Friday, February 26, 2010

Another one!

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Ce matin, en ouvrant ma porte...

Nous l'attendions, l'espérions - avis de tempête, importantes chutes de neige, vents violents -, mais à 23h30 mercredi, les flocons légers, poudreux, qui ne se posaient pas, m'ont fait perdre espoir. Pas de snow day demain. Quand même, je me suis réveillée à 4h du mat' pour vérifier mon e-mail - rien - et il neige toujours, mais peu d'épaisseur. J'en ai besoin, pourtant. Je redoute ce vendredi: en plus de mes cours à enseigner, toute une accumulation d'obligations face auxquelles je ne me sens pas à la hauteur. Je ne veux plus être chef, tout compte fait. Il me faut être à 3 endroits à la fois, empiler les casquettes, et ... non. En plus, c'est la fin du trimestre, il faut que je finisse de corriger mes copies et que je commence mes bulletins (il va me falloir relire tous ceux de mes collègues, au secours!) Et, c'est le pompon, je n'ai rien à me mettre. J'ai une présentation à faire devant tout le collège réuni, et rien à me mettre. C'est stupide, mais c'est sur ce dernier détail que je fais une fixette en me recouchant à 4h et des poussières. Pas sur ce que je vais dire à ces gentils collégiens, ni aux conversations sur les programmes que je vais avoir avec ces profs d'une autre école venus observer nos classes - non, la question qui me tient éveillée est bien: comment vais-je m'habiller?
Bien entendu, je finis par m'endormir dix minutes avant que mon réveil ne se mette en marche. Et quand le téléphone sonne à 5h45, trois minutes après mon réveil, je n'y crois pas. "No school today: it's a snow day!" dit la voix d'une petite fille de CE1. C'est bête, c'est très bête et ça en dit long sur mon état de fatigue et de fragilité: je me mets à pleurer.

Alors, un autre snow day, c'est:
  • des gaufres maison (nouvelle recette très réussie), que Paolo a goûtées à 10h et quelques, c'est un enfant qui prend le concept de grasse matinée au sérieux;

  • des bestioles de neige et de grands projets qui commencent par des boules de neige qui roulent, roulent...
  • Une oeuvre magistrale, sans doute pour saluer le dernier éclat de l'hiver (le pater familias a mis la main à la pâte, on s'en doute ...)

  • Une après-midi boulot (corrections, moyennes et autres joyeusetés de prof) au coin du feu, avec pour récompense une soirée ciné-restau avec Else (merci les chasse-neige qui ont dégagé suffisamment de route pour atteindre ces endroits essentiels!)
A Single Man, avec le toujours irréprochable Colin Firth. Visuellement impeccable, rien à dire sur la minutieuse et très léchée reconstitution d'un paysage California beginning of the 60's. Mais le réalisateur (Tom Ford) en fait trop. S'attarde lourdement, entoure chaque élément "symbolique" d'une panoplie de signaux lumineux. Je n'ai pas du tout aimé la longuette scène avec Julianne Moore (caricaturale), on ne croit pas du tout à la complicité entre les personnages. Colin Firth exprime avec beaucoup de conviction les mille tourments du manque et de la souffrance, mais au bout d'un moment, on arrive à l'essoufflement. Le jeunot qui le suit à la trace est agaçant au possible. Seuls beaux moments, les retours en arrière, les souvenirs des temps heureux. Pas mal donc, mais vraiment pas génial non plus. Un peu trop papier glacé à mon goût.
Tout de même, il ne vieillit pas mal du tout, Colin Firth...

Et le barman préféré d'Else nous a offert un petit Porto, avec nos "Pears, three ways".
Le week-end peut commencer, j'ai retrouvé courage.

Wednesday, February 24, 2010

Unique

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Journée mélangée aujourd'hui pour Paolo. Beaucoup de bonnes choses, et pourtant de gros coups de blues. Je lutte, à coups de compliments, mots gentils, encouragements. Je lutte, en les entraînant après l'école à la bibliothèque (malgré les protestations du grand, tellement tellement fatigué qu'il en a les larmes aux yeux. La promesse d'une visite à la boulangerie parvient sinon à le convaincre, du moins à le traîner à notre suite.) (Mais qu'ont-ils, ces enfants, à être si accablés de fatigue? Et les vacances qui sont dans un peu moins de trois semaines, comment vont-ils y arriver?)
Ils font provision de BDs, le grand embarque quelques gros livres pour la route, et je glisse en douce, dans le sac à côté du pain, deux DVDs pour eux.
Rentrés à la maison, on expédie les devoirs sans ronchonner (j'ai promis une surprise) pendant que je prépare la soupe. Une douche en vitesse et nous voilà tous les trois devant Up. Je suis obligée d'aller touiller la soupe dans les dix premières minutes du film parce que j'ai bêtement les larmes aux yeux devant l'éternel refrain de l'histoire d'amour et du temps qui passe. Très peu après, Paolo éclate en sanglots (quand le vieux monsieur fait mal à un ouvrier par accident et se retrouve au tribunal) et je me dis que franchement, pour remonter le moral des troupes, c'est réussi! Mais bon, on continue, lui pelotonné contre moi, nous deux enroulés dans un duvet, et la soupe en attente. En fin de compte, ils ont beaucoup aimé le film (moi aussi, même si j'ai raté la partie centrale pour finir de préparer le repas).

Et puis, au moment de se coucher, les choses traînent en longueur, Paolo a "besoin de s'étirer" pendant de longues minutes et passe moins de trente secondes en tête à tête avec sa brosse à dent. Je le fais revenir dans la salle de bains, supervise le brossage de dents et l'envoie au lit. Pendant que je parle à son frère, il revient, une poignée de kleenex froissés dans la main. Je m'énerve - combien de fois?... - et lui dis de jeter tout ça à la poubelle. Erreur! Il fond en larmes, c'était une rose en kleenex pour moi - un cadeau. Bon, il m'a bien fallu dix minutes pour rattraper l'affaire. Il me demande de rester avec lui un peu, de m'allonger dans son lit pendant quelques minutes.
- Je suis fatiguée, tu sais, qu'est-ce qu'il se passerait si je m'endormais?
- Ne t'inquiète pas, je te réveillerais.
- J'ai du travail à faire, la cuisine à ranger... Tu crois que les lutins de la maison se chargeraient de tout faire pour moi, si je m'endormais maintenant?
- Les lutins, ils sont beaucoup, mais il n'y en a qu'un de toi. Tu es unique.
- Oui, comme toi...
Son visage sur l'oreiller est à quelques centimètres du mien. Je vois la fatigue en étreindre les contours. Ses yeux sombres brillent encore de quelques larmes oubliées là.

[La photo date: août 2008... Il a changé, mais c'est toujours le même.]

Monday, February 22, 2010

Comme un lundi (23)

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It's not easy
Getting out of bed...

Friday, February 19, 2010

Petits morceaux de vendredi

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Les températures remontent (5° aujourd'hui!) et la neige fond (un peu). Le soleil fait du bien. Pendant que les garçons nageaient, ma balade du vendredi m'a emmenée de la bibliothèque à la boulangerie, puis au café (thé vert-jasmin à emporter). Les trottoirs sont parfois boueux et les collégiens ont envahi la ville à nouveau, gloussant, se bousculant, leurs portables à la main et la voix trop aiguë.

Dudie est odieux avec son frère, qui réagit bien sûr. Je dois les séparer plusieurs fois. Dudie me répond avec insolence et m'interrompt avec arrogance. Je finis par me lasser. D'une main, je prends son menton, tourne sa tête vers moi et les yeux dans les yeux je lui intime à voix presque basse: "Tais-toi. Maintenant tais-toi". Il ne dit plus rien, sinon que je lui ai fait mal à la machoire. Ses yeux sont pleins de larmes qui ne coulent pas, mais le retour à la maison se fait dans un silence reposant. En arrivant, il se met soudain à pleurer pour de bon et me dit que sa présentation orale s'est très mal passée. Les autres élèves devaient noter sa performance, et il n'a reçu que des mauvais scores (il parlait trop bas, marmonnait, se répétait...) Et il est très affecté. Je laisse passer un peu de temps, il lit son Okapi sur le canapé. Et puis il vient me voir dans la cuisine où je suis assise devant mon ordinateur et il m'entoure de ses bras. Et recommence à pleurer. Je vire Paolo, qui vient voir ce qui se passe, assied mon grand garçon sur mes genoux, le laisse pleurer et le fait parler. Quand il se sent mieux, il me sourit. Il va prendre un petit bain. Il est moins malheureux et a fini d'être désagréable. Ce soir, nous allons tous les deux, rien que nous deux, voir A Chorus Line.

Paolo essaie de regagner son screen time (perdu dans les disputes fratricides sus-citées). A peine arrivé à la maison, de sa propre initiative et entièrement seul, il vide le lave-vaisselle, range tout à sa place et me laisse espantée devant tant de bonne volonté. Il fait bien, et cela pour deux raisons: il récupère, pour lui et pour son frère, quelques quarts d'heure de wii; et il m'apprend qu'il a largement les compétences pour contribuer de manière régulière aux petites corvées de la maison. Voilà qui ne sera pas oublié de sitôt. Je vais mettre ces garçons à l'ouvrage, et pas plus tard que demain...

Hier, j'ai fait quelque chose qui me faisait très peur. Quelque chose de nécessaire, d'essentiel et de terrifiant. D'abord un grand soulagement et une sorte d'euphorie. Puis l'angoisse reprend le dessus (mon ventre me fait terriblement souffrir). Maintenant, j'attends les conséquences de mon geste. Toujours rien à cette heure. Mais je sais que ça viendra.

Tuesday, February 16, 2010

Petits bonheurs du mardi

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D'abord, parce que nous n'avons pas eu classe hier (journée fériée, merci Monsieur le Président!) (je parle d'Obama, of course), nous avions aujourd'hui mardi l'emploi du temps d'un lundi. Tant mieux parce que c'est nettement moins chargé pour moi (mardi est ma journée la plus lourde).

Et puis, il a encore neigé.

Et aussi, j'ai reçu 4 oeillets pour la St Valentin (trois venant de collègues, un d'une de mes advisees). Je n'en avais jamais autant reçu (l'année dernière, je n'en ai pas eu du tout, alors que j'en avais offert plusieurs, j'étais toute triste...) Et même si je déteste la St Valentin, ça m'a fait chaud au coeur (et ça a mis de la couleur dans mon bureau!)


J'avais fait des cupcakes banane-chocolat pour mes advisees... ("Maman, tu les gâtes trop, tes advisees!")

C'est la semaine du "Musical"! Et trois de mes advisees jouent. J'attends avec impatience vendredi soir!

Happy week, everybody!

Monday, February 15, 2010

Comme un lundi (22)

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Dans la série: "Je n'apprendrai jamais".
Ca me prend à peu près une fois tous les trois ans: j'oublie que je suis absolument incapable de couper les cheveux. Et c'est toujours le pauvre Paolo qui fait les frais de ma mémoire défaillante. Il faut dire que le traîner chez le coiffeur, c'est la croix et la bannière, alors, forcément, je suis tentée de donner un petit coup de ciseau à la maison... Eh bien NON. Une fois pour toutes, je l'écris ici pour m'en souvenir, je ne dois PAS essayer de couper les cheveux à mon fils.
Il n'est pas rancunier et n'a pas encore l'âge de se préoccuper de son look, alors ça passe. Mais moi, j'ai le coeur gros d'avoir massacré sa coupe de cheveux de la sorte. Il est beau quand même. Et il a les cheveux qui poussent vite...

Friday, February 12, 2010

Thursday, February 11, 2010

Et de deux!


Incroyable, inouï, inespéré, en un mot ... merveilleux. Un deuxième snow day. Qui vient s'appuyer à un long week-end. Presque une semaine de vacances.

Nous faisions de la luge à côté de la gare, quand nous avons vu passer toute une colonie d'enfants et parents et luges... Où allez-vous? Au cimetière. No way, dit l'homme de la maison, pas question de faire de la luge dans un cimetière, c'est irrespectueux. Mais ma curiosité l'a emporté, et nous avons suivi. La piste de luge (plus longue et pentue que celle de la gare) est à côté du cimetière, nous ne dérangeons pas le repos éternel de ceux qui dorment sous la neige. Et les garçons s'en sont donné à coeur joie!

Snow day, regression day... J'ai fait de la balançoire, de la luge, j'ai mangé plein de chocolat et chanté à tue-tête aujourd'hui. Oui, ils me font du bien, les snow days!

Wednesday, February 10, 2010

Beautiful Snow Day

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Enfin!
On nous l'a annoncé hier, les vacances ont donc commencé après l'école. Comme le dit Otir, on se prépare, on anticipe, on se réjouit et on s'adapte. J'ai fait quelques courses hier soir, et puis... Repos!

Snow day, ça veut dire:

Regarder un film en milieu de semaine (Le dernier jour du reste de ta vie, c'était bien, c'était émouvant - j'y suis allée de ma larmotte, mais je suis une sensible, ne vous fiez pas à moi - les acteurs étaient formidables, surtout Gamblin et le deuxième fils, un inconnu très touchant).
Rester à surfer sur internet jusqu'à pas d'heure.
Se réveiller - et se rendormir.
Faire des pancakes maison (plus de mix, du coup j'ai déniché une recette et c'était bien meilleur. Je recommencerai).
Manger à n'importe quelle heure (déjeuner à l'heure espagnole, 15h...)
Boire un verre de vin au déjeuner.
Manger un chocolat - deux - en dessert.
Faire la sieste (voir verre de vin plus haut).
Faire quelques lessives pour se donner bonne conscience.
Espérer qu'il va continuer à neiger pour avoir un jour de plus au chaud devant la cheminée...

Tuesday, February 09, 2010

Citation

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When he said it, I recognized the quotation. Pushed it aside a little bit, trying to focus on what he was saying. But he repeated it: "You have to found your voice, L." And it came back to me.

Bien plus tard, je me suis mise à rire toute seule. "Sors de ce corps, Christie! Et d'abord, qu'est-ce que tu fais là, à emprunter la voix d'un homme américain d'une cinquantaine d'années?"
The Tuesday Man struck again. A chaque fois dans le mille.

[Photo: J'avance. Du moins, je crois.]

Monday, February 08, 2010

Comme un lundi (21)

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Bon, d'accord, il n'est pas facile de trimballer les luges sur le chemin de l'école. Mais quand même, quand on passe toute la récré à faire des glissades, il faut bien reconnaître que ça vaut le coup!

Sunday, February 07, 2010

Ma rue sous la neige




Elle en jette, la maison violette, non?

Et lui, le pauvre, qui se gelait les pattes, je l'aurais bien embarqué avec moi...

Saturday, February 06, 2010

La tempête du siècle (not)

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La tempête du siècle nous est passée à côté. Bon, d'accord, il a neigé, mais pas plus qu'en décembre. Apparemment à Washington DC, ils s'en sont pris une sacrée pelletée, mais ici juste de quoi jouer, construire une forteresse et faire un peu de luge...