Thursday, November 29, 2007

Tough days

Heureusement que j'ai pris un peu d'avance, la semaine dernière. Sans cette "réserve" (de repos, de calme), je me demande comment j'aurais tenu, cette semaine.

I don't want / I can't talk about it. Just a few questions:

- What is "home"?

- Comment définiriez-vous l'enfer? Et Satan? (Attention, si votre réponse ne comporte pas une citation de Deleuze - pas de Sartre, duh -, vous avez tout faux).

- Peut-on être à la fois une adolescente attardée, geignarde et perpétuellement insatisfaite, un tyran et un dictateur? [La réponse est bien évidemment oui. Et n'allez pas chercher bien loin pour en trouver un exemple]

- Combien de replis mystérieux recèle encore le for intérieur de mon fils aîné? Arriverai-je à bout de ses méandres? Va-t-il se laisser un jour reconnaître?

A part ça, c'est bientôt le week-end, je vais pouvoir bosser non-stop (c'est-à-dire remplir mes bulletins sans être interrompue par l'enseignement - les cours et les élèves me prennent trop de temps, il faut bien le dire. Ah, on me signale que les 3 jours de vacances de la semaine dernière étaient faits pour ça - remplissage de bulletins. Désolée, pas reçu le message. J'ai fait autre chose à la place.)

Wednesday, November 28, 2007

Tristesse (Les Histoires d'A)

Ah, mais avons-nous tous été adolescents dans les années 80 pour être si tourneboulés par la disparition, aujourd'hui, d'un étrange musicien à l'allure de grand pantin au sourire en coin?
En faisant mon tour des blogs, ce soir, je me suis rendu compte que nous sommes beaucoup de la même tranche d'âge, de ceux qui ont chanté à tue-tête "Dis-moi OUIIIIII", qui ont dansé en avoir le vertige sur Marcia Baila...
Le premier concert auquel je sois jamais allée, c'était les Rita Mitsouko, à la Cigale. J'avais 17 ans. J'avais été électrifiée par l'énergie qui passait de la scène à la salle, de la salle à la scène.
Mais ce n'est quand même pas la raison de ma tristesse aujourd'hui. Je ne saurais dire pourquoi la disparition de certains personnages publics m'atteint ainsi de manière personnelle. Il n'y en a pas beaucoup (Bernard Rapp est l'un d'eux, sans que je m'explique bien pourquoi, et aussi Philippe Aubert), et il me semble que si j'ai tant de mal à accepter leur disparition, c'est qu'ils faisaient partie de ma vie, à leur insu. C'est tout un pan de mon adolescence qui s'en va aujourd'hui, avec Fred Chichin. Puisse-t-il reposer en paix et en musique.

Tuesday, November 27, 2007

Just a few days off

.Lundi de rentrée, j'ai un peu mal partout. Mal à l'épaule, au dos, à la tête, à l'estomac... Mais juste un peu, juste pour me rappeler que c'était bien, quand même, ces quelques jours de vacances.

J'ai commencé par deux jours de grosse déprime (mais je devrais pourtant le savoir, depuis le temps: je commence TOUJOURS par avoir le blues, que les vacances durent 3 jours ou tout l'été...), et puis, tout doucement, je me suis calée en mode "Steam: OFF" et je me suis laissé partir en roue libre. Ah.

Je pourrais faire la liste de tout ce que je n'ai pas fait (elle est longue, j'avais des ambitions démesurées, comme celle de rattraper le temps perdu en matière de paperasse...), mais je préfère expliquer mes petits maux:

* J'ai emmené les garçons à la patinoire. Dudie commence la semaine prochaine le patin à glace (en lieu et place des cours de gym), et il faut bien s'y mettre. Je pensais bien que je serai un peu ridicule, bon, hé bien, ça c'est fait. Il faut dire que je n'ai patiné que deux ou trois fois dans ma vie, il y a ... ouh, bien vingt ans de cela (quelle horreur, vingt ans déjà), c'était avec des copains, à la patinoire Montparnasse. Dudie avait essayé une fois, et Paolo chaussait les patins pour la première fois. A nous trois, nous avons assuré le spectacle, les gens n'ont pas regretté d'être venus. Paolo s'est suspendu à mon bras de tout son poids pendant une bonne heure, déjà que j'étais un peu branlante, à tous les deux nous étions hautement instables. Les patineurs faisaient un grand détour pour nous éviter. Et maintenant, j'ai terriblement mal à l'épaule, j'ai l'impression d'avancer penchée...

* J'ai trop mangé et surtout trop bu, trois soirées en une semaine, c'est un peu trop pour mon âge avancé, et en même temps, abondance de biens ne nuit point. Sauf que j'ai fort peu apprécié que le chat (que nous avions en pension pour 4 jours) insiste pour que je me lève à 7 heures, quand je m'étais couchée une poignée d'heures auparavant et que j'avais un casque en plomb qui me comprimait la cervelle. Le chat a failli apprendre à voler, la troisième fois qu'il est venu me miauler dans les oreilles. Heureusement, mon incapacité à remuer trop vite (sous peine d'accroître la pression dudit casque sur les tempes) l'a sauvé;

* J'ai fait des cakes à la citrouilles (pour varier des tartes à la citrouille de l'homme), avec des petits morceaux de gingembre confit dedans. Mmmh;

* J'ai lu un roman et demi (un "chick lit" qui m'a donné des courbatures partout parce que je ne voulais pas bouger avant de l'avoir fini, et un très sombre, auquel il faut que je m'accroche sous peine d'être obligée de le reprendre au début si je l'abandonne trop longtemps);

* J'ai finalement vu Je vais bien, ne t'en fais pas, et AH! Je suis encore sous le choc. J'ai aussi revu Le piano (merci Maurine pour la suggestion);

* J'ai piétiné avec des centaines de parents gelés et d'enfants surexcités pour voir apparaître Santa Claus sur le toit de la Poste ("C'est pas le vrai, hein, maman?") et pour voir s'illuminer le grand arbre sur la place centrale de la ville.

Bon, et tout ce que je n'ai pas fait... Hé bien, ça va me faire une semaine chargée. Mais je suis un peu regonflée, ça ira. Et puis, j'ai décidé que c'était le parfait moment pour montrer un film à mes élèves (Thanksgiving est LA grande fête familiale: généralement ils ont passé leur temps soit à voyager pour rendre visite à leur famille, soit à recevoir tout un tas de cousins, oncles, tantes... Et ils se sont gavés de dinde farcie, de tarte à la citrouille, de purée de patates douces... Bref, cette semaine, ils digèrent et ils ne faut pas trop leur en demander ... ni à moi non plus.)

Donc, nous regardons Le Roi et l'Oiseau et je ne m'en lasse pas...

Bonne semaine!

Friday, November 23, 2007

Could we go for a walk?

Sad and long and grey Thanksgiving Day. I am too bitter inside to be able to give thanks (he is right about that: the poison of resentment is eating me from within).
Alors, après un morose déjeuner, je force tout le monde à sortir pour une balade. Bien sûr, ça ne va pas sans crise, sans larmes même, mais de la part de deux créatures ayant passé la journée entière d'hier en pyjama, sans mettre le nez dehors, je ne reçois aucun argument. Et même s'il faut les pousser dehors, je n'ai aucun scrupule. D'ailleurs, après deux minutes à donner des coups de pied dans les feuilles, ils se laissent prendre tout entiers à la pure joie de courir dans la lumière indécise de novembre, ivres de leur propre vitesse et de leurs cris aigus.



Sur le chemin, nous avons croisé un certain nombre de ces étranges fruits, qui tombent des arbres en automne et auxquels nous avons donné le petit nom de "Brain fruits", parce qu'ils ressemblent étrangement à des cerveaux. Ils fournissent d'excellents prétextes à une partie improvisée de foot, jusqu'à ce qu'ils éclatent...


Marcher dans les bois...


Nous avons marché pendant une heure et demie, sans (presque) entendre aucune plainte. Au retour à la maison, moins de nuages noirs dedans et plus dehors. L'orage a éclaté quelques minutes après que nous avons allumé le feu dans la cheminée.


Wednesday, November 21, 2007

Un peu de blanc

Lundi matin, au moment de partir, j'ai jeté un coup d'oeil par la fenêtre et j'ai crié: "Regardez!"
Les garçons étaient déjà prêts, cartables sur le dos, et ils sont sortis d'un bond. Je les ai vus courir, la bouche ouverte, pour attraper sur le bout de la langue les premiers flocons.
Bien sûr, ça n'a pas duré. Bien sûr, les petits papillons blancs se sont tous dissipés en touchant le sol (quoique, plus au nord, 2 bons centimètres se sont formés au sol, aux dires de l'homme). Mais quand même, c'est la première neige de la saison, et ça me met le coeur en fête.

Ne me dites pas que vous ne les voyez pas, les petits flocons voltigeurs... Non? Bon, ils étaient légers et rapides, mais on les aperçoit quand même!

Tuesday, November 20, 2007

I-pod

.
I stand in the middle of the kitchen, frozen. I hold my tea cup in one hand. I have a hard time finishing to swallow the bread that I was eating when he caught me. He yelled "I am not done", so I stopped. I didn't look at him, not once. I stay there and listen. It lasts forever.

"You are growing plastic out of your ears!", he says. Which is almost funny. Especially because he is the one who gave me this i-pod (the idea was mine, but he went and bought it).
There is nothing untrue in what he says. Yes, I do plug myself out of my daily life. Yes, I cut myself from what's going on in here. No, I don't want to listen to his guitar. Yes, I want to be elsewhere.

I wait and wait. Listen and listen. I don't move, this time, until he tells me he is done. I am getting better at not fighting back (lack of energy, maybe). Later, he comes to see me to - not apologize, but rephrase more calmly. Once again, I don't say a word. This time, I think I am listening to the music in my head (no plastic in my ears, don't need it), but I nevertheless can hear "I feel genuinely sorry that you are not happy". It is just a part of a long sentence in which it turns out that I am responsible for my unhappiness. But still.

I am building a wall around myself. Un mur du son.

Sunday, November 18, 2007

Rouge

Jeudi matin, nous nous sommes aperçu que les arbres étaient devenus rouges. "Mais hier, ils ne l'étaient pas!" a fait remarquer Dudie. Presque en colère d'avoir raté l'événement. Oui, pas de doute, ça s'est passé pendant la nuit. En tout cas, j'apprécie que le paysage extérieur s'harmonise avec les rideaux. Et les chaises. C'est du meilleur goût. Et je suis contente de trouver une raison de bien commencer la journée.

Bonne semaine à vous tous, puisse votre lundi se parer de couleurs flamboyantes...

Saturday, November 17, 2007

La plus longue semaine

Cette semaine n'en finissait pas. Et je ne suis pas la seule à le penser, à le sentir: mes collègues me l'ont confirmé, mes élèves ne peuvent que le reconnaître. Je vous jure qu'ils ont rajouté un mardi ou deux, cette semaine. Et quelques heures au mercredi.
Des couches de fatigue toute fraîche sur le limon ancien du manque de sommeil. Je me trouve si vieille, en me regardant dans la glace. Et puis, un manque de bienveillance, de gentillesse, un manque d'indulgence (pour mes élèves, mes enfants, mes collègues), que je ne reconnais pas ni ne peux contrôler. Ma chef m'a prévenue plusieurs fois cette semaine, "Apprendre à gérer les relations humaines" m'a-t-elle seriné. Oui, mais je ne trouve pas l'énergie pour cela. J'ai envoyé baladé plusieurs élèves qui pensent que mon temps est tout entier le leur, et que, parce que je suis là, je suis à leur disposition. En temps normal, je m'en accommode assez bien, mais là, j'ai réagi avec une agressivité qui ne me correspond pas, comme s'ils voulaient me voler mon temps précieux, mon unique bien.
Alors, je m'isole, me cache, disparaît. A l'école, je reste dans ma salle, ou trouve refuge dans un coin de la bibliothèque. Je n'ai quasiment pas mis les pieds dans le bureau, ces derniers temps.
J'ai de plus en plus de mal à partager l'espace.
A la maison, je me retranche derrière mes barrières infranchissables. Je ne suis pas là, je ne suis pas là, ne me cherchez pas!

It is over now. La semaine est finie. Même mon samedi m'a glissé entre les doigts.
La fatigue me rend mauvaise, il est temps que je sorte de ce trou dans lequel je me suis fourvoyée.
When you find yourself in a hole, the first thing to do is to stop digging.
Certes.

Wednesday, November 14, 2007

Don't know what I'm doing

.Je fais n'importe quoi, ces derniers temps. Je sais que c'est en grande partie une question de manque de sommeil - mais c'est la fin du trimestre, une semaine pour tout boucler, pas le temps de s'arrêter. J'ai des copies à corriger par wagons entiers. Et des weeks-ends chargés, sans pause (visites de maison, courses pour l'hiver - gants, bonnets, etc. -, open house à l'école...). Pas de grasse mat', le dimanche on ne fait pas relâche.
Alors, je fais n'importe quoi. Comme chercher pendant une minute comment ranger mes assiettes dans le placard des pâtes et gâteaux. Avant de me reprendre, et d'ouvrir le placard d'à côté. Oui, je sais, je yoyotte.
Comme arriver en classe lundi matin, m'étonner de ne voir aucun livre sur les tables, remarquer l'air expectatif des élèves et me rappeler subitement qu'ils ont une interro, ce matin. C'est écrit sur le programme de la semaine, celui que j'ai moi-même posté la veille. Mais voilà, j'ai oublié de l'écrire, cette interro... Sur ce coup-là, je ne sais pas comment je me suis débrouillée, mais ils ne se sont aperçu de rien. Un peu de conversation anodine - Le week-end s'est bien passé? - pendant que je pianote furieusement sur mon ordinateur pour retrouver un quiz passé composé/imparfait de l'année dernière, quelques modifications, "Je vous donne 3 minutes de plus pour réviser", hop, je cours récupérer l'interro dans l'imprimante, sprint jusqu'à la photocopieuse, et me revoilà, mes feuilles encore chaudes à la main, "Vous êtes prêts? Pas de questions? Alors, on y va!" Je m'en suis tirée à bon compte, franchement. Totale maîtrise de l'art d'improviser.
Comme me mettre à faire la vaisselle, ce matin, avant de partir. J'ai totalement zappé le fait que c'était l'heure, qu'il fallait se bouger, que tout était prêt ... J'ai passé 5 minutes à récurer les bols du petit dej' avant de sursauter: Mais, mais ... On est super en retard, qu'est-ce que je fais là, moi?
N'importe quoi, vous dis-je. J'ai bien besoin des 3 jours de vacances qui arrivent la semaine prochaine. Les enfants aussi. Pas seulement les miens propres: mes élèves aussi accusent le coup de ce long premier trimestre, sans interruption depuis début septembre. Eux aussi font n'importe quoi. Comme dans leur interro passé composé / imparfait, par exemple ...

Tuesday, November 06, 2007

A taste of fall

Pour ces moments-là ...






Pour cette lumière, pour le soleil horizontal, pour les odeurs de feuilles et d'eau, pour les premiers feux dans la cheminée, je pardonne à l'automne de mettre fin à l'été.

Saturday, November 03, 2007

Where I am now

It is high time that I get out of this obsession. Resume my life. Go to bed at reasonable hours. Be able to answer questions. Try to project myself in the future.
I am totally unable to do any of this right now. I have no idea where it comes from. The internet doesn't help.
I am stuck in the here and now. Can't get my head out of it. Can't seem to find the time to look elsewhere. My life passes by et moi, toujours la tête dans le guidon.
More than anything, I need to sleep. It is just that I can't get myself to go to bed, these days.
Where is me, who used to love falling asleep, who could not finish the day without reading a few pages, who unceasingly would plan to invite people for dinner? I am gone.
It is high time I grasp a hold of myself.

Thursday, November 01, 2007

Le monstre poilu d'Halloween

.Quand je suis allée chercher mon pirate à la garderie, j'ai vu de loin son drapeau-tête-de-mort agité dans tous les sens par un "grand" qui s'est empressé de le rendre à Paolo en me voyant approcher. Mon pirate l'a coincé sous son bras, apparemment moyennement concerné par "l'emprunt" de son accessoire, et a tendu vers moi sa main.
"Est-ce que je peux le ramener à la maison?"
Sur le coup, j'ai cru qu'il parlait du drapeau confectionné par son père, et j'ai commencé à répondre "Mais bien sûr..." avant de sauter en l'air en criant: il avait sur sa main un monstre poilu, et c'est lui qu'il voulait adopter.


Bon. J'ai entamé les négociations pendant que la créature parcourait ses doigts avec curiosité. J'en étais à "Mais quand nous partons en France pour l'été..." quand l'animal a plongé. Impossible de le récupérer, il avait son habit de camouflage qui lui permettait de passer inaperçu parmi les feuilles mortes. Nous l'avons abandonné, parce que nous avions d'autres plans pour la soirée.


La journée avait déjà été bien remplie. Parade devant toute l'école, chansons pour les parents, distributions de bonbons...
Pour moi aussi. Cette année, j'étais un bagnard. Avec costume rayé et boulet au pied. Pas vraiment mon choix, j'avais un thème imposé (cops and robbers), et comme je ne me voyais vraiment pas en flic... Un peu difficile de garder l'attention de mes ouailles gavées de sucre dès le matin. On a sugar high, pas vraiment l'idéal pour se concentrer. Ils n'avaient qu'une idée en tête, la soirée à venir, citrouilles, monstres, Tricks or Treats...


Et le soir, donc, il a fallu amener le Pirate et Harry Potter faire le tour des maisons en quête de sucreries. Courir dans le noir, braver la peur des masques, piocher dans les marmites de bonbons... Et très vite, la fatigue, les disputes entre frères, ils oublient de remercier correctement, réclament sans vergogne un certain type de bonbon, se piquent leur butin respectif et se mettent à hurler devant une brave dame et ses m&ms. Il est temps de rentrer.