Friday, August 31, 2007

Back to school (and lust)

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J'ai repris le boulot. Comme chaque année, j'ai cette espèce de bête euphorie, je balade mon sourire débordant dans les couloirs que j'arpente avec un ressort sous les semelles. Je ne sais pas pourquoi exactement j'ai tant la pêche, alors qu'il est très évident que je ne suis pas du tout prête à enseigner. Et, comme d'habitude, la veille de la rentrée, je vais avoir un gros gros coup d'anxiété, limite de la panique, mais je ne vais jamais y arriver, comment vais-je m'en sortir, rien n'est prêt, oh je suis trop nulle, j'aurais dû travailler cet été... J'anticipe, mais cela ne me motive pas plus à me mettre au boulot. Je me connais trop bien, ça en devient lassant de prévoir mes petites défaites et les pentes sur lesquelles, invariablement, je me laisse entraîner.

J'ai repris, donc. Pour l'instant, réunion de profs, écouter, rester assis, prendre des notes. Nous commençons l'année sur les chaises des élèves (pas plus mal, en fait, ça permet de se souvenir et de faire provision d'indulgence).

Constat du jour: il vaut mieux ne pas avoir un beau mec assis juste devant, ça perturbe la concentration. Cette tentation de mettre la main sur son dos, qui revient sournoise, alors que j'essaie de prendre des notes sur le sujet (qui pourtant m'intéresse, contrairement à lui) de la sustainability. La prochaine fois, je me garderai bien de le placer dans mon champ de vision. C'est désagréable de constater combien ce garçon me rend bête.

Friday, August 24, 2007

Ridicule


Je suis assise au bord de la piscine, et je me peins les ongles des pieds. C'est tout à fait inhabituel. J'ai récemment découvert ce petit flacon de vernis à ongles dont j'avais oublié que j'étais l'heureuse propriétaire , et j'ai décidé d'en faire bon usage. Cet été, je me suis mise à porter ces sandales que j'avais achetées l'année dernière à Mimizan pour aller à la plage. Il est tout à fait contre mes principes de porter des sandales (ou de montrer mes oreilles). J'ai décidé il y a belle lurette que mes orteils n'étaient pas montrables. Mes orteils sont ... the opposite of cute toes.
Mais, pour une raison indéterminée (je vieillis et ne cherche plus à séduire personne?), cet été j'ai décidé que dévoiler mes orteils était de l'ordre du possible. Peut-être me suis-je persuadée que personne ne regarde mes pieds (je ne regarde jamais les pieds des gens, moi). Peut-être était-ce ma façon de marquer mon indépendance face aux jugements critiques qui pourraient être portés sur moi. Peut-être qu'il faisait trop chaud pour porter des chaussures fermées.

Je suis assise au bord de la piscine, et je me peins les ongles des pieds, espérant vaguement que la couleur détournera l'attention de la forme de mes orteils. Le résultat n'est pas vraiment spectaculaire. Le vernis déborde ici et là et je me débrouille pour m'en mettre plein les doigts. Je n'arrive pas à empêcher mes orteils de se cogner les uns dans les autres et de partager leur vernis entre eux (évidemment, je n'ai aucun accessoire adéquat pour les maintenir en éventail). La surface de mes ongles est loin d'être polie, il semble que d'étranges grumeaux se soient formés malgré ce qu'affirme l'étiquette sur le flacon.
Je passe en revue d'un oeil critique le résultat si peu satisfaisant. Les garçons sortent de l'eau et me dégoulinent dessus pour attraper leurs serviettes.
- Qu'est-ce que tu fais?
- Ben, tu vois, je me peins les ongles.
Silence perplexe.
- Pourquoi faire?
- Pour faire joli.
Re-silence. Ils contemplent mes orteils.
- Moi, je ne trouve pas ça joli.
L'aîné nuance:
- C'est pas que c'est pas joli, mais je pense que c'est un peu ridicule.

Rien à dire. Leur honnêteté est un miroir sans ombre.
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Thursday, August 23, 2007

Dimanche 19 août

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C'est ma faute, aussi. Chaque année, je me fais une joie secrète d'attendre, de compter les jours. Je guette sur les pots de yaourts, les boîtes d'oeufs la date du 19 août qui pour moi seule est un code. J'attends et j'espère, et chaque année je suis déçue. Personne n'attache autant que moi d'importance à ce jour, c'est normal, but you would think that people cared a little bit, no?
No.
Cette année, quand même, mon anniversaire a atteint le point culminant dans la catégorie non-événement.
J'ai fini par claquer la porte (Did anybody notice? I don't think so) et je suis allée au cinéma. J'ai eu un mal fou à me garer (la vue un peu brouillée, peut-être?) Je m'y suis reprise à 10 fois, 15 fois, et je me suis trouvée bloquée, ne pouvant ni sortir de mon créneau ni reculer, roues coincées contre le trottoir. J'en aurais pleuré, mais pas le temps, parce qu'une voiture attendait de prendre ma place, croyant que je partais... Alors, centimètre par centimètre, je me suis dégagée de mon pétrin et je me suis allée me garer 10 m plus loin. Pas fière. Juste le temps d'acheter un sandwich et de me glisser dans la salle (ignorant, l'air de rien, la pancarte qui disait: "No outside food"), la séance avait déjà commencé. Je ne m'attendais pas à un chef-d'oeuvre, et ça n'en était pas un. Mais c'était exactement ce qu'il me fallait, sentiments, costumes, et tout le tralala. J'en suis ressortie avec une furieuse envie de tomber amoureuse.

[Dîner d'anniversaire]

J'ai fini mon sandwich à la maison, en surfant sur l'internet. Apparemment, ma disparition n'avait gêné personne. Ils avaient mangé des hot dogs, et semblaient assez contents de leur soirée du 19 août.

Le lendemain, j'ai sorti les gâteaux de non-anniversaire pour le goûter. La bouteille de champagne est toujours dans le frigo.


[J'avais écrit un méchant billet, tout aigre comme un vieux citron, centré sur celui qui ne veut pas fêter les anniversaires, qui n'aime pas faire la fête et m'a gaché la mienne, et puis je me suis rendu compte que juste coucher sur le papier l'écran mes rancoeurs me suffisait, je n'avais plus vraiment besoin de les partager avec le www. Et tant mieux!]

Saturday, August 18, 2007

New Hamphire

.Alors, bien sûr, j'avais emporté mes livres pour bosser. Cette semaine représentait ma dernière chance pour préparer mes cours avant la rentrée. Je m'étais même dit que je me réserverais une heure par jour, ce n'est pas la mort, une heure, je devrais y arriver, tout de même.

Mais pas une seule journée ne m'a cédé cette heure promise. Il y avait trop à faire.

Nager dans la rivière.

Préparer des petits déjeuners pantagruéliques (et ne pas en laisser une miette). Jouer de la guitare dans le jardin (bon, ça bien sûr, ça ne m'a pas pris trop de temps, étant donné que ce n'est pas moi qui en joue, de cet instrument qui rythme, bon gré mal gré, mes journées...).

Acheter du fromage français et des crèmes exquises pour adoucir la peau dans les boutiques de Concord. Faire du voilier sur le lac Sunapee.

Faire des tartes aux myrtilles. Déjeuner sur le porche.

Boire des Vodka Tonic au soleil couchant. S'allonger dans l'herbe pour regarder les étoiles filantes. Aller passer la journée au bord de la mer et ramasser des coquillages.

Tracer le chemin du retour sous des orages gris et des éclairs oranges. Aller cueillir des légumes dans le jardin sauvage des voisins. Lire (mais surtout rien qui soit au programme de mon cours de littérature). Et parler, parler, pendant des heures douces qui coulent comme de l'eau, profiter des moments calmes et lumineux de cette fin d'été pour rendre durables, solides, mes liens avec Else, celle qui a été pendant un an une voisine, puis une amie, un soutien et un refuge. Celle qui nous a accueillis avec simplicité et affection, celle qui nous a ouvert sa maison et son coeur, celle à qui je dois la découverte de la Nouvelle Angleterre. Et tant d'autres choses.

Monday, August 13, 2007

Un an


Un an qu'il vogue sur les cyber-eaux, avec des passages à vide et des grandes vagues d'écriture. Merci une fois de plus à Christie, sans qui ce blog n'existerait pas. Merci à vous, mes lectrices (y a-t-il des mecs dans la salle?), les habituées et celles de passage, avec qui j'ai tissé des liens qui me sont devenus chers (j'ai un "attachment disorder", comme dirait ma chef).
Et pour fêter ces 12 mois de blogage, ces 114 billets et tous vos commentaires, je lui donne quelques jours de repos, à mon petit blog, le temps d'aller faire un tour en Nouvelle Angleterre (je vais essayer d'éviter les mauvaises rencontres, il paraît que le coin est mal fréquenté en ce moment). Je reviens vite!

Sunday, August 12, 2007

Vacances en France


Chaque année à la même époque, je pique ma crise. Je dois aller en France cet été. Je le dois, je ne peux pas faire autrement, je ne survivrai pas, il le faut. Pour les enfants aussi, c'est indispensable, la langue, l'immersion dans leur langue maternelle, le contact avec la famille. Je dois, nous ne pouvons pas, tu ne comprends pas, j'irai!

Et chaque année, nous partons en France pour l'été. Bien sûr, une fois déboursée la somme astronomique (chaque année un peu plus) pour les billets d'avion, pas de folie, nous restons dans les maisons qui nous ouvrent grandes leurs portes, pas d'aventure dans les coins de France inconnus, pas de voyage autre que celui de la 20: Paris-Toulouse, ça nous connaît. Les contraintes financières et la pression familiale font que nous ne varions guère nos lieux de villégiature. Bien contents, me direz-vous, d'avoir tant de points de chute, tant de seuils hospitaliers à franchir! Ce sont mes repères, ceux auxquels déjà s'accrochent mes enfants, qui attendent chaque année avec impatience le retour aux sources (les miennes, les leurs)

Et pourtant, chaque année, une fois sur place, vient le moment où me titille la question: est-ce vraiment indispensable? Cette année en particulier, parce que j'ai été archi-gâtée, c'est mon troisième voyage en terre natale. Alors? Tant que tout notre budget vacances ira vers le retour dans le cocon familial, nous ne pourrons nous permettre de voyager (j'ai fait une entorse cette année, en solo. More about that later...) La Crête, notre rêve depuis quelque temps, continue d'attendre son tour dans le carton des projets mis de côté. L'achat d'une maison n'autorise aucun extra (et c'est bien pour cela que je suis fondamentalement contre, mais passons, ce débat est mort).

Alors, les vacances? Ah, c'était bien.

Mon projet était de lire beaucoup, et je m'y suis plus ou moins tenue. Et aussi: nager, même quand le temps était moyen; manger, surtout du fromage, une cure pour tenir jusqu'à l'année prochaine, de l'izard aussi, à la demande expresse de mon fils aîné qui sait apprécier les bonnes choses (sauf le fromage); se balader en montagne, et tester la resistance des petits Américains (qui ne s'en sont pas trop mal sortis, il faut bien le dire. L'année prochaine, on tente quelque chose de plus pentu. Ah, m'y voilà déjà!); se replonger dans les histoires familiales qui poussent et s'épanouissent avec la vigueur des mauvaises herbes (je suis contente d'avoir transplanté ma vie suffisamment loin pour en souffrir le moins possible); revoir ceux que j'aime, ceux que nous aimons, et nous apercevoir que parfois le temps ne compte pas. Reprendre une conversation comme si nous nous étions quittés la veille.
Les plus forts, pour ça, ce sont les enfants. Ces quatre-là se connaissent depuis qu'ils ont 3 mois, se retrouvent tous les ans et renouent leurs liens avec le naturel de ceux qui ne sont jamais vraiment éloignés. Je redoute les obstacles que l'adolescence mettre sur le chemin de leurs faciles échanges.



[La réponse est bien sûr: Oui, ce voyage est indispensable. Il m'est d'autant plus facile de l'affirmer que je suis de retour en Amérique et que mon pays me manque déjà.]

Friday, August 10, 2007

Swimming

Je suis un signe de feu, un pur lion (1), et pourtant, mon élément de prédilection, c'est l'eau. Nager, comme dormir: plaisir et nécessité.


Cette année, Paolo s'est enfin décidé à apprendre (au bout de tant et tant de leçons de natation...), et je suis moins tenaillée par l'angoisse de le voir perdre pied. Il ne nage pas tout à fait, mais se débrouille pas mal, à condition qu'il ne panique pas (dès qu'il perd confiance, il coule à pic, alors je le cantonne dans les eaux où il a pied, et je reste à proximité). J'imagine qu'il est arrivé au point où il est "enfin prêt". Comme pour la lecture, comme pour les échecs, je devrais avoir compris pourtant: Paolo n'apprend qu'au moment où il est prêt. A son heure à lui. Contrairement à son frère, qui ne demande qu'à engranger le savoir, tous genres de savoir, Paolo choisit son rythme et son moment, et il est inutile de vouloir lui forcer la main. J'ai longtemps essayé de lui apprendre à lire, mais ça ne l'intéressait pas. Quand il s'y est mis, c'est venu rapidement, en anglais un peu mieux qu'en français, mais avec une aisance qui dénotait une longue préparation intérieure.

Dudie s'entraîne aux plongeons, voire aux sauts périlleux (que son père pourtant lui a interdits), avec tellement de vigueur qu'il est allé s'écraser le nez contre le fond de la piscine, il y a deux jours. J'ai dû le sortir de l'eau avant qu'il n'y répande des flots de sang. Un vrai bonheur.


Nous y passons une à deux heures par jour, dans cette piscine qui est maintenant si près de chez nous. Et je me demande pourquoi je n'ai guère le temps de me mettre à bosser, je m'interroge sur les heures qui s'envolent...

Je nage. La lumière liquide au-dessus de ma tête efface le décompte. Je nage.





(1) (Lion ascendant lion, paraît-il... Mais on m'a dit aussi que j'étais ascendant verseau, ce que je croirais bien plus volontiers.)


Thursday, August 09, 2007

Vraiment de retour

I am baaaaack!
Enfin, je suis re-connectée, téléphone et surtout internet à ma disposition (Accio WWW!), je reprends contact avec le vaste monde. Cela fait trois soirs que je surfe avec tellement d'euphorie que je ne lis rien en entier, je papillonne avec ivresse et essaie de rattraper mon retard (plus d'un mois, aaarrrrggghh, le cybermonde a continué à tourner pendant que j'étais en vacances. Hmph.)

Curieux tout de même de constater que, durant mon séjour en France, la-dite cyber-sphère m'a si peu manqué alors qu'à peine rentrée, ma curiosité m'a fait tourner (en bourrique) autour de l'ordinateur vite installé dans la nouvelle maison, mais pas connecté (les "brancheurs" ont pris leur temps avant d'arriver jusqu'à chez nous). Cette privation m'a permis de bien avancer dans l'installation, mais il est vrai que depuis le début de la semaine, nous avons tous ralenti le rythme. L'essentiel est fait, mais il reste des cartons à ouvrir, des paperasses à trier, la terrasse à balayer (c'est fou comme je peux remettre de jour en jour une tâche aussi simple et qui me prendrait à peine 5 minutes) et nous n'avons toujours rien décidé en ce qui concerne l'achat d'une table pour la cuisine.

[Cartons le premier jour... Nous avons progressé depuis]

Nous y sommes bien, dans notre nouvelle demeure. Les garçons ont pris leurs marques tout de suite, l'homme joue de la guitare nuit et jour sans avoir à se soucier des voisins, je suis la seule à avoir quitté l'appartement avec regret. J'aimais sa clarté.

[Dernière nuit dans l'appartement]

Il ne faut pas exagérer: j'adore cette maison, toute vieille et pleine de défauts. Le jardin est une merveille, et il y a une cheminée!!! Si nous ne déménageons pas à nouveau avant l'hiver, nous ferons des flambées d'ici quelques mois... Mais pas d'attachement sentimental inutile: nous n'avons cette maison en location que pour 11 mois. Il va falloir se remettre sérieusement en quête d'une maison à acheter!

En attendant, je profite ...


Thursday, August 02, 2007

Le retour

Mercredi 25 juillet: Pourquoi mes cuillères me semblent-elles si peu familières? Quelqu'un les a-t-il changées en mon absence? Ou alors le fouillis autour de moi altère-t-il mes repères? Je n'ai pas l'impression d'être de retour chez moi.

Jeudi 2 août: Trois jours après notre retour, nous avons déménagé. Pas le temps pour le jet-lag. Les cartons nous submergent, nous engloutissent. Une fois notre bazar déposé dans la nouvelle maison, commence le tri, ce qu'on garde, ce qu'on jette, ce pour quoi on n'a vraiment pas la place. L'homme de la maison veut jeter ma collection de sacs en papier (j'avoue un peu honteusement que j'ai un attachement maladif à mes sacs, en particulier les sacs Petit Bateau, DPAM et Princesse TamTam), il a fallu que je me batte. Je cherche encore une cachette sûre.

Pas d'internet à la maison, un emploi du temps (ouverture de cartons, ménage et rangement) chargé et une grosse fatigue (le jet-lag m'a sournoisement rattrapée), il est difficile de blogger ces jours-ci... Je reviens vite, il me tarde de vous retrouver!!