Sunday, January 31, 2010

Fin de semaine, de mois


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Cette semaine, j'ai fait cramer ma bouilloire. C'est la combientième, déjà? L'ordinateur sur les genoux, la tête ailleurs et l'envie d'aller me coucher, malgré le boulot à terminer: j'ai ignoré le plus longtemps possible l'odeur. Mais quand elle m'a rattrapée ... Ah, l'eau évaporée, le métal complètement noirci, la poignée déjà fondue. Il a fallu m'armer de courage pour attraper le truc avec une manique et jeter dehors sans cérémonie celle qui m'a fidèlement servie pendant de longs mois (années?). Depuis, en fait, que j'ai jeté ma bouilloire électrique en plastique, soupçonnée de diffusée des machins toxiques dans mon thé. La maison entière puait la bakélite carbonisée. Tout le monde dormait, alors j'ai ouvert en grand quelques fenêtres. - 12°, bien évidemment, dehors. Je m'en suis voulu. J'ai fait bouillir de l'eau pour la tisane dans une petite casserole, en me demandant comment j'allais expliquer le trépas de la bouilloire. Culpabilité et peur de me faire engueuler. J'oublie fréquemment les choses sur le feu, je sais, c'est dangereux.

J'ai acheté une nouvelle petite bouilloire rouge, toute mignonne. Pas le moment de dépenser de l'argent, mais que faire? J'ai choisi le petit modèle, histoire d'économiser quelques $. Elle ne verse pas très bien, ou alors je n'ai pas encore le coup de main, mais elle me plaît. Et elle a un sifflet, avantage dont était dépourvue l'ancienne, qui avait perdu cet attribut à un moment ou un autre de sa vie de bouilloire.

C'était une des péripéties de cette semaine - certainement pas la plus dramatique. Paolo est au centre de mes inquiétudes et de mes soucis.

Mardi : C'est ma faute, j'ai accepté avec enthousiaste l'idée d'un deuxième fundraiser pour Haïti. Voilà pourquoi, après avoir vendu des centaines de doughnuts la semaine dernière, je me retrouve à faire des centaines de gaufres. J'ai de la pâte à gaufre partout, sur mes vêtements, dans mes cheveux. Nous avons récolté près de mille dollars, entre les doughnuts et les gaufres.

Mercredi : plusieurs membres de mon département se foutent ouvertement de ma gueule - ou plutôt remettent en question mes décisions. Ras-le-bol de tous ces gens. C'est moi, la chef, ou bien? Bon, ils n'ont pas l'air convaincu. Peut-être que moi non plus.

Jeudi : jour de grand contraste, un voyage en Pennsylvanie qui s'est avéré épique (perdus à Norristown, pauvres de nous!), une conférence très très intéressante, qui m'a donné un élan et un renouveau d'envies, une école magnifique, dans laquelle je rêverais d'enseigner, un retour deux fois plus rapide qu'à l'aller et des conversations passionnantes avec mes deux collègues, et puis la mauvaise nouvelle de Paolo et ses conséquences.

Vendredi : il faut vivre avec. J'ai du mal, pour tout. Travailler m'est presque impossible. Heureusement, de l'aide, ça et là. Et puis, c'est le week-end, non? Paolo est trop enrhumé pour aller nager, alors il se balade avec moi dans les rues de Smalltown (il fait - 10°) (mais quand même, une limonade, Maman, avec une paille? S'il te plaît?). Je me brûle avec mon thé, et c'est presque réconfortant. Le soir, je me botte les fesses pour aller à l'anniversaire d'une - pas très proche - amie, et je fais bien. Me sortir de mon marasme, c'est toujours une bonne idée.

Samedi : trop traîné tout le matin, du coup à la bourre toute la journée. Je m'effondre à la fin - nous sommes attendus pour dîner, mais je me fais une sieste de 4 minutes. Et je m'en fous si j'encours le courroux de ceux qui n'ont pas couru comme moi toute la journée, du ménage à la patinoire, du supermarché aux lessives. La soirée, une fois que je suis à nouveau sur pied, est très réussie, malgré mon appréhension et l'ouverture des hostilités dans la voiture. Et puis, ça fait du bien de parler français pendant plusieurs heures d'affilée.

Dimanche, donc : encore ménage, encore courses, encore lessives, ça n'en finit donc jamais? C'est moi qui suis chargée de conduire Dudie au foot tous les dimanches, et nous y arrivons en retard, comme d'hab. Et puis, en vrac: longues conversations téléphoniques avec chacun de mes parents (!), gestion des crises et conflits entre les deux frères, tentative de raisonner l'aîné remonté contre le cadet et contre sa mère "Tu me punis toujours moi et tu lui laisses faire tout ce qu'il veut!" L'homme est le seul à jouer à la wii ce week-end, les privilèges des deux garçons ayant été révoqués pour divers égarements de conduite. Ils essaient de le regarder jouer, mais il les chasse invariablement.

Heureusement, pour mettre du baume sur mon coeur endolori, il y a la boîte de chocolat envoyée par mon père...

Monday, January 25, 2010

Comme un lundi (19)

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Il y a des matins difficiles, où tout va de travers. Des mauvais départs, des routes fourchues. Ce que je trimballe avec moi, mon bagage, me pèse alors plus que d'habitude.

Sunday, January 24, 2010

Up up up...

Avant de me laisser avoir par ma grande colère, mon empoisonneuse, j'avais donc passé une très bonne soirée. A commencer par ceci (que je recommande fortement) (même si vous n'êtes pas - comme je le suis - une fan de Clooney):



Vraiment, ça vaut le coup.
Et ici, une interview du réalisateur sur Fresh Air.

Edit: Je ne sais pourquoi, on ne peut pas voir l'image en entier... A moins de cliquer dessus pour ouvrir une autre fenêtre.

Colère

...Ma colère m'a empêchée de dormir. Réveillée à deux heures, je n'ai eu jusqu'au matin que des lambeaux de sommeil. La rage brûlant comme une fièvre. Et maintenant, la colère s'est installée au milieu de moi et commence à diffuser son poison. Je suis le cheminement de l'acide qui se repand en toile d'araignée.
Je n'en ai pas fini. Le pire reste à venir: la confrontation. Je pèse les causes de ma colère en regard avec le mal que me fera la discussion pour me vider le coeur. Et ne sais si ça vaut la peine, au fond.

Wednesday, January 20, 2010

Ce qui me touche

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Je trouve tellement difficile de parler ici de ce qui me touche - dans le monde, hors de ma petite sphère. Le syndrome d'imposture: quel besoin de rajouter ma voix à celles qui parlent déjà si bien.
Juste une liste, alors?
J'en oublie, je suis sûre.

La disparition d'Eric Rohmer.
Ma mère avait une véritable passion pour "Les Nuits de la pleine lune". Je ne sais combien de fois elle l'a regardé - et me l'a fait regardé - j'étais pourtant un peu jeune. De là est partie notre attachement à Eric Rohmer. Des croisements bizarres, entre son cinéma et ma vie. J'ai perdu le souvenir exact de la plupart de ces coïncidences répétées, mais il me reste la trace de leur effet sur moi. Et quelques faits épars: Melvil Poupaud dans "Conte d'été": mais il était dans le même lycée que moi. Une conversation sur Kant que j'avais l'impression d'avoir eue, et une jeune fille qui me rappelait tant Marie. Plus tard, rue d'Ulm: Rohmer y habitait-il, lui aussi? "Le rayon vert": souvenir de m'être tant ennuyée, et puis soudain, à la toute fin, un éblouissement qui rachète le long ennui. Je n'ai jamais voulu le revoir, par peur de ne pas retrouver le bonheur des dernières minutes.

Haïti
Ajouter la souffrance, l'épouvante et le désespoir à la misère la plus crue. Et continuer.
Me sentir tellement inutile, avec mes collectes de fournitures médicales et de t-shirts. Aujourd'hui, toute la journée passée à vendre des doughnuts pour rassembler $350. C'est toujours mieux que rien. Et si peu.

Victoire du candidat républicain dans le Massachussets
La réforme du système de santé menacée. Où je me repose la question: demander la nationalité américaine? Ce serait bien de pouvoir voter. Et pas seulement ça.

Tout ce qui me passe à côté, m'effleure à peine. J'ai du mal à suivre, en ce moment.

[Ah, typique! Pour une fois que je parle d'autre chose que de moi moi moi, qu'est-ce qui ressort, en italique, sous les titres évoquant le monde-comme-il-va: moi moi moi. Chassez le naturel...]

Monday, January 18, 2010

Comme un lundi (18)

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Suburbia, on a Monday afternoon, mid-winter.
Sortant d'un de ces blocs (le plus agréable que je connaisse) dans lequel on peut aller au cinéma, acheter une belle robe, faire encadrer une photo, acquérir un canapé, faire photographier ses enfants avec le Père Noël (en saison), dîner, faire le plein de livres, de jouets, de petites culottes, de casseroles ... J'en oublie? Moi, j'étais là pour faire vérifier mes yeux et acheter mon stock annuel de lentilles. J'y ai passé trop de temps.

Thursday, January 14, 2010

Résolutions

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Lire plus.

Être plus - être mieux - avec mes enfants.

Prendre soin de moi.

Monday, January 11, 2010

Comme un lundi (17)

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Après une longue (et pénible) réunion, je traverse l'école pour aller récupérer Paolo chez les petits. Classes désertées, calme relatif. Ici et là, par terre, sur un fauteuil, à une table, quelques élèves se penchent sur leurs devoirs. Musique derrière les portes fermées: répétition dans le théâtre. L'énergie se concentre dans les gymnases, qui éclatent de lumière dans la pénombre du soir déclinant. Volleyball, basketball, escrime. De l'autre côté de la cour, quelqu'un me salue de son fleuret.

Thursday, January 07, 2010

Fragile

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Comme du verre.
Depuis trois semaines, ces mots que l'on déterre. Qui me font souvent pleurer. Terrorized. Powerless. Je ne sais si je m'en sortirai.
Je reprends des forces, je regagne du terrain. Et puis je perds pied.

Aujourd'hui, une heure de libre, j'ai une pile de projets à corriger, la description des cours offerts l'année prochaine à peaufiner, quelques e-mails en retard... Et me voilà, presque malgré moi, en route vers la Lower School, la peur au ventre d'y découvrir mon Paolo dans le bureau du directeur. Pourquoi, quelle idée? Je ne sais. Je passe devant sa classe, les élèves sont tous autour de la maîtresse qui leur lit une histoire, mais je n'arrive pas à voir mon fils. Une petite fille lève la tête et me regarde, droit dans les yeux. Je ne peux m'attarder, je m'en vais, sans savoir si tout va bien, si la troisième journée d'école se déroule sans incident.
C'est terrible de vivre dans l'attente d'une catastrophe. Je suis sûre que c'est pareil pour lui.

En fait, il a passé une très bonne journée. De retour à la maison, je fais des gaufres chocolat-pépites de chocolat (pour le goûter), du boeuf braisé (pour le dîner), une lessive (pour ce pauvre panier à linge qui déborde), du rangement ... Je lis à l'un, puis je lis à l'autre, avant d'éteindre la lumière. Maintenant, je peux commencer à travailler (mais je suis si fatiguée).

Monday, January 04, 2010

Comme un lundi (16)

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La rentrée (pour les profs, parce que les élèves avaient une journée de rab'): réunions toute la journée.
Du coup, j'ai filé dès que j'ai pu m'échapper et j'ai emmené mes loulous au ciné, histoire de prolonger un peu les vacances. Fantastic Mister Fox, c'est vraiment bien. Et une tranche de pumpkin bread, pour adoucir la soirée "rangement des décorations de Noël", c'est pas mal non plus. Je laisse la moitié des guirlandes en plan, et je vais me coucher. Demain, les élèves...

Friday, January 01, 2010

Et je vous souhaite ...

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... une gourmande année 2010!

Nouvelle année, nouvelle décennie, prêts pour de nouvelles aventures?
Le mot-clé, cette année, sera "Strength". Que la force soit avec vous!

[Finalement, j'avais mis une robe. Et les garçons aussi s'étaient bien habillés, il ne faut pas croire la photo: ils n'ont mis leurs pyj que 5 minutes avant minuit...]