Tuesday, June 14, 2011

Comme un mardi (36)

...
J'ai ce soir retrouvé cette photo dans mon appareil et je me suis un instant demandé à quel moment de la journée je l'avais prise. Et qu'est-ce que je faisais en ville, au juste?

Symptomatique de ces journées de bouclage d'année scolaire, tellement remplies que j'ai du mal à en distinguer les jointures. J'ai l'impression de ne jamais dormir, d'enchaîner les unes après les autres les tâches à accomplir, de toujours - no matter what - me laisser déborder. Pas eu le temps de déjeuner ce matin, encore des bulletins à rédiger en buvant mon thé, un baiser à mes enfants endormis, ils sont en vacances, eux, à peine arrivée à l'école une interview par skype (c'est magique, la technologie), encore des bulletins à finir, j'ai dépassé l'échéance de deux heures, mais ça y est, je les ai envoyés, tellement de petits problèmes à régler, emplois du temps, summer reading, teaching assignments, et les livres de classe à commander, encore une fois je suis en super retard, c'était dû vendredi à midi... Il est finalement 11h et demie et je mange une pomme, qui traînait sur mon bureau depuis une semaine (mais elle n'est pas mauvaise) en me disant que j'irai bientôt déjeuner en ville, juste avant mon rendez-vous avec le Tuesday Man. Le Grand Organisateur des Emplois du Temps râle contre moi, j'ai encore changé ses plans avec mes profs que je veux faire enseigner au collège et au lycée, c'est quoi ce bazar. Il faut, il faut, j'ai promis, écrire cette lettre de recommandation pour A., et rapidement l'envoyer. Ah, et puis il faut que je rappelle ce type qui veut me parler de la candidature de S. dans son école.
Il est deux heures et quart, je suis en ville et je vais enfin pouvoir manger.
Je dois passer par la banque, plus un rond dans mon porte-monnaie, et puis j'ai cette lettre à poster, une réponse à une invitation de mariage, RSVP avant le 31 mai, je suis en retard (ça devient lassant, ce refrain).
C'est à ce moment-là que j'ai dû prendre la photo.

Et cette photo ressemble à ma vie en ce moment, fouillis, circulation, des gens qui traversent, "NO STOPPING OR STANDING", et cet orage qui noircit dans le fond, entre les arbres.

6 comments:

Christie said...

cette impression d'être débordée, que jamais on ne va y arriver

et toutes ces choses DUES, pour les AUTRES, et moi et moi et moi là dedans...

a big hug

Christie

Anonymous said...

rien n'est du
Pensez à soi, pensez aux autres
et savoir dire non

Anonymous said...

rien n'est du
Pensez à soi, pensez aux autres
et savoir dire non

Anonymous said...

Bonjour,

ce qui me frappe dans vos photos (je ne connais pas les US), c'est la présence des arbres, partout, immenses, magnifiques. J'espère que cette présence végétale majestueuse vous apporte la sérénité; en tout c'est c'est l'effet qu'elle me fait à moi, dans ma campagne française.

C.

Lola said...

Je n'ai répondu à aucun message, ce n'est pas bien...

Another hug for you, my Christie (feels good to be hugged, I miss it so much these days.)

Savoir dire non: ce que j'ai encore à apprendre; ce dont je ne suis pas capable. Pas encore?

Les arbres d'ici, oui, sont magnifiques. Et partout présents. Au bout de quelques années, on s'habitue, on les oublierait presque (si ce n'était les allergies de printemps), mais il suffit que de temps en temps je lève la tête pour que je me souvienne de leur bienveillante présence - ou, hum, menaçante, les jours de tempête, mais toujours majestueuse.

l(ady) Bernadette said...

Oui savoir dire non.
Je vais davantage regarder les arbres désormais, je leur parlais enfant (!) et maintenant simplement les voir m'apaise, m'enracine et m'élève,
courage pour la fin d'année scolaire!