Je connais peu de choses aussi tristes qu'une histoire d'amitié qui sombre. Un amour qui finit est déchirant, douloureux, insupportable, la brutalité du bouleversement que ce changement entraîne fout tout en l'air. Une histoire d'amitié qui s'achève est juste triste - triste à pleurer, triste à mourir.
Je n'arrive pas bien à comprendre, je ne cherche pas non plus beaucoup en fait. Peut-être ai-je peur de trouver quelque chose de simple et trop trivial. Peut-être, bien que je m'en défende, suis-je en partie à l'origine de l'éloignement, vite transformé en gouffre. A partir du moment où je n'ai plus joué le jeu, j'ai perdu mon droit de cité. J'ai été exclue - et remplacée. Ha! Par celui-là même qui avait fait l'objet de tant et tant de nos conversations.
Je ne retrouverai jamais ce que j'ai perdu, cette familiarité, cette aisance, cette proximité. Cette entente. Je suis surprise d'être blessée - et triste -, mais pas bouleversée. C'est là que je vois que je suis véritablement en train de reconstruire ma vie, sur de toutes autres bases. Je commence à peine. Autour de moi, ces nouveaux visages, ces énergies positives, l'envie de découverte, de voyages, plus rien ne me retient.

7 comments:
ce post me touche beaucoup j'ai perdue une amie du lycee comme ca il y a qlqs annees.les memes sentiments aussi...elle me manque de temps en temps..mais moi aussi j'etais en plein changement...
Oui c'est triste. J'ai vécu une rupture d'amitié brutale et mesquine il y a près d'un an et j'y pense encore souvent avec tristesse, jusqu'à me demander si je n'étais pas la seule à croire en cette amitié.
Mais, dans ton cas, l'important c'est ta métamorphose.
Moi aussi ce post me parle beaucoup. Les fins d'amitié me font beaucoup de peine. Un ami d'enfance qui m'était très cher a coupé les ponts il y a vingt ans après ses classes préparatoires au moment où il a intégré son école. On s'est revus une seule fois de manière assez impersonnelle quand lors d'un retour inopiné j' ai accompagné mes parents invités à dîner chez les siens. Il est arrivé en fin de soirée avec sa compagne de l'époque mais on ne sait rien dit que de très banal. Je lui ai écrit plusieurs fois mais je n'ai jamais envoyé aucune de ces lettres. Il m'arrive encore d'en faire des cauchemars. Le fait de n'avoir compris pourquoi il avait coupé tout lien avec moi est resté une grande souffrance. Même si je me doute qu'il n'y avait probablement pas de raison particulière. Il n'avait tout simplement sans doute plus envie de poursuivre notre amitié. Une fois son père m'en a parlé me disant qu'il n'avait pas compris pourquoi moi et son fils qui étions si proches, avions cessé de nous voir. Je n'ai pas su que dire sinon que j'aimerais beaucoup le revoir. Mais il n'y a pas eu de suite... Pourquoi je raconte tout ça moi?
Longue et heureuse nouvelle vie à toi
Tu racontes tout cela parce que tu en as besoin, parce que la peine n'est jamais passée, parce que la blessure est toujours vive ...
J'ai eu plusieurs ruptures brutales, comme la tienne, dans ma vie, et je ressens encore, après tant d'années, la cicatrice de cette douleur ancienne. Ce qui m'arrive aujourd'hui est un peu différent, c'est un éloignement progressif, comme une dérive, avec tout d'un coup un tournant abrupt.
J'ai perdu quelques amies en changeant de vie (professionnelle essentiellement, mais l'écriture aussi), celles qui n'ont pas compris. Celles-là ne me manquent pas, sans doute parce que je ne suis plus la personne insignifiante qu'elles appréciaient (sans doute qu'elles se sentaient valorisées).
De nouvelles personnes, c'est très bien aussi.
En revanche une amitié intime disparue de façon stupéfiante et à l'époque inexplicable (j'ai glané des éléments de réponse entre temps) m'a laissée, me laisse encore, très désemparée et m'avait mise en danger plus qu'un chagrin d'amour (que j'essuyais aussi, d'ailleurs à la même époque). J'en ai peut-être déjà parlé mais c'était pour confirmer combien j'étais d'accord avec ce que tu dis dans le billet.
Tiens, le commentaire précédent semble être parti sans que j'aie pu m'identifier.
Gilda, j'ai suivi, cru comprendre, lu (parfois entre les lignes) l'histoire de cette disparition. Je pensais aussi à toi en écrivant ce billet.
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