Sunday, May 20, 2007

Pagaille du vendredi soir

Vendredi soir. Paolo dans sa chambre joue à l'enfant unique. Il est seul maître à bord. Son frère et son père sont partis à leur leçon de guitare. Lui et moi, chacun absorbé dans ses occupations et préoccupations, dans le bazar de fin de semaine.
En passant devant sa chambre, je ressors la rengaine habituelle. Il va vraiment falloir que vous rangiez, ce n'est pas possible une telle pagaille! Il ne répond même pas, trop habitué et trop pris dans son jeu. Il joue comme moi à son âge, mêlant narration et dialogue, mais il est beaucoup plus fort que moi pour les bruitages.

Et puis une porte plus loin, le découragement me prend. Et je me dis que j'ai de la chance qu'ils soient encore petits, qu'ils n'aient pas encore la répartie impitoyable des pré-ados. Il ne me tarde pas de les entendre rétorquer Hé maman, tu as vu la tienne, de chambre?


[Sinon, nous n'habiterons pas cette maison que nous pensions acheter. Le contrat a été annulé. Entre soulagement et déprime, nous tournons la page.]

6 comments:

Anonymous said...

Frustrée hier soir de n'avoir pas pu poster de commentaire :-)

Ton message me fait rire parce qu'il me rappelle celui que j'ai moi-même écrit ce week end.

http://tatinic.typepad.fr/myosottises/2007/05/lewis_garde_vou.html

Même frustration dix ans plus tard, à cela près que lorsque les enfants ne vivent plus chez toi, tu dois plus mordre sur ta langue ;-)

Anonymous said...

Coucou lola!
C'est toujours triste la fin d'une aventure dans laquelle on s'est projeté, avec laquelle on rêvé d'une vie meilleure...
Avez vous d'autres maisons en vue?

L'adolescence vient si vite... ma fille a 13 ans demain, mesure 1,72 m, grande belle plante qui joue passionnément du violoncelle et adore lire et discuter - de tout. Ma fille justement qui me remet en question tout le temps, non pas par des remarques désagréables (ça viendra peut-être), mais plutôt parce qu'elle prend de l'ampleur dans tous les sens du terme et que la comparaison entre nous se fait tentante. Et cela est positif car cela m'aide à bouger : face à son désir épistémologique, face au temps qu'elle passe à lire et à apprendre, j'ai eu tout d'un coup la sensation de m'étioler et cela m'a poussé à faire le pas de reprendre des études. Face aussi à son corps de femme qui se dessine j'ai besoin d'être plus féminine : depuis peu je mets des talons, j'essaye une touche de maquillage et je renonce à mon look d'éternelle ado mal dégrossie... mais aussi parfois je renonce à craquer pour une robe parce que je me dis que je pourrais lui offrir, que c'est à elle qu'il faut donner la priorité...la culpabilité n'est jamais loin!

Lola said...

Ah ah, mais toi, Myosotis, je suis sûre que ta chambre est loin de ressembler au b... qu'est la mienne! Mon problème est que je suis plus exigente pour eux que je ne le suis pour moi! Cela dit, je suis absolument certaine que je ferai comme toi quand ils seront grands et envolés du nid: à la moindre occasion, à la moindre incursion dans leur nouveau lieu de vie, je me jetterai dans une frénétique opération rangement-et-nettoyage, qu'ils supporteront, je suis sûre, avec un mélange d'agacement profond et de soulagement discret.
Cela dit, j'ai encore quelques années pour espérer les transformer en parfaits hommes d'intérieur, il ne faut point désespérer...

Laurence: Bon anniversaire à ta grande fille (la seule fille des 5?)! Je suis sûre que ce doit être plus déstabilisant de voir basculer sa fille dans l'adolescence (elle est désormais une teenager, oui!) que son fils. Parce que, comme tu le dis bien, la minette nous rattrape sur notre chemin ... Je n'en ferai probablement jamais l'expérience (je n'ai pas de fille et suis bien partie pour m'arrêter à mes deux garçons), mais j'ai l'intuition des points sensibles que ce processus de changement de carapace doit toucher. Quant à la culpabilité... Dis-toi que ce que tu fais pour toi, elle en bénéficie aussi. Si tu te sens bien dans ta nouvelle robe, c'est ton image rayonnante qu'elle gardera, bien plus qu'un pull que tu pourrais lui acheter. Le mieux, ce serait de faire les courses ensemble, non? On a tel budget à deux, voyons ce qu'on peut faire avec...

Anonymous said...

Oh oui tout cela est très vrai... ma fille (mon unique, j'ai en effet 4 garçons derrière) tire, je le sens, une grande fierté à avoir une maman jeune et dynamique (ouai, c'est peut-être comme ça qu'on me perçoit quand on ne me connait pas...). Et pourtant ce regard me pèse parfois car je me souviens comme pour moi, le trésor de ma mère était sa douceur et son humilité. Or je ne suis rien de tout cela!

Anonymous said...

ca va sonner tres cliche but maybe this house wasn't meant to be?

Anonymous said...

coucou lola!
Ici bloggueuse en manque d'un petit post...