Wednesday, March 21, 2007

Mercredi 21 mars: I'm back


Deux mots (anglais) pour qualifier mon retour (s'appliquent à tous mes retours, en fait):
Jet-lag
Crankiness

Je suis fatiguée, de mauvais poil, je vois tout en gris et lorgne mes valises en pagaille d'un méchant oeil.
L'homme de la maison a "fait tout le ménage" avant mon retour (clame-t-il haut et fort), et moi je vois des miettes partout, des trucs moisis dans le frigo, une épaisse couche de poussière sur les étagères. Je fais une remarque désagréable sur le contenu du frigo, et je m'en veux tout aussitôt (il avait préparé le repas pour mon arrivée, acheté un bouquet de fleurs avec des freesias que j'affectionne particulièrement et fait une carte de "Welcome back" avec les garçons. Quelle raison, vraiment, de faire ma méchante?)

Ce matin, re-belote, longue engueulade à propos des enfants (après leur départ pour l'école). J'ai du mal à entendre, une fois de plus, "Avec moi, aucun problème le matin, tout se passe toujours bien, Paolo ne fait jamais de crise. Ce matin, c'est parce que tu étais de retour qu'il a fait une scène au moment de partir, il n'a jamais fait ça de toute la semaine, d'ailleurs, tu as vu, ça s'est arrêté tout de suite quand je suis intervenu!" Retenez-moi, je vais lui balancer quelque chose à la figure.

Nous avons toujours du mal à nous retrouver. Il est au mieux distant, quelquefois carrément désagréable quand je lui téléphone de loin. Je lui en veux du goût amer de nos (courtes) conversations à distance.
Et lui, m'en veut-il de partir seule? Il n'agirait pas autrement si c'était le cas, et pourtant je sais qu'il aime être sans moi de temps en temps, sans mes "diktats" en matière d'horaire, de propreté, de game boy (à entendre les vagissements désespérés des garçons quand j'ai mis mon veto tout à l'heure, ils ont dû jouer très souvent sur leurs game boy en mon absence ...)
Je sais aussi que nous nous recallerons, au bout de deux ou trois jours. Mais, là, tout de suite, nous sommes hérissés de piquants, l'un et l'autre.

[Heureusement, je vous ai retrouvés, vous qui m'avez laissé des mots gentils en mon absence, et je peux vous le dire, à vous: ça fait du bien d'être de retour! Merci à vous ...]


[Il a neigé en mon absence, et même beaucoup: les garçons ont fait de la luge, le week-end dernier. Il reste un peu de neige, qu'on aperçoit par la fenêtre ... ]

9 comments:

Anonymous said...

Yesss, te voilà revenue :-) C'était looong... :-) Encore une fois (cela en deviendrait presque lassant), je me retrouve dans tes messages. L'année dernière, entre mes allers retours hebdomadaires entre Parme et Bruxelles, je revenais toujours hérissée, sur le qui-vive, à l'affût de la moindre poussière, de la moindre lessive en attente de repassage, intransigeante, difficile.... Et le temps de nous "recaler" comme tu le dis si bien, j'étais déjà repartie....

Anonymous said...

Hé hé, ça fait quelques jours que je guettais ton retour...
Mon homme rentre, lui, demain après 10 jours d'absence et j'ai rangé la maison de fond en comble, ou plutôt j'ai rangé superficiellement comme j'ai pu, parce que je sais que nos retrouvailles en seront adoucies...
Et je vais consacrer une demie heure à déforester mes jambes...
C'est bon de se préparer ainsi, et pourtant je sais qu'indubitablement, il y aura quelque chose de mêlé, de joie et d'amer, d'attente et de déception... et surtout de grande frustration de ne pas pouvoir se dire un mot avant que les enfants ne soient couchés!
Je trouve quand même que ton homme est formidable d'avoir ainsi préparé - comme il pouvait - ton retour. Ses petites remarques assassines " quand t'es pas là, tout se passe bien " sont peut-être une manière de te montrer qu'il a sa place, qu'il sait la prendre, et que peut-être parfois tu ne la lui laisses pas assez...
Bon temps de réajustement mutuel!

camille said...

bonne réacclimatation !
(elles ont été sages tes chaperonnées ?)

Anonymous said...

Pas toujours facile, les retrouvailles.. Nous on est heureuses de te ravoir à l'écrit..

Moi non plus je n'en pouvais plus de ces conversations comme tu dis, au téléphone.. alors comme j'ai besoin de garder le contact quotidien, je me suis mise à écrire des lettres à Nico, tous les jours, quand on est loin. Je l'ai fait une fois, pendant 15 jours - lui ne m'a pas répondu, mais nos coups de fils étaient plus chaleureux, comme si je n'avais plus besoin de me déverser sur lui en direct, puisque je l'avais déjà fait par écrit.. depuis je me sers des lettres ou des mails, souvent

Lola said...

Oui, retrouvailles douces-amères, chez vous comme chez moi ... Téléphone difficile, rancoeurs un peu floues, vous connaissez aussi. Et ça fait du bien de vous entendre!
Laurence, seule avec tes 5 pendant 10 jours, ça n'a pas dû être de tout repos! Engage toute ta progéniture pour "préparer la maison pour le retour de papa", transforme son retour en fête pour obtenir leur contribution au grand rangement (j'ai compris que mon homme avait utilisé cette stratégie ici, et ça a très bien marché ...)

Lola said...

Et puis aussi: les lettres, oui, je lui en écrivais, au tout début, et souvent, même si nous vivions presque ensemble et nous nous voyions tous les jours. J'ai arrêté et je devrais peut-être reprendre.
Et, et ... j'ai mis sur ma liste des livres à acheter un bouquin sur le couple qui m'a été chaudement recommandé durement mon séjour en France. Dès que je l'achète et commence à le lire (soon I hope), je donnerai des nouvelles ...

Anonymous said...

Aie aie aie... les retrouvailles furent atroces.
Les 10 minutes de ce matin furent consacrées à son blog préféré (qu'il avait eu le loisir de lire toute la semaine).
Ce soir ce fut une accumulation de reproches. Désastreux...
J'ai le moral dans les chaussettes!

Lola said...

Oh non! Douces-amères, OK, mais atroces ... Je crois qu'il est temps, Laurence, de t'offrir un petit moment à toi, rien qu'à toi, un petit plaisir en solitaire, une balade, un ciné, un verre à la terrasse d'un café, et de lui dire gentiment, mais clairement: "Je t'ai attendu, tu m'as manqué, maintenant que nous nous sommes (pas très bien) retrouvés, c'est mon tour de m'absenter". Histoire de marquer le coup. Et de te remonter le moral!

Anonymous said...

Bonne idée,mais ce WE ça va être dur (WE un peu marathon comme je les redoute...)
J'ai aussi des moments de plaisir à moi, heureusement! Notamment le plaisir d'apprendre, grâce aux études que je commence, et qui me procurent des vrais moments de jouissance... Mais c'est vrai que j'ai besoin aussi d'un temps gratuit pour rien, et ça je n'ai jamais (par ma faute hein, c'est mon incapacité à jouir pour moi...)
Merci pour tes bonnes paroles réconfortantes!