà commencé...)



[Message personnel: Maurine, j'ai finalement lu ton message! Je t'ai envoyé un e-mail sur ton adresse privée.]
...

Wednesday, November 05, 2008

Victoire!


Il y a quatre ans exactement, un gris mercredi de novembre, il me semblait que j'avais reçu quelque chose de très lourd sur la tête. J'étais comme étourdie, abasourdie, essayant de trouver du sens à un événement incompréhensible. Je regardais mon amie Paula qui titubait de rage et de désespoir, anéantie par le choc, plus que moi encore parce qu'elle était beaucoup plus impliquée et militante. Tout autour de nous, le Tenessee était en liesse: les Américains venaient de réélire Bush et Memphis se rengorgeait. Jamais je n'ai autant détesté les jolies têtes vides des élèves de cette école, qui roucoulaient de joie sans avoir la moindre idée des enjeux politiques d'une telle décision.
Quatre ans plus tard, j'ai du mal à croire que l'impossible s'est réalisé, que ce à quoi nous n'osions croire a trouvé une forme et une place dans la réalité: Barack Obama a été élu président des Etats-Unis. Dans ma petite ville du New Jersey, à forte majorité démocrate, l'ambiance est à la fête. Hier, les élèves ont voté, et Obama l'a emporté, aussi bien au collège qu'au lycée. Aujourd'hui, pas d'euphorie ni d'exultation comme à Memphis, mais de grands sourires.
"A quelle heure tu t'es couché?
- Ah, j'ai attendu la fin du discours.
- Moi, après Ohio, je savais que c'était gagné, alors je suis allé dormir."

On a envie de croire que le plus dur est passé. Hardly: ça ne fait que commencer. Let's get to work!

Sunday, November 02, 2008

Mon frère

J'ai mis du temps à me rendre compte que si je tenais tant à ce que mon frère nous rende visite, c'était moins pour lui que pour mon père. Mon père qui n'est jamais venu nous voir depuis que nous habitons dans le New Jersey (il nous avait rendu visite à Memphis, c'est peut-être cette expérience qui l'a découragé de revenir...) et que je rêve de faire venir ici.
A la place, j'ai insisté pour qu'il fasse venir mon frère. Je l'ai tarabusté pour qu'il prenne un billet (pas facile: deux semaines avant le début des vacances, il ne l'avait toujours pas acheté...), j'ai cherché des billets pas chers, je lui ai envoyé les sites de voyage que j'utilise habituellement. J'en ai fait presque trop.

Mais voilà, j'avais un peu oublié que mon frère est un ado de 15 ans, que je connais finalement assez peu. Je ne le vois qu'une semaine par an, en compagnie de ses copains (que mon père invite systématiquement quand nous passons une semaine de vacances ensemble; j'ai fini par lui dire cette année, après 4 ans de ce régime, que j'aimerais bien passer du temps avec lui sans les copains de son fils. Il a acquiescé, mais s'en souviendra-t-il l'été prochain?)
Mon frère a donc débarqué, avec ses dix mille questions auxquelles je réponds invariablement "Je ne sais pas", sa connaissance encyclopédique d'anecdotes dépourvues (pour moi) de tout intérêt, ses "blagues à deux balles" (selon son propre jugement), et sa gentillesse qui coexiste bizarrement très bien avec l'égoïsme de son âge. Le pauvre, il est tombé sur la mauvaise semaine, j'avais tellement de travail. Et pour pouvoir m'occuper un peu de lui, j'ai accumulé le retard. Maintenant, j'en paie les conséquences: je me sens submergée par un amoncellement de choses à faire, la panique me gagne et je deviens agressive parce que j'ai l'impression que tout le monde cherche à me voler mon temps précieux.

Je fais des efforts pour accepter les côtés irritants de mon frère. Mais je ne suis pas prête pour l'adolescence. Il n'a que quatre ans de plus que Dudie, et ça me tracasse: comment vais-je supporter un ado au quotidien? Est-ce que mon frère est particulièrement immature? (Oui, sans doute, en tout cas comparé à la plupart de mes élèves). Il est intelligent, sans doute très intelligent, mais son intelligence est recouverte d'une gangue épaisse de "culture télé". Il zappe sans arrêt d'un sujet à l'autre, ne creuse aucune idée, amasse les petits faits, manque de perspective et de culture générale. C'est l'âge, sans doute.
(Il me dit qu'il ne passe pas beaucoup de temps devant la télé. Juste deux heures par jour. Et aussi qu'il a arrêté les jeux en ligne. Il en parle comme un ancien drogué qui a décroché.)

Le fait même de faire des efforts me fait de la peine. Si je l'aimais vraiment, je n'aurais pas à me contraindre. Il me semble que pour ma soeur, mon agacement (qui n'est pas du même ordre) est tempéré toujours par la tendresse que j'ai pour elle. Je n'arrive pas à créer de lien avec ce grand garçon pâle qui est le fils de mon père. C'était un peu mon but inavoué, en le faisant venir ici. J'ai peur qu'il ne reparte avec le déplaisant souvenir de mon irritation. Et, encore une fois, c'est surtout par rapport à mon père que cela me fait mal.