L'année dernière, j'ai été invitée par les Juniors (les élèves de 1ère) à chaperonner la Prom. C'est un honneur, mind you. Le subtext, c'est que je suis assez cool pour assister à leur grand événement. Wow.
A la fin de la Prom, les élèves sont tous ramenés en car à l'école, où les attend la "Post-Prom", organisée par les parents, avec musique, snacks, jeux (on peut gagner des prix très alléchants, du genre i-pods ou places pour un spectacle sur Broadway), animation (un hypnotiseur ou un magicien, selon les années). Le but est évidemment de court-circuiter les parties privées, beaucoup trop arrosées au goût des parents. La Post-Prom se poursuit donc jusqu'à 3h ou 4h du mat'...
Tout ça m'est revenu en lisant un (deux en fait) billets sur les errements de certains élèves et parents.
Je suis atterrée par ces histoires, mais pas tellement surprise - j'ai enseigné deux ans dans le Tennessee, dans une école de filles, ce qui m'a donné l'opportunité de découvrir la mentalité du sud des Etats-Unis. L'impression d'être dans un autre monde, parallèle; de vivre cinquante (cent?) ans en arrière. Le racisme latent, profondément enraciné dans les mentalités. La discrimination, à tous niveaux. L'impossibilité d'accepter la différence (la mienne, entre autres: je suis française ET je ne vais pas à l'église). J'ai vécu deux ans dans la Bay Area, ça fait 5 ans que je suis dans le New Jersey, et vraiment mes deux ans à Memphis n'ont rien à voir avec le reste de mes expériences étasuniennes. Rien.
L'histoire de Phoebe est atroce, mais elle aurait pu arriver n'importe où. L'étroitesse d'esprit liée à ces affaires de prom me semble typique du sud. Entre parenthèses, j'ai appris l'existence du "paddling" quand j'étais à Memphis et j'ai crié haut et fort que si quiconque s'avisait de toucher à un cheveu d'un de mes fils, il n'aurait pas fini d'entendre parler de moi. Oui, la punition corporelle existe encore dans les écoles du sud, et une grande majorité de parents sont persuadés du bien-fondé de cette méthode d'éducation.
Pour conclure (ça devient trop long), l'implication des parents dans ces sinistres histoires est désolante, mais reflète une réalité (a sense of entitlement, mothers with too much time on their hands). Et ça me rappelle l'histoire de cette gamine qui s'est suicidée suite à un constant harcèlement de ses camarades de classe (cyber-bullying). Il s'est avéré que c'était la mère d'une desdites camarades qui avait inventé de toutes pièces un beau jeune homme sur FB, qui a contacté la pauvre gamine et à qui elle s'est attachée. La mère (qui apparemment n'avait rien d'autre à faire que de créer un fantôche pour persécuter une camarade de classe de sa fille) a été d'abord inculpée, puis blanchie.
Il y a de quoi se rendre malade. Et j'ai beau croire aussi fort que je peux que, non, chez nous ça n'arriverait jamais, non, pas ici, je sais que personne, nulle part, n'est vraiment à l'abri de la cruauté.

2 comments:
Ce que je découvre dans ton récit et tes liens me fait froid dans le dos, tu imagines pourquoi...
Oui, j'imagine bien. Mais en même temps, se confronter à ces dérives extrêmes, en tant que témoin, est formateur. Je crois que ça renforce les défenses contre l'inacceptable.
Ne t'inquiète pas trop!
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