Monday, April 30, 2007

Lundi 30 avril: Où est passé mon week-end?

J'ai passé presque tout mon week-end à bosser. Samedi après-midi, pause de deux heures: nous avons amené les garçons à une fête de rue. Barbapapa, hot-dogs, ballons, musique et tutti quanti. C'est là que nous nous sommes rendu compte que nous avions vraiment besoin de souffler. Nous avons derrière nous des mois de stress, sans relâche. C'est bon, un peu de légereté, de flânerie dans les rues printanières ...


Et puis je me suis remise au boulot. Mes élèves passent leur exam dans 10 jours, alors nous travaillons intensément. Hier après-midi, séance de "révision" (en fait, nous finissons le programme...), jusqu'à 7 heures du soir. Et je viens de me rendre compte que j'ai programmé la dernière séance de révision dimanche prochain, juste pendant les résultats de la présidentielle, aarrgghh. Il va falloir jouer serrer pour ne pas laisser tomber mes chers élèves (motivés, bosseurs, décidés à percer les mystères de la littérature française), et en même temps vivre l'Histoire en direct (quoiqu'à distance)!

Tuesday, April 24, 2007

Ce que j'aime


Dans la vie vraie, il y a tellement de choses qui m'enchantent ...

J'aime (dans le désordre)

* Mon jardin minuscule;


* Les oeufs à la coque;


* Mes amours. Et la mer ...


* Mon pays;

(liste non exhaustive. A suivre ...)

Monday, April 23, 2007

What is this place we call home?

Au terme du petit jeu "quelques milliers de dollars en plus", "quelques milliers en moins", valse un deux trois, un deux trois, un pas vers toi, deux pas vers moi, la propriétaire de la petite maison sur laquelle nous avons jeté notre dévolu a fini par accepter notre offre.
Bien sûr, nous devrions pousser des grands cris de joie et préparer nos cartons. Il n'en est rien. Nous sommes en fait encore plus inquiets qu'avant.

D'abord parce qu'avant que la vente se fasse, il faut que la maison et surtout la fosse sceptique soient inspectées. Et ensuite, il faut négocier avec la proprio toutes les petites réparations (voire le remplacement de la fosse sceptique, qui a plus de 50 ans, ce qui reviendrait à ... très très très cher). Il est évident que si elle refuse de payer au moins une partie des travaux, nous annulons le contrat ... Alors, rien n'est encore joué, loin s'en faut.

Et puis ... Et puis brusquement la réalité vient nous frapper en pleine face. Nous nous engageons dans une aventure à long terme, et toutes mes hésitations me reviennent. Il nous faudra 30 ans avant d'avoir payé cette maison. J'aurai 65 ans et lui 73 quand la maison sera à nous, vraiment à nous (somehow, je doute que nous y soyons encore à ce moment-là ...)

De quoi serons faites nos années dans cette maison? Nous cherchons une carapace pour nicher, mais nous ne savons même pas si le corps de notre famille ne se défaira pas. Nous ne savons pas combien de temps notre couple durera. Nous ne savons pas si nous garderons nos jobs. Nous ne savons pas si nous aurons un autre enfant (pas à l'ordre du jour, semble-t-il). Nous ne savons dans quel sens pousseront nos garçons.
Cet amoncellement d'incertitudes n'est pas trop lourd à porter quand on peut décider, presque du jour au lendemain, de ramasser ses affaires et changer d'endroit. Pick up and go: la légereté du locataire. Maintenant tout pèse, nous nous chevillons à un petit coin de terre. A nous d'y faire pousser nos fleurs et d'y enterrer nos chagrins, à nous d'y ramasser des fruits et d'allumer nos lumières dans la nuit.
Mais, encore une fois, rien n'est joué. Elle n'est pas encore à nous, cette maison.

[Hier soir, au terme d'une grosse dispute orageuse, j'ai déménagé mes copies vers mon petit bureau (débarrassé vite fait bien fait de son bazar, ziiooouuu, tout par terre). En manque d'inspiration, je regardais vaguement l'amoncellement sur les étagères devant moi, et puis j'ai commencé à attraper et relire de vieux carnets. Des bribes de rancoeur, des fragments de colère, des reproches, des larmes, des moments de doute: rien pour me rassurer. Il ne semble que je n'écrive de notre histoire que les crises - et elles ne sont pas rares. Maintenant, je ne sais que faire de ce passé qui a resurgit de sa poussière - les dernières années à Paris, si difficiles, les dissensions profondes, les blessures - et qui pèse terriblement. Ce matin, je n'ai pas l'energie de soulever à moi seule un pan de notre vie à construire.]

Sunday, April 22, 2007

Dimanche 22 avril: Votez!!!


Un petit billet politique. Une fois n'est pas coutume. Un mot, un seul: VOTEZ!

J'y suis allée hier, avec Cécile, ma copine française (la seule ici ...) Il y avait un drapeau français devant la porte, et on nous a prévenues qu'à l'intérieur, nous étions en territoire français. De fait, cela ressemblait vraiment à l'école élémentaire où j'avais l'habitude de glisser mes bulletins de vote, dans le 15e.

Il faisait beau, vraiment très beau, enfin le printemps (arrivé ici il y a deux jours seulement. Oui, je sais, à Paris cela fait des semaines, ça va, ça va!)

Bon vote!

[Photo d'avril l'année dernière. Elles se font attendre, cette année, les belles en robe de soie rose...]

Thursday, April 19, 2007

Du bonheur d'avoir des fils (et pas des filles)

Ce que vous voyez là, c'est la porte de leur chambre. No kidding. Je n'ai pas hâte de les voir entrer dans l'adolescence ...

[Je n'arrive pas à comprendre la fascination des garçons pour capitaine culotte (existe-t-il seulement en France?) Plus je développe mon aversion pour ces livres, plus mes fils s'en entichent. Pour ceux qui connaissent, l'invitation au centre de l'image est directement tirée de là.]

Wednesday, April 18, 2007

Mercredi 18 avril: En suspens

Nous avons fait une offre, elle a fait une contre-offre (ridicule, elle a baissé son prix de 4000 $), nous avons répliqué, elle est arrivée presque (mais pas tout à fait) jusqu'à nous. Maintenant c'est à notre tour. C'est usant, ce petit jeu. La peste soit des tractations immobilières!
Je suis une loque, exaspérée de fatigue et d'attente, morcellée par toutes ces priorités.

Il faut, il faut ...

- acheter deux cadeaux pour le copain de Paolo et la copine du Grand A (l'Aîné), la saison des anniversaires a commencé (deux pour samedi prochain);
- passer l'aspirateur, briquer la salle de bains;
- me renseigner sur l'entretien et la longévité des fosses sceptiques (le genre de sujet qui me passionne);
- faire une lessive ou deux;
- faire réviser à Paul son interro d'orthographe (first et pas frist);
- travailler sur l'AP audit;
- contacter les parents d'une de mes "advisees";
- corriger, corriger, corriger, je n'en finirai jamais ...

Et pendant que je (ne) fais (pas) tout ce qui est sur ma liste, ma pensée est là-bas, pas très loin, dans une petite maison carrée avec un long jardin. Sera-t-elle, un jour, la mienne?

Monday, April 16, 2007

Tristesse

Il pleut sans discontinuer. Une pluie violente, bourrasques d'eau froide, vent glacé, ciel en deuil.

Ma mère a passé le week-end avec ses frères et soeurs, à ranger, à trier, à distribuer (une fois de plus) tout ce qui reste dans la maison de leurs grands-parents. Un siècle entassé là.
Ma grand-mère nous a quittés (ce n'est pas un cliché, c'est vraiment ce que je ressens: elle nous a laissés, désamparés) il y a presque deux ans, et ses sept enfants n'en finissent pas de se réunir pour entrer en désaccord. Cette fois, il est question de torchons qui ont disparu.
On s'en fout, des torchons, on s'en fout et contrefout, ce ne sont que des chiffons qui s'useront et disparaîtront! Mais qu'y a-t-il, caché dans les noeuds de ces torchons, qui vient sournoisement mettre à mal des années de bonne entente, des vacances partagées, des complicités établies?
Tout se délite, se défait. J'ai passé toute mon enfance entre oncles et tantes, mes cousines étaient mes soeurs, la famille mon refuge. Et voilà que tout fout le camp. L'aigreur, le ressentiment, la rancune règnent en maîtres. De maladresses en cachotteries, les relations se tendent. A coups d'e-mails revanchards, règlements de compte dans le cyber-space, ils se déchirent. Je suis sûre qu'ils ont pleuré hier soir. Tous, tous les sept enfants de ma grand-mère. Et pourtant, je ne pensais pas que ça pouvait nous arriver, à nous, si unis. Non, pas à nous.

Il n'est même pas question d'argent. Ce qui se paye ici, c'est autre chose.


Thursday, April 12, 2007

Quelque chose à dire


Je reviens de la gare. Je n'ai pas beaucoup de temps, pas beaucoup de patience non plus, ni pour moi, ni pour les pensées encombrantes qui se bousculent derrière mes fenêtres closes. Dehors, c'est encore l'hiver, tapissé de gris et hérissé de branches désolées. J'ai quelque chose dans la gorge, une poussière, un brin d'herbe, qui ne passe pas, ne part pas, m'irrite et me gêne.

Pourquoi ne pas simplement dire "Merci"? Elle m'a donné 10 jours de ses vacances pour garder mes enfants (et aussi des CD, des DVD, une boîte de foie gras, 2 paquets de tisane, une bouteille de Sainte-Croix du Mont, et j'en oublie sûrement encore. Sa valise était pleine de cadeaux pour moi et les garçons). Je ne sais pas, ne peux pas dire simplement merci à ma mère. Je dois avoir beaucoup à lui faire payer pour être ainsi paralysée dans ma reconnaissance. Elle a cuisiné toute la semaine, s'est occupée des garçons, nous a invités au restau, a passé l'aspirateur et fait plein de lessives. Et j'ai fait la tête, me suis plainte de ma fatigue, l'ai rembarrée plus d'une fois. Elle m'a reprochée d'être désagréable, et elle a eu raison. Je m'en veux, je regrette, mais pourquoi ne puis-je décrocher mon téléphone pour le lui dire?


Wednesday, April 11, 2007

Pas cotison




Une année, nous avons dû chercher les oeufs dans la neige. Ma cousine fouillait allègrement, moi je trouvais que ça faisait trop froid aux doigts. Nous en avons perdu plein, découverts tout délavés quelques jours plus tard, quand la neige a fondu.

Une autre année, nous avions décidé de faire des oeufs pour la petite. Facile: un coeur en caramel enrobé de chocolat. Nous avons tapissé la cuisine de ma tante de fils de sucre brûlé et de taches de chocolat grumeleux. Nos oeufs étaient immangeables, et pas vraiment regardables non plus. Notre petite cousine n'a même pas voulu y goûter.

Quand mon grand était petit - nous habitions rue Saint Charles - j'avais caché des oeufs dans l'appartement, un peu partout. Le concept ne l'a pas du tout intéressé. Il s'est emparé du premier oeuf qu'il a trouvé, s'est installé par terre pour le dépioter, l'a mangé, et s'en est allé jouer dans sa chambre, malgré mes encouragements à en dénicher d'autres.

Heureusement, maintenant, il se rattrape en manifestant beaucoup plus d'enthousiasme. Ce dimanche, il a fait rire tout le monde en hurlant "AN EGG!" chaque fois qu'il en trouvait un. Comme il en a trouvé 243 (il a compté), à la fin, ça devenait lassant ...

Tuesday, April 10, 2007

Je vieillis


Le premier, la veille de mon mariage (ha!), j'avais 25 ans.
Dix ans plus tard, je ne les compte plus, je les laisse tranquilles, ils ne me dérangent guère. Sauf que ... Soudainement, ils se précipitent, se dévoilent, s'exposent. Au point que mon père m'a fait remarquer, il y a trois semaines de cela: "Mais ..."
J'imagine que ça doit faire bizarre pour un père de remarquer que sa fille a des cheveux blancs.

Monday, April 09, 2007

Lundi 9 avril: En progrès (peut mieux faire)

Bon, ce n'est pas encore ça, mais - visiblement - j'ai fait des efforts!

Saturday, April 07, 2007

Samedi 7 avril: Work in progress

Mon bureau est inaccessible depuis belle lurette. Alors, j'en ai fait mon projet du week-end: ranger le bazar sur mon "espace de travail" (Yeah, right!, comme dirait l'homme de la maison dont j'ai investi le bureau pour une durée indéterminée)

Et aussi:
- Corriger les examens blancs de mes élèves de littérature;
- Commencer l'audit AP;
- Emmener le grand chez le coiffeur (il a une forêt vierge sur la tête, une masse inextricable de boucles qu'il refuse de sacrifier aux exigences de l'esthétique);
- Faire un gâteau au yaourt version myrtilles;
- Aller à la piscine;
- Ne plus me disputer avec ma mère;
- Préparer mes cours de la semaine prochaine.

Je n'y arriverai pas, surtout que j'ai une féroce envie de faire la sieste, là, tout de suite.


En faisant le vide, j'ai déterré des souvenirs , petits trésors minuscules que j'accumule et qui s'empoussièrent sous les strates de chosesurgentesàfaire.

Friday, April 06, 2007

Vendredi 6 avril: Avril en blanc

J'étais en classe quand ça a commencé. Un élève s'est écrié, puis un autre, mais j'ai rigolé: "Ce sont des pétales de fleurs emportées par le vent". Sébastien m'a fait remarqué: "Your petals dissolve when they touche the window ..."
Ils avaient raison. Neige d'avril, tourbillon de papillons très doux, décoration poudreuse d'un ciel à peine inquiet.
Quand je suis rentrée à la maison, c'était déjà fini. Les garçons sont sortis faire une démonstration de basket pour impressionner ma petite soeur et sa copine. Un brusque coup de vent et la neige a repris, une envolée zigzagante qui se prend dans les cheveux, un duvet impalpable qui flotte et se dissout avant même de toucher le sol.



Neige d'avril, une petite pointe d'humour du dieu des vents ...

Wednesday, April 04, 2007

Deux maisons

"Qui a deux femmes perd son âme
Qui a deux maisons perd la raison"
(Eric Rhomer, Les Nuits de la Pleine Lune)



Nous en avons tant visité. Nous avons comparé l'espace, la disposition, le jardin, l'emplacement, la rue, le village, l'équipement intérieur, la cheminée (indispensable, la cheminée, c'est une de nos exigences, avec le chauffage par radiateur, et non par soufflerie, comme dans la plupart des maisons récentes ici), la taille des chambres, l'humidité du sous-sol, les possibilités d'expansion, que sais-je encore ...
L'homme de la maison (de quelle maison?) est devenu un expert en fosses sceptiques, en contamination du sol, en législation sur les puits. Je suis incollable sur les horaires d'ouverture et de fermeture de toutes les écoles de la région, ainsi que le coût des programmes de garderie avant et après l'école.

Et finalement, finalement, deux maisons. L'une a tout, absolument tout ce que nous souhaitons (cheminée, radiateurs, quatre grandes chambres, beaucoup d'espace, un jardin, un sous-sol assez sain, et elle est raccordée à l'eau de ville et au tout-à-l'égoût).
L'autre, ah, l'autre n'a pas ce que nous voulions, mais voilà, nous sommes sous le charme. Ses chambres sont minuscules, il n'y a pratiquement aucun espace de rangement, la fosse sceptique est vieille et risque de nous lâcher n'importe quand (changer un système de fosse sceptique coûte une fortune et demie), il n'y a pas de cheminée. Et pourtant, nous y revenons sans cesse, c'est celle-là qui nous plaît, c'est celle-là avec tous ses défauts, plutôt que l'autre avec tous ses avantages.
Sommes-nous capricieux? (C'est ce que doit penser notre agent immonilier qui se démène avec tant de patience pour nous et était persuadée avoir trouvé la maison idéale pour nous. Et nous faisons la moue. Oui, elle est bien, mais ... elle ne nous plaît pas. Je comprendrais qu'elle nous envoie balader sur ce coup-là.)
Sommes-nous prêts à nous endetter à vie pour une charmante somme de problèmes, plutôt que pour un très banal ensemble de solutions?
Sommes-nous déraisonnables de nous laisser entraîner par notre instinct? Ma réponse penche plutôt vers le "oui", ces jours-ci, oui, nous sommes déraisonnables. Sauf que ... Sauf que nous sommes deux à l'être, sauf que nous allons tous les deux dans le même sens, sans même avoir besoin de nous convaincre l'un l'autre, sans même hésiter. Pour une fois, nous regardons dans la même direction. Est-ce à dire que la déraison est contagieuse, ou que notre "gut feeling" est le bon?