
Vendredi dernier, j'ai eu du mal à tirer les garçons du lit (comme d'habitude), mais je savais que, pour le reste du mois, j'avais en main le levier qui les éjecterait de leur couette rapido presto dès poltron minet.
- Vous savez quel jour nous sommes?
- Vendredi.
(même ensommeillé, le grand garde ses repères)
- Oui, mais pas n'importe quel vendredi ...
Il calcule vite.
- Oh, c'est le premier décembre ...
Il lui semble bien que cette date a quelque chose de spécial, mais il ne se souvient plus vraiment quoi. Il s'assied dans son lit.
- Qu'est-ce qu'on commence, le premier décembre?
- Ah, le calendrier en avance!!!

L'année dernière, nous avions fait notre calendrier de l'avent nous-mêmes.
[Ah, voilà, c'est donc comme cela que nous avions occupé nos vacances de Thanksgiving ... Ma mélancolie cette année, mon impression de n'avoir "rien fait", d'avoir trop trainé, vient certainement du fait que je n'avais pas de projet. L'année dernière, en plus du magnifique calendrier de l'avent auquel ils avaient participé tous les deux - découpages et collages, écriture des chiffres, je m'étais seule chargée du ressemblissage des pochons en papier - , nous avions trouvé le temps de faire des bonhommes en pain d'épices. Qu'ai-je fait de mon temps cette année?]
L'élaboration de ce calendrier fait maison (ça se voit, non, qu'il est fait maison?) nous avait occupés pendant un bon moment. Et, évidemment, il n'était pas tellement réutilisable après le 25 (pas très solide, tendance à tomber en morceaux ...) Après Noël, au détour d'une de nos très rares incursions dans un centre commercial (j'ai une aversion tenace pour les malls et leur odeur de graillon), j'ai trouvé un calendrier de l'avent perpétuel, en soldes. Une merveille, le concentré de mes rêves de petite fille, entre la boîte aux trésors et la maison de poupée. Je n'ai pas résisté.

Les garçons l'ont découvert vendredi, ont ouvert la petite porte du 1 pour en sortir une mini-construction lego - un elfe assis sur un paquet cadeau. Joie, ravissement, construction. Puis, Paolo a commencé à tourner autour du calendrier en demandant ce qu'il y avait derrière les portes, surtout derrière la grande, celle du 25. J'ai averti: si vous ouvrez une porte qui n'est pas celle du jour, tout disparaîtra, c'est magique! Ils ont promis.
Quand j'étais en train de me brosser les dents, un oeil sur la montre - 4 minutes avant de sortir de la maison, 7 minutes avant l'arrivée du bus -, Paolo tout déconfit est venu me voir:
Il n'y a rien derrière la porte du 25. Rien. Ah. Je t'avais prévenu, si tu ouvres une porte en avance, tout disparaît. Paolo, désolé:
- Mais ça reviendra? Le bon jour, ça reviendra?
- Je ne crois pas. C'est magique, tu vois. Il ne faut pas contrarier la magie.
Le grand, furieux:
- Tu vois ce que tu as fait!
Je les ai rassurés: peut-être que, s'ils n'ouvraient aucune autre porte en avance, le cadeau du 25 reviendrait.
N'empêche, j'ai été inspirée de ne mettre qu'un cadeau à la fois. Maintenant, il va falloir que je me souvienne de mettre mes petits bidules chaque soir, avant d'aller me coucher. Parce que sinon, s'ils perdent foi en la magie, c'est moi qui suis perdue ...