Wednesday, September 26, 2007

Publicité

Quand j'ai vu que Ron me faisait gentiment de la pub, l'autre jour, j'ai été prise dans un tourbillon contradictoire, comme le jour où je me suis aperçue dans la colonne de droite, chez Christie: d'une part l'euphorie d'être reconnue, d'être lue, d'être citée, dans ces blogs à haute visibilité; d'autre part, la terreur d'être reconnue, démasquée, par quelqu'un de mon entourage, quelqu'un qui me connaît. Personne ne sait rien de ce blog - sauf vous, qui me lisez et et ne m'avez jamais (à une exception -notable- près) jamais rencontrée!
Je redoute que l'homme le découvre un jour. Cela le plongerait dans une fureur sans pareille, je ne crois pas qu'il me pardonnerait. Un jour, ce blog disparaîtra sans laisser de traces.
J'écris avec lui dans la pièce à côté, lui endormi, lui dans le jardin, lui qui joue de la guitare. J'ai toujours un écran sur lequel me sauver, si j'entends ses pas.

Plusieurs fois, j'ai hésité à révéler l'existence de mon jardin secret à deux personnes qui me sont proches, et auxquelles je tiens beaucoup. Et chaque fois, j'ai renoncé avec détermination. J'ai le sentiment que cet endroit n'aurait pas lieu d'être s'il était ouvert à ceux qui me connaissent. Ce n'est pas seulement que je crains le poids de leurs jugements (quoique je sois très sensible sur ce point-là...); c'est aussi que ce lieu est le seul où je puisse m'exprimer, me lâcher sans en souffrir les conséquences dans mes relations avec ceux qui m'entourent. Peut-être un jour en payerai-je le prix fort ... (voir plus haut) Mais en attendant, je me cocoone dans le nid des relations tissées au hasard des cyber-vagabondages, un petit coin confortable, pas trop (mais bien!) fréquenté, où je sens la bienveillance rayonner (Gare aux trolls! Je vais me jinxer en me congratulant ainsi sur la douceur des échanges bloguesques...)

Il y a des jours où je sens la vacuité d'une telle entreprise, des jours où l'à-quoi-bon me démange d'appuyer sur Delete this blog. Des jours où je m'en veux d'exposer ma famille, mes enfants, de les mettre en danger peut-être. Des jours où je me reproche de passer trop de temps à me contempler le nombril (1) (et que suis-je en train de faire, à l'instant même? Hum...)
Mais c'est trop tard, je suis accro à l'écriture. J'aurais du mal à m'en passer, maintenant.

A vous qui passez par ici venant de chez Ron (que je salue, par ailleurs), welcome to my cosy, itchy, bitchy, emo, self-centered world! Si vous ne vous y plaisez pas, passez votre chemin, mais sinon, prenez donc une chaise, ne restez pas debout comme ça!



(1) J'ai essayé, dans une tentative précédente, de me décentrer, de parler de choses et d'autres, mais je ne suis pas très douée pour ça, j'en ai peur. Je reviens toujours à moi.

9 comments:

Anonymous said...

Les raisons de tenir un blog - et de le continuer, malgré les envies de tout effacer - sont tellement multiples, j'ai l'impression qu'on n'en finit jamais de les explorer... Moi je me justifie en me disant que je donne des nouvelles à ceux qui sont loin, et que c'est un exercice littéraire intéressant... Mais c'est la partie émergée de l'iceberg...
Une bise de l'autre côté de la frontière!

Caroline said...

Moi j'aime bien ton blog Lola. Je ne sais pas pourquoi, je te lis depuis longtemps, j'adore le teint de tes fils, ils me rappellent mon petit frère petit. Et j'aime bien quand tu parles de toi, tu ne le fais pas d'une façon égocentrique mais au contraire, chacun se reconnaît en toi et dans tes doutes (en tout cas moi). N'arrête pas.
Caroline

Froguette said...

LOLA DO NOT DELETE!!!

Moi aussi l'homme me sait rien et ne le pardonnerait pas. Et nous utilisons le meme ordinateur, j'use de maintes ruses pour ne pas etre decouverte.

Allez j'm'en vais faire un tour chez Ron que je ne connais pas encore.

Anonymous said...

Chère Lola,
Je comprends mal pourquoi ton homme pourrait t'en vouloir de cette chambre à toi (Cf Christie). Tu y restes si pudique, tu prends grand soin de ne dévoiler aucun indice.
Au contraire, cet espace t'apaise, te permets de mieux vivre ton quotidien et te structure par l'écriture partagée...
Il y a j'en suis sûre une fécondité de ces liens virtuels (s'ils ne prennent pas toute la place)

Cette chambre à soi, on en a tous besoin. J'éprouve pour ma part le besoin de commencer un travail analytique et j'ai eu le malheur d'en parler à mon homme (c'est lui qui financerait, donc ça me paraissait normal). Il y met ton veto, panique, menace.
J'aurais mieux fait de garder ce secret qui ne concerne finalement que moi.
Du coup, je prends la décision de retravailler assez vite pour pouvoir regagner une autonomie financière et prendre certaines décisions seule...

Anonymous said...

Lola, c'est vrai que, si parfois tu exprimes de la tristesse concernant tes proches, y compris ton compagnon, tu n'y es jamais méchante ou rancunière ... tu ne donnes jamais l'impression de tout regretter de ta vie actuelle ... De mon extérieur, je ressens la difficulté à vivre en couple (nous la connaissons tous, ne nous mentons pas à nous-mêmes ...), la difficulté à élever deux petits garçons (c'est pareil chez nous), la difficulté à être un couple mixte ET pour toi à vivre hors de ton pays (bon, déjà, là, je ne suis plus trop concernée, mais j'arrive à comprendre tes écrits) ... On sent que ce petit jardin que tu t'es forgé t'est nécessaire, parfois indispensable (vital ?), c'est pourquoi, même si on ne te connait pas, on a parfois envie de te donner un petit conseil ou de te réconforter ...
Essaie de conserver ça pour toi, n'en parle pas ... mais es-tu si sûre que cela blesserait ton compagnon ? tu ne fais pas de lui un portrait si désagréable ... ou bien serait-ce le fait de lui avoir caché ceci si longtemps ... Bien sûr, mais tu n'en as pas profité pour t'évader hors de ta vie, tu l'as simplement partagée avec d'autres, c'est différent ...
En tous cas, j'espère qu'un jour je ne trouverai pas, en cliquant comme chaque jour chez toi, un message me disant que la page recherchée n'existe pas ... Mais si çs devait arriver, tu retournerais dans le royaume des romans, dans lesquels les héroïnes n'existent pas vraiment ...
Je t'embrasse

Anonymous said...

Mon Dieu, moi aussi je serais tentée de te dire Lola do not delete mais je peux bien comprendre ton angoisse. Je ne voudrais pas (plus) vivre cette anxiété de se cacher. En même temps, qu'est ce qu'un blog comme les nôtres si ce n'est un croisement entre l'album de photos choisies que l'on voudrait que chacun feuillette et le journal "extime" comme l'appelle Christie et qui n'exprime que ce que l'on ne parvient pas à formuler avec des mots mais que l'on couche beaucoup plus aisément sur le papier. Et qu'il serait peut-être judicieux de faire lire à ceux à qui on ne parvient pas à dire.

Anonymous said...

Je crois que je ne pardonnerai pas à ton homme de ne pas te pardonner, le mien est mon lecteur (il a plutôt intérêt), il trouve que c'est une voix d'expression plutôt saine. Je ne comprends pas qu'on s'oppose à ce type d'exercice. En tous cas, vivons heureux vivons cachés. Bonne chance...

Lola said...

Ah, il n'aurait rien contre, si je ne dévoilais rien de notre vie privée... J'imagine (au vu de ses réactions face à des "objets" du même genre que mon blog) qu'une telle entreprise relève pour lui de l'exhibitionnisme.

Pardon de n'avoir pas répondu, je suis touchée de vos messages et aussi très très submergée de boulot!

Anonymous said...

Moi depuis le début de votre blog, je tremble.. notamment parce que j'ai vécu l'écriture en secret, et que j'ai trouvé ça très lourd à la longue
et mon blog m'a servi aussi à me "débarrasser" de cette "mauvaise habitude" d'écrire loin de mon moi social
et ce moi d'écriture cachée me manque, vous pouvez pas savoir
bref c'est compliqué (total votre blog Lola me sert à dire, dans les commentaires, des trucs que je n'ose pas dire chez moi: merci)

et j'imagine que nous prenons tous des risques dont nous nous sentons prêts à assumer les conséquences

c'est si bon de danser au bord du précipice !