Wednesday, January 20, 2010

Ce qui me touche

...
Je trouve tellement difficile de parler ici de ce qui me touche - dans le monde, hors de ma petite sphère. Le syndrome d'imposture: quel besoin de rajouter ma voix à celles qui parlent déjà si bien.
Juste une liste, alors?
J'en oublie, je suis sûre.

La disparition d'Eric Rohmer.
Ma mère avait une véritable passion pour "Les Nuits de la pleine lune". Je ne sais combien de fois elle l'a regardé - et me l'a fait regardé - j'étais pourtant un peu jeune. De là est partie notre attachement à Eric Rohmer. Des croisements bizarres, entre son cinéma et ma vie. J'ai perdu le souvenir exact de la plupart de ces coïncidences répétées, mais il me reste la trace de leur effet sur moi. Et quelques faits épars: Melvil Poupaud dans "Conte d'été": mais il était dans le même lycée que moi. Une conversation sur Kant que j'avais l'impression d'avoir eue, et une jeune fille qui me rappelait tant Marie. Plus tard, rue d'Ulm: Rohmer y habitait-il, lui aussi? "Le rayon vert": souvenir de m'être tant ennuyée, et puis soudain, à la toute fin, un éblouissement qui rachète le long ennui. Je n'ai jamais voulu le revoir, par peur de ne pas retrouver le bonheur des dernières minutes.

Haïti
Ajouter la souffrance, l'épouvante et le désespoir à la misère la plus crue. Et continuer.
Me sentir tellement inutile, avec mes collectes de fournitures médicales et de t-shirts. Aujourd'hui, toute la journée passée à vendre des doughnuts pour rassembler $350. C'est toujours mieux que rien. Et si peu.

Victoire du candidat républicain dans le Massachussets
La réforme du système de santé menacée. Où je me repose la question: demander la nationalité américaine? Ce serait bien de pouvoir voter. Et pas seulement ça.

Tout ce qui me passe à côté, m'effleure à peine. J'ai du mal à suivre, en ce moment.

[Ah, typique! Pour une fois que je parle d'autre chose que de moi moi moi, qu'est-ce qui ressort, en italique, sous les titres évoquant le monde-comme-il-va: moi moi moi. Chassez le naturel...]

4 comments:

bricol-girl said...

Tout le monde a du mal à suivre, trop c'est trop!

Amélie said...

Il est pourtant difficile de parler d'autre chose que de ce qui nous touche, nous, et si ça nous a touché, c'est bien parce que c'est une partie de nous qui a vibré. Et puis, ces blogs d'écriture, c'est bien le lieu ( le seul véritable, peut-être) de notre intimité, non? Ça paraît donc normal que le moimoimoi s'étale à toutes les pages... Mais je ne suis pas certaine que ça ait forcément à voir pour autant avec du nombrilisme. C'est davantage une "tentative" de parole, que la vraie vie ne nous offre pas, ou pas de la même façon.

Anonymous said...

Les nuits de la pleine lune étaient un film culte pour mon homme et moi, l'un de nos premiers coups de cœur communs. On l'a enregistré quand il est repassé à la tv en hommage à Rohmer, mais comme toi pour le rayon vert (dont je garde aussi l'émotion des dernières images), j'ai un peu peur d'être déçue, de ne pas retrouver la même émotion, alors je fais durer l'attente...

samantdi said...

...Et puis tu sais bien ce qu'écrivait Baudelaire, le lecteur est "ton semblable, ton frère", et nous sommes tous de petits échos les uns des autres.

Moi (hu hu) Rhomer me sera resté étranger, je n'ai jamais pu entrer dans cet univers, peut-être qu'au moment où j'ai essayé de voir ses films, j'étais moi-même si écorchée vive que ces histoires me semblaient superficielles, futiles, avec des personnages poseurs et évanescents. De plus, Luchini et Dombasle sont des acteurs qui m'insupportent particulièrement !