Monday, May 28, 2007

Lundi 28 mai: Passage à vide

Fin mai, le temps s'accélère. Je ne suis plus.

Les fleurs ont dissipé leurs robes de bal éphémères, elles se sont dissoutes dans le vert, le vert puissant qui prend toute la place, toute l'odeur, que reste-t-il donc pour les fleurs? Le lilas n'a presque pas duré, quelques matins à peine.

J'ai l'impression d'être passée à côté du printemps, cette année.


J'assiste au vertige silencieux que crée le contraste de plus en plus grand entre l'accumulation des choses-urgentes-à-faire, le tourbillon des obligations qui m'oblige à garder l'oeil sur le calendrier (chaque jour un peu plus ...), et le vide intérieur qui se creuse en moi. Je fonctionne, mais de justesse. Je sais que cette période d'intense activité sera suivie d'une décompression sévère - à éviter à tout prix. Je commence déjà à m'imposer des repères, des tâches à accomplir. Il faut que j'écrive une liste.
Surplomber, c'est un art. Trop souvent, je suis trop en-plein-dedans. Il faut vraiment que je travaille la technique de l'élévation...

7 comments:

Anonymous said...

Bonjour Lola,

Moi aussi, je me suis fait la réflexion ce week end "Déjà tout ce vert, je n'ai pas vu les fleurs, ou si peu. Noël sera là avant qu'on ait eu le temps de dire "ouf"".

Impossible pour moi aussi de ne pas être tout le temps "en plein dedans". Tu liras dans le blog que j'ai eu le même sentiment ce week end

Bisous et courage

Anonymous said...

Ce post resonne douloureusement chez moi aussi en ce moment. J'ai les pieds pris dans la boue (d'automne ici bas) et ma tete n'a pas la force de tirer vers le haut...j'ai d'ailleurs eu une discussion tres philosophique avec Andrei Makine (qui passait par Auckland) a ce sujet la semaine derniere. Peut-etre le blog serait-il une sorte d'elevation et un moyen de ralentir le temps?

Anonymous said...

Coucou Maurine NZ. Je pense que c'est joliment dit. Effectivement, la pause "blog" permet de s'arrêter, de faire quelque chose pour soi, de faire le point sur un moment de la journée ou de la semaine. Prendre le temps de quelque réflexion, sérieuse ou pas. Ce n'est pas pour rien aussi que j'ai appelé mon blog "Myosotis", forget me not. Une espèce de pause et de trace laissée derrière moi...
Comment se fait-il que tu aies la chance de discuter philosophie avec Andrei Makine :-) ??

Anonymous said...

Peur du vide intérieur que masque l'agitation et le trop. Comment apprendre à être quand la vie nous happe avec son cortège d'obligations, sa mécanique implacable du faire?
Moi, je vois plutôt un mouvement descendant : ne pas chercher à m'élever - c'est épuisant et décourageant - mais plutôt descendre en moi, accueillir et accepter mes mouvements intérieurs.
Merci pour ce partage si porteur...

Anonymous said...

Oh oh, courage Lola.. que pourras-tu faire, avec tes amours par exemple, lorsque cette période intense sera terminée ?

de quoi as-tu envie, toi ?

je t'embrasse

Lola said...

Non, je ne peux pas descendre, si je descends, je m'abîme ... J'ai besoin de me détacher de la pression du quotidien, de prendre l'air, de mettre en perspective.

Ah, et oui, Maurine, comment se fait-il que tu croises Andrei Makine aux antipodes???
Sinon, très juste, ce que tu dis: le blog immobilise les moments précieux, fait disparaître les temps morts, dissout l'inutilité du ressassement quotidien. Ma rengaine depuis 10 jours: pas le temps, pas le temps. Même pas pour le blog. Surtout pas pour le blog, qui m'obligerait à verser mon agitation dans une grande éprouvette, à touiller, à voir ce qui tombe au fond et à ne garder que le précipité, le vraiment important. Parfois, je ferais tout plutôt que trier mon désordre.

Quand tout cela sera fini, Christie, nous partirons en France... Finalement, j'ai pris les billets! Mais avant de prendre l'avion, opération cartons...

Froguette said...

Reponse a ta questions la:

http://froguetteabdm.blogspot.com/2007_06_01_archive.html