Un arbre qui ne se révèle, amoureusement, qu'au printemps. Un arbre qui, de la fin avril jusqu'à la mi-mai, me donne envie de chanter. De courir. De m'envoler. L'arbre le plus heureux du monde.
Wednesday, April 29, 2009
Mon arbre préféré
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J'ai fait la connaissance, il y a quatre ans, d'un petit arbre sans prétention. Un arbre sans grande envergure, souvent plein d'oiseaux, frileusement nu en hiver, gentiment bruissant en été.
Un arbre qui ne se révèle, amoureusement, qu'au printemps. Un arbre qui, de la fin avril jusqu'à la mi-mai, me donne envie de chanter. De courir. De m'envoler. L'arbre le plus heureux du monde.
Un arbre qui ne se révèle, amoureusement, qu'au printemps. Un arbre qui, de la fin avril jusqu'à la mi-mai, me donne envie de chanter. De courir. De m'envoler. L'arbre le plus heureux du monde.
Saturday, April 25, 2009
Des Toulousaines dans mon jardin
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Elles se sont invitées. Ce sont les soeurs de celles que je cueillais, dans un autre siècle, Chemin de la Butte ou dans le pré de l'école Saint-Exupéry. Paolo m'en fait des bouquets minuscules, qui ne résistent guère à la mise en vase.
En deux semaines, le printemps a accroché ses couleurs, l'hiver a plié ses couvertures et nous avons - enfin - changé de saison. Je n'ai pas eu le temps de prendre beaucoup de photos, cette année. Cette période si fragile, qui déploie ses révolutions délicates comme en catimini - you blink, poof!, it's gone -, est aussi celle qui est pour moi la plus chargée de l'année. J'en profite, un peu, à la volée, de soudaines explosions de rose et de blanc sur notre chemin de l'école, des étirements d'un jaune vibrant vers le ciel apaisé... Je guette avec bonheur les signes du temps qui passe. Une fois n'est pas coutume.
Et puis ... Le temps me rattrape. Je me suis rendu compte, il y a trois ou quatre jours à peine, de cet oubli, de cette faille dans ma belle détermination de ne pas partir en France cet été. Pour la première fois depuis que nous nous sommes installés aux Etats-Unis, depuis 6 ans. Plus d'argent, la maison nous a tout mangé, la nouvelle chaudière nous a mis sur la paille (ou plus exactement a agrandi le trou béant de notre endettement), et l'avenir économique étant morose, voir dépressif, nous ne pouvons compter sur aucune augmentation l'année prochaine. D'où la décision, longuement soupesée, raisonnablement argumentée, et philosophiquement acceptée de renoncer à rentrer au pays.
Mais bon, je ne comprenais pas pourquoi mon père me reposait la question, chaque fois que je lui téléphonais (il ne m'appelle jamais). Je suis fâchée avec les chiffres, forcément. Mais tout à coup, le calcul s'est fait dans ma tête: en juin, mon père aura 60 ans.
Il n'est pas du genre à fêter ses anniversaires en grande pompe, ni même à les fêter du tout, mais je crois sentir qu'il est froissé que je n'y aie même pas pensé. Il ne me le dirait surtout pas, bien sûr.
En deux semaines, le printemps a accroché ses couleurs, l'hiver a plié ses couvertures et nous avons - enfin - changé de saison. Je n'ai pas eu le temps de prendre beaucoup de photos, cette année. Cette période si fragile, qui déploie ses révolutions délicates comme en catimini - you blink, poof!, it's gone -, est aussi celle qui est pour moi la plus chargée de l'année. J'en profite, un peu, à la volée, de soudaines explosions de rose et de blanc sur notre chemin de l'école, des étirements d'un jaune vibrant vers le ciel apaisé... Je guette avec bonheur les signes du temps qui passe. Une fois n'est pas coutume.
Et puis ... Le temps me rattrape. Je me suis rendu compte, il y a trois ou quatre jours à peine, de cet oubli, de cette faille dans ma belle détermination de ne pas partir en France cet été. Pour la première fois depuis que nous nous sommes installés aux Etats-Unis, depuis 6 ans. Plus d'argent, la maison nous a tout mangé, la nouvelle chaudière nous a mis sur la paille (ou plus exactement a agrandi le trou béant de notre endettement), et l'avenir économique étant morose, voir dépressif, nous ne pouvons compter sur aucune augmentation l'année prochaine. D'où la décision, longuement soupesée, raisonnablement argumentée, et philosophiquement acceptée de renoncer à rentrer au pays.
Mais bon, je ne comprenais pas pourquoi mon père me reposait la question, chaque fois que je lui téléphonais (il ne m'appelle jamais). Je suis fâchée avec les chiffres, forcément. Mais tout à coup, le calcul s'est fait dans ma tête: en juin, mon père aura 60 ans.
Il n'est pas du genre à fêter ses anniversaires en grande pompe, ni même à les fêter du tout, mais je crois sentir qu'il est froissé que je n'y aie même pas pensé. Il ne me le dirait surtout pas, bien sûr.
Thursday, April 23, 2009
Courir pour la bonne cause
Otir est exilée aux Etats-Unis - comme moi. Sur la côte Est - comme moi.
Comme moi, elle a deux garçons. Et comme moi, elle sait bien qu'ici le fundraising (levée de fonds) est un sport national. Elle s'y est mise elle aussi: elle essaie de récolter de l'argent pour soutenir l'école où son fils aîné est scolarisé. Cette école a pour nom Foundation for Educating Children with Autism (F.E.C.A.) et comme beaucoup d'écoles dans ce grand pays riche, elle a besoin de l'aide et de la générosité de tous pour continuer. Monsieur Ziti, le fils d'Otir, est autiste et cette école est un endroit formidable, dans lequel il a trouvé sa place.
Voilà ce qu'en dit Otir:
Les grandes causes rallient plus facilement et récoltent des fonds, mais la redistribution va rarement directement à ces initiatives très cantonnées. La cause pour laquelle je lève des fonds est limitée sans l’être, trente-six enfants forment le contigent de cette école, qui emploie une cinquantaine d’adultes dévoués et passionnés, qui font le relais de l’expérience via la fondation, qui transmet son savoir, son savoir-faire, et le programme de l’école de mon fils commence à être reproduit un peu partout, y compris en France. (…)
Par ailleurs, Pablo ne fait rien comme moi: il est espagnol, il a une fille et il aime courir (je déteste courir). Quel est le rapport? Pablo a eu cette idée merveilleuse et généreuse de lier sa passion de la course à la cause d'Otir.
Je le cite:
Si vous voulez bien contribuer à la cause, vous allez sur le blog d’Otir et vous cherchez à droite le widget “Levée de fonds pour F.E.C.A.”, vous faites un don, vous revenez ici et vous me laissez un commentaire en me disant le kilomètre du marathon (du 1 au 42 : je me réserve pour moi-même les derniers 195 mètres) que vous voulez que je vous dédicace (j’ai fait ça d’autres fois, mais sans demander de contrepartie) : j’écris votre nom sur ma feuille de route (où j’inscris aussi le rythme que je veux faire par kilomètre, ainsi que le temps prévu de passage), que je regarde à chaque kilomètre pour savoir si je m’écarte beaucoup, ou pas, de mon objectif. De penser à vous pendant ce kilomètre, ça me motive et ça me rend la course plus facile.
Voilà comment ça marche :
1-Vous allez chez Otir, dans la colonne de droite, vous cherchez le carré Chipin, et vous cliquez. Vous versez une somme via Paypal.
2-Vous filez chez Pablo vous inscrire dans les commentaires et lui demander quel kilomètre du marathon vous voulez qu'il coure pour vous.
Ne cherchez pas le kilomètre 19, c'est le mien!
Mais il vous en reste encore quelques uns, si vous vous dépêchez... Il y a de grandes chances pour que la chaîne des blogueurs/lecteurs de blogs parcourent les 42, 195 km! Vous en êtes?
[Bien sûr, c'est chez Samantdi que j'ai entendu parler de cette super idée. Merci Samantdi, je t'ai même volé un tout petit bour de ton billet - qui est tellement mieux écrit que le mien!]
Comme moi, elle a deux garçons. Et comme moi, elle sait bien qu'ici le fundraising (levée de fonds) est un sport national. Elle s'y est mise elle aussi: elle essaie de récolter de l'argent pour soutenir l'école où son fils aîné est scolarisé. Cette école a pour nom Foundation for Educating Children with Autism (F.E.C.A.) et comme beaucoup d'écoles dans ce grand pays riche, elle a besoin de l'aide et de la générosité de tous pour continuer. Monsieur Ziti, le fils d'Otir, est autiste et cette école est un endroit formidable, dans lequel il a trouvé sa place.
Voilà ce qu'en dit Otir:
Les grandes causes rallient plus facilement et récoltent des fonds, mais la redistribution va rarement directement à ces initiatives très cantonnées. La cause pour laquelle je lève des fonds est limitée sans l’être, trente-six enfants forment le contigent de cette école, qui emploie une cinquantaine d’adultes dévoués et passionnés, qui font le relais de l’expérience via la fondation, qui transmet son savoir, son savoir-faire, et le programme de l’école de mon fils commence à être reproduit un peu partout, y compris en France. (…)
Par ailleurs, Pablo ne fait rien comme moi: il est espagnol, il a une fille et il aime courir (je déteste courir). Quel est le rapport? Pablo a eu cette idée merveilleuse et généreuse de lier sa passion de la course à la cause d'Otir.
Je le cite:
Si vous voulez bien contribuer à la cause, vous allez sur le blog d’Otir et vous cherchez à droite le widget “Levée de fonds pour F.E.C.A.”, vous faites un don, vous revenez ici et vous me laissez un commentaire en me disant le kilomètre du marathon (du 1 au 42 : je me réserve pour moi-même les derniers 195 mètres) que vous voulez que je vous dédicace (j’ai fait ça d’autres fois, mais sans demander de contrepartie) : j’écris votre nom sur ma feuille de route (où j’inscris aussi le rythme que je veux faire par kilomètre, ainsi que le temps prévu de passage), que je regarde à chaque kilomètre pour savoir si je m’écarte beaucoup, ou pas, de mon objectif. De penser à vous pendant ce kilomètre, ça me motive et ça me rend la course plus facile.
Voilà comment ça marche :
1-Vous allez chez Otir, dans la colonne de droite, vous cherchez le carré Chipin, et vous cliquez. Vous versez une somme via Paypal.
2-Vous filez chez Pablo vous inscrire dans les commentaires et lui demander quel kilomètre du marathon vous voulez qu'il coure pour vous.
Ne cherchez pas le kilomètre 19, c'est le mien!
Mais il vous en reste encore quelques uns, si vous vous dépêchez... Il y a de grandes chances pour que la chaîne des blogueurs/lecteurs de blogs parcourent les 42, 195 km! Vous en êtes?
[Bien sûr, c'est chez Samantdi que j'ai entendu parler de cette super idée. Merci Samantdi, je t'ai même volé un tout petit bour de ton billet - qui est tellement mieux écrit que le mien!]
Sunday, April 19, 2009
Moi en Calife
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Vendredi juste après l'école, j'ai eu une réunion dans le bureau du Grand Chef-en-chef, en présence dudit Grand Chef-en-chef et du Grand Chef. Ils m'ont annoncé avec un grand sourire que j'étais nommée chef du département des langues (que de leaders dans cette pièce!). Bien sûr, j'aurais dû être surprise (et émue), sauf que ma chef, l'autre candidate, s'était empressée de communiquer la nouvelle à tout le monde (moi y compris) et de me féliciter, une heure plus tôt, dès que la nouvelle lui a été communiquée.
(Je ressens sa déception et son désarroi. Trop grande empathie ou projection dans le futur, dans 6 ans, quand il me faudra passer la main? J'ai souvent du mal à la supporter, mais je lui suis aussi reconnaissante pour beaucoup de choses qu'elle a faites pour moi. Je ne suis pas à l'aise avec la défaite, celle des autres comme la mienne.)
Honnêtement, je le savais déjà. Je savais que la coalition des membres du département qui souhaitaient son départ était plus forte que ses éventuels supporters. Je sais aussi que je dois cet "honneur" moins à mes qualités personnelles qu'à l'absence (apparente du moins) des défauts qui la caractérise et dont tout le monde avait assez. Ce qui n'est pas sans m'inquiéter: je sais qu'on m'attend au tournant, y compris ceux qui m'ont poussée là. Je crains un peu que ce nouveau fauteuil ne me vaille l'inimitié de gens auxquels je tiens et avec qui, jusqu'à présent, j'ai travaillé en bonne harmonie. Je redoute de décevoir.
Je vais devoir apprendre à être chef. Je vais devoir laisser de côté ma partialité, mes emportements méridionaux, mes bouderies (dues à ma trop grande susceptibilité). Je vais devoir me blinder. Grandir, quoi.
Encore quelques mois pour n'être qu'un prof parmi les autres profs.
Contrairement à toute attente, l'Homme m'a acheté une petite bouteille de champagne pour fêter ça, vendredi soir. Qui l'eût cru? Je n'avais pas l'esprit à la fête, mais le geste m'a fait énormément plaisir.
(Je ressens sa déception et son désarroi. Trop grande empathie ou projection dans le futur, dans 6 ans, quand il me faudra passer la main? J'ai souvent du mal à la supporter, mais je lui suis aussi reconnaissante pour beaucoup de choses qu'elle a faites pour moi. Je ne suis pas à l'aise avec la défaite, celle des autres comme la mienne.)
Honnêtement, je le savais déjà. Je savais que la coalition des membres du département qui souhaitaient son départ était plus forte que ses éventuels supporters. Je sais aussi que je dois cet "honneur" moins à mes qualités personnelles qu'à l'absence (apparente du moins) des défauts qui la caractérise et dont tout le monde avait assez. Ce qui n'est pas sans m'inquiéter: je sais qu'on m'attend au tournant, y compris ceux qui m'ont poussée là. Je crains un peu que ce nouveau fauteuil ne me vaille l'inimitié de gens auxquels je tiens et avec qui, jusqu'à présent, j'ai travaillé en bonne harmonie. Je redoute de décevoir.
Je vais devoir apprendre à être chef. Je vais devoir laisser de côté ma partialité, mes emportements méridionaux, mes bouderies (dues à ma trop grande susceptibilité). Je vais devoir me blinder. Grandir, quoi.
Encore quelques mois pour n'être qu'un prof parmi les autres profs.
Contrairement à toute attente, l'Homme m'a acheté une petite bouteille de champagne pour fêter ça, vendredi soir. Qui l'eût cru? Je n'avais pas l'esprit à la fête, mais le geste m'a fait énormément plaisir.
Wednesday, April 15, 2009
Le Programme
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J'ai rendu aujourd'hui à mes élèves (classe de littérature) un QCM (les Américains ne peuvent pas se passer de QCM, même quand il s’agit de littérature, c'est plus fort qu'eux) sur lequel ils ont passablement souffert. 8 textes, 70 questions (compréhension, vocabulaire, interprétation, figures de style). Voltaire, Colette, Baumarchais, Ronsard, etc. Le dernier texte: Pascal ... J'ai dû lire et relire le texte (et me creuser un peu la tête) pour répondre aux questions. Et je me suis interrogée sur la pertinence de soumettre à la sagacité de jeunes gens dont la langue maternelle n'est pas le français un texte sur le divertissement sans qu'ils n’aient jamais entendu parler ni de Pascal ni du Jansénisme. La plupart sont passés complètement à côté.
La dernière question était : "Qu’est-ce que Pascal critique dans le dernier paragraphe ?
A. Les prétendus philosophes
B. Les chasseurs de lièvres
C. La cruauté envers les animaux
D. La créativité des êtres humains"
La moitié de mes élèves (loin pourtant d’être bêtes) a répondu « Les chasseurs de lièvre »*. A mon avis, ceux qui ont composé l’examen ont eu envie de se marrer un peu, sur la fin. Bien joué.
C’est la dernière année que j’enseigne ce cours. J’en suis bien malheureuse, parce que, malgré la pression (terrible) de l’examen, malgré la course effrénée pour couvrir l’impossible Programme, j’adore cette classe. Mais la décision ne vient ni de moi, ni de mon école : le College Board, instance supérieure de tous les examens standardisés, a décidé de se débarrasser de l’examen de AP French Literature. Reste l’examen de AP French Language (et si vous adorez les finesses de la grammaire, les petites exceptions sournoises de la conjugaison et les particularités retorses du lexique français, vous serez servis !). Bien entendu, l’examen de AP Spanish Literature ne disparaît pas, lui… On se demande pourquoi.
Les raisons avancées pour la suppression de cet examen (et du cours qui va avec) sont tellement ridicules que je vous les épargne. J’ai eu de grands moments de colère et de frustration (et avec moi un grand nombre de profs de français aux Etats-Unis, mais les pétitions, lettres de protestation et autres appels n’ont rien changé à la décision du College Board). Mais au fond, il était peut-être inévitable que la littérature française passe à la trappe. Honnêtement, combien d’élèves, sur l’ensemble des lycées américains, sont en mesure, à la fin de leur parcours de lycéens, de lire et d’analyser des textes au programme de nos élèves de Première littéraire ? Un tout petit pourcentage. Et ceux qui arrivent à se hisser à ce niveau doivent ingurgiter un Programme surchargé. Le choix des œuvres me laisse dubitative. Je sais que ce sont les profs d’université qui sont chargés de la sélection (soit ils se la pêtent, soit ils n’ont aucune notion de l’adolescent américain moyen), et je ne les remercie pas.
De septembre à fin avril, mes élèves ont dû lire deux poèmes de du Bellay, deux de Louise Labé, Le Cid, L’Ecole des femmes, cinq fables de La Fontaine, Candide, Pierre et Jean de Maupassant, 6 poèmes de Baudelaire, 6 poèmes d’Apollinaire, Moderato Cantabile de Marguerite Duras et Une tempête, d’Aimé Césaire. C’est énorme, quand on considère que c’est leur première vraie confrontation avec la littérature française, et quand on pense que le français est loin d’être leur matière principale.
Il me semble qu’au lieu de supprimer purement et simplement cet examen, il aurait suffi de l’alléger pour le rendre plus attractif et accessible. En maintenant un Programme tellement sélectif, il est évident qu’on ne s’adresse qu’à une élite (et il est alors tellement hypocrite de se lamenter du petit nombre d’élèves inscrits à l’examen, ou du petit nombre d’élèves issus de minorités ethniques choisissant cette classe). Je ne comprends pas la décision de mettre Une tempête au Programme (non, tous les lycéens américains n’ont pas étudié The Tempest, et nous n’avons pas le temps de leur asséner un peu de Shakespeare en plus de tout le reste. Alors les effets de l’intertextualité leur passent largement au-dessus de la tête). De même que le choix des poèmes d’Anne Hébert, qui était au précédent Programme, m’avait passablement interloquée (absolument hermétique).
Là, je suis vraiment en retard. J’ai presque fini Baudelaire, mais il me reste Apollinaire, Duras et Césaire (bah oui, je l’ai gardé pour la fin, j’ai vraiment du mal), en à peine deux semaines. L’administration vient de m’annoncer que deux de mes cours vont sauter pour cause de foire aux universités, ce qui m’a mise dans une rage épouvantable et a eu pour conséquence de me faire gâcher 10 minutes (pourtant précieuses) de mon heure de cours, durant lesquelles j’ai exprimé ma colère.
Bref. Je stresse un maximum (c’est sans doute pour cela que je suis aussi bavarde – l’inquiétude me rend intarissable). Mais j’y arriverai, j’y arriverai. Apollinaire est tombé à l’examen l’année dernière, on peut donc l’étudier en accéléré. Duras … Ah, il va falloir faire des études thématiques, plutôt qu’une lecture linéaire. Et Césaire, je vais lui faire un sort en deux heures, pas moyen de faire autrement.
Je voudrais bien que les grands pontes qui pondent les Programmes se confrontent un peu à la réalité de l’enseignement dans un lycée lambda. Messieurs les Programmateurs, keep in touch.
[C’est le billet de Samantdi qui, par ricochet et par solidarité, a déclanché cette diatribe anti-Programme.]
* La bonne réponse, c’était A.
La dernière question était : "Qu’est-ce que Pascal critique dans le dernier paragraphe ?
A. Les prétendus philosophes
B. Les chasseurs de lièvres
C. La cruauté envers les animaux
D. La créativité des êtres humains"
La moitié de mes élèves (loin pourtant d’être bêtes) a répondu « Les chasseurs de lièvre »*. A mon avis, ceux qui ont composé l’examen ont eu envie de se marrer un peu, sur la fin. Bien joué.
C’est la dernière année que j’enseigne ce cours. J’en suis bien malheureuse, parce que, malgré la pression (terrible) de l’examen, malgré la course effrénée pour couvrir l’impossible Programme, j’adore cette classe. Mais la décision ne vient ni de moi, ni de mon école : le College Board, instance supérieure de tous les examens standardisés, a décidé de se débarrasser de l’examen de AP French Literature. Reste l’examen de AP French Language (et si vous adorez les finesses de la grammaire, les petites exceptions sournoises de la conjugaison et les particularités retorses du lexique français, vous serez servis !). Bien entendu, l’examen de AP Spanish Literature ne disparaît pas, lui… On se demande pourquoi.
Les raisons avancées pour la suppression de cet examen (et du cours qui va avec) sont tellement ridicules que je vous les épargne. J’ai eu de grands moments de colère et de frustration (et avec moi un grand nombre de profs de français aux Etats-Unis, mais les pétitions, lettres de protestation et autres appels n’ont rien changé à la décision du College Board). Mais au fond, il était peut-être inévitable que la littérature française passe à la trappe. Honnêtement, combien d’élèves, sur l’ensemble des lycées américains, sont en mesure, à la fin de leur parcours de lycéens, de lire et d’analyser des textes au programme de nos élèves de Première littéraire ? Un tout petit pourcentage. Et ceux qui arrivent à se hisser à ce niveau doivent ingurgiter un Programme surchargé. Le choix des œuvres me laisse dubitative. Je sais que ce sont les profs d’université qui sont chargés de la sélection (soit ils se la pêtent, soit ils n’ont aucune notion de l’adolescent américain moyen), et je ne les remercie pas.
De septembre à fin avril, mes élèves ont dû lire deux poèmes de du Bellay, deux de Louise Labé, Le Cid, L’Ecole des femmes, cinq fables de La Fontaine, Candide, Pierre et Jean de Maupassant, 6 poèmes de Baudelaire, 6 poèmes d’Apollinaire, Moderato Cantabile de Marguerite Duras et Une tempête, d’Aimé Césaire. C’est énorme, quand on considère que c’est leur première vraie confrontation avec la littérature française, et quand on pense que le français est loin d’être leur matière principale.
Il me semble qu’au lieu de supprimer purement et simplement cet examen, il aurait suffi de l’alléger pour le rendre plus attractif et accessible. En maintenant un Programme tellement sélectif, il est évident qu’on ne s’adresse qu’à une élite (et il est alors tellement hypocrite de se lamenter du petit nombre d’élèves inscrits à l’examen, ou du petit nombre d’élèves issus de minorités ethniques choisissant cette classe). Je ne comprends pas la décision de mettre Une tempête au Programme (non, tous les lycéens américains n’ont pas étudié The Tempest, et nous n’avons pas le temps de leur asséner un peu de Shakespeare en plus de tout le reste. Alors les effets de l’intertextualité leur passent largement au-dessus de la tête). De même que le choix des poèmes d’Anne Hébert, qui était au précédent Programme, m’avait passablement interloquée (absolument hermétique).
Là, je suis vraiment en retard. J’ai presque fini Baudelaire, mais il me reste Apollinaire, Duras et Césaire (bah oui, je l’ai gardé pour la fin, j’ai vraiment du mal), en à peine deux semaines. L’administration vient de m’annoncer que deux de mes cours vont sauter pour cause de foire aux universités, ce qui m’a mise dans une rage épouvantable et a eu pour conséquence de me faire gâcher 10 minutes (pourtant précieuses) de mon heure de cours, durant lesquelles j’ai exprimé ma colère.
Bref. Je stresse un maximum (c’est sans doute pour cela que je suis aussi bavarde – l’inquiétude me rend intarissable). Mais j’y arriverai, j’y arriverai. Apollinaire est tombé à l’examen l’année dernière, on peut donc l’étudier en accéléré. Duras … Ah, il va falloir faire des études thématiques, plutôt qu’une lecture linéaire. Et Césaire, je vais lui faire un sort en deux heures, pas moyen de faire autrement.
Je voudrais bien que les grands pontes qui pondent les Programmes se confrontent un peu à la réalité de l’enseignement dans un lycée lambda. Messieurs les Programmateurs, keep in touch.
[C’est le billet de Samantdi qui, par ricochet et par solidarité, a déclanché cette diatribe anti-Programme.]
* La bonne réponse, c’était A.
Sunday, April 12, 2009
Tuesday, April 07, 2009
Mystère
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Je ne sais pas. Je dois être fatiguée. Il fait froid, mes mains et mon coeur sont gelés.
Mais tout cela n'explique pas pourquoi les larmes me sont venues aux yeux en regardant cette vidéo. Je ne comprends toujours pas...
Je ne sais pas. Je dois être fatiguée. Il fait froid, mes mains et mon coeur sont gelés.
Mais tout cela n'explique pas pourquoi les larmes me sont venues aux yeux en regardant cette vidéo. Je ne comprends toujours pas...
Sunday, April 05, 2009
Samedi matin...
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Mon traditionnel saturday morning: petit déj qui s'étire, en compagnie d'internet puis de Télérama, quand le facteur l'a gentiment déposé dans la boîte aux lettres.
[Ce film, qui sort le 8 avril à Paris, je l'ai déjà vu, turlututu, à New York, il y a deux semaines de cela!]
Pour mon petit chat, tartines au nutella.
Et pour l'homme de la maison, guitare du matin, entrain.



Et samedi soir ...
Mon traditionnel saturday morning: petit déj qui s'étire, en compagnie d'internet puis de Télérama, quand le facteur l'a gentiment déposé dans la boîte aux lettres.
Pour mon petit chat, tartines au nutella.
Et pour l'homme de la maison, guitare du matin, entrain.
Et samedi soir ...
Monday, March 30, 2009
The "did-it!" list
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La fin des vacances, c'est toujours l'occasion d'une litanie de "j'aurais dû, je voulais, j'avais juré, mais j'ai pas fait". Bah, j'ai encore quelques lamentations, cette fois-ci:
- Je n'ai pas rangé mon bureau, ni trié mes papiers;
- Je ne me suis pas occupée de la paperasse administrative;
- J'ai peu avancé dans mes préparations de cours et pas assez corrigé de copies;
- Je n'ai toujours pas appris à me servir d'un gadget de cuisine chic et cher (mais en même temps, ça fait presque deux ans qu'il est dans un placard, il peut y rester un peu plus...)
Mais la nouveauté, c'est que pendant ces vacances, j'ai inversé la vapeur et j'ai une liste beaucoup plus longue de ce que j'ai accompli. Pas peu fière. Allez, quelques preuves par l'image (liste non exhaustive)
Je me suis promenée dans un jardin de scultures, en plein NYC.
J'ai ouvert des cartons et enfin retrouvé mes cadres. Toujours pas accrochés au mur, mais au moins ils prennent l'air.
J'ai aussi retrouvé mes livres de cuisine. Et un maillot de bain.
J'ai assisté (avec enthousiasme) à des matchs de foot et de basket passionnants.
J'ai fait des cupcakes avec Paolo.
J'ai couru derrière des deux-roues.
J'ai fait de la balançoire.
J'ai fait des moelleux au chocolat (et un crumble à la tomate, mmmh) pour nos amis de Barcelone qui sont venus passer le week-end ici. C'était bien de les revoir, même avec le jet-lag, même si j'ai passé une journée à nettoyer/ranger/cuisiner/faire des lessives pour que tout soit prêt et beau à leur arrivée. L'homme, fatigué de toute l'énergie que je déployais, a fait la sieste toute l'après-midi. Mais bon, il s'est fort bien sorti du steak mariné au barbecue. Dudie a retrouvé son meilleur copain et a pleuré quand il est parti ("Mais je ne peux pas attendre cinq mois avant de le revoir, moi!").
J'ai fini de repeindre ma cuisine...
La fin des vacances, c'est toujours l'occasion d'une litanie de "j'aurais dû, je voulais, j'avais juré, mais j'ai pas fait". Bah, j'ai encore quelques lamentations, cette fois-ci:
- Je n'ai pas rangé mon bureau, ni trié mes papiers;
- Je ne me suis pas occupée de la paperasse administrative;
- J'ai peu avancé dans mes préparations de cours et pas assez corrigé de copies;
- Je n'ai toujours pas appris à me servir d'un gadget de cuisine chic et cher (mais en même temps, ça fait presque deux ans qu'il est dans un placard, il peut y rester un peu plus...)
Mais la nouveauté, c'est que pendant ces vacances, j'ai inversé la vapeur et j'ai une liste beaucoup plus longue de ce que j'ai accompli. Pas peu fière. Allez, quelques preuves par l'image (liste non exhaustive)
J'ai aussi retrouvé mes livres de cuisine. Et un maillot de bain.
Thursday, March 26, 2009
Entre les murs
Finalement vu Entre les murs, hier. Et j'ai été projetée 7 ans (7 ans et demi) en arrière, au moment où j'ai mis les pieds dans le collège J-C dans la banlieue ouest de Paris. Je suis arrivée là comme une bleue, absolument pas préparée à ce qui m'attendait. Et j'ai pris une immense claque dans la gueule, l'une des plus violente que j'ai jamais reçue.
Et là, hier, m'y revoilà.
Avez-vous vu ce film? Vos impressions? Qu'en avez-vous pensé?
[Sur la photo, c'est autre chose: New York, New York...]
Tuesday, March 24, 2009
A cat's game
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Notre chat de vacances est revenue nous tenir compagnie. Elle connaît la maison, ses habitants (elle se méfie comme de la peste des zigotos qui cherchent à l'attraper - "pour jouer, maman, pour jouer"), les horaires, la tentation du frigo. Elle nous aide à ne pas gacher nos journées de vacances en s'assurant que nous nous levons de bonne heure: 7h30, nous poussons le bouchon un peu loin quand même. Elle passe à l'action. Phase un: elle se met devant nos portes et pousse de longs miaulements tristes pour nous communiquer sa solitude. Phase deux (lorsque nous sommes trop comateux pour la chasser et fermer la porte): elle saute sur la commode et pousse délicatement, du bout de la patte, un des objets qui s'y trouvent (elle n'a que l'embarras du choix, vu le bazar...). Ledit objet finit par s'écraser par terre, et s'il n'a pas fait assez de bruit, elle recommence avec un autre plus gros. Jusqu'à ce que l'un de nous, exaspéré, bondisse du lit en jurant qu'il va lui arriver malheur. Elle a réussi, elle se moque des menaces. Trop heureuse, elle dévale l'escalier en trois bonds et attend sereinement dans la cuisine, ronronnant d'avance. Elle veut des câlins, de l'attention, de l'animation, et aussi un petit peu de cette pâtée dans le frigo. Elle se roule dans une flaque de soleil, sa journée commence bien.
Quand le frigo reste fermé à ses suppliques, elle l'attaque. Elle a choisi Nina l'ananas comme bouc émissaire. Elle y revient chaque fois qu'elle est contrariée. Nina l'ananas est quand même gonflée de regrimper sur le frigo alors qu'elle la terrasse de manière répétée. Dès que l'envie lui vient, en fait. Tout de même.




Quand le frigo reste fermé à ses suppliques, elle l'attaque. Elle a choisi Nina l'ananas comme bouc émissaire. Elle y revient chaque fois qu'elle est contrariée. Nina l'ananas est quand même gonflée de regrimper sur le frigo alors qu'elle la terrasse de manière répétée. Dès que l'envie lui vient, en fait. Tout de même.
Monday, March 23, 2009
Mars
.
Vendredi matin...

Samedi:

Mars: la dernière neige, les premières fleurs.
Il fait beau, un soleil reluisant comme un sou neuf, et le froid pince les joues. Les arbres frissonnent, encore tout nus, et je guette mes plantations de l'automne. La lumière change de couleur.
A la moitié des vacances, je viens d'épuiser mes provisions d'énergie et de bonne humeur (celles que j'avais faites à New York). Je n'ai plus envie de remuer la poussière et de me débarrasser du provisoire qui habite cette maison depuis 9 mois. Je laisse tomber l'un après l'autre mes projets de rangement. Mes humeurs sombres reviennent jeter leur ombre.
Il est temps que le printemps s'installe vraiment, dans ma tête aussi.
Vendredi matin...
Il fait beau, un soleil reluisant comme un sou neuf, et le froid pince les joues. Les arbres frissonnent, encore tout nus, et je guette mes plantations de l'automne. La lumière change de couleur.
A la moitié des vacances, je viens d'épuiser mes provisions d'énergie et de bonne humeur (celles que j'avais faites à New York). Je n'ai plus envie de remuer la poussière et de me débarrasser du provisoire qui habite cette maison depuis 9 mois. Je laisse tomber l'un après l'autre mes projets de rangement. Mes humeurs sombres reviennent jeter leur ombre.
Il est temps que le printemps s'installe vraiment, dans ma tête aussi.
Wednesday, March 18, 2009
Trois jours à New York
...

Comme l'année dernière, Else et moi avons commencé notre spring break par un petit séjour à New York. Mais cette fois nous y sommes restées trois jours au lieu de deux.
Comme l'année dernière, le Prince Charmant nous a prêté son appartement. Mais cette fois, il s'est installé, c'est vraiment chez lui. Et il a un balcon avec une vue magnifique.
Comme l'année dernière, nous avons déjeuné avec lui. Mais cette fois, nous avons rencontré sa Princesse.
Pas encore tout à fait le printemps. Mais j'aime j'aime j'aime marcher dans New York!
L'année dernière, nous avions vu une pièce sur Broadway. Cette fois, nous avons vu un film en avant-première, avec le metteur en scène qui s'est soumis gentiment aux questions (parfois complètement ineptes) des spectateurs.
Je me suis consolée de ne pas voir Paris. Je suis allée me faire couper les cheveux chez Jean-Louis David, je me suis acheté une veste chez H&M, une très jolie robe (mon nouveau coup de foudre) chez Zara et le Prince Charmant nous a entraînées pour un autre déjeuner avec lui à Mon Petit Café...
Comme l'année dernière, le Prince Charmant nous a prêté son appartement. Mais cette fois, il s'est installé, c'est vraiment chez lui. Et il a un balcon avec une vue magnifique.
Comme l'année dernière, nous avons déjeuné avec lui. Mais cette fois, nous avons rencontré sa Princesse.
Saturday, March 14, 2009
Des signes certains
.
* Il y a des choses qui habitent dans mon frigo et dont je ne sais ni quand ni comment elles sont arrivées là.
* Les piles de linge propre et de linge sale prennent racine là où elles ont été déposées. Souvent, les vêtements propres sont portés sans jamais passer par la case rangement. Heureusement, ça n'arrive pas encore pour les vêtements sales.
* J'ai autant de mal à sortir les enfants du lit, le matin, qu'à me sortir de la douche. Yeux fermés, douloureux, tête cotonneuse, nos gestes machinaux nous poussent d'une tâche à l'autre - s'habiller, déjeuner, préparer les affaires, se brosser les dents, mettre les manteaux, sortir les cartables, grimper dans la voiture. Le changement d'heure nous oblige à nouveau à nous réveiller en pleine nuit. Nous ressemblons à des taupes, ces derniers matins. Et nous ne sommes guère aimables.
* La voiture connaît le chemin de l'école, désormais. Tant mieux, parce que je ne suis guère en état de conduire. Pilote automatique, ça me va bien.
* La table de la salle à manger est presque invisible. Les tas de "trucs" à ranger s'empilent. Dudie pousse des machins pour se faire une petite place à l'heure des devoirs. Mon bureau, lui, a complètement disparu. C'était quand, la dernière fois que j'ai eu le temps de ranger cette maison?
* Après des semaines de conduite exemplaires, Paolo recommence à déraper. Le maître m'a à nouveau convoquée. Cette fois, c'est surtout un problème de langage. Il paraît que les autres enfants sont choqués de l'entendre dire "F***" et "Sh**". Ah?
* Je me suis emmêlé les pinceaux deux fois cette semaine: j'ai oublié de poster les questions sur un poème à étudier à la maison (On ne savait pas ce qu'il fallait faire, avec ce poème). C'est vrai que Louise Labé sans filet, c'est périlleux.
Et j'ai donné des devoirs sur une leçon pas encore enseignée (et les braves petits n'ont pas moufté, qui se sont lancés dans les adverbes sans formation préalable.
Vous ne pouviez pas m'envoyer un e-mail, non? Vous vous êtes bien rendu compte qu'on n'avait pas encore étudié les adverbes?
Are you yelling at us because we studied the lesson by ourselves and did extra homework?
Hum.
D'abord, je ne criais pas. Je m'interrogeais, juste).
* Je réponds de plus en plus souvent en français quand on me parle. Mais j'utilise trop l'anglais avec mes élèves. Mon logiciel de bilinguisme a des ratés.
Pas de doute: il est temps que les vacances arrivent. Les voilà, d'ailleurs.
* Les piles de linge propre et de linge sale prennent racine là où elles ont été déposées. Souvent, les vêtements propres sont portés sans jamais passer par la case rangement. Heureusement, ça n'arrive pas encore pour les vêtements sales.
* J'ai autant de mal à sortir les enfants du lit, le matin, qu'à me sortir de la douche. Yeux fermés, douloureux, tête cotonneuse, nos gestes machinaux nous poussent d'une tâche à l'autre - s'habiller, déjeuner, préparer les affaires, se brosser les dents, mettre les manteaux, sortir les cartables, grimper dans la voiture. Le changement d'heure nous oblige à nouveau à nous réveiller en pleine nuit. Nous ressemblons à des taupes, ces derniers matins. Et nous ne sommes guère aimables.
* La voiture connaît le chemin de l'école, désormais. Tant mieux, parce que je ne suis guère en état de conduire. Pilote automatique, ça me va bien.
* La table de la salle à manger est presque invisible. Les tas de "trucs" à ranger s'empilent. Dudie pousse des machins pour se faire une petite place à l'heure des devoirs. Mon bureau, lui, a complètement disparu. C'était quand, la dernière fois que j'ai eu le temps de ranger cette maison?
* Après des semaines de conduite exemplaires, Paolo recommence à déraper. Le maître m'a à nouveau convoquée. Cette fois, c'est surtout un problème de langage. Il paraît que les autres enfants sont choqués de l'entendre dire "F***" et "Sh**". Ah?
* Je me suis emmêlé les pinceaux deux fois cette semaine: j'ai oublié de poster les questions sur un poème à étudier à la maison (On ne savait pas ce qu'il fallait faire, avec ce poème). C'est vrai que Louise Labé sans filet, c'est périlleux.
Et j'ai donné des devoirs sur une leçon pas encore enseignée (et les braves petits n'ont pas moufté, qui se sont lancés dans les adverbes sans formation préalable.
Vous ne pouviez pas m'envoyer un e-mail, non? Vous vous êtes bien rendu compte qu'on n'avait pas encore étudié les adverbes?
Are you yelling at us because we studied the lesson by ourselves and did extra homework?
Hum.
D'abord, je ne criais pas. Je m'interrogeais, juste).
* Je réponds de plus en plus souvent en français quand on me parle. Mais j'utilise trop l'anglais avec mes élèves. Mon logiciel de bilinguisme a des ratés.
Pas de doute: il est temps que les vacances arrivent. Les voilà, d'ailleurs.
Sunday, March 08, 2009
A night out - and what else?
...
Je suis sortie, hier soir. Seule, encore une fois.
Je n'en avais plus envie - l'endoudounage d'hiver* (et ne vous fiez pas à la photo, c'est un miroir menteur, tricheur, flatteur) et mon inefficacité de la journée (des heures passées à fixer mon écran et à peine 6 bulletins rédigés...).
Mais j'y suis allée. Et je me suis bien amusée - comment faire autrement? Je sors si peu, toute occasion est bonne à prendre. J'ai même un peu dansé, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des lustres.
Et puis je suis rentrée. Je me suis regardée dans la glace menteuse, que dire?
Tu as trente-sept ans, ma fille, tu crois que tu peux encore t'habiller comme une minette (pour qui?), et tes seules occasions de sortir sont les soirées organisées par l'école, à l'école, avec tes collègues et les parents de tes élèves. Pathétique, non?
C'est quoi cette vie envahie, dévorée par le boulot, pour gagner même pas l'équivalent des frais de scolarité que paient les parents qui envoient deux de leurs enfants à l'école où tu travailles? Rien, en dehors du travail: absence totale de vie sociale. C'est excitant, n'est-ce pas, d'aller boire un mojito trop sucré et délayé dans trop d'eau en faisant des amabilités aux parents de Bidule, à qui tu viens de coller un C ?
Des amis, quels amis? Des collègues, bah oui. Des conversations sympa. "Tu as fini tes bulletins, toi? M'en parle pas, j'en suis même pas à la moitié. Tu as vu Trucmuche, le e-mail qu'elle a posté? Tu enseignes Machin? Tu sais la dernière qu'il a faite?"
Etc. Etc.
Je retourne à mes bulletins. Bon dimanche.
* (plus de piscine depuis des mois + beaucoup trop de chocolat = des épaisseurs supplémentaires)
Je n'en avais plus envie - l'endoudounage d'hiver* (et ne vous fiez pas à la photo, c'est un miroir menteur, tricheur, flatteur) et mon inefficacité de la journée (des heures passées à fixer mon écran et à peine 6 bulletins rédigés...).
Mais j'y suis allée. Et je me suis bien amusée - comment faire autrement? Je sors si peu, toute occasion est bonne à prendre. J'ai même un peu dansé, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des lustres.
Et puis je suis rentrée. Je me suis regardée dans la glace menteuse, que dire?
Tu as trente-sept ans, ma fille, tu crois que tu peux encore t'habiller comme une minette (pour qui?), et tes seules occasions de sortir sont les soirées organisées par l'école, à l'école, avec tes collègues et les parents de tes élèves. Pathétique, non?
C'est quoi cette vie envahie, dévorée par le boulot, pour gagner même pas l'équivalent des frais de scolarité que paient les parents qui envoient deux de leurs enfants à l'école où tu travailles? Rien, en dehors du travail: absence totale de vie sociale. C'est excitant, n'est-ce pas, d'aller boire un mojito trop sucré et délayé dans trop d'eau en faisant des amabilités aux parents de Bidule, à qui tu viens de coller un C ?
Des amis, quels amis? Des collègues, bah oui. Des conversations sympa. "Tu as fini tes bulletins, toi? M'en parle pas, j'en suis même pas à la moitié. Tu as vu Trucmuche, le e-mail qu'elle a posté? Tu enseignes Machin? Tu sais la dernière qu'il a faite?"
Etc. Etc.
Je retourne à mes bulletins. Bon dimanche.
* (plus de piscine depuis des mois + beaucoup trop de chocolat = des épaisseurs supplémentaires)
Monday, March 02, 2009
Snooooow Daaayyyy Yeaaaaahhhh!!
...
On croyait que c'était fini, les oiseaux aussi, qui commençaient à revenir et à piailler (hier, il y en avait un qui se baladait dans le supermarché, et faisait des trilles en faisant ses courses). On croyait que cette longue et pénible semaine à venir allait traîner péniblement ses longs jours un à un. Mais voilà...


Et elle ne peut pas mieux tomber, la neige... J'ai encore des copies à corriger, une cinquantaine de bulletins à écrire (et pas des "Bon trimestre, continuez" ou "Peut mieux faire"... Non, deux paragraphes minimum par élève) et mon blabla pour le poste de Calife à rédiger...
Allez, au boulot!
(Meanwhile ... Il y en a d'autres, dans ma maison, qui se la coule douce!)
On croyait que c'était fini, les oiseaux aussi, qui commençaient à revenir et à piailler (hier, il y en avait un qui se baladait dans le supermarché, et faisait des trilles en faisant ses courses). On croyait que cette longue et pénible semaine à venir allait traîner péniblement ses longs jours un à un. Mais voilà...
Allez, au boulot!
(Meanwhile ... Il y en a d'autres, dans ma maison, qui se la coule douce!)
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