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Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas. Mon obsession à me fixer des missions impossibles, elle, ne varie pas d'un iota.
Donc, le week-end dernier, comme d'hab, je me suis donné pour objectif de finir TOUTES les corrections de copies (bien obligée, c'est la fin du trimestre). J'avais bien m'intention de ne rien faire d'autre. Sauf: aller chercher les médailles des garçons (la saison de foot est finie, et c'est tant mieux parce qu'il fait horriblement froid); trouver une veste pour Dudie (il fallait être "bien habillé" pour la cérémonie de Thanksgiving à l'école, et les collégiens devaient donc porter veste-chemise-cravate; il nous manquait la veste...); et aller assister à une mini-représentation de Casse-Noisette, dans laquelle une de mes advisees était la Reine des Neiges (c'était juste une courte "preview", pour inciter les gens à venir au spectacle). Il me semblait que tout cela rentrait parfaitement dans mon samedi, en laissant de la place à une bonne pile de compositions. Wishful thinking!
En fait, tout s'est passé de travers. Allez, jouons au jeu des "shoulda, woulda":
- J'aurais dû accepter que nous prenions la voiture de l'homme pour aller chercher les médailles, au lieu de refuser ("parce qu'elle pue trop la clope, ta bagnole"). J'aurais dû le laisser conduire la mienne. J'aurais dû regarder où j'allais, au lieu de chercher à voir le bonhomme aux médailles.
Si ..., si..., si...., je ne me serais pas pris le trottoir, je n'aurais pas crevé un pneu (presque neuf), je n'aurais pas dû subir la rage de l'homme et l'exposé exhaustif de son point de vue sur ma manière de conduire. Je n'aurais pas été obligée d'apprendre à changer un pneu par -7° (je ne rigole pas), avec un cric rouillé, des enfants impatients dans la voiture et un homme à bout de nerfs. Je n'aurais pas perdu mon après-midi à patienter en attendant que le garage nous installe un nouveau pneu.
- J'aurais dû partir avec l'adresse du magasin de vêtements d'occase. Si je l'avais eu sous la main, ça m'aurait éviter de tourner en rond, avec les trois grognons gelés derrière moi, pour finalement renoncer. Personne n'avait l'air de savoir où il se trouve, cet endroit qui, m'avait-on garanti, regorge de vestes habillées pour garçons de 10 ans. Et Else ne décrochait pas son téléphone. Dommage. Il a donc fallu aller faire un tour au centre commercial (bleuuuuuurrgghhhh) pour dignement vêtir le fiston. Et accessoirement nourrir la tribu, parce qu'il était 2 heures de l'après-midi, et que personne n'avait déjeuné. J'avais l'estomac trop noué par mon incident de pneu pour avoir faim. Pendant que l'homme faisait la queue pour des hamburgers, je me suis acheté 3 pulls et un pantalon. Bah oui, c'était justement le moment de claquer du fric, parce que dans la semaine, nous avions dû payer (très cher) les réparations de la voiture de l'homme (au bout du rouleau, mais il faut qu'elle tienne encore un peu) et nous avons signé un contrat pour une nouvelle chaudière (la vieille semble décidée à ne pas passer l'hiver). Nous voilà donc plus endettés que jamais, et moi qui suis si peu dépensière, j'ai trouvé le moyen de tomber dans une frénésie d'achat. C'est triste. Shouda 've known better. En revanche, pas moyen de mettre la main sur une veste décente pour Dudie.
Le pneu n'étant toujours pas disponible, nous sommes allés faire les courses de la semaine, pour patienter. En faisant un petit tour par Target (où je vais quasiment tous les 15 jours), j'ai mis la main sur non seulement une veste, mais un pantalon habillé. La bonne taille, pas de rayures, pas trop cher et tout et tout. De joie, je me suis acheté un autre pull (pourquoi s'arrêter en si bon chemin...) (et je manquais cruellement de pulls, de toute façon). Bien sûr, j'aurais dû penser à Target en premier pour chercher la veste. L'homme l'avait suggéré, mais Mme JeSaisTout (moi) avait répliqué d'un ton péremptoire qu'on n'y trouve pas ce genre de vêtements. Shoulda 've shut my mouth.
- Evidemment, nous sommes arrivés à la représentation de Casse-Noisette juste quand elle venait de se terminer (après avoir - finalement - récupéré et payé mon nouveau pneu, il a fallu le mettre sur la voiture, rentrer à la maison, décharger les courses, repartir...) Comme ça se passait dans une librairie, j'ai offert des livres aux garçons (pour les remercier d'avoir supporté avec tant de constance les aléas de cette journée pourrie) (et aussi parce que j'avais une carte-cadeau donnée par ma chef lors des
PTC). J'en ai profité pour faire réparer les lunettes de Paolo (finalement retrouvées le vendredi précédent, après une absence d'un bon mois, et cassées illico lundi, alors que l'enfant essayait de plier la branche "pour qu'elles tiennent mieux"). Et puis, comme ils étaient sages avec leurs nouveaux bouquins, je suis allée faire un tour chez
Anthropologie, normalement hors de portée pour ma bourse, mais j'avais une autre carte-cadeau, celle-là donnée par Else pour avoir gardé son chat à Paques. Je me suis donc acheté
une robe...
Et nous sommes rentrés à presque 21h.
J'ai dû travailler toute la journée de dimanche, toute la soirée de dimanche, et même un peu de lundi (je me suis couchée à 2 h du mat') pour finir mes copies. Mais, hé, j'ai FINI.
Bon, maintenant il va falloir se mettre aux bulletins.
Ce qui me ronge le plus, dans le récit de ce misérable week-end, c'est que je ne peux m'en prendre qu'à moi, à moi seule, à moi-même. Samedi soir, malgré mes 4 pulls, mon pantalon, ma robe, je me serais tapé la tête contre les murs de rage contre moi-même.