Thursday, August 27, 2009

Sa carrière d'enfant

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Ils avaient construit ensemble une lego-civilisation. Une dispute a éclaté - rien de nouveau à cela - et l'aîné a décidé de récupérer tous les éléments de la civilisation qui lui appartenaient. Comme ils étaient nombreux, il a détruit une grande partie de la cité. Paolo pleure à grosses larmes et refuse d'être consolé. Il me montre une petite maison: "C'est la première que j'ai construite, et maintenant, maintenant ..." L'autre se défend, les legos sont à lui, il peut les reprendre quand il veut, et d'abord il en reste plein dans la chambre de son frère. Je le congédie sans ménagement.
Paolo, sur son lit, roulé en boule, à travers les larmes: "Ma carrière d'enfant est terminée!"

Je l'ai fait répéter trois fois, je voulais être sûre d'avoir bien entendu. Mais ce sont bien ses mots, qui me brisent le coeur.
Je lui demande d'expliquer. "Je voulais construire une civilisation, je voulais vraiment construire une civilisation, et maintenant, voilà ... Ma carrière d'enfant est terminée".

Une demi-heure plus tard, une miraculeuse réconciliation a eu lieu et Dudie a re-déménagé ses legos dans la chambre de son frère. Ensemble, ils construisent une civilisation encore plus belle et plus grande que la précédente.

Sunday, August 23, 2009

Raison, sentiments et MPP

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J'ai boudé pendant quelques jours.
Parce que.
Je ne suis pas allée à la plage le jour de mon anniversaire (la nouvelle voiture ayant besoin d'une réparation a eu la priorité).
Mes amis (même ma chère Else) m'ont oubliée - ainsi qu'une partie de ma famille. Seul mon Jeune Homme et une très chère blog-friend ont pensé à me souhaiter mes 38 ans - et vous qui me lisez!
Mes amis, quels amis?
Engueulade avec l'Homme. Où j'apprends - une fois de plus - que je suis paranoïaque (et je vous passe le reste) (Vous qui commencez à me connaître, vous imaginez bien les qualificatifs qui décrivent mon caractère). "Of course your feelings are true. What could be truer than one's own feelings? but you have to measure them, to compare them to REALITY. You have to realize they are not reasonable". Ah. Reality check. Damn it, je n'apprendrai jamais.
La rentrée approche et je panique. Normal. J'ai l'impression qu'on m'a volé mes vacances. Qui, comment? J'enrage de ne pas avoir fait ce que je voulais faire. Pourquoi?
Bref, je boude.
Et puis quand j'ai entendu parler de MPP, je me suis reconnue, et j'ai eu un peu honte. Pas trop, juste la petite piqure qui suffit à remettre les pendules à leur place.

Wednesday, August 19, 2009

38

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C'était mon anniversaire aujourd'hui.
Et j'ai décidé qu'il était temps que je renonce.
Entre autres, à espérer que le jour de mon anniversaire ressemble à ce que je voudrais.

Ma tête d'anniversaire...

Tuesday, August 18, 2009

De la difficulté à être avec ceux qu'on aime

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Cela fait quatre ans que j'attendais cette visite. Rien d'étonnant à ce qu'elle m'ait mise sens dessus-dessous. Mon père était venu nous voir à Memphis, la première année, et depuis il avait voyagé dans bien des pays, mais jamais vers chez nous. Il a enfin pris des billets, cet été - mais uniquement, je crois, parce que nous avions renoncé à aller en France.
J'étais tellement contente que je n'ai pas tout de suite ressenti la morsure de déception. C'est en parlant à Else de mon bonheur de les voir enfin venir chez moi que j'en ai pris conscience. "Si peu?" m'a-t-elle dit. Oui, deux jours chez nous, et trois jours à New York, ça fait peu. (Mais ils ont déjà passé deux semaines en Croatie et une semaine dans le sud, cet été. Nous arrivons en dernier dans leurs plans de vacances. C'est comme ça).

J'ai récuré ma maison de fond en combles. Jusqu'à ce que je ne fais jamais, d'habitude (épousseter les plinthes, balayer l'escalier de la cave). J'ai enfin remplacé les vieux stores en plastique tout pourris par des rideaux blancs, dans les salles de bain. J'ai harcelé l'Homme pour qu'il finisse d'accrocher les cadres dans toute la maison. J'ai dépensé une petite fortune en nourriture et vins. J'ai acheté des draps neufs pour notre lit - j'ai insisté pour leur laisser notre chambre avec la salle de bains.
J'en fais trop? Sans doute. Mon coeur se serre, à y penser. Je dois être un peu pathétique - encore faut-il qu'ils s'en aperçoivent.

Leur avion décolle dans un peu moins d'une heure. L'orage gronde (et je m'inquiète, bien sûr). L'Homme insiste: ça s'est bien passé. C'est vrai - en partie. Ils ont eu l'air content d'être ici, ont trouvé la maison vraiment bien, ont aimé Smalltown et Bonne Espérance (la ville où je travaille et le village où je vis). Nous avons fait le tour de Smalltown très rapidement - c'est charmant, mais très provincial, ont-ils dit. Je voulais les emmener voir le musée de l'université, mais ça sera pour une autre fois. Et puis, il faut dire que mes enfants se sont donné beaucoup de mal pour être le plus désagréables possible, refusant de venir se promener en ville, traînant les pieds, gémissant qu'ils avaient chaud, étaient fatigués, "Et pourquoi on est OBLIGÉS de venir avec vous?". Au restau, Paolo a piqué une crise, une belle, parce que la garniture de la pizza ne tenait pas sur la pâte. Il s'est mis à pleurer, a refusé de toucher à son assiette, a repoussé brutalement mes tentatives pour l'aider à découper la pizza récalcitrante. L'enfer. Mon père, à côté de lui, regardait le spectacle, Paolo at his worst. Cela m'a fait beaucoup de peine.

Le deuxième jour, ils ont voulu aller sur la côte. Bon, c'était samedi, il faisait plus de 35°, et après être restés coincés dans les embouteillages, il nous a été impossible de trouver une place de parking pour aller à la plage. Mais, c'était bien, quand même. Nous avons mangé de la langouste sur une terrasse couverte (la compagne de mon père se plaignant de la chaleur) et puis nous sommes partis dans une autre petite ville côtière, moins populaire, pour essayer d'accéder à l'océan. Bravant l'irritation de l'Homme, j'ai insisté pour que les enfants (et moi avec) aient au moins une heure sur la plage. Quand nous avons enfin pu nous garer, je les ai emmenés au bord de l'eau (zigzagant entre les New Jersiens, qui se faisaient rôtir, presque les uns sur les autres), pendant que les trois autres allaient prendre un café quelque part. L'eau était très bonne, nous nous sommes régalés.

Tout au long de ces deux jours, j'ai été prise dans un dilemne récurrent: passer du temps avec eux / ou préparer (le repas, la maison) pour eux. Le repas du samedi soir, que j'aurais tant aimé élaborer longuement, a été un peu assemblé à la va-vite. J'ai oublié de mettre du champagne au frais. Mais ... c'était bien, quand même.

C'est ce qu'on peut dire de leur séjour. C'était bien, quand même.

Je ne parle pas de dimanche soir, quand nous sommes allés les rejoindre à New York, pour un dîner dans un de mes restau préférés. Là, vraiment, ce n'était pas une réussite. c'est dommage que nous nous soyons quittés là-dessus.

Monday, August 17, 2009

Summer lunch: What we love

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Un déjeuner composé uniquement de restes - et des tomates d'un jardin ami (les propriétaires de notre chat de vacances sont en vadrouille. Je m'occupe du chat, j'arrose le jardin, et je mange les tomates!). Un déjeuner selon notre coeur (chacun son coeur).

Dans la famille gourmande, qui mange quoi?

Sunday, August 16, 2009

New Jersey Shore

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Presque Port-la-Nouvelle ...

Les langoustes en plus!

Wednesday, August 12, 2009

Encyclopédie

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Mon père arrive demain (5 heures de ménage, 3 heures de rangement, 4 heures - ! - de courses), et je sais déjà ce qu'il va me dire: "Mais fous-leur la paix!". Mon père contre mes principes d'éducation: une vieille histoire. Ce qui me fait un peu rigoler, c'est que je reproduis plus ou moins, avec mes enfants, la manière dont j'ai été élevée. Mais ses idées ont changé en 25 ans, et mon frère a eu un père radicalement différent du mien (c'est la même personne, pourtant).

Je sais déjà qu'il va se moquer de mon système de troc: deux pages de français contre une demi-heure de "screen time" (DS ou jeu sur l'ordinateur). Oui, c'est un affreux chantage. C'est aussi la seule manière que j'ai trouvée pour leur inculquer la grammaire, l'orthographe, la culture françaises. Sans récompense, aucune motivation: "Et pourquoi je dois faire deux fois plus de devoirs que les copains?" Bah oui, pourquoi, au fond?
Mais j'y tiens. Dudie absorbe comme une éponge: la formation des adverbes, la conjugaison du passé simple, la règle d'accord des participes passés (et s'empresse d'oublier, une fois finis les exercices). Paolo proteste, râle, se cabre, se fâche, jette son cahier, pleure un bon coup, récupère le cahier, complète la page, retrouve le sourire. C'est épuisant. Est-ce que ça vaut la peine?

Une après-midi, poussé par une envie frénétique d'essayer le nouveau jeu acheté par sa grand-mère, Dudie s'est lancé dans un marathon-cahier de vacances. Il galope. Et m'interroge sans cesse (il est sur l'unité des synonymes): "Qu'est-ce que ça veut dire 's'invectiver'? Et 'suppléant'? 'Tonitruant'?"
Au lieu de ménerver de ces interruptions incessantes (ou plutôt en plus de m'énerver...) (j'essaie de travailler, c'est déjà dur, une après-midi d'été), je le plante devant l'encyclopédie Larousse, achetée dans les années 80 à France Loisirs, 4 volumes par mois, et qui m'a accompagnée durant toutes mes études. Je ne sais pas pourquoi exactement nous l'avons transportée aux Etats-Unis, nous aurions pu économiser le poids des 25 volumes, un peu outdated, tout de même. Mais bon, elle est là, autant s'en servir.
Il proteste, il ne veut pas tourner les pages, et puis... Je l'observe, silencieux, feuilleter l'encyclopédie. Comme moi. Il s'arrête, de page en page, d'article en article, il picore. Chaque fois que je l'ouvrais, quelle que soit l'urgence de ma recherche, je finissais toujours par sautiller de mot en mot, absorbée, envoûtée par les mondes contenus entre les lignes des petits livres rouge foncé. Je ne pensais pas lui transmettre cette fascination-là. L'encyclopédie, mi-labyrinthe, mi-sirène, l'a séduit.

Friday, August 07, 2009

Répit?

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Bon, j'ai fini:

- Séminaires de formation professionnelle. Deux. (Maintenant, il faut essayer de me souvenir de ce que j'y ai appris et m'en servir l'année prochaine. Et les suivantes. Et celles d'après...)

- Visites de la belle-famille. Trois. Deux du beau-père, une (combinée) belle-mère et beau-frère. J'adore le frère de mon homme, mais j'ai du mal avec ma belle-mère. Heureusement, je travaillais la plupart du temps de son séjour, et ça ne s'est pas trop mal passé. Plutôt bien en fait. Et je regrette toujours de voir si peu cet homme que j'aime tellement.

- Leçons particulières. 4 semaines. J'ai quinze jours de battement avant le retour de mon élève. Je ne me plains pas: je l'aime bien, j'adore son frère (qui a été mon élève pendant 3 ans), je suis bien payée. Mais quand même, quinze jours sans obligations, rendez-vous, horaires ... c'est pas mal.

- Accrochages des cadres dans la maison. Seize. Terriblement difficile (choisir l'emplacement, remplacer les vieux sous-verre par des cadres un peu plus regardables). Et puis, se rendre compte que tout ce que nous avons à mettre sur les murs, ce sont des photos de nos enfants... Je ne sais pas, c'est déprimant. Nous sommes dans une période de misère (ah oui, c'est encore la crise, chez les petites gens de la middle class, même si à la radio on clame à corps et à cris le début du commencement de la reprise) et nous n'avons pas de quoi nous payer de belles affiches. Ou des meubles pour la plus belle pièce de la maison (toujours vide). Mais bon, nos enfants sur partout sur nos murs. Jamais, dans aucun des (nombreux) appartements que nous avons successivement occupés, je n'ai été gênée par cet étalage de "Nous". Maintenant, j'ai envie d'autre chose.

- Summer Camp! C'était aujourd'hui mon dernier jour de "French Immersion" pour les petits. Yeah! Bon, deux semaines, ce n'était pas non plus la fin du monde (certains de mes collègues travaillent depuis mi-juin...), mais me lever à 6 h et demie, passer plusieurs heures par jour à préparer la "classe" du lendemain, avoir en tête un programme, mettre en place les moyens de le réaliser, me confronter à la réalité du "public" en face de moi ... ça ressemble un peu trop à mon quotidien de l'année scolaire. Bien sûr, beaucoup de points positifs: les 7-9 ans, ça me change des lycéens. J'apprends à m'adapter, et j'acquiers une nouvelle flexiblité. J'emmagazine les idées pour mon cours de Français 1. Je m'exerce à la patience et je répète sans me lasser dix mille fois les jours de la semaine ou les nombres jusqu'à 20. J'ai reçu plein de hugs aujourd'hui, en remerciement de mes efforts, et ça m'a mis du baume au coeur. Je sais que mes petits campers se souviendront des crêpes que nous avons faites ensemble, de la chanson "La Famille Tortue", du film Le Roi et l'Oiseau (qu'ils ont regardé de bout en bout et bien compris), des croissants, brioches, baguettes du dernier jour, et de ma balle lumineuse...


Ce qu'il me reste à accomplir avant la fin de l'été:

- Visite de mon frère (demain) et de mon père (dans cinq jours).

- Préparation de l'année prochaine (plus beaucoup de temps, aaarrrhhgh!).

- Rangement de tous les placards de la maison.

- Installation de rideaux ou stores aux fenêtres (il faudrait d'abord les acheter. Mais la Banque de l'Amérique s'y oppose fermement - voir plus haut la misère de la middle class).

- Réparation de la vieille voiture. Ou achat d'une nouvelle. QUOI? Non, mais ça va pas? N'a-t-on pas dit que c'était la misère, chez les braves gens de la middle class? Ah oui, mais il faut bien aller travailler quand même. Comment faire? Dilemne. On tourne en rond: réparer la vieille voiture, qui tiendra ... combien de temps? Acheter une nouvelle. Réparer, acheter. Un nouvel emprunt? Impossible. Encore quelques centaines de $ pour maintenir tant bien que mal un truc roulant qui tombe en morceaux? Pas raisonnable. Alors?...

- Aménagement et agencement de mon nouveau bureau (à suivre ...)

- Retour à la piscine (miraculeusement réouverte aujourd'hui, après une semaine d'interruption pour cause de "traitement chimique" -?-), histoire de se muscler les fessiers et de présenter une photo de "femme en maillot de bain" sur ce blog. Sinon, je vais être obligée d'avoir recours à celles de l'année dernière, et ça, franchement, franchement, c'est la honte. Si je n'assume pas mes fessiers de 37 ans et trois quarts, qu'est-ce que ce sera à 38? Je frémis rien que d'y penser. Brrr.

Tuesday, August 04, 2009

Ce que m'apporte le WWW...

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... et je lui en suis très reconnaissante!

J'ai l'impression de ne pas avoir eu de vacances, cette année - pas seulement parce que nous ne sommes pas allés en France, mais aussi parce que je travaille tout le temps -, et tout d'un coup, les vacances sont arrivées à moi ... par la poste. Et, tout bêtement, ça m'a remplie de joie.
Merci, merci!