Saturday, January 20, 2007

Samedi 20 janvier: Cultural differences

Depuis très longtemps, c'est son obsession: acheter une maison. Et c'est vraiment la dernière de mes priorités. D'abord un voyage en Italie, en Grèce, une nouvelle table basse, une machine à faire des glaces, un dîner à New York, que sais-je?... La maison passe après.

Comme la majorité des Américains (comme TOUS les Américains que je connais), il a grandi dans une maison dont ses parents étaient propriétaires. Moi, je n'ai jamais habité que dans des appartements (à l'exception de la maison dans laquelle nous habitons maintenant, mais elle est coupée en 4 appartements, ça ne compte pas vraiment), loués par mes parents ou moi-même (Ah oui, et j'ai aussi habité dans un dortoir).

Sa philosophie, c'est: "Payer un loyer, c'est payer les études universitaires des enfants de quelqu'un d'autre".
Ma philosophie, c'est: "Payer les mensualités d'une maison, c'est sacrifier nos vacances, nos rares sorties, les activités extra-scolaires des garçons ... Je préfère profiter MOI de mon argent maintenant, plutôt que d'en consacrer autant aux murs qui m'abritent."

Sa peur, c'est: "Se retrouver à la retraite toujours en location, avec à peine de quoi payer le loyer et RIEN à transmettre à nos enfants." (C'est vrai que les retraites, aux US ...)
Ma peur, c'est: "Se serrer la ceinture pendant des années pour une maison qui ne sera rien d'autre qu'un gouffre à $$, la vendre dans la précipitation si l'un de nous perd son job (une probabilité toujours à l'horizon, ici), et passer à côté de mille choses, juste pour devenir propriétaires."

Conflit qui dure, conflit non encore résolu. La crise de voisinage que nous traversons en ce moment a précipité les choses, et pour un peu, j'aurais dit oui les yeux fermés. Mais une conversation avec mon père ("Vous êtes fous, vous allez bouffer des patates pendant 20 ans!") m'a remis les idées en place et ma méfiance à l'égard du projet a ressurgi. Alors, achètera, n'achètera pas?... Qui de nous deux?...

16 comments:

Anonymous said...

bonjour Lola,
je me reconnais entièrement dans ton billet, tous mes amis américains, même les plus bohèmes, arrivent à la conclusion qu'il FAUT acheter, pour s'alléger en effet la retraite. Je résiste toujours, mais il est vrai que si on envisage sérieusement de vivre ses vieux jours aux US, la réflexion mérite d'être menée. Le filet social n'est guère encourageant pour les retraités de ce côté de l'Atlantique.

Lola said...

Bonjour MariaPia (que je lis régulièrement!),
Je ne sais pas si je finirai mes vieux jours sur ce continent, je pencherais plutôt pour un retour sur la terre de mes ancêtres pour la retraite ... Mais en tous cas, je travaille ici et je ne bénéficierai guère du système de retraite français (s'il existe encore d'ici là).
Et la logique reste la même (du moins si on est Américain), on n'est rien ici si on n'est pas propriétaire. Mon homme pique des colères terribles devant ma résistance à "l'évidence".
Une des choses que j'ai apprises en 11 ans de vie commune: ce qui pour moi saute aux yeux ne bondit pas de la même manière aux yeux américains. Ce qui est clair comme de l'eau de roche pour lui me semble trouble. On regarde peut-être dans la même direction, mais on ne voit pas les choses de la même façon!

Christie said...

boh, ne pas regarder les choses de la même façon, c'est vrai dans la plupart des couples hétéros (homos, j'ai pas testé)... 'reusement qu'il y a les copines pour se conforter..

Lola said...

C'est vrai, Christie, généralement on ne voit pas les choses de la même manière que nos hommes, mais là il s'agit d'une divergence radicale, sur une question (qui me semble) fondamentale. D'où l'impossibilité d'élaborer des projets en commun, ce qui (tu le dis si souvent) est essentiel pour cimenter le couple. Pour l'instant, point mort, nous n'arrivons pas à avancer, alors nous fonctionnons au quotidien en attendant d'avoir le courage d'attraper le taureau par les cornes. Rien ne peut s'élaborer, ou même s'ébaucher tant que nous n'aurons pas réglé cette question. Rien.

Lola said...

Ah, je suis passée au tutoiement. Bon, ça ne vous embête pas?

Christie said...

ma grand-mère, grande féministe devant l'éternel, dit que dans ces moments de blocage c'est la femme qui doit céder.. elle étaie son raisonnement en disant que la femme est (par essence) la gardienne du foyer.. et de fait, celle qui souffre le plus de cette absence de projet, n'est-ce pas toi ?

tu vas me trouver insupportable..

Anonymous said...

lola,
dis toi que contrairement à nous, Européens, les Américains n'achètent pas forcément pour la vie, mais pour investir, si un jour tu n'en veux plus de ta maison, hop tu la revends. C'est comme une location plus longue, enfin on peut le voir comme ça.

Lola said...

Merci les filles, merci vraiment. Vous tracez sans le savoir une voie dans mon brouillard.
Insupportable? Meuh non, Christie, on commence à se connaître! Et oui, c'est vrai, c'est moi qui souffre de ce mur auquel je me heurte chaque fois que j'envisage un nouveau projet: ah, mais non, il faut régler le problème de la maison, d'abord. Je m'y cogne la tête à répétition, sur la façade de cette maison virtuelle!
Aujourd'hui, quelqu'un m'a dit exactement la même chose que toi, Maria Pia: mais vous n'allez pas y passer votre vie dans cette maison! Evidemment, vu comme ça ...

Anonymous said...

le tout est que ce projet (de maison) vous laisse la possibilité de manger autre chose que des patates pendant les 20 années à venir, et donc le loisir d'en avoir d'autres, des projets !...
[j'en connais chez qui les gâteaux d'anniversaire sont traditionnellement toujours en forme de maison... chez toi aussi ? il est chouette, celui-là !]

Lola said...

Cette "gingerbread house", Camille, n'est pas un gâteau d'anniversaire, c'est une tradition de Noël. C'est plus décoratif que vraiment bon, sauf les bonbons que les garçons volent dès que j'ai le dos tourné (ils se sont aussi régalés avec le glaçage pendant l'élaboration de la maison: pur sucre glace avec un peu d'eau et de jus de citron, yuk!). Les murs sont faits en pain d'épice dur (pour qu'ils soient solides et qu'ils résistent au temps qui passe), pas très gouteux ...
Chez nous, les gâteaux d'anniversaire sont toujours farfelus, c'est mon homme qui s'en charge, photo à suivre ...

camille said...

oui bon en fait ça me dit vaguement quelque chose ce truc "gingerbread house"
cultural differences ! :-)

Christie said...

et au fait Camille, tu l'ouvres quand ton blog ?

Anonymous said...

Est-ce que c'est vraiment un différend culturel? Parce que mon homme et moi (both French, born and bred!) avons exactement le même genre de discussion: lui pense à acheter pour être à l'abri plus tard, moi à économiser pour faire le tour du monde...

Lola said...

Oui et non, Marie: ce n'est pas seulement un différend d'ordre culturel, mais disons qu'en France, on trouve aussi bien des pro-ma maison à moi que des fervents défenseurs du "Vivons maintenant, qui sait de quoi demain sera fait". Alors qu'aux US, il ne fait de doute pour personne qu'il faut acheter une maison. Je ne connais personne ici qui ne possède son propre logement, mis à part les cartes vertes et autres expatriés.
C'est à Memphis surtout, dans le coeur de l'Amérique profonde, qu'on m'a fait ressentir à quel point je n'étais rien, puisque je n'étais pas propriétaire. J'en suis venue à hésiter ou parfois à renoncer à inviter les gens chez moi. Mon entourage me communiquait une sorte de honte malsaine, à l'opposé de mon caractère et de mes principes. Bon, j'en suis revenue ... Et, grâces soient rendues aux Parques qui tissent les destins, je n'habite plus Memphis!

camille said...

christie : (aymeric me le demande régulièrement aussi...) pour l'instant squatter chez les autres me suffit... celles/ceux à qui tu as posé cette question, ils ont créé leur blog combien de temps après en moyenne ? hé hé...
lola : je viens seulement de m'apercevoir que cette conversation avait continué... maintenant que tu as pleeein de commentatrices, tu as un moyen de faire apparaitre les recent comments quelque part, pour qu'on n'en perde pas une miette ? (bon enfin sinon on peut aussi les chercher, c'est pas si compliqué...)

Lola said...

Hélas, Camille, je suis comme on dit "technically challenged", et je n'ai pas la moindre idée de par où commencer pour créer une blog roll ou afficher les récents commentaires ... Je crois, en outre, que je suis sérieusement handicapée par le fait que j'ai choisi un blog gratuit, donc avec le strict minimum en ce qui concerne les options sur les côtés.
Mais si quelqu'un a une idée, je prends!