Je suis assise au bord de la piscine, et je me peins les ongles des pieds. C'est tout à fait inhabituel. J'ai récemment découvert ce petit flacon de vernis à ongles dont j'avais oublié que j'étais l'heureuse propriétaire , et j'ai décidé d'en faire bon usage. Cet été, je me suis mise à porter ces sandales que j'avais achetées l'année dernière à Mimizan pour aller à la plage. Il est tout à fait contre mes principes de porter des sandales (ou de montrer mes oreilles). J'ai décidé il y a belle lurette que mes orteils n'étaient pas montrables. Mes orteils sont ... the opposite of cute toes.
Mais, pour une raison indéterminée (je vieillis et ne cherche plus à séduire personne?), cet été j'ai décidé que dévoiler mes orteils était de l'ordre du possible. Peut-être me suis-je persuadée que personne ne regarde mes pieds (je ne regarde jamais les pieds des gens, moi). Peut-être était-ce ma façon de marquer mon indépendance face aux jugements critiques qui pourraient être portés sur moi. Peut-être qu'il faisait trop chaud pour porter des chaussures fermées.
Je suis assise au bord de la piscine, et je me peins les ongles des pieds, espérant vaguement que la couleur détournera l'attention de la forme de mes orteils. Le résultat n'est pas vraiment spectaculaire. Le vernis déborde ici et là et je me débrouille pour m'en mettre plein les doigts. Je n'arrive pas à empêcher mes orteils de se cogner les uns dans les autres et de partager leur vernis entre eux (évidemment, je n'ai aucun accessoire adéquat pour les maintenir en éventail). La surface de mes ongles est loin d'être polie, il semble que d'étranges grumeaux se soient formés malgré ce qu'affirme l'étiquette sur le flacon.
Je passe en revue d'un oeil critique le résultat si peu satisfaisant. Les garçons sortent de l'eau et me dégoulinent dessus pour attraper leurs serviettes.
- Qu'est-ce que tu fais?
- Ben, tu vois, je me peins les ongles.
Silence perplexe.
- Pourquoi faire?
- Pour faire joli.
Re-silence. Ils contemplent mes orteils.
- Moi, je ne trouve pas ça joli.
L'aîné nuance:
- C'est pas que c'est pas joli, mais je pense que c'est un peu ridicule.
Je passe en revue d'un oeil critique le résultat si peu satisfaisant. Les garçons sortent de l'eau et me dégoulinent dessus pour attraper leurs serviettes.
- Qu'est-ce que tu fais?
- Ben, tu vois, je me peins les ongles.
Silence perplexe.
- Pourquoi faire?
- Pour faire joli.
Re-silence. Ils contemplent mes orteils.
- Moi, je ne trouve pas ça joli.
L'aîné nuance:
- C'est pas que c'est pas joli, mais je pense que c'est un peu ridicule.
Rien à dire. Leur honnêteté est un miroir sans ombre.
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5 comments:
Moi j'avais eu la même réflexion de mon jeune demi-frère à propos du trait de crayon noir sous les yeux: "ça te fait des yeux étranges"!! Mon interprétation: 1) de manière générale il y a parfois incompréhension entre les subtilités des mises en valeur féminines et l'oeil totalement dénué du sens du détail chez un certain nombre de ces messieurs 2) autant les petites filles ont envie d'avoir une Cendrillon comme Maman, autant cela ne réveille sans doute aucun écho chez un tout jeune homme. Moi c'est mon plaisir de l'été le vernis sur les pieds, ça me fait du bien de voir de jolis couleurs sur mes pieds, c'est ma parcelle de jardin cultivée ! Et tant pis pour ceux qui trouvent ça sans intérêt/ridicule, z'ont qu'à regarder ailleurs:-)
Un bon truc pour ecarter les orteils: tu prends un kleenex que tu vrilles et tu le passes entre tes orteils (dessus dessous). Bon c'est pas tres clair mon explication... :-)
merci pour le truc, Maurine !
c'est dans ces moments-là qu'avoir une fille doit vous manquer.. car mes filles à moi ne trouvent pas du tout ridicule les ongles peints, Chimène me supplie de les lui faire et Alma sait très bien que cela viendra quand elle sera "grande", c'est-à-dire quand elle se passera de tétine pour dormir (faut bien trouver des carottes !)
Ah, oui, Maurine, j'ai bien besoin de conseils pratiques de ce genre, merci!
Bah oui, pas de fille, pas de complicité en ce qui concerne les pomponneries et autres trucs typiquement féminins. Mes hommes (tous les trois) se serrent les coudes pour ricaner de moi et de mes coquetteries (quand l'envie me prend d'être coquette, ce qui est plutôt rare) et la meilleure plaisanterie qu'ils connaissent, qui les fait se tordre à chaque fois est celle de "Maman se perd dans les supermarchés". Grmph.
Quel bonheur de te relire, lola...
Oh oui cultive cette féminité... ma belle mère qui avait 4 garçons s'est privée de ce don, comme si c'était une honte.
Aujourd'hui je bataille avec mon homme pour qu'il accepte la mienne.
Heureusement ma fille, malgré son père et ses 4 frères, commence à revendiquer sa féminité, et me surprend par ses demandes marquées(maquillage, oreilles percées)...
Au fait, avec beaucoup de retard,je te souhaite un bon anniversaire (j'ai versé une petite larme au récit du 19 août). Je soufflerai mes 36 bougies dans 3 mois...
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