Wednesday, August 06, 2008

Retour

Qu'il est difficile de rentrer. Le retour a exactement le même goût que les céréales que j'ai retrouvées, à leur place, dans leur emballage habituel, un peu passées, un peu "éventées": elles ont perdu leur fraîcheur, et je ne peux m'empêcher de leur trouver un arrière-goût de poussière, même si je sais que c'est dans ma tête (comment, en trois semaines, la poussière pourrait-elle s'être infiltrée a l'intérieur d'une boîte bien fermée?...)

L'homme a travaillé comme un damné en notre absence, et presque tous les murs de la maison (y compris l'intérieur des placards) sont peints. Il me fait remarquer que c'est du travail quasi-professionnel (je veux bien le croire, vu le temps qu'il a passé sur chaque mètre carré ...) et s'agace de mon manque d'enthousiasme délirant. Je m'attendais à des bordures rouges dans le couloir (il m'avait consultée par téléphone) et je les retrouve blanches sans crier gare. Il me fait admirer le superbe luminaire qu'il a acheté pour notre chambre, et je grimace parce qu'il a choisi une ampoule "économie d'énergie" qui projette la lumière crue et glaçante d'un néon. Et puis je vois qu'il n'a pas - du tout - fait le ménage depuis notre départ, et que tout est sale... Je ne dis rien, mais ça doit se voir sur mon visage (bon, il faut aussi dire que je me suis levée à 4 heures du mat' pour prendre l'avion, que j'ai supporté 8 heures de vol avec mes deux loulous qui n'ont bien sûr pas fermé l'oeil une seconde, que nous sommes restés coincés dans les embouteillages en revenant de l'aéroport, qu'il m'a dit d'un ton désinvolte "Y'a rien à manger à la maison", ce qui fait que je me suis payé un petit tour au supermarché avant même d'avoir pu mettre les pieds chez moi... Bref, j'ai des circonstances atténuantes qui expliquent mon incapacité à feindre l'éblouissement devant l'amplitude du travail accompli). Nous finissons exaspérés l'un par l'autre et boudeurs, et nous le restons pendant deux jours.

Le jet-lag m'a frappée fort cette année. Il m'a fallu 4 bons jours pour me remettre d'aplomb et cesser de me traîner. Je supporte de moins en moins de quitter la France, je crois. Chaque fois, le contraste est plus violent. Les paysages ternes, les fruits insipides, les manies et les tics des gens d'ici me heurtent de plein fouet. 5 jours après, je me suis réhabituée, il n'y paraît plus. La France me manque de manière abstraite, c'est un sentiment que je range dans ma panoplie d'expatriée, et plus une douleur physique qui me fait répéter "Je me sens mal, je me sens mal" à longueur de journée (et l'homme exaspéré de lever les yeux au plafond - peint à la perfection, sans aucune dégoulinade).

Je suis de retour - et repars bientôt. L'été me file entre les doigts.

6 comments:

Anonymous said...

Je reconnais bien là les dissensions auxquelles nous nous heurtons mon homme et moi-même. Il faut croire que c'est génétique ces choses-là. Enfin, si ça peut te consoler, le tien peint sans dégoulinade, alors que le mien est un peu plus "olé, olé". D'ailleurs, je vais aller de ce pas voir ce qu'il fait, puisque nous sommes également dans les travaux :)
En tous cas, je suis heureuse de te relire, même si je comprends que le retour te soit difficile.

Anonymous said...

Moi aussi, je voudrais que tout soit peint (sans dégoulinade, cela va de soi), que la maison fasse au moins semblant d'être propre et que le frigo soit rempli, quand je rentre. Ne sommes-nous pas intolérantes et intolérables ? :-)
Welcome back sur la toile lola..

Anonymous said...

j'ai cru lire "circonstances exténuantes" .. Bon retour à vous que je lis de temps à autre, à chaque post en fait (une lectrice qui vient de chez Christie !)

Lola said...

"circonstances exténuantes", excellent!! C'est tellement vrai...

Hello, les filles, ça fait du bien de vous retrouver!

Anonymous said...

Hey Honey ! comme il est triste, ce texte, et comme il est beau...

Comment étaient vos vacances françaises ? et où repartez-vous à présent ?

je vous embrasse fort (et vais dîner d'une bonne tartiflette..)

Lola said...

Hey sweetheart! C'était bien, mes vacances en France, trop court, au pas de course...
Je repars dans le NH, une semaine au vert, loin de la civilisation (pas d'internet, probablement!), avec mes deux loulous et sans l'homme qui continue à peaufiner sa maison chérie.
Bonne tartiflette! (Ce n'est pas mon truc, mais j'adore le Beaufort. C'est la région, non?)