Monday, April 26, 2010

Comme un lundi (32)

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Après l'école, un petit moment juste lui et moi - une entorse au rythme quotidien. Goûter à la boulangerie, puis bibli pour refaire le plein. Pas plus d'une demi-heure, sinon le parking est payant. On y arrive toujours, avec à peine une minute de marge. Et nous nous congratulons de notre efficacité. Juste lui et moi.

Sunday, April 25, 2010

No sun today

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I can't wait for this Sunday to be over. I hated every minute of it.
Dilemma: I spend my week longing for the week-end to arrive. I finish the week-end exhausted and miserable, wishing the week to start. I am still looking for the time in-between, the rest area, the let-go space.

Thursday, April 22, 2010

Déplacements et déceptions

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Ce matin, première heure, je me suis plainte en mode "mama ours". J'ai écrit au tableau ma complainte (nous venons d'aborder le passé composé en Français 1, il fallait en profiter).
Presque quatre heures plus tard, j'ai retrouvé mon écriture intacte en entrant dans la salle. Personne n'a dû se servir du tableau entre-temps.

Cette semaine,
entre la fatigue qui me mine, me ronge, diminue mes résistances et mes facultés,
et la déception d'un puis deux voyages annulés,
et le soulagement,
et la tristesse,
je ne sais plus de quel côté me tourner, où me poser. S'il vous plaît, ne me prenez pas ma chaise, j'ai besoin qu'elle soit toujours au même endroit.

Le nuage qui a cloué au sol mes seuls visiteurs de l'année m'a délivrée de la nécessité de préparer ma maison pour les accueillir. Plus de grand ménage, de rangements de fond en combles. Je regarde avec désespoir l'ordre provisoire qui règne depuis presque deux ans - des entassements "en attendant" auxquels je rêve de m'attaquer sans jamais en avoir le courage. Il faudrait avoir un projet, une vue d'ensemble. Mais chaque pièce se contente de pousser dans les coins son petit bric-à-brac. Cette maison ne ressemble à rien.
J'évite de penser aux plans sur la comète que j'avais tirés - mes visiteurs coincés à Paris sont plus malheureux que moi. Mais leur non-venue relance mon lancinant mal du pays. Et renaît, venimeuse, la question: Where is home?

Monday, April 19, 2010

Comme un lundi (31)

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Où est mon coeur passé, ces derniers temps? Trop loin pour que je l'entende battre. J'ai des doutes, je crois qu'il malfonctionne.

Thursday, April 15, 2010

Encore moi

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Je ne change pas. Je ne suis pas douée pour me réinventer. Mes nouveaux cheveux ne durent que trois jours - je ne sais pas faire un brushing comme le coiffeur, et je n'ai pas le temps, ni la patience. Alors c'est encore moi, all over again. Je ne me quitte pas.
Je suis une source inépuisable d'interrogations pour moi-même: au fait, qu'est-ce que tu veux, toi, vraiment?
Je ne sais pas et je continue à me questionner - à douter, à me méfier. Est-ce que je pense vraiment ce que je pense? Est-ce que je ne m'imagine pas que je crois, ne suis-je pas en train de me conditionner, prise en flagrant délit d'auto-suggestion?
Je voudrais bien savoir qui tire les ficelles, derrière, et dans quel but.

Monday, April 12, 2010

Comme un lundi (30)

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Une escale à la bibliothèque, avant de rentrer à la maison. Oui, j'ai fini tard à cause d'une réunion, oui, il y a encore des devoirs à finir et des lessives à ranger, non, je n'ai rien de prêt pour le dîner, mais ce n'est pas grave. Une petite demi-heure dans les livres, et on repart chargés (6 pour l'aîné, 2 pour le petit). Ce soir, lecture à tous les étages.

Sunday, April 11, 2010

L'oeuf de James

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Il y a cinq ans, un de mes élèves préférés m'a raconté une blague bilingue - je l'ai tellement aimée que je la ressors chaque année. Mardi, j'ai posé la devinette à une de mes classes, dans laquelle justement se trouve la petite soeur de cet ancien élève. Elle ne la connaissait pas, mais est repartie avec l'intention d'interroger son frère - peut-être qu'il ne s'en souvient plus... J'aime bien être le lien entre les frères et soeurs.

- Why do French people eat only one egg?
Vous donnez votre langue au chat?
- Because one egg is un oeuf.
[un oeuf / enough, ahahah]

Je vous la raconte parce que la semaine dernière, c'était le week-end de Pâques. Des hauts, des bas, du soleil, des oeufs, l'amitié qui me tient la main et la tête hors de l'eau. Un déjeuner dans le jardin, beaucoup trop de chocolat et les talents cachés de Dudie expert es oeufs peints (tous les oeufs sur les photos ont été préparés par lui).

Thursday, April 08, 2010

Géographie des mentalités

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L'année dernière, j'ai été invitée par les Juniors (les élèves de 1ère) à chaperonner la Prom. C'est un honneur, mind you. Le subtext, c'est que je suis assez cool pour assister à leur grand événement. Wow.

Bon, c'était assez intéressant, mais moyennement amusant quand même. Les chaperons sont surtout là pour s'assurer que tout se passe "correctement". Il faut faire des tours dans les toilettes pour s'assurer que personne n'est en train de faire circuler des petites bouteilles d'alcool fort ou de vomir ses tripes (la deuxième situation étant la conséquence directe de la première). Les plus courageux s'aventurent sur la piste de danse pour limiter les frottis-frottas qui frôlent l'obscénité (franchement, je ne suis pas une prude, mais je n'en reviens pas de cette façon de "danser" qui imite sans détour certaines positions ... mh, que je ne décrirai pas ici. Les lycéens en France sont-ils aussi "explicites" dans leurs gesti-cul-ations?) A part ça, on peut admirer les belles robes des demoiselles et sourire en voyant l'air emprunté de certains garçons dans leurs smokings... J'ai aussi dansé (une seule fois) sur Zebda, avec mes élèves qui m'ont entraînée sur la piste dès que la chanson a commencé (c'était ma petite surprise pour eux...)
A la fin de la Prom, les élèves sont tous ramenés en car à l'école, où les attend la "Post-Prom", organisée par les parents, avec musique, snacks, jeux (on peut gagner des prix très alléchants, du genre i-pods ou places pour un spectacle sur Broadway), animation (un hypnotiseur ou un magicien, selon les années). Le but est évidemment de court-circuiter les parties privées, beaucoup trop arrosées au goût des parents. La Post-Prom se poursuit donc jusqu'à 3h ou 4h du mat'...

Tout ça m'est revenu en lisant un (deux en fait) billets sur les errements de certains élèves et parents.

Je suis atterrée par ces histoires, mais pas tellement surprise - j'ai enseigné deux ans dans le Tennessee, dans une école de filles, ce qui m'a donné l'opportunité de découvrir la mentalité du sud des Etats-Unis. L'impression d'être dans un autre monde, parallèle; de vivre cinquante (cent?) ans en arrière. Le racisme latent, profondément enraciné dans les mentalités. La discrimination, à tous niveaux. L'impossibilité d'accepter la différence (la mienne, entre autres: je suis française ET je ne vais pas à l'église). J'ai vécu deux ans dans la Bay Area, ça fait 5 ans que je suis dans le New Jersey, et vraiment mes deux ans à Memphis n'ont rien à voir avec le reste de mes expériences étasuniennes. Rien.

L'histoire de Phoebe est atroce, mais elle aurait pu arriver n'importe où. L'étroitesse d'esprit liée à ces affaires de prom me semble typique du sud. Entre parenthèses, j'ai appris l'existence du "paddling" quand j'étais à Memphis et j'ai crié haut et fort que si quiconque s'avisait de toucher à un cheveu d'un de mes fils, il n'aurait pas fini d'entendre parler de moi. Oui, la punition corporelle existe encore dans les écoles du sud, et une grande majorité de parents sont persuadés du bien-fondé de cette méthode d'éducation.

Pour conclure (ça devient trop long), l'implication des parents dans ces sinistres histoires est désolante, mais reflète une réalité (a sense of entitlement, mothers with too much time on their hands). Et ça me rappelle l'histoire de cette gamine qui s'est suicidée suite à un constant harcèlement de ses camarades de classe (cyber-bullying). Il s'est avéré que c'était la mère d'une desdites camarades qui avait inventé de toutes pièces un beau jeune homme sur FB, qui a contacté la pauvre gamine et à qui elle s'est attachée. La mère (qui apparemment n'avait rien d'autre à faire que de créer un fantôche pour persécuter une camarade de classe de sa fille) a été d'abord inculpée, puis blanchie.

Il y a de quoi se rendre malade. Et j'ai beau croire aussi fort que je peux que, non, chez nous ça n'arriverait jamais, non, pas ici, je sais que personne, nulle part, n'est vraiment à l'abri de la cruauté.

Tuesday, April 06, 2010

Comme un lundi (29)

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Photo prise en courant (d'où son air penché...), au sortir d'une réunion particulièrement déprimante (l'avenir des écoles privées n'est pas particulièrement rose. Il va falloir que je songe à me reconvertir, moi). Devant la cour de récré, les enfants de l'école primaire entassent leurs cartables, lunch boxes et pulls. Sauf mon fils, évidemment, qui laisse ses affaires dans son casier, histoire de me faire faire le tour de l'école alors que nous sommes en retard - Mais maman, c'est pas grave, nous sommes toujours en retard.

[Photo du lundi en retard aussi - pas moyen de mettre la main sur le cordon de mon appareil photo, hier soir, et pas assez de courage pour continuer à chercher. Pas la grande forme. Bonne semaine quand même!]

Sunday, April 04, 2010

Poissons, soleil, glaces: le 1er avril

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Je déteste le 1er avril. Je déteste les blagues, je n'aime pas tellement en faire (je me mets toujours à la place de la "victime", surplus d'empathie) et je n'apprécie pas trop (du tout) qu'on m'en fasse.
Mais quand même. Quand même, j'ai bien rigolé quand les Seniors (élèves de terminale) ont vidé le bureau de mon collègue dans le couloir, et ont mis à la place des meubles déplacés la table et les chaises qui sont habituellement devant sa porte. Ils l'attendaient dans le couloir, entassés sur son canapé bleu, entourés de sa lampe, de son meuble à tiroirs et de son ventilateur, tout contents d'eux. Comme ils sont très gentils et qu'ils aiment leur Dean*, ils ont tout remis en place avant de partir en week-end.

* un Dean est une sorte de "super prof principal" ou de "mini CPE", en charge de toute une classe (c'est-à-dire de tous les élèves du même niveau. Comme par exemple, tous les élèves de Terminale). Le Dean s'occupe de tout ce qui est discipline, est en contact avec les parents des élèves en difficulté et réunit sa classe (entre 85 et 100 élèves) une fois par semaine. Il ou elle commence avec une classe de Freshmen et suit sa classe jusqu'à la graduation - 4 ans donc. En 4 ans, un lien fort se crée entre les élèves et leur Dean (ça dépend aussi de la personnalité du Dean, mais pour celui-là, aucun doute sur la solidité de la relation). Je suis l'assistante de ce Dean depuis 4 ans, et j'avoue que je ne regrette pas du tout d'avoir accepté - ce n'est pas une position rémunérée. Je suis arrivée, d'année en année, à connaître cette classe a priori "difficile", et j'ai aussi beaucoup appris en observant mon collègue se confronter à des situations délicates avec beaucoup de bon sens, de fermeté et avec énormément d'affection pour "ses" élèves.

Je me doutais bien que ma dernière classe me réservait quelque chose; je ne les ai trouvés ni dans la classe, ni dans le couloir, ni sous la fenêtre (ils m'ont déjà fait le coup une fois). Mais ils ne m'ont pas trop fait courir: ils étaient au soleil dans la petite cour tout près de ma salle. C'était tellement agréable de s'installer au milieu des fleurs qu'ils n'ont pas eu trop de mal à me convaincre de les laisser passer l'interro dans cet environnement... En avant donc pour les adverbes et le comparatif en plein air.


Et puis, comme c'était la veille d'un long week-end sans devoirs**, comme il faisait si beau que ça donnait envie de chanter, comme rien ne me pressait, j'ai emmené les garçons en ville. Une petite visite à la Cuillère Tordue, pour notre première glace de l'année, et un petit tour à la bibliothèque, pour faire le plein de livres pour le week-end. Smalltown était envahie d'étudiants amoureux, de poussettes (doubles, souvent) (je ne sais pas pourquoi), d'élèves et de collègues de mon école. Qu'il a fallu saluer alors que je venais à peine de les quitter (l'inconvénient des petites villes ...)

Such a beautiful day.


** Ici, le vendredi saint est férié, mais pas le lundi de Pâques. C'est un no homework week-end pour cause de célébration religieuse. En début de semaine, nous avons respecté la même règle pour le début de Passover. Il y a une extrême sensibilité au sujet des fêtes religieuses et de la nécessité de respecter toutes les célébrations; c'est souvent un sujet de discussion dans les réunions de profs. Le paragraphe sur les devoirs, dans le Handbook a été écrit et réécrit plusieurs fois depuis que je suis arrivée dans l'école, il y a cinq ans.

Saturday, April 03, 2010

Mon kilomètre du Marathon de Paris

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Comme l'année dernière, Pablo va courir pour moi. Dimanche prochain. Cette fois, ce ne sont pas les rues de Madrid qu'il va arpenter pour mes beaux yeux, mais les berges de la Seine, dans Paris, mon beau Paris qui me manque tant.

Pablo aime courir - mais ce marathon de Paris, il ne le court pas que pour son propre plaisir. Il le court pour aider Otir dans son entreprise de levée de fonds pour l'école de son fils, M. Ziti (cliquez sur le lien, vous apprendrez énormément sur cette école pour enfants autistes, pionnière dans son domaine, qui a tant fait pour que M. Ziti et d'autres enfants autistes poursuivent leur scolarité, encadrés, aidés, soutenus, encouragés par un personnel compétent et dévoué).
Le principe est simple: vous faites une contribution sur le blog d'Otir, puis vous allez choisir chez Pablo un kilomètre qu'il courra pour vous. Le but est bien sûr de parrainer chacun des 42 kilomètres, mais si vous tenez absolument (pour des raisons sentimentales, par exemple) (comme moi qui voulais un kilomètre avec vue sur la Seine) à un tronçon déjà attribué, pas de problème: vous pouvez partager un kilomètre avec un ou deux ou trois co-parrains.

Je laisse Pablo vous expliquer les détails:
  1. Vous allez sur le blog d’Otir et vous cherchez dans la colonne de droite le widget “Levée de fonds pour F.E.C.A.” ; cliquez sur le bouton ChipIn! qui vous dirige vers une page PayPal, faites un don pour la quantité que vous désirez (remarque : $1USD = 0,76 EUR).
  2. Ensuite, vous allez sur le wiki que j’ai créé pour cette occasion : http://otirmarathon.wikispaces.com/ , et en suivant le mode d’emploi, vous éditez la page pour choisir le kilomètre du marathon de Paris que vous voulez que je vous dédicace. (Pas de problème si plusieurs personnes veulent choisir le même kilomètre). (Si vous avez des problèmes avec le wiki, vous pouvez toujours laisser votre choix dans les commentaires sur mon blog). Pour ma part, j’écrirai votre nom sur ma feuille de route (où j’inscris aussi le rythme que je veux faire par kilomètre, ainsi que le temps prévu de passage), que je regarde à chaque kilomètre pour savoir si je m’écarte beaucoup, ou pas, de mon objectif. De penser à vous pendant ce kilomètre, ça me motivera et ça me rendra la course plus facile.
  3. Vous pouvez aussi relayer cette initiative sur vos blogs.
  4. Si vous êtes à Paris et que vous voulez venir m’encourager sur place, vous pouvez venir à la borne du kilomètre 29 : d’après le site du marathon, ça ne doit pas être loin de la Place de Varsovie (Pont d’Iéna). (Je m’arrêterai un moment à ma droite, selon le sens du parcours du marathon, et si tout va comme prévu, je devrais y arriver vers 11h45. Mon dossard sera le 42.705).
Allez, faites comme moi, offrez-vous un kilomètre de marathon et offrez à l'école de M. Ziti, qui le mérite bien, les fonds nécessaires pour poursuivre son formidable travail auprès des enfants autistes. Bravo, Pablo, une fois encore pour cette magnifique initiative! J'aimerais bien être au kilomètre 29 pour t'encourager, mais je devrai me contenter de te suivre de loin (si j'arrive à me réveiller suffisamment tôt... ) Ne doute pas que de l'autre côté de l'Atlantique, nous soyons plusieurs à agiter nos banderolles dans la nuit en criant: "ALLEZ PABLO!"