Nous l'attendions, l'espérions - avis de tempête, importantes chutes de neige, vents violents -, mais à 23h30 mercredi, les flocons légers, poudreux, qui ne se posaient pas, m'ont fait perdre espoir. Pas de snow day demain. Quand même, je me suis réveillée à 4h du mat' pour vérifier mon e-mail - rien - et il neige toujours, mais peu d'épaisseur. J'en ai besoin, pourtant. Je redoute ce vendredi: en plus de mes cours à enseigner, toute une accumulation d'obligations face auxquelles je ne me sens pas à la hauteur. Je ne veux plus être chef, tout compte fait. Il me faut être à 3 endroits à la fois, empiler les casquettes, et ... non. En plus, c'est la fin du trimestre, il faut que je finisse de corriger mes copies et que je commence mes bulletins (il va me falloir relire tous ceux de mes collègues, au secours!) Et, c'est le pompon, je n'ai rien à me mettre. J'ai une présentation à faire devant tout le collège réuni, et rien à me mettre. C'est stupide, mais c'est sur ce dernier détail que je fais une fixette en me recouchant à 4h et des poussières. Pas sur ce que je vais dire à ces gentils collégiens, ni aux conversations sur les programmes que je vais avoir avec ces profs d'une autre école venus observer nos classes - non, la question qui me tient éveillée est bien: comment vais-je m'habiller?
Bien entendu, je finis par m'endormir dix minutes avant que mon réveil ne se mette en marche. Et quand le téléphone sonne à 5h45, trois minutes après mon réveil, je n'y crois pas. "No school today: it's a snow day!" dit la voix d'une petite fille de CE1. C'est bête, c'est très bête et ça en dit long sur mon état de fatigue et de fragilité: je me mets à pleurer.
Alors, un autre snow day, c'est:
- des gaufres maison (nouvelle recette très réussie), que Paolo a goûtées à 10h et quelques, c'est un enfant qui prend le concept de grasse matinée au sérieux;
- des bestioles de neige et de grands projets qui commencent par des boules de neige qui roulent, roulent...
- Une oeuvre magistrale, sans doute pour saluer le dernier éclat de l'hiver (le pater familias a mis la main à la pâte, on s'en doute ...)
- Une après-midi boulot (corrections, moyennes et autres joyeusetés de prof) au coin du feu, avec pour récompense une soirée ciné-restau avec Else (merci les chasse-neige qui ont dégagé suffisamment de route pour atteindre ces endroits essentiels!)




A Single Man, avec le toujours irréprochable Colin Firth. Visuellement impeccable, rien à dire sur la minutieuse et très léchée reconstitution d'un paysage California beginning of the 60's. Mais le réalisateur (Tom Ford) en fait trop. S'attarde lourdement, entoure chaque élément "symbolique" d'une panoplie de signaux lumineux. Je n'ai pas du tout aimé la longuette scène avec Julianne Moore (caricaturale), on ne croit pas du tout à la complicité entre les personnages. Colin Firth exprime avec beaucoup de conviction les mille tourments du manque et de la souffrance, mais au bout d'un moment, on arrive à l'essoufflement. Le jeunot qui le suit à la trace est agaçant au possible. Seuls beaux moments, les retours en arrière, les souvenirs des temps heureux. Pas mal donc, mais vraiment pas génial non plus. Un peu trop papier glacé à mon goût.Tout de même, il ne vieillit pas mal du tout, Colin Firth...
Le week-end peut commencer, j'ai retrouvé courage.
