Wednesday, September 28, 2011

Confused and conflicted

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J'attendais un message de mon correspondant - et c'est d'un autre qu'il m'en est arrivé un, avec, étrangement, des mots qui semblaient empruntés à celui qui m'écrit maintenant si régulièrement.

je pense beaucoup, tout le temps, à toi

Je ne sais que te répondre.  Notre histoire en pointillés, tes interminables silences, nos faciles retrouvailles et tous nos rendez-vous manqués, tout cela ne s'additionne pas en quelque chose de très défini.  Que sommes-nous, au juste, l'un pour l'autre?  Difficile à dire, surtout si tu te tais.
Je n'arrive pas à me débarrasser du sentiment poignant de culpabilité qui m'étouffe.  Je ne supporte pas de te faire souffrir, tout en ne sachant pas exactement ce que tu ressens.  De la colère?  De la déception?  De l'amertume?  Si seulement tu m'en disais plus.  Si seulement tu m'en avais dit plus, avant, avant qu'un autre se mette à m'écrire, souvent, puis quotidiennement.  Celui-là a pris toute la place, et je l'ai laissé faire.
As-tu seulement idée de qui je suis?  Tu ne sembles guère te poser la question.  Cette ombre de Lola adolescente, de Lola à 21 ans qui a été, pour une saison, ton amoureuse, paraît te suffire.  Je ne sais pas, si seulement tu me disais?
Ton silence me jette dans le doute et les questionnements infinis.

Qu'est-ce qu'on aime, vraiment, quand on aime?  N'aime-t-on jamais que la projection qu'on se fait d'un être sur ce qu'il est vraiment, une ombre posée en transparence qui fait écran, pour toujours?

Est-ce que je ne peux aimer que parce qu'on m'aime?  Depuis mon amour malheureux, mes 16 ans à guetter qui ne voulait pas vraiment de moi, et mes 18 à vouloir donner à qui ne demandait rien, plus aucun homme ne m'a fait chavirer le cœur qui ne m'avait déjà dans le sien.  Ça a d'ailleurs été l'origine de cette malheureuse trajectoire croisée sur laquelle est bâtie l'histoire avec mon jeune homme: il m'aimait tellement que j'ai fini, non sans hésitation et résistance, par me laisser aller dans ses bras.  Et m'y trouver si bien qu'en quelques mois je suis devenue complètement, irrémédiablement amoureuse, dépendante, accrochée, addict.  Et lui, pendant ce temps, parcourait le chemin inverse, se détachait peu à peu, ne m'abandonnait pas parce que j'étais alors si fragile, mais laissait s'estomper l'intensité de ses sentiments - jusqu'à les reporter sur une autre, mon image inversée, mon opposée point à point, ma meilleure amie.  Mais c'est encore une autre histoire.

Moi et mes bagages.  L'homme, qui ne sera bientôt plus l'Homme de la Maison, parce que de maison il n'y aura plus, m'a prédit un jour de grande colère que je finirai seule.  Seule.  C'est bien possible.  En attendant, je me demande comment il est possible que les sentiments dormants pendant tant d'années se réveillent soudain tous en même temps autour de moi.  Je me demande si j'ai changé.  Je me demande si, ou plutôt comment je vais payer ces temps de haute intensité.

Confusion.  Je suis déconcertée, désorientée, désarçonnée.  En même temps, je ne peux m'empêcher de penser que changer de route est la meilleure chose qui pouvait m'arriver.  L'étendue devant moi est vaste, à moi d'y tracer mon chemin.  Il y a une certaine exaltation à ce dépaysement.  Même si la peur et l'inquiétude sont du voyage.

Tuesday, September 27, 2011

Comme un mardi (51)

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C'était aujourd'hui l'anniversaire de quelqu'un qui m'est cher, mon correspondant de ces dernières semaines, mon compagnon d'escapade vers la Nouvelle Espérance.  Je le savais seul, dans un lieu dans lequel chaque pas le conduisait vers une vie irrémédiablement, irréversiblement morte pour lui, mais dont il n'est pas encore complètement détaché.  Et je suis si loin ...  Nos mots, à mi-chemin entre nous, tissent jour après jour des liens nouveaux - mais j'aimerais quand même être un peu plus près de lui.  Très près, en fait.

Par une de ces coïncidences qui semblent se multiplier ces derniers temps, mes advisees avaient décidé aujourd'hui de fêter l'anniversaire de l'une d'entre eux (vous ai-je dit que pour la première fois j'ai dans mon groupe un garçon?  Oui, oui!  Je ne peux plus dire "mes filles", mais je me régale à dire "My girls and my boy"...)  Ils sont venus décorer mon bureau avant notre meeting hebdomadaire.  Je les ai laissé faire.  Une fois la surprise révélée, les cupcakes dévorés, les miettes de brownies dument écrasées sur la moquette, ils sont tous repartis en classe et j'ai remis mon bureau un peu en place.  En regardant la photo, je m'aperçois que cet espace est un vrai capharnaüm,  et dire que je pensais avoir mis un peu d'ordre ...

Voilà comment je me suis retrouvée à célébrer un anniversaire aujourd'hui, même si c'est l'homme qui fête aujourd'hui ses 42 ans, et non la jeune fille de 16 ans qui occupait mes pensées.

Happy birthday, my dearest!

Friday, September 23, 2011

Le plus bel enfant

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Parfois je me demande si les gens auraient moins de patience, de bienveillance envers lui, s'il n'était si beau.  Quand il sourit et que ses yeux se plissent, quand il rayonne, le monde entier s'éclaire.
Et pourtant, pourtant, ses crises de colère, ses rages tumultueuses, ses soudaines obstinations me poussent à bout.  Presque quotidiennement.  Et puis, si je lui tends la main, une fois que nos émotions enflammées (les siennes autant que les miennes) sont retombées, il abandonne tout d'un coup sa position de défiance, son retranchement intransigeant, son exaspération qui est montée aussi vite que la mienne.  Il se love dans mes bras et il se trouve que mes bras ont exactement la forme qu'il faut pour contenir son corps câlin.  C'était vrai quand il était petit - et ça n'a pas changé.  Je n'ai pas les bras extensibles, mais il s'adapte fort bien aux contraintes physiques de son développement.  En revanche, sur le plan social et émotionnel, s'il pouvait toujours rester à 10 ans, ça lui conviendrait très bien.  Il n'a pas hâte de grandir.  C'est étonnant - et douloureux pour moi- , de voir à quel point grandir est un difficile processus pour cet enfant.  Sa route est semée d'embûches et il n'a toujours pas compris que freiner un peu à l'avance suffirait à éviter les pires accidents.

Mon bel amour, le plus bel enfant (oui, je sais, pour moi, parce que les vôtres aussi sont les plus beaux pour vous), mon Paolo a eu 11 ans aujourd'hui. 
Il a passé une excellente journée.  Son casier a été décoré par les copains, les enfants de sa classe l'ont "Happy Birthdayisé', le directeur du collège a chanté pour lui à la cantine, son père lui a fait des steaks sur le bbq, Else est venue dîner à la maison (pour la première fois depuis ... ohlalal! une éternité), il a reçu plein de cadeaux super, qu'il attendait ou non...  Il ne veut pas se coucher ce soir.  Peut-être que si on ne dort pas (du tout), on peut rester au même âge toute sa vie.  Et profiter des saisons sans sentir la pesante obligation de progresser.  Il a bon espoir.

Tuesday, September 20, 2011

Comme un mardi (50)

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21h30.  La journée est enfin finie, j'ai fait le tour des profs de mes enfants, me partageant entre les deux emplois du temps, choisissant un peu les classes qui me plaisaient (oh, le bonheur d'écouter parler la prof de théâtre, qu'est-ce que je l'admire, cette femme-là!)
Sur mon bureau, je retrouve une poire (pour la soif?) et je me dis que cette journée dominée par la colère (la mienne surtout, mais aussi celle des autres) aurait bien besoin de finir sur une pointe de douceur.
C'est à moi de la trouver, cette douceur, à moi seule de faire advenir l'apaisement qui me permettra de continuer sereinement, l'énergie qui me mettra du vent dans les voiles.  La route est longue!

Monday, September 19, 2011

Un petit bout de dimanche matin

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Il n'a pas fait beau longtemps, mais tant que ça a duré, j'en ai profité.  J'ai écrit à celui avec qui je voudrais passer mon temps (au lieu de traîner en essayant vaguement mais vainement de travailler), je lui ai écrit un message ensoleillé et puis les nuages sont arrivés.  Ma semaine va être interminable.  Deux soirées passées à l'école, l'une en tant que parent, l'autre en tant que prof, et la fatigue qui commence à peser sur mes épaules (déjà?)
Il m'est de plus en plus difficile d'écarter les tracasseries du quotidien à grands coups de moments heureux.  J'y étais arrivée jusqu'à aujourd'hui, mais là je déclare un peu forfait.  La magie s'estompe...

C'était aujourd'hui l'anniversaire de mon frère.  Dix-huit ans ...  Et je n'ai pas pu trouver un moment pour l'appeler, enchaînant cours et réunion.  Je me souviens, il y a dix-huit ans, de la merveilleuse journée d'été indien durant laquelle j'avais parcouru le Marais avec ma cousine - journée du Patrimoine.  Et mon frère, minuscule, au prénom de poète, que j'étais allée voir en fin de journée.  Maintenant, il faut qu'il se plie en deux pour m'embrasser, il dépasse mon père, cette grande perche!  Je ne sais pas s'il a fait beau à Paris, aujourd'hui.  J'espère que oui, pour tous ceux que j'aime et qui s'y trouvent.

Tuesday, September 13, 2011

Comme un mardi (49)

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 Sortie d'école.

Monday, September 12, 2011

New Hope

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Un merveilleux weekend.  Oui, juste merveilleux.

Tuesday, September 06, 2011

Comme un mardi (48)

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Un vrai temps de pré-rentrée ...
Demain, c'est pour de vrai, on entre dans l'arène.  C'est reparti jusqu'en juin!

Monday, September 05, 2011

Des papillons

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J'ai des papillons partout en moi.  Jusqu'au bout des doigts.  Je ne me reconnais pas.  Pourtant, c'est moi, c'est bien moi - et je devrais le savoir, depuis cet été et même le précédent, je devrais savoir que je suis capable de suivre mon cœur, de me laisser porter par ce qui me soulève - des papillons, en l’occurrence, qui tourbillonnent jusqu'à me donner le vertige.
La rentrée, demain.  Mais je suis le mouvement sans vraiment m'inquiéter.  Je suis déjà ailleurs.

Playlist du matin (pourtant au hasard):
We have finally decided to grow...
***
Je n'aime que toi...
***
Tout peut changer aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie...
***
Cher ami à bientôt...
***
C'est d'accord, je t'accueille, moi je dors le fauteuil...
***
Le souvenir qui nous pèse
Plutôt que le laisser pourrir
Se rendre en haut de la falaise
Et là jeter tout à la mer
Des containers de vieilles affaires
Des rancunes et des pardons
Envoyés par dix mètres de fond
Tout ce qui m'a touché, coulé
Tout ce que j'ai choyé, noyé
De ce naufrage, ce Trafalgar,
Toi seule sera rescapée
Je ne sauve que notre histoire
Tout le reste peut bien sombrer...

Saturday, September 03, 2011

Mon été

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Je ne sais comment parler de mon été.

A vrai dire, je ne sais plus vraiment comment écrire ici.
Juste avant de partir en France, je me suis dit que j'allais, pour de bon, fermer ce blog. Le sens qu'il y aurait à continuer à écrire ici m'échappe. Plusieurs conversations avec des gens que j'estime - et qui ignorent tout de mon jardin secret - m'ont presque fait honte. Quelle idée de s'exposer ainsi, pour qui et pour quoi? Et puis, mes garçons sont à l'âge où les mises en garde sur les dangers du www deviennent nécessaires. En leur répétant: rien ne s'efface, on ne peut pas revenir en arrière, tout ce que vous mettez de personnel sur le web peut être utilisé contre vous, je pense à moi et mon exhibitionnisme, ici même. Et je ne me contente pas de me montrer, je les ai enrôlés dans mon show, eux aussi, sans qu'ils le sachent.
Oui, j'ai honte.

En même temps, je sais ce que m'a apporté cet endroit, qui est à la fois une sorte de journal, compte-rendu des humeurs, des hauts et des bas que je traverse, et un exutoire où épancher ma tristesse, ma frustration, mes peurs. Le petit cercle qui au fil des ans s'est formé autour de ces pages m'est devenu précieux. Pourtant, quand je me suis retrouvée à Paris, en juillet, toute engluée dans une détresse paralysante, je n'ai pu appeler aucune de ces bienveillantes commentatrices. J'avais besoin de me détacher de mon blog. Et je ne savais comment établir le contact entre la vraie vie et celle d'ici (là). Je me rends compte à quel point je me sens peu libre: c'est comme si, dès que je mets le pied en France, tout mon entourage, famille, amis, avait le droit de revendiquer mon temps, tout mon temps. Je m'y prête de bonne grâce, je dois le reconnaître. Mais il m'est difficile d'échapper à leur vigilance pour avoir un peu de temps pour moi. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point pouvait être pesante cette affection sans relâche. Je croyais que mon manque de liberté venait de l'homme qui m'accompagnait - c'était vrai, mais ce n'était qu'une partie du tableau.

Maintenant que j'aimerais aller et venir à ma guise, partir pour un weekend sans rendre de compte, rencontrer qui bon me semble sans en rien dire à personne, je m'aperçois que c'est illusoire: ma vie entière semble être constamment sous le regard de quelqu'un. D'où le délicieux frisson de cette correspondance secrète, qui m'enchante depuis plusieurs semaines. Mais si elle aboutit un jour à un voyage, comment le dire à ceux qui attendent de moi que je sois exactement là où ils pensent que je dois être?

Mon été, donc, puisque j'ai décidé d'en parler, a été un bizarre échafaudage, une superposition hétéroclite de bons et de mauvais moments, que j'ai grimpé sans savoir où j'allais arriver. Le plus étrange, dans cette construction, c'est que je n'arrive pas bien à en mettre en ordre les strates temporelles: les événements s'empilent sans séquence chronologique, les rencontres se télescopent, il y a comme un décalage que je ne m'explique pas bien. J'ai passé, depuis que je suis revenue, beaucoup trop de temps à essayer de mettre en ordre mes souvenirs, et je ne crois pas y être bien arrivée.
Au cœur de mon été, il y a eu la maladie et un passage trop près de la mort qui ne se laissera pas oublier. Il y a eu la volonté de vivre, insufflée encore et encore, un effort commun. La découverte que la famille peut être chargée de ce devoir de veille: rempart contre le malheur, nous tous serrés les uns contre les autres, conscients des failles dans notre barrage, mais faisant face, bravement. Que je suis heureuse d'avoir été là, avec eux!
Et puis, les rencontres. Celles que j'attendais, qui se sont parfois produites, mais à côté desquelles je suis le plus souvent passée. Frustration de l'interminable attente, déception des communications défaillantes. Tu m'entends? Non, décidément pas. Celles que je n'attendais pas, celles que j'ai provoquées (j'ai eu de l'audace, cet été, et je ne parle pas seulement des escaliers de pierre à deux heures du matin). Quelques mots lancés dans le vide pour voir s'ils atterriraient quelque part. Ils ont visiblement traversé le gouffre et ont été récupérés, de l'autre côté. Un fil ténu, auquel je m'accroche désormais un peu trop.

Voilà, tout cela est vraiment trop sibyllin, volontairement sans doute. Pour ma mémoire.
Je reviendrai quand je pourrai, c'est promis.