Wednesday, February 24, 2010

Unique

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Journée mélangée aujourd'hui pour Paolo. Beaucoup de bonnes choses, et pourtant de gros coups de blues. Je lutte, à coups de compliments, mots gentils, encouragements. Je lutte, en les entraînant après l'école à la bibliothèque (malgré les protestations du grand, tellement tellement fatigué qu'il en a les larmes aux yeux. La promesse d'une visite à la boulangerie parvient sinon à le convaincre, du moins à le traîner à notre suite.) (Mais qu'ont-ils, ces enfants, à être si accablés de fatigue? Et les vacances qui sont dans un peu moins de trois semaines, comment vont-ils y arriver?)
Ils font provision de BDs, le grand embarque quelques gros livres pour la route, et je glisse en douce, dans le sac à côté du pain, deux DVDs pour eux.
Rentrés à la maison, on expédie les devoirs sans ronchonner (j'ai promis une surprise) pendant que je prépare la soupe. Une douche en vitesse et nous voilà tous les trois devant Up. Je suis obligée d'aller touiller la soupe dans les dix premières minutes du film parce que j'ai bêtement les larmes aux yeux devant l'éternel refrain de l'histoire d'amour et du temps qui passe. Très peu après, Paolo éclate en sanglots (quand le vieux monsieur fait mal à un ouvrier par accident et se retrouve au tribunal) et je me dis que franchement, pour remonter le moral des troupes, c'est réussi! Mais bon, on continue, lui pelotonné contre moi, nous deux enroulés dans un duvet, et la soupe en attente. En fin de compte, ils ont beaucoup aimé le film (moi aussi, même si j'ai raté la partie centrale pour finir de préparer le repas).

Et puis, au moment de se coucher, les choses traînent en longueur, Paolo a "besoin de s'étirer" pendant de longues minutes et passe moins de trente secondes en tête à tête avec sa brosse à dent. Je le fais revenir dans la salle de bains, supervise le brossage de dents et l'envoie au lit. Pendant que je parle à son frère, il revient, une poignée de kleenex froissés dans la main. Je m'énerve - combien de fois?... - et lui dis de jeter tout ça à la poubelle. Erreur! Il fond en larmes, c'était une rose en kleenex pour moi - un cadeau. Bon, il m'a bien fallu dix minutes pour rattraper l'affaire. Il me demande de rester avec lui un peu, de m'allonger dans son lit pendant quelques minutes.
- Je suis fatiguée, tu sais, qu'est-ce qu'il se passerait si je m'endormais?
- Ne t'inquiète pas, je te réveillerais.
- J'ai du travail à faire, la cuisine à ranger... Tu crois que les lutins de la maison se chargeraient de tout faire pour moi, si je m'endormais maintenant?
- Les lutins, ils sont beaucoup, mais il n'y en a qu'un de toi. Tu es unique.
- Oui, comme toi...
Son visage sur l'oreiller est à quelques centimètres du mien. Je vois la fatigue en étreindre les contours. Ses yeux sombres brillent encore de quelques larmes oubliées là.

[La photo date: août 2008... Il a changé, mais c'est toujours le même.]

7 comments:

M the Bee said...

Oulala moi j'ai vu "Up" dans un avion et j'ai pleuré à chaudes larmes devant les autres passagers médusés... (soupir)

Lola said...

Ah, ça fait du bien de savoir que je ne suis pas la seule!

Nomie said...

Je ne me souvenais plus de la scène du tribunal, je n'étais plus certaine d'avoir bien compris de quel film il s'agissait... La scène qui ouvre les vannes chez moi est celle du retour de la maternité les bras vides...

Lola said...

Bien sûr...
Ils ne l'ont pas comprise, celle-là, j'ai dû expliquer.

verveine said...

Je sais que ces journées sont épuisantes pour une maman. 1 pas en avant et deux en arrière: à chaque "crise" on est saisi d'un grand découragement...
Et puis à nouveau la culpabilité de s'être énervée, de ne pas avoir su garder son calme. C'est bien d'avoir l'énergie d'instaurer des moments particuliers. Moi j'avoue qu'en ce moment je suis un peu en pilotage automatique...

myosotis said...

Qu'est ce qu'il grandit (je repense au début du blog...) ! Et c'est dur de grandir n'est ce pas ?

Lola said...

C'est très dur. En tout cas, pour lui.