Monday, May 23, 2011

Bientôt les éclaircies?

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Les pieds mouillés et la tête dans les nuages. Je ne compte plus les jours de pluie - ils se suivent sans interruption - mais je tiens le compte des quarts d'heure de soleil - samedi, tu sais, entre 10 heures et quart et 10 heures et demie.

Trois personnes différentes m'ont dit la semaine dernière que quelque chose avait changé, que j'avais l'air moins stressé, que je paraissais plus sereine, que mes couleurs étaient revenues. C'est incroyable comme ça fait du bien à attendre. Je me suis rendu compte que c'était certainement vrai, malgré le printemps de chien trempé et la maison à vendre et l'état de débordement permanent qui est mon quotidien. Pas moyen de comprendre pourquoi, quand, comment. Le Catalan, lui, avait une explication: "C'est parce que tu as pris la décision de partir en France cet été. Rien que l'idée, te voilà mieux." Et il a raison, comme pour beaucoup d'autres choses.

Bon, bien sûr, il a fallu que Paolo fasse des siennes, histoires de ne pas me laisser remonter la pente trop haut. Un coup de poing reçu, deux donnés (fort), l'autre gamin rentre à la maison avec des marques (que les parents prennent en photo pour les envoyer au directeur) (on est aux US, quand même), un coup de fil de la maîtresse et voilà mon weekend foutu en l'air, à craindre le renvoi pur et simple. Mon angoisse génère celle du délinquant, qui n'arrive plus à dormir; mes craintes me rendent hargneuse, et les siennes le transforment en pile électrique. Quand arrive lundi matin et la perspective d'un passage dans le bureau du directeur, nous sommes l'un et l'autre complètement survoltés. Avant même d'arriver à l'école, nous nous sommes débrouillés pour avoir trois gros clash. Je le dépose devant l'entrée de l'école, et il refuse de me faire un bisou. Le ventre noué, je pars enseigner. Sympa les premières heures quand la tête est de l'autre côté du bâtiment (heureusement, en ce moment on boucle l'année avec un lipdub dans ma classe de AP).
Le même weekend, le fils d'Else disjoncte lui aussi (mais c'est plus grave, parce qu'il a 31 ans). Elle est dans un tel état d'inquiétude et de désespérance que mes petits soucis me paraissent insignifiants, à côté. Être renvoyé d'une école, bon, ce n'est pas la mort, il y en a d'autres, écoles!

Finalement, Paolo s'en tire avec une suspension d'une demi-journée, passée dans la salle de réunion à côté du bureau du directeur. Il y a déjeuné, puis pendant les trois heures suivantes, il a bossé tout seul sur les devoirs fournis par la maîtresse. Il avait l'air plus soulagé qu'autre chose, quand je l'ai récupéré (et moi aussi) (ça ne nous a pas empêchés de nous prendre immédiatement le bec à propos des devoirs).

Maintenant, je voudrais reprendre ma pente ascendante (et mes couleurs). J'aimerais bien me débarrasser de la menace "S'il recommence avant la fin de l'année...", mais avec Paolo, il est impossible de savoir. L'imprévisibilité faite enfant.
En tout cas, j'ai appris que c'était possible, de commencer à reprendre du poil de la bête.

9 comments:

verveine said...

Je te souhaite de retrouver toutes tes couleurs très vite (c'est fou qu'il pleuve autant vers chez toi alors qu'ici c'est déjà la sècheresse!)
Je compatis de tout coeur avec tes soucis de maman. Pour moi non plus ce n'est pas très facile en ce moment, avec une petite fille un peu dure et hier des reproches (fondés) en allant la chercher chez la nourrice. Je connais ce sentiment de stress quand on va chercher son enfant et qu'on se demande encore ce qu'on va nous dire... Je connais aussi le découragement qui tombe sur nos épaules et nous accable quand à nouveau notre enfant "a dérapé"...
Il faut essayer de garder en tête que les bons moments finissent toujours par revenir...
Bises ensoleillées de Lyon!

Myosotis said...

Lola, tu te souviens de déboires de mon délinquant à moi il y a 3 ans à pareille époque de l'année ? Regarde la photo de mon billet http://tatinic.typepad.fr/myosottises/2008/04/heartstorm.html
C'est fou, non ?
Je t'embrasse en couleurs ;-)

Lola said...

Ah, Myosotis, c'est incroyable! Je me souvenais très bien de Quentin et de ses casiers, mais j'avais oublié la photo! Ah, ces grimpeurs d'arbres, ils nous en font voir des vertes et des pas mûres ... J'espère que mon Paolo trouvera son équilibre comme ton grand garçon à toi (qui a les boucles de mon aîné, c'est rigolo!) J'ai relu ton billet, j'y ai retrouvé mon commentaire et je me suis sentie moins seule.
Et malgré ce sentiment que Verveine décrit si bien, cette appréhension terrible du "Qu'est-ce qu'il a encore pu bien faire, cette fois-ci?", j'avance un peu plus sereine.
Merci les copines de partager avec moi vos soucis de mamans!

Marie said...

Et dis donc, tu ne passerais pas par Paris cet été par hasard?!
Je te souhaite en tout cas plein d'éclaircies d'ici là :)

Lola said...

Peut-être, Marie, ce n'est pas encore certain (j'irai peut-être directement sur Toulouse), mais en tout cas, je sais que j'ai un bon à utiliser à Paris, alors je vais tout faire pour y passer au moins un jour! :)

rb said...

Je suis contente que malgrès tout le moral sois là !
Mon fils n'a que trois ans et je trouve ça "facile" (avec de gros guillemets quand même !) en comparaison avec les ados. Il ne me tarde pas qu'il grandisse ;-)

Akynou said...

Voilà un billet que j'aime :-)
Et tu me tiens au courant de ton emploi du temps. Parce que dans mes pérégrinations, je pourrais essayer d'aller te voir :-)

Lola said...

Dès que j'en sais plus, Akynou, je te le dis!

l(ady) Bernadette said...

Cela m'a beaucoup aidé de lire vos expériences et ressentis de mamans auxquelles on renvoie que l'enfant n'a pas une attitude dans la norme et pire ne serait pas dans la norme, cela m'a permis de déculpabiliser (pas un mince bénéfice!!).
Et je me suis habituée au fait qu'avec trois enfants de 3, 8 et 9 1/2, il sera nécessaire chaque jour de ne pas se décourager mais d'accompagner chacun dans ses différences (trois fortes personnalités) en maintenant les limites: finie la famille idéale, en avant la vivante!!
Il reste le rêve des vacances!