
Les merveilleux, les fièvreux, les épuisants jours avant Noël... La frénésie, la fatigue, la tension entre l'urgence de tout finir et l'envie de se poser, on est en vacances après tout. Et toujours, chevillé au corps parce que le souvenir (embelli) des Noëls de mon enfance fait partie de moi, la désir d'une belle fête. En rajouter à la dernière minute, des folies, un livre de plus, des oeufs de saumon qui m'ont coûté un bras, un petit jouet fragile et sophistiqué pour les chaussettes (c'est la première fois que je cède à la tradition des "
stockings").
Et puis la décompression (comment dit-on "
anti-climax" en français?) du 26 décembre (aujourd'hui).
(1)
Le dernier jour d'école. La tempête prévue n'a toujours pas eu lieu quand nous partons pour l'école. A 9 heures, d'épais flocons commencent à danser dans le ciel blanc. Contraste entre l'effervescence à l'intérieur et la quiétude cotonneuse qui s'installe dehors. C'est le jour de l'année scolaire que je préfère. Les élèves sont sur leur 31 (pas de leur plein gré: c'est un "dress-up day" obligatoire), ils essaient de me convaincre, classe après classe, de faire des jeux ("
En français, madame!") au lieu d'une leçon de grammaire (jusqu'au dernier moment, je leur fais croire qu'elle aura lieu, mais à vrai dire je n'ai rien préparé pour ce jour-là...) Même avec ma classe de littérature, j'ai allégé le programme: je les fais lire, ou plutôt "jouer"
Le Cid, au lieu de nous lancer dans l'explication de texte du jour.
Cette année, j'ai innové: j'ai emmené ma classe de Français 3 chanter "Vive le vent" à travers l'école. Un des élèves nous accompagnait au violon. Nous avons interrompu des classes, nous avons créé l'événement dans la cafétéria, nous avons réjoui les secrétaires dans les couloirs de l'administration, nous avons distribué des sucres d'orge sur notre passage et répandu partout l'esprit de fête. Je suis fière de mon projet (une semaine de répétition pour mémoriser les paroles, aussi bien avec mes Français 1 que mes Français 3), fière de leur bonne volonté et de leur participation, chapeaux du Père Noël sur la tête!
Cette année, j'ai réussi à voir tout ou partie des 3 concerts: celui de l'école primaire, dans lequel mon Paolo était un petit arabe. ["
Diversity" est le buzz word du moment, et le
Holiday Concert reflète le désir de n'offenser personne: on célébre donc toutes les traditions, Noël, Kwanzaa, Hannukah, Diwali, le Nouvel An chinois, l'Aid (je crois que je n'ai rien oublié).] Le concert du collège, dans lequel mon Dudie, arborant une fois de plus son costume (toujours aussi à l'aise), a chanté en anglais et en hébreu, avec le plus grand sérieux du monde. Et le traditionnel "
Candelight Concert" du lycée, toujours aussi beau et émouvant (nous avons des chanteurs et des musiciens de grand talent).


Mon moment préféré, celui qui me met les larmes au bord des cils à chaque fois, c'est lorsque les 3e et les 4e (CE2 et CM1) chantent "
White Christmas", accompagnant leurs chants des paroles en langue des signes. L'année dernière, lorsque Dudie faisait partie des chanteurs, j'étais transie d'émotion. Je sais, je suis beaucoup trop sentimentale. Mais c'est vraiment magnifique.
A 3 heures, l'école déborde d'agitation, les parents envahissent les couloirs, les élèves courent dans tous les sens, certains viennent m'offrir de petits cadeaux, des cartes, des
hugs, on essaie de tout boucler avant de partir pour deux semaines. Trop de chocolat, sugar buzz, émoi de la neige qui continue de tomber. Nous rentrons (prudemment, sur les routes gelées et sans grande visibilité) épuisés. C'est le début des vacances. Nous allons nous coucher tôt.