Wednesday, November 05, 2008

Victoire!


Il y a quatre ans exactement, un gris mercredi de novembre, il me semblait que j'avais reçu quelque chose de très lourd sur la tête. J'étais comme étourdie, abasourdie, essayant de trouver du sens à un événement incompréhensible. Je regardais mon amie Paula qui titubait de rage et de désespoir, anéantie par le choc, plus que moi encore parce qu'elle était beaucoup plus impliquée et militante. Tout autour de nous, le Tenessee était en liesse: les Américains venaient de réélire Bush et Memphis se rengorgeait. Jamais je n'ai autant détesté les jolies têtes vides des élèves de cette école, qui roucoulaient de joie sans avoir la moindre idée des enjeux politiques d'une telle décision.
Quatre ans plus tard, j'ai du mal à croire que l'impossible s'est réalisé, que ce à quoi nous n'osions croire a trouvé une forme et une place dans la réalité: Barack Obama a été élu président des Etats-Unis. Dans ma petite ville du New Jersey, à forte majorité démocrate, l'ambiance est à la fête. Hier, les élèves ont voté, et Obama l'a emporté, aussi bien au collège qu'au lycée. Aujourd'hui, pas d'euphorie ni d'exultation comme à Memphis, mais de grands sourires.
"A quelle heure tu t'es couché?
- Ah, j'ai attendu la fin du discours.
- Moi, après Ohio, je savais que c'était gagné, alors je suis allé dormir."

On a envie de croire que le plus dur est passé. Hardly: ça ne fait que commencer. Let's get to work!

3 comments:

Anonymous said...

La seule fois que j'ai participé à une campagne, ça s'est soldé par Le Pen au second tour. Depuis j'ai rendu ma carte du MJS et je suis rentrée à Amnesty... Avec parfois quelques victoires (Troy Davis), sans bien savoir si notre goutte d'eau y est vraiment pour quelque chose ?

Anonymous said...

Profites-en bien, ce n'est pas tous les jours qu'on se réjouit d'un bout à l'autre de la planète d'une bonne nouvelle, savourons ce moment, dégustons-le !

samantdi

Anonymous said...

Tu as raison, ça ne fait que commencer, mais quel bonheur de savourer cet instant ! Moi aussi, il y a 4 ans, j'étais accablée. Et les élections françaises, je t'en parle même pas ! Alors là, Obama, il m'a rendu le sourire pour un bon moment (enfin, j'espère… la pression qu'il doit avoir… l'attente est tellement forte…)