Sunday, September 23, 2007

A moitié dupe

.Posée sur un banc pendant trop longtemps, j'étais à deux doigts, ce soir, de laisser tomber ce projet de maison. Balancer l'eau du bain, le bébé et la baignoire (et les allitérations, parce que y en a marre des effets de style).
Et puis, comme toujours, j'ai battu en retraite.

Posée sur un banc pendant trop longtemps, figée dans ma colère et mon ressentiment (et immobilisée par l'impossibilité de rentrer tout de suite), j'ai regardé passer le monde. Le monde, dans mon coin de l'univers, c'est la tranche dorée de la population américaine, assez uniformisée pour que je n'aie pas besoin de l'observer en détail. Sur cette place, le samedi soir semble pré-enregistré. Je reconnais les profils de gens que je n'ai jamais vus. Me dégoûte brusquement ce qui rendait charmante ma petite ville provinciale.
Ce n'est pas la première fois que je vois le carton-pâte de ma vie ici. Mais comme chaque fois que ça m'arrive, je broie sérieusement du noir, je ne sais pas vraiment quand je dois me croire. Je crois que je me leurre de tous les côtés.

J'ai fini par me lever et rentrer chez moi.



6 comments:

Anonymous said...

Tu sais, même ici, dans son pays, on passe par des moments où on s'imagine que ceux qui nous entourent sont des personnages d'un ailleurs que l'on quittera bientôt pour retrouver une autre vie inconnue ... Evade-toi dans ta tête, écoute de la musique (Mika, on ne peut pas y résister !), ça va passer ...

Anonymous said...

Oh lola, bon courage...
Tu sais, je crois qu'on n'est nulle part vraiment chez toi. Et quand tu l'auras, cette maison, même si elle ne correspond pas à celle de tes rêves, tu pourras par de petits gestes, pas le soin avec lequel tu en fais ta maison, créer un peu plus les racines qui te manquent.
Je pense bien à toi...

Froguette said...

Le ressentiment... quel mot parfait et detestable en meme temps.

Je te dirais bien de venir passer quelques vacances en NZ pour changer de decor meme si tu vas me repondre que ce n'est pas possible.

Plein de bises virtuelles a defaut d'un vrai hug.

PS ca m'a fait penser a tort ou a raison a Desparate Housewives ton allusion au decor en carton pate et aux gens aises...

Anonymous said...

Coucou Jean qui pleure.. bah oui, souvent on n'a pas d'autre choix.. que s'accrocher aux choix qu'on a déjà faits, et qui par plein d'aspects, sont merdeux (et qui par d'autres heureusement sont lumineux)

mais ailleurs ce serait merdeux aussi

et la fuite, et la précarité, et la solitude, ce sont aussi les visages de l'aventure, de la liberté, de l'illusion de tout recommencer

reprendre son baton de pélerin.. bon courage ! et gros baisers

Lola said...

Desperate hw, connais pas, sauf par ouïe-dire, je n'ai pas la télé... Mais je pense qu'il s'agit bien de la même Amérique!

Fuir, Christie, je le fais un peu trop, ces temps-ci... M'enfuir ou m'enfouir la tête dans le sable, au choix!

Anonymous said...

Ma mère m'a dit, quand j'étais jeune fille, cette phrase terrible (dans les deux sens, pour ce qu'elle signifie en soi et ce qu'elle signifie pour la vie de ma mère) : "Tu sais ma chérie, on n'a que très peu de marge de manoeuvre.."

Ce qui m'a sauvé de mon bovarysme, de ma grosse crise début septembre, cela a été de retourner à mes envies, les miennes à moi et celles que je partage avec Nico ; et aussi, de nous "forcer" à faire ensemble les trucs qui nous rendent heureux.. et après, la pompe s'enclenche..