Depuis trois semaines, ces mots que l'on déterre. Qui me font souvent pleurer. Terrorized. Powerless. Je ne sais si je m'en sortirai.
Je reprends des forces, je regagne du terrain. Et puis je perds pied.
Aujourd'hui, une heure de libre, j'ai une pile de projets à corriger, la description des cours offerts l'année prochaine à peaufiner, quelques e-mails en retard... Et me voilà, presque malgré moi, en route vers la Lower School, la peur au ventre d'y découvrir mon Paolo dans le bureau du directeur. Pourquoi, quelle idée? Je ne sais. Je passe devant sa classe, les élèves sont tous autour de la maîtresse qui leur lit une histoire, mais je n'arrive pas à voir mon fils. Une petite fille lève la tête et me regarde, droit dans les yeux. Je ne peux m'attarder, je m'en vais, sans savoir si tout va bien, si la troisième journée d'école se déroule sans incident.
C'est terrible de vivre dans l'attente d'une catastrophe. Je suis sûre que c'est pareil pour lui.
En fait, il a passé une très bonne journée. De retour à la maison, je fais des gaufres chocolat-pépites de chocolat (pour le goûter), du boeuf braisé (pour le dîner), une lessive (pour ce pauvre panier à linge qui déborde), du rangement ... Je lis à l'un, puis je lis à l'autre, avant d'éteindre la lumière. Maintenant, je peux commencer à travailler (mais je suis si fatiguée).

9 comments:
Ce n'est pas une vie, tu vas finir par craquer, et lui aussi. J'espère que ses séances lui feront vite du bien. Et surtout qu'il ne se rende pas compte que tu ne lui fais plus confiance, ça pourrait être terrible pour lui.
Que de responsabilités pour toi cette année.
A te faire des angoisses sans raison, pas étonnant que tu soies fatiguée!
N'auriez-vous pas besoin d'un endroit pour y déposer vos valises qui sont lourdes, si lourdes... ?Ici c'est bien mais est-ce que ça suffit ?
Je vous embrasse très fort
J'espère que ça va aller mieux! Courage!
J'imagine que ce fardeau doit être bien lourd à porter.
Je crois que les enfants sont en général plus vite réceptifs que nous, ils n'ont pas les barrières que nous nous sommes créées.
Je t'envoie du soutien par la pensée !
Il y a une phrase qui fait du bien "Le pire n'est jamais certain"... c'est curieux comme on se fait plus de mal à flipper plutôt que de profiter des temps tranquilles ! Tant qu'il n'y a rien, il n'y a rien...
Bon, je ne pense pas vraiment que cela va aider, si j'en crois mon expérience, mais parfois ça marche...
En fait, le pire c'est ça, cette angoisse du mal-être de nos enfants. Les emm' professionnels, la fatigue physique, le sur boulot, tout cela n'est rien à côté de cette boule dans le ventre qui ne veut pas disparaître.
Vous en parlez parfois tous les deux, Paolo et toi ?
Oh, que je te comprends!!!
La fenêtre de ma classe donne sur la cour de la maternelle et depuis quelques temps, j'ai pris la mauvaise habitude de regarder. Quand je ne la vois pas, je me dis qu''elle est peut-être punie dans un coin; quand je la vois jouer toute seule mon coeur se serre... C'est pas très sain d'être dans le même établissement scolaire que ses enfants je trouve, ça n'arrange rien
Tiens bon, Lola, ça mettra peut-être du temps, mais vous allez trouver la solution, et accomplir ce qui doit l'être, les uns et les autres.
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