Monday, February 18, 2008

Valentines (suite)

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Même si on est passé de la fête des amoureux à la fête de j'aime-tout-le-monde (avec avalanche de bonbons), il n'en reste pas moins que les hommes sont ici tenus de ne pas oublier leur chère et tendre en ce jour bordé de rose. (Voire leurs filles, s'ils en ont. Ou leur secrétaire. Ou n'importe quelle représentante de la gente féminine avec laquelle ils sont amenés à être tant soit peu en contact).
Mais le plus important, donc, c'est d'honorer la femme qui partage leur vie. Jeudi soir, après l'école, je croyais en avoir fini avec toutes ces mièvreries, mais que nenni. Au supermarché du coin où j'étais allée faire trois courses, j'ai trouvé le parking étonnamment rempli d'hommes. Tous un bouquet à la main. Et à l'intérieur, ils étaient venus, ils étaient tous là.

Le papa et son fiston encore en kimono de karaté, qui attendent patiemment (le gamin frissonnait) que la vendeuse finisse d'emballer les fleurs avec les rubans et les coeurs appropriés.
Le beau gosse, son portable à l'oreille, qui triture les roses blanches (la fleur de l'amour, ici, c'est l'oeillet rouge. Mais, lui, visiblement too cool for school, il ne peut pas faire comme les autres), en prend une, la repose, en prend une autre...
Celui qui avait oublié (comment peut-il?...), et qui, l'air très contrarié, choisit le bouquet le plus cher en espérant que ça suffira. Pas le temps d'aller au Mall pour un petit cadeau. Quelle galère se lit en toutes lettres sur son visage.
Le jeune père de famille qui projette un bon petit repas et laisse son bébé détruire méthodiquement les marguerites posées à côté de lui dans le chariot.
L'adolescent mal à l'aise, qui erre, l'air sombre, devant l'étal des boîtes de bonbons spécial Saint Valentin, se décide tout d'un coup, saisit une énorme boîte en forme de coeur, fonce vers les caisses en priant pour que personne ne le reconnaisse, ne l'interpelle ou se moque de lui.
Les deux pépés qui choisissent des cartes pleines de coeur et les commentent bien fort.

Et moi avec mon yaourt nature pas sexy, mes endives et mes carottes. Et du produit vaisselle. Il faut bien que quelqu'un aille à contre-courant de toute cette amourosité, non? Sinon, on finirait par être noyés dans le rose bonbon. (J'ai toujours détesté le rose).

4 comments:

Froguette said...

Et l'Homme, il a failli a la tradition?

Anonymous said...

C'est étrange moi je suis contre le déballage de la Saint Val, et pourtant à chaque fois qu'on ne la fête pas, c'est-à-dire tous les ans, le soir je ressens un petit pincement au coeur, et je me demande "et nous, on s'aime ?"

Anonymous said...

et toi tu as eu tes fleurs ou pas?
moi j'ai eu un gros bouquet en arrivant au boulot , livraison surprise, je t'avoue que même si je pense que ça sert rien de forcer les amoureux à se dire "je t'm" j'ai été tres touchée oar ce geste.

Lola said...

L'Homme m'avait demandé, d'un air faussement désinvolte, quelques jours avant: "On fait quelque chose pour la Saint Valentin?" (visiblement, il a retenu quelque chose du désastre de mon anniversaire...)
Mais comme j'ai répondu, d'un air féroce: "Surtout pas!", il se l'est tenu pour dit. Ce jour-là, quand je suis rentrée à la maison, il m'a donné un collage qu'il avait fait avec les restes des papiers que les garçons avaient utilisés pour leurs valentines: des coeurs. J'aurais pu être touchée, mais comme d'habitude, j'ai vu dans son geste plus une concession à mon "excessive sentimentalité" qu'une véritable marque de tendresse. Et puis, j'étais fâchée contre lui, pour je ne sais plus quelle raison...
Mon collègue m'a offert un oeillet rouge, et j'ai été très contente d'avoir ma fleur, malgré tout.