Saturday, July 31, 2010

Petit matin

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J'ai hésité, et puis je les ai laissé partir sans moi. Avec regret. Mais la fatigue accumulée pèse trop et je redoute les trois ou quatre heures de marche. Les garçons bien équipés (chaussures de montagne, casquette, écran solaire, eau, biscuits au chocolat) sont partis joyeusement, sans se retourner. A leur âge, il fallait me traîner de force pour faire la moindre balade...

Au lieu de la montée vers l'étang, j'ai photographié le début du jour sur le village.

Thursday, July 29, 2010

Comme un lundi (45)

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Chez mon père.

Comme un lundi (44)

...10 minutes de sommeil, dans le taxi entre Roissy et Paris XVe. 10 minutes coincées au beau milieu de 30 heures les yeux ouverts. Un record, en ce qui le concerne. Nuit blanche dans l'avion, suivie d'une journée pleine à Paris. Arrivé à 29 heures sans dormir, il a commencé à être quelque peu désorienté, comme ivre, à la limite du délire. Passant sans rien comprendre du rire aux larmes, affamé sans pouvoir manger. Il a fallu le coucher presque de force et quand enfin il s'est effondré il n'a pas bougé pendant 13 heures. Cet enfant a quelque chose d'excessif...

Re-connectée

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Après moultes péripéties informatiques, caprices de mon ordinateur, défaillance des réseaux internet, lâches défections des chargeurs mac et une rondelette somme d'euros déboursés pour trouver une solution, me revoilà sur le www! Pas peu fière d'y être arrivée, même si j'y ai laissé le budget réservé aux achats parisiens (= pas de shopping cette année) (de toute façon, les soldes sont finies) (et je n'ai trouvé qu'un pantalon et une chemise, trois fois rien) (je les ai achetés, d'ailleurs, juste avant la carte 3G qui m'a coûté un bras et deux jours avant le chargeur pour lequel j'ai laissé un oeil). Hello there, I am baaack! Et contente de retrouver mon petit coin internautique.

Re-connectée, donc. Avec mon pays, ma ville, ma langue, ma culture, ma famille, mes amis (les anciens et les nouvellement croisé(e)s en chair et en os). Ma facilité à me reglisser dans mes vieux vêtements m'étonne et m'émerveille. Deux ans: ce n'est rien. Tout est toujours en place, à quelques ronds dans l'eau près, quelques vaguelettes, des traces sur les visages, des enfants grandis - je me mets dos à dos contre la fille de ma cousine, 13 ans, dans quelques mois tu me dépasses! -, des pierres déplacées. Mais les intonations sont les mêmes, les regards identiques, je vous retrouve, je n'ai même pas besoin de vous reconnaître, vous êtes là de tout temps avec moi, en moi, partie de moi.

Mes enfants ont plus de mal. Ils ne sont plus habitués à cette large et bruyante famille, se courroucent de devoir bisouiller tout le monde ("Encore il faut les embrasser!"). Ils se perdent dans les cousinages et baissent la tête quand on s'approche d'eux. Dudie se contente de ne pas sourire, comptant sur son visage de marbre pour rafraîchir les tentatives intempestives de familiarité, mais Paolo a parfois des débordements de mauvaise humeur sans tact. Il me faut, inlassablement, reprendre les règles de la vie en bonne entente avec l'entourage. Je me rends compte que ces enfants "sauvages" (dixit ma mère, qui n'hésite pas à les secouer) vivent trop isolés et que leur savoir en matière de relations sociales est des plus limité. C'est l'été de leur apprentissage. Ils renouent avec la vie en communauté, tant mieux pour eux, même si c'est loin d'être évident.

Allez, j'ai encore quelques semaines en France, je reviendrai. J'ai deux lundis en retard, je m'y mets tout de suite.

Hope you are all well!

Sunday, July 18, 2010

Je pars

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Je pars dans quelques heures. Les valises ne sont pas prêtes (pas même commencées), les lessives pas terminées, la maison est un désastre.
Je pars et je n'ai jamais eu autant envie et autant peur de partir. Peur non pas de ce que je vais trouver, mais de ce que je laisse ici. L'angoisse me noue tellement les serpents que j'ai dans le ventre que je n'arrive plus guère à manger.

Je laisse derrière moi une année des plus difficiles. Je laisse derrière moi la perspective d'un retour épouvantable. Je pars en me disant que je n'arriverai pas à revenir. Et si je ne revenais pas?

Et puis je pense à ce qui m'attend, là-bas, en France, et je me calme. On y arrivera, tu verras. Je trouverai bien moyen de dénouer les noeuds, non?

Je vous dis à bientôt, à je ne sais quand. Demain, je serai à Paris - ça me semble impossible, et pourtant... Demain, je retrouverai un vieux moi que j'ai laissé rue Saint Charles, comme un vieux pull qu'on renfile avec plaisir après des années d'oubli dans une maison éloignée. Il me va encore, même s'il est un peu rapé et poussiéreux.

Bel été à vous!

Tuesday, July 13, 2010

Le baiser

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(Photo AP)

La coupe du monde de foot 2010 est finie. J'ai fini par m'y intéresser sur la fin - le début a été noyé pour moi dans les bouclages de fin d'année scolaire et les marécages dangereux de ma vie personnelle, mais en revenant du New Hampshire, j'ai un peu suivi à la radio le match USA-Ghana. J'ai retrouvé un peu de la fièvre qui me prend tous les 4 ans depuis 1982, l'année où mes parents se sont décidés à acheter une télé, juste pour regarder le Mundial. On avait fait suivre la petite télé portative à Port-la-Nouvelle, où les matchs étaient regardés assidûment par un large contingent familial (moins deux ou trois qui regardaient le Tour de France dans la pièce d'à côté). Au moins dix d'entre nous groupés serrés autour de la petite télé, criant en même temps que tout l'immeuble Eldorado. Je me souviens surtout de la demi-finale contre l'Allemagne (la RFA, en fait), et du gardien de but (infamous Schumacher) qui avait méchamment séché Battiston et n'avait même pas récolté un carton rouge. Quel match!

En 1998, Dudie dans son petit transat regardait ses parents regarder la télé. Je ne voulais pas qu'à deux mois il devienne accro au petit écran, alors il tournait le dos à la lucarne et nous observait patiemment nous enflammer, sursautant de temps en temps quand nous nous mettions à hurler sans prévenir. La nuit de la victoire, nous n'avions presque pas dormi, la rue Saint Charles résonnant jusqu'à l'aube des klaxons des gens heureux.

Cette année, Dudie était avec moi le plus accro à la coupe du monde. Malgré l'absence de télé chez nous, nous nous sommes débrouillés pour voir presque tous les derniers matchs, depuis les quarts de finale - entre les retransmissions sur internet et les copains généreux qui nous ont ouvert leur porte ... Bien sûr, après la débacle française, Dudie s'est déclaré pour l'Argentine (à cause de son héros Messi) et pour l'Espagne (8 joueurs du Barça étaient sélectionnés dans l'équipe nationale!) Nous avons donc suivi avec passion le cheminement de la Roja, et dimanche nous avons fêté leur victoire, après un match plutôt décevant, beaucoup trop physique - festival de cartons jaunes, et une bonne occasion de sortir un rouge, qui est pourtant resté dans la poche de l'arbitre. Ces visages et ces noms qui ne me disaient rien il y a deux semaines me sont maintenant familiers. Un étrange attachement à ces joueurs qui ont tous des bonnes têtes, de beaux sourires, un bel esprit d'équipe et une magnifique présence sur le terrain.

Et puis ... l'image qui restera peut-être de cette coupe du monde, c'est celle d'un baiser. Je l'avais vu, et Pablo l'a rappelée chez Samantdi. Je sais que tout le monde l'a vu, que beaucoup en parle. Je me suis demandé pourquoi il me touchait tant, ce baiser, pourquoi je l'ai regardé plusieurs fois en boucle avec émotion (midinette, moi?)

Je crois que j'ai trouvé.
C'est un baiser qui veut dire: Je sais que cette situation est fausse, mais ça m'est égal.
C'est un baiser qui veut dire: Je n'ai pas envie de répondre à tes questions, mais je t'aime et je te remercie.
C'est un baiser qui veut dire: L'essentiel est ailleurs.
C'est un baiser qui montre une grande tendresse, dans un moment de grande émotion.
C'est un baiser qui ne se pose pas au hasard, parce que celui qui le donne connaît exactement la courbe des épaules que son bras entoure, la forme des lèvres qui le reçoivent, l'inclinaison du visage vers lequel il se penche. C'est un baiser qui dit qu'il n'est ni le premier, ni le dernier.
C'est un baiser qui est reçu et rendu par celle qui ne s'y attendait pas, mais le reconnaît tout de suite, sans réfléchir.
C'est un baiser qui est suivi d'un autre, sur la tempe, dans une étreinte émouvante.
C'est le contraire d'un baiser de cinéma. C'est un baiser qui me remue. C'est un baiser qui donne envie d'aimer / d'être aimé.

Monday, July 12, 2010

Comme un lundi (43)

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Else en transit entre le Canada et le New Hampshire m'a invitée au restaurant. Le serveur, juste rentré du Tennessee - le malheureux - m'a serrée dans ses bras.
Je pars bientôt, dans moins d'une semaine. Mon impatience croît avec la diminution du nombre de jours qui me séparent de la France. Je crois voir partout des paysages familiers, des arbres connus, des horizons ariégeois. Il est temps que je prenne l'avion.

Je vais sans doute interrompre mes Comme un lundiS, mes étapes en France ne m'offrant sans doute pas les connexions adéquates. J'essaierai, quand même.

[Pour Christie, que je verrai peut-être à Paris dans une semaine: au bas de la photo, un rhum arrangé à l'ananas. Que je goûterai la prochaine fois...]

[Cliquez sur la photo pour voir en plus grand]

Wednesday, July 07, 2010

Canicule

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Le thé refroidi que j'avais laissé dans ma voiture était à nouveau très chaud quand je suis revenue. Je n'ai pas encore essayé de faire frire un oeuf sur le capot, mais je devrais tenter.

Le chocolat fond au fin fond de mes placards. TOUTES les plaquettes de chocolat (à cuire, 70%, au earl grey, aux pépites de cacao), même les mieux planquées. Frigo pour tout le monde?

Je mets des glaçons dans mon vin.

Les places de parking à l'ombre s'arrachent. Je ne suis jamais la première sur le coup (et quand je reviens dans ma voiture, je dois conduire sans les mains, parce que le volant est brûlant).

Je suis à l'école tous les matins, sauf quand je donne des cours particuliers (3 fois par semaine); je suis donc à l'école deux matins par semaine et je bosse, je bosse. Pas de repos pour les braves. C'est toi qui as voulu être calife à la place du calife, non? Eh ben voilà, maintenant ne viens pas te plaindre.

La panne d'internet m'a réappris à petit déjeuner avec mon fiston. Et m'a obligée à aller travailler à la bibli l'après-midi, damned.

Les ventilateurs aident un peu, mais quand même, c'est la nuit que la chaleur moite est la moins supportable. Peu de sommeil et quête sans cesse recommencée de l'endroit le plus frais du lit. Le coin en haut à droite?

La piscine est le meilleur argument qu'a trouvé l'école pour retenir ses profs. Gel des salaires? Pff! Qu'importe! On a la piscine!!!

Tuesday, July 06, 2010

Comme un lundi (42)

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Il fait chaud. 37° - Rien d'autre à faire que plonger, plonger et replonger dans l'eau.

J'ai entendu ce matin à la radio un homme de Newark (NJ), interviewé sur la vague de chaleur du moment: "I pity those poor people who don't have air-conditioning!" Et j'ai pensé: That's us!! Mais avec des ventilateurs dans toutes les pièces (nous venons d'investir dans des appareils qui "oscillent"), une bonne résistance à la chaleur et des après-midis entiers dans l'eau, on arrive à survivre.

[Plus d'internet à la maison... Mon lundi arrive encore un mardi!]