Wednesday, February 21, 2007

Jeudi 22 février: Coup de foudre et tant pis pour moi


Je découvre qu'on ne peut pas écrire en direct live. J'ai toujours quelques jours de décalage. (Je suis d'une naïveté confondante.)

Le week-end dernier (il y a quelques jours, donc) nous avons eu une petite pensionnaire (la jolie demoiselle qui s'étire au soleil sur la photo). Nous l'aurions bien gardée avec nous. J'ai fait le plein de chat-câlins, et les garçons l'ont rendue presque folle avec des bouts de ficelle et des ceintures de robe de chambre. Sans oublier les toupies. Playing time non stop. Il paraît que depuis qu'elle est rentrée chez elle, elle a l'air de chercher toujours quelqu'un avec qui jouer.

Et puis je suis sérieusement tombée amoureuse. Et deux jours plus tard, il a fallu abandonner mon beau rêve et me résoudre à ne pas donner suite à mon "crush". L'objet de mes désirs? Une petite maison blanche, posée de travers dans un très beau jardin. L'air modeste de l'extérieur, mais quand je suis entrée, je n'en revenais pas. C'était MA maison. Exactement.
Hélas, il a fallu déchanter. Il faut dire que la belle a un certain âge et, malheureusement, même si elle cache bien ses rides sous des coquetteries de jeune fille, ses poutres, elles, portent bien la marque de ses années. Ma chérie a été construite en 1850, quand même ...
Alors, il aurait fallu refaire tant de choses, et envisager dans l'avenir tant de travaux de maintenance que nous avons renoncé. J'ai encore le coeur en berne. Maintenant, toutes les maisons et appartements que nous visitons me semblent banalement corrects, "sans plus", quand je ne les trouve pas carrément moches. Il leur manque la grâce, celle qui m'a touchée au coeur quand j'ai fait le tour de mon petit cottage, celle qui m'a réconciliée avec l'idée d'acheter une maison. Si ça n'avait tenu qu'à moi, j'aurais fait une offre tout de suite. Ah, où peut mener un coup de foudre ...

5 comments:

Anonymous said...

Oui, la rivalite entre coeur et raison... pour un achat on aimerait pouvoir conjuguer les 2!Et comme dans une relation amoureuse, c'est difficile de s'accomoder du "faute de mieux".

Anonymous said...

mais, mais, y'a pas une solution quand même ??

Dieu, que les hommes sont rationnels !

j'ai pensé à votre autre texte aujourd'hui, celui sur le retour en France et la colère de votre homme, sans doute ce qui le peine, c'est que vous ne vous sentiez pas tout à fait chez vous, dans son pays.. et ne pas revenir pendant un été, ne serait-ce pas vous habituer, rendre ce pays un peu plus vôtre ?

(je ne dis pas que c'est facile, hein.. et moi, quand je suis revenue au milieu de mon année au Chili, quand je suis revenue en France, ça m'a un peu cassé l'ambiance..) A un moment, ne faut-il pas décider où c'est, chez vous ?

Lola said...

Non, Christie, pas d'autre solution que d'aller chercher ailleurs. C'est de fait ce que nous avons fait depuis, et nous avons presque trouvé une autre maison ce week-end. Mais mais mais ... apparemment l'eau est contaminée, et comme la maison est alimentée par un puits, et non par une distribution en réseau, il faut être extrêmement attentif à ce genre de choses. Je découvre tellement de problèmes potentiels, tellement de complications dans cette histoire d'achat de maison, que ça me fait tourner la tête. Heureusement qu'il est persévérant, lui, parce que moi j'aurais abandonné depuis longtemps!

Anonymous said...

Desolee pour le comment over comment.

Christie a dit: A un moment, ne faut-il pas décider où c'est, chez vous ?

Ca c'est une bonne question. J'essaie de me convaincre que non, mais je crains de devoir finir par devoir dire oui. Qu'en penses-tu toi Lola?

Lola said...

Quant à choisir, c'est déjà fait: chez moi, c'est là-bas. Pour toujours, chez moi, c'est en France. Je choque beaucoup les Américains quand je déclare haut et fort que je ne souhaite pas devenir citoyenne américaine (le rêve de centaines de milliers de personnes ...) Parce que je suis trop française pour abandonner ma nationalité. Bien sûr, je mets un peu de provocation dans la manière péremptoire dont je proclame mon irrévocable non-américanité ... Je fais tout pour rester attacher, de toutes les fibres de mon être, à ma terre natale. Je vis ici, mais je suis de là-bas. Je n'y vois pas de contradiction ... pour l'instant, Maurine, pour l'instant!
Et je suis fière que mes fils se disent français, me parlent régulièrement de revenir vivre en France (ils ne crient "Je ne suis pas Français!" que pour m'embêter quand on se dispute ...)

Et puis, à propos de votre autre remarque, Christie ... Je ne sais pas, je ne pense pas que mon besoin de revenir en France absolument le peine. Je pense que cela l'exaspère, parce qu'il le ressent comme un caprice. Mais il est vrai que, pendant nos véhémentes disputes à ce sujet, il m'a dit plusieurs fois "We live here!"
Je n'ai pas choisi de l'interpréter comme vous, mais peut-être vous avez, de loin, un peu plus de lucidité que moi.