J'avais perdu le cordon de mon vieil appareil photo. Je viens de le retrouver, exactement là où il aurait dû se trouver - encore un coup de ces objets apparaissant-disparaissant qui me jouent des tours (just checking if you were paying attention).
90 photos - depuis octobre. Pas les plus importantes, j'ai le nouvel appareil pour celles-là, mais celles, en marge, que je prends quand je n'ai sous la main que le petit qui traîne dans mon sac. Retour en arrière sur quelques mois durant lesquels ma vie a pris des tournants abrupts (non, en fait: durant lesquels j'ai fait basculer ma vie et celle de ceux qui m'entourent de manière abrupte. Pas de regret, mais pas sûr qu'un jour je me pardonne).
Octobre - Dans le jardin de cette maison qui n'est plus la nôtre. Leurs longs et mystérieux jeux-conciliabules.
Il n'est pas dit que je puisse leur montrer ces photos sans qu'ils se mettent à pleurer. Je m'abstiendrai, pour le moment.
Un matin d'automne de ma fenêtre - mon ancienne fenêtre.
Décembre - Où? Des lumières dans l'obscurité du mois le plus sombre. Je ne les situe plus.
Avril - Après le déménagement et tous les bouleversements. Sur le chemin de l'école, nous traversons le playground des petits.
Avril - Premières glaces.
Avril - Paolo, transformé, joue les stars. Il ramène de bonnes joues de son séjour en France (ma mère est une excellente cuisinière...). Il a temporairement laissé tomber les attaques, l'agressivité, la colère et retrouvé le sourire.
Avril - Ces mois si difficiles ont été ceux du renforcement de mon amitié avec l'Architecte. Il a pris la place qu'Else a délaissée. Il est devenu, depuis l'été dernier, mon confident (presque le seul qui soit au courant de mon aventure avec le Correspondant - et je n'oublierai pas sa réaction à l'annonce de "It's over, you know." Il a posé sa main sur mon bras, il m'a regardée bien en face et il m'a dit: "It didn't work out. It didn't work out, but it doesn't mean he is not a good guy. Remember that. You had that." J'ai acquiescé. Et nous n'en avons plus reparlé.)
Nos déjeuners du samedi dans "notre" restau. Nos verres du vendredi soir chez Térésa. Il m'a aidée à traverser ces temps durs. J'ai été là pour lui, aussi.
(A suivre...)

5 comments:
Quel joli minois ton Paolo
Oh oui que de changements dans ta vie en si peu de temps
Il faut digérer ...
Mioum ! ça avait l'air delicious tes p'tits restos
Je t'embrasse
C'est parfois très intéressant de ne renouer le cordon qu'après 9 mois....
Moi aussi, j'ai cru que je ne me pardonnerais jamais d'avoir contraint les enfants à quitter la maison de leur enfance en Italie. J'ai encore le souvenir très vif de nos sanglots inconsolables le jour du départ. Ce n'était pas un divorce mais c'était un changement professionnel non désiré. Et donc mal vécu. Même si tout de même l'éclatement d'une cellule familiale reste autrement plus dur à vivre. Mais je me souviens du sentiment de ne pas se pardonner le chagrin causé. Et avec le temps, tu te pardonnes malgré tout....
c'est bien que vous leur ayez fait, à chacun, un frère... ça aide un frère à traverser les tempêtes.
c'est pour cela que je voulais tellement que Chimène "soit deux".
Bizarre, justement, cette référence au fait qu'ils soient deux... C'est ma plus grande inquiétude en ce moment, mon constant chagrin. Ils ne peuvent plus du tout être ensemble, l'aîné ne supporte plus le plus jeune, qui a besoin de son frère mais ne peut s'empêcher de le provoquer. La tension est à son maximum et je suis obligée de me mettre entre eux (parfois physiquement) pour que s'arrêtent l'escalade des insultes et le début des coups. Vraiment, 14 ans est un age difficile, et quand on a un petit frère du genre challenging, c'est une cible facile vers laquelle diriger toute la rancoeur qu'on éprouve contre le monde entier...
Myosotis, merci de ton message apaisant, comme un baume sur ma douleur à vif.
Marijo, oui, oui, et oui! (Oui il est beau, oui trop à encaisser en si peu de temps et oui c'était délicieux ces parenthèses gastronomiques...)
frères et soeurs pas toujours facile de se supporter
Qu'on soit une fractrie ou pas,on ne sait pas si les caractères vont de pair ou pas
Cela n'aide pas à passer les épreuves de l'adolescence qui est une étape cruciale et souvent solitaire, une étape ou l'enfant unique n'est pas forcément désavantagé.
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