Monday, June 25, 2012

Since October (2)

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Avril - L'entrée brutale dans l'adolescence agressive et contestataire (on ne dirait pas, à le voir...).  Mon garçon, mon premier né, a commencé à se raser.  Il ne laissera pas grandir l'ombrette de moustache sur son beau visage.  J'encaisse le passage à l'étape suivante.


Avril - De passage à New York.  Avec qui?  J'y suis allée cette année plus souvent que les précédentes.  Chaque fois une nouvelle rencontre. 
En automne: Christie et Nicolas, mon Correspondant.
En hiver: Myosotis, les copines d'ici, mon père.
Au printemps: Milky, ma cousine, mon ancienne élève danseuse. 
C'est l'été, il est temps que j'y retourne.
(Je crois que ces photos ont été prises le jour où j'ai rencontré Milky en coup de vent, entre un workshop et un retour précipité dans le New Jersey pour arriver avant la fermeture du bureau de vote - premier tour des présidentielles.  On a quand même eu le temps de discuter boutique, éducation nationale et enseignement dans le cadre privilégié d'une école privée américaine).

 Mai - Visite de ma cousine.  Balade avec l'Architecte dans L'ville. 


 Juin - Insomnies et exacerbation des tensions entre frères.  Le plus jeune préfère dormir sur le canapé.

Juin - Drôle de photo (ratée) du jour de "graduation" de l'aîné. On entrevoit son beau costume, sa fleur à la boutonnière, mais il préfère montrer ses chaussettes en tire-bouchon et cacher sa mauvaise humeur derrière ses genoux repliés.  Photo prise par son frère, dans mon bureau, alors qu'ils m'attendaient tous deux (je suis arrivée juste à temps pour éviter le pugilat).

C'est la dernière du rouleau.  J'aurais aimé finir sur mieux.  Peut-être demain m'offrira-t-il un meilleur angle, une meilleure perspective?  J'ai l'optimisme chevillé au corps, je continue à y croire.

Since October (1)

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J'avais perdu le cordon de mon vieil appareil photo.  Je viens de le retrouver, exactement là où il aurait dû se trouver - encore un coup de ces objets apparaissant-disparaissant qui me jouent des tours (just checking if you were paying attention).
90 photos - depuis octobre.  Pas les plus importantes, j'ai le nouvel appareil pour celles-là, mais celles, en marge, que je prends quand je n'ai sous la main que le petit qui traîne dans mon sac.  Retour en arrière sur quelques mois durant lesquels ma vie a pris des tournants abrupts (non, en fait: durant lesquels j'ai fait basculer ma vie et celle de ceux qui m'entourent de manière abrupte.  Pas de regret, mais pas sûr qu'un jour je me pardonne).



Octobre - Dans le jardin de cette maison qui n'est plus la nôtre.  Leurs longs et mystérieux jeux-conciliabules. 
Il n'est pas dit que je puisse leur montrer ces photos sans qu'ils se mettent à pleurer. Je m'abstiendrai, pour le moment.

Un matin d'automne de ma fenêtre - mon ancienne fenêtre.

Décembre - Où?  Des lumières dans l'obscurité du mois le plus sombre.  Je ne les situe plus.

Avril - Après le déménagement et tous les bouleversements.  Sur le chemin de l'école, nous traversons le playground des petits.

 Avril - Premières glaces.

Avril - Paolo, transformé, joue les stars.  Il ramène de bonnes joues de son séjour en France (ma mère est une excellente cuisinière...).  Il a temporairement laissé tomber les attaques, l'agressivité, la colère et retrouvé le sourire.


Avril - Ces mois si difficiles ont été ceux du renforcement de mon amitié avec l'Architecte.  Il a pris la place qu'Else a délaissée.  Il est devenu, depuis l'été dernier, mon confident (presque le seul qui soit au courant de mon aventure avec le Correspondant - et je n'oublierai pas sa réaction à l'annonce de "It's over, you know."  Il a posé sa main sur mon bras, il m'a regardée bien en face et il m'a dit: "It didn't work out.  It didn't work out, but it doesn't mean he is not a good guy.  Remember that.  You had that."  J'ai acquiescé.  Et nous n'en avons plus reparlé.)
Nos déjeuners du samedi dans "notre" restau.  Nos verres du vendredi soir chez Térésa.  Il m'a aidée à traverser ces temps durs.  J'ai été là pour lui, aussi.

(A suivre...)





Friday, June 22, 2012

Le 21 juin

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Hier, j'ai écrit un billet un peu insignifiant sur les légumes (mais j'aimais vraiment les photos).  J'ai tourné et retourné, effacé et réécrit, sans parvenir à dire ce que je voulais dire.
Ce matin d'insomnie, alors que je me tournais et retournais dans mon lit d'inconfort, j'ai finalement reconnu mon échec.  Et compris pourquoi je ne pouvais écrire, ce que je ne pouvais écrire, hier.

Le 21 juin, c'était le quinzième anniversaire de notre mariage.  Et probablement le dernier.  Comme celui de mes parents, mon mariage aura duré quinze ans. 
Une sorte de lenteur, de lourdeur au creux du ventre.  De regrets, non, je n'en ai pas.  De la nostalgie, oui.  Mais ce qui est passé ne reviendra pas, jamais.  La douleur de l'échec, notre vie qui se défait.  Mais de regrets, non.  Qu'il est difficile d'avancer.  Mais impossible, et inenvisageable, de revernir en arrière. 
L'année dernière, encore sous le même toit, nous avions tenté de ne pas nous souvenir de la date.  l'année d'avant, j'avais fui, très loin, cette semaine-là.  Et l'avais payé à mon retour.  Il y a trois ans, il y a cinq ans, nous avions fait la fête - j'avais voulu une fête.  Dans une autre vie?

Thursday, June 21, 2012

Jardin

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 Dimanche, j'ai emmené les garçons arroser le jardin potager (bio) de l'école. 
Depuis quatre ans, les élèves plantent, récoltent, étudient le cycle des légumes, gratouillent la terre, goûtent "leurs" carottes encore terreuses.  Nous mangeons régulièrement à la cantine des pâtes au pistou maison (basilic du jardin), des salades du jardin et des cakes aux courgettes du jardin (il y a aussi des betteraves, mais avant que vous me fassiez approcher d'une betterave...).  C'est peu dire que nous en sommes fiers, de notre "organic garden"!
L'été, des volontaires vont arroser et arracher les mauvaises herbes (pas mon fort, les mauvaises herbes!), et les profs peuvent aller se servir des légumes (avec modération, il faut partager).  Nous sommes donc revenus avec carottes, petits pois, haricots verts et courgettes bicolores.  Paolo a fait un massacre chez les carottes, arrachant à tout va et jetant celles qui n'étaient pas assez grosses à son goût.  Je suis passée derrière pour récupérer les bébés carottes (pas sur la photo).  Je l'ai maudit, c'est la galère de peler des carottes de 2 ou 3 cm - mais je n'allais tout de même pas les gâcher (j'en ai fait de la purée).

C'est une chance, un privilège, de pouvoir jardiner à l'école, de pouvoir manger les légumes qu'on a cueillis soi même après les avoir vu grandir.
Je n'aime pas les petits pois.  Mais quand ils sont tout frais, crus ou à peine blanchis...  Je m'en régale. 
Bon, si je m'entraînais au tir à l'arc, je pourrais faire un civet (nos nouveaux voisins se reproduisent comme ... des lapins), et nous pourrions presque vivre en autarcie.  Non, je rigole, j'ai aidé une fois une de mes tantes à "déshabiller" un lapin, on ne m'y reprendra jamais!


Monday, June 18, 2012

Burn out

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L'année scolaire est finie.  Ces dernières semaines ont été épuisantes, stressantes, elles m'ont vidée.  Je n'arrive plus à travailler, je n'arrive plus à accomplir la moindre des tâches qui m'attendent et deviennent urgentes au fur et à mesure que le temps passe sans que je ne m'y attaque.  Il faut que je retrouve l'énergie de boucler l'année, mais je n'y arrive pas, je n'y arrive pas.  Tant à faire.
Je ne sais toujours pas si je pourrai rester l'année prochaine dans cet appartement qui ne devait être qu'une solution temporaire, mais qui finalement nous convient bien, même s'il est tout petit.  Je ne me vois pas déménager, maintenant. 
La paperasse s'amoncelle.  Juste faire le tour de tout ce que je dois faire me serre le cœur.  J'aurais tant besoin que quelqu'un s'assoie à côté de moi, m'accompagne pas à pas dans le défrichage.
La fatigue physique qui me plombe ne semble pas s'estomper, même si je recommence à dormir normalement.  La semaine dernière, une série de petites nuits et de journées non-stop m'a mise sur les genoux.  J'ai fini les bulletins vendredi.  Et depuis, j'essaie de reprendre le collier - en vain. 

L'été est là, juste là.  Je l'attendais pourtant depuis tellement longtemps.