Sunday, June 13, 2010

Piles

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En ce moment, c'est tout ce que je peux faire: des piles.

Piles des cahiers, livres et autres restes d'une année scolaire - multipliés par deux. Ce qu'on jette, ce qu'on garde (dans un carton, dans la cave, qui n'en ressortira jamais...)

Pile des livres à rendre à la bibliothèque. Et encore un peu plus de vestiges de l'année écoulée, un cartable plein (qui n'a pas bougé depuis mercredi, dernier jour d'école pour Dudie). Et la veste du costume portée elle aussi mercredi toujours dans l'entrée.

Piles de linge propre, plié à la va-vite, à ranger (ou pas).

Pile de bulletins à écrire qui me déprime au plus haut point (je n'arrive pas à m'y mettre).
Pile de paperasse à remplir.
Pile de trucs à ranger.
Pile-poil au mauvais moment des discussions pénibles, douloureuses, épuisantes.
Pile de choses à faire en urgence (mais quand?)

Et un dino solitaire qui se balade sans se soucier de l'agitation autour de lui. Je l'envie.

Tuesday, June 08, 2010

Jersey shore (voyage de fin d'année)

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Il y a quatre ans, mon jeune collègue prof d'espagnol, nouvellement nommé Dean m'a offert d'être Class Advisor, c'est-à-dire son assistante.
Dans le système scolaire américain, les élèves ne sont pas regroupés par classe avec un prof principal, mais par niveau (ou classe d'âge); l'adulte qui supervise le groupe de 90 à 100 élèves d'un même niveau est leur Dean. Il s'occupe de la discipline, il les coache, leur fournit explications pratiques sur le fonctionnement du lycée et informations ponctuelles lors de l'assemblée hebdomadaire ( class meeting), il est en charge de l'esprit de groupe et du bon moral des troupes. C'est peu dire qu'il a du boulot (en plus de ses heures de cours - il est déchargé d'un cours, mais c'est bien peu au regard des responsabilités qu'il porte sur ses épaules).
Le Dean accompagne sa classe pendant les quatre ans du lycée. Il les prend lorsqu'ils sont Freshmen, tout juste sortis du collège et assez insupportables, et il ne les lâche que lorsqu'ils ont fini leur année de Seniors, beaucoup plus mûrs et riches de nouvelles acquisitions intellectuelles, artistiques et sportives (du moins on espère).


Voilà, Mr. Dean et moi avons fini notre premier cycle: nos Seniors vont devenir vendredi des anciens élèves (alumni, en bon anglo-latin), après la cérémonie de Graduation durant laquelle ils recevront leurs diplômes. Et vous pouvez me croire, ça lui fait tout drôle, à Mr. Dean (et à moi aussi!) de les voir partir. Quatre ans à les supporter et les porter à bout de bras, à les encourager, à parfois les maudire, à rire avec eux et à pleurer aussi quelquefois. Ils étaient 100 au départ, ils sont maintenant 85 et ils vont nous manquer.
Alors, Mr. Dean a finalement organisé la sortie dont ils rêvaient depuis leur Freshman year: il les a emmenés à la plage. Et moi avec, comme chaperon.


De manière assez inattendue (cette classe nous réserve toujours des surprises), la sortie s'est très très bien passée. Ils ont été super sages dans les bus, ils étaient à l'heure au départ comme à l'arrivée, ils étaient contents de leur journée - incroyable, pas un seul ronchon. Nous leur avons laissé quartier entièrement libre. Certains se sont baladés sur le fameux boardwalk (glaces, pizzas, friture, peluches ridicules et souvenirs ringards); la plupart ont joué sur le sable au volleyball, au frisbee, au baseball; les plus courageux se sont baignés (l'eau était glaaaacée!)

C'était la première fois que je goûtais aux joies du Jersey shore. Je n'ai pas profité des baraques à jeux, je n'ai pas mangé de frites ni de funnel cake (quelle horreur), je ne suis pas montée sur les manèges, mais j'ai lu sur le sable chaud, j'ai encouragé les joueurs de volley et j'ai mangé un lobster roll...


Le Boardwalk.

C'était une très bonne journée, qui m'a complètement vidé la tête, après un week-end désastreux. Cela faisait trop longtemps que la mer me manquait. D'accord, ce n'est pas la mer, c'est l'océan, mais bon.


Ah, et aujourd'hui, Mr. Dean m'a demandé si je voulais rempiler avec lui pour 4 ans. J'ai sauté de joie, oui oui oui. Une nouvelle classe nous attend...

Monday, June 07, 2010

Thursday, June 03, 2010

Multiplications des cérémonies

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Dernier jour de classe. Demain commencent les examens de fin d'année.

32°, air lourd, humide et poisseux. Les ventilateurs peinent à brasser l'air épais. Les élèves supplient qu'on les emmène dans les coins climatisés (la cafétéria, la bibliothèque prise d'assaut, le bureau du dept des langues, que j'ai déserté depuis que je suis chef et dans lequel la température est glaciale - ridicule).

J'ai passé chaque minute libre de ma journée à réviser avec mes élèves. Individuellement ou par petits groupes, ils ont investi mon bureau ("Mais on étouffe ici!"), les tables devant mon bureau, le couloir près de ma salle... Et on révise, on révise, on révise.
"C'est quoi déjà l'ordre des pronoms objets?" (me te se nous vous le la les lui leur y en);
"Pourquoi Paris est la plus belle ville du monde et pas la ville la plus belle?" (à cause de BANGS: Beauty Age Number Goodness Size, les adjectifs qui se mettent devant le nom - même au superlatif);
"Pourquoi Je pense que est suivi de l'indicatif et Je ne pense pas que est suivi du subjonctif?" (Vous savez, vous?)

Ce soir, dîner pour les "lifers" (les élèves de Terminale qui ont fait toute la scolarité dans cette école, depuis la maternelle) et leurs parents. Je suis invitée, en tant qu' advisor* d'une des élèves et aussi parce que je suis l'assistante du Dean* de cette classe. Je fais un petit (tout petit) discours - parmi d'autres, leurs instits de CP, leur prof de musique de l'école primaire, le directeur du lycée. Et nous regardons les photos de leurs années à l'école, leurs visages tout petits et déjà emprunts d'expressions bien à eux, leurs moments forts, spectacles, fins d'école primaire, fin du collège, bal du lycée... C'est la première (non, en fait la deuxième, il y a eu un brunch vendredi dernier) d'une série de cérémonies et célébrations qui culminera avec la Graduation, vendredi prochain. Cette année, à cause de mon lien particulier avec cette classe, j'ai été conviée à tous les événements qui jalonnent le parcours des Seniors (élèves de Terminale) vers leur statut de graduate. Et ça fait beaucoup... Je n'aurai pas assez de tenues d'apparat, je crois. Tant pis, je me montrerai deux fois habillée pareil (as if anybody cared...)

Il faut que je finisse ce soir de rédiger les examens pour demain. C'est la première fois que je m'y prends si tard. Ma vie en lambeaux commence à menacer le fonctionnement pourtant bien rodé de mon activité professionnelle. Il est temps que les vacances arrivent.

* Advisor: expliqué ici.
Dean: expliqué ici.

Tuesday, June 01, 2010

Le serpent

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Je loge un serpent dans mes entrailles. Un long, puissant serpent, qui somnole depuis longtemps, parfois s'éveille et remue, et puis s'assoupit de nouveau, les paupières demi-ouvertes. Je le sens souvent - cette lourdeur qui va jusqu'à la torture, les nuits où je ne dors pas, empoisonnée par l'acidité de son venin.
Ces jours-ci, le serpent est complètement alerte, en attente. Je suis les mouvements de son corps dans le mien, je n'arrive pas à me reconnaître dans ces blessures que j'inflige et que je paie par l'auto-intoxication, le vacillement de mes certitudes et de ma lucidité. Je ne savais pas que faire souffrir était aussi douloureux, presque insupportable - presque. Je sens mon coeur battre au milieu de mon ventre, là où se tordent mes tourments. L'épaisseur de ma chair ne suffit plus à contenir ma peine, ma douleur.
Ce sont des moments tellement difficiles que je n'arrive pas même pas à en espérer l'issue.

Monday, May 31, 2010

Comme un lundi (37)

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Juste avant l'orage (avec vent et grêle), il faisait 31°.

Tuesday, May 25, 2010

Serendipity

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Je voudrais bien croire à une magique coïcindence, même s'il y a de nombreuses façons logiques d'expliquer la concommitance...

Un dimanche soir, un soir de tempêteuse colère où, m'étant mal réveillée d'une mauvaise sieste, je me suis mis la rate à l'envers pour trois fois rien et ai continué à m'enferrer dans mon exaspération, j'ai quitté la maison précipitamment. M'enfuir, quitter ce piège où m'engluent mon impatience et mon ressentiment.
Sur une route déserte, toute droite, j'ai commencé à sentir le calme retomber en moi. Et puis, du coin de l'oeil sur ma droite, je l'ai vue. Ses couleurs tranchaient sur la palette des tons poudrés du paysage ensommeillé.

Le temps que je m'arrête sur le bas-côté pour prendre une photo, elle s'était déjà éloignée. Majestueuse et féérique à la fois dans la tranquillité d'un soir de mai, la montgolfière semblait me défier: "Tu n'y crois pas, hein? Tu as tort de sous-estimer le pouvoir de la magie sur les humeurs chagrines!"

J'ai repris mon chemin. Le coeur plus léger, soulevé par ce ballon, voyageur magnifique. Et au stop suivant, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour faire confiance à mes yeux.

[Comme d'habitude, cliquez sur la photo pour voir en plus grand]

Alors, bien sûr, il est très simple de trouver un lien, une explication. Mais je préfère penser que ce soir-là, une bonne fée des courants d'air s'est chargée de dissiper mes nuages.

Notes en bas de page:
1. La première photo était une tentative pour saisir la montgolfière tout en conduisant. A éviter (non seulement parce qu'on ne peut pas cadrer, mais en plus parce que c'est très dangereux).

2. Montgolfière se dit en anglais "Hot air balloon".

Oui, je sais, vous savez sans doute. Mais au cas où (mon histoire, hélas, perdrait son sens si vous l'ignoriez).

Monday, May 24, 2010

Comme un lundi (36)

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Lundi matin - petit déj à l'école. Pas le temps, pas le temps...

Lundi soir - le bazar. Pas le temps, pas le temps...

My Japanese babies

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Parce que la mère de leur père est japonaise, je me demandais ce qui dans leurs traits révèlerait leur ascendance. J'espérais les yeux bridés mystérieux des bébés japonais. Je n'ai pas été déçue.

Dudie, à deux semaines.

Dudie à 6 mois (Photo prise à la crèche, ils lui avaient peigné les cheveux, ce qui lui ressemblait peu...) (Mais j'adore cette photo, son côté désuet, la fausse fourrure sur laquelle il s'appuie et son air de vieux sage qui a vu le monde et en sait long sur ses vicissitudes).

Paolo, le jour de sa naissance.

Paolo, à un jour.

Si maintenant on ne peut clairement dire qu'ils sont asiatiques, leurs visages dessinent le mélange de leurs origines géographiques. Japon, Liban, France et Italie. Mes garçons cosmopolites.

[Pardon pour la qualité des photos: en l'absence de scanner, j'ai fait des photos de photos, ce n'est pas terrible... Mais ça m'a permis de revisiter leur petite enfance.]

Saturday, May 22, 2010

Nos yeux

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Mon fils aîné a les yeux bleux - les yeux de mon père.

Le second a les yeux bruns - dorés ou très foncés selon la lumière et selon son humeur.

Et moi, j'ai les yeux verts. Comme mon grand-oncle italien.

Et nous sommes tous les trois myopes (voire très très myopes, en ce qui me concerne). Ils sont nés avec les yeux de bébés japonais - il leur en reste un peu le dessin.
Des traces de notre histoire familiale sur notre visage.

Thursday, May 20, 2010

L'anniversaire

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Entre une semaine glaciale et quelques jours très pluvieux est venu s'intercaler un samedi parfait, juste parfait. Et ça tombait bien, parce que c'était le jour que j'avais choisi pour fêter l'anniversaire de Dudie, et comme c'était une Rugby Party, il fallait que ça se passe dehors, forcément...

Avec un coach de par chez moi (oui, j'en ai déniché un avec l'accent et tout et tout!) et 12 gamins en grande forme, l'après-midi s'est déroulée tellement bien que j'ai passé mon temps à me demander quand allait arriver la tuile. Mais non, tout le monde était très content, surtout le birthday boy. Et les petits Américains ont découvert que le rugby, c'est SUPER. Surtout le flag rugby sans placage ni arcade sourcilière en sang. Ils se sont régalés. Avec les gâteaux aussi (le chocolat, c'est moi, l'autre en forme de ballon de rugby, c'est son père. Chacun son domaine).

Trois jours avant, nous avions déjà fêté l'événement, en petit comité. Dudie a découvert plein de mangas (merci pour les recommandations, Ori! Il a beaucoup aimé Mar et aussi Naruto - presque autant que One Piece), des livres (comme d'habitude), deux jeux de wii (merci Else) et une boîte de playmobils choisie par son frère. Je me dis qu'il arrive à l'âge limite, mais lui semble ne pas le sentir.

12 ans, des certitudes arrogantes, des larmes vite débordantes, une nonchalance prononcée qui l'empêche d'exceller en quoi que ce soit, mais lui permet de goûter à plein de choses différentes, le rire facile, les cils toujours aussi longs et les yeux toujours aussi bleus (avec une grand-mère japonaise, il faudra qu'on me réexplique l'histoire des gènes dominants), une passion pour tout ce qui a un écran, des cheveux bouclés dans tous les sens, une avidité de lecture jamais rassasiée et un besoin discret des calins de sa maman. C'est mon grand (petit) garçon.

Monday, May 17, 2010

Comme un lundi (35)

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Les petits de First Grade (CP) ont fait des papillons. Au détour d'un couloir, une envolée belle et mon coeur s'allège.

Thursday, May 13, 2010

Monday, May 10, 2010

Comme un lundi (34)

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The front porch of the wine shop.

Un des rares magasins où je puisse aller à pied depuis chez moi. Il me faut un verre de vin, ce soir. Ou deux. D'une interview médiocre en une réunion très frustrante (j'en tremble encore de colère), en passant par ... tout le reste (ne pas entrer dans les détails), la journée me pèse sur les épaules. Et n'est pas finie.
Mais ma courte balade jusqu'au marchand de vin, dans le bleu frisquet du soir qui tombe (30° il y a 8 jours, 15° aujourd'hui...), me permet de respirer un peu. Un peu. Parce que, je l'ai dit, la journée n'est pas finie.

Tuesday, May 04, 2010

Another bad day

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When will they stop? Quand c'est pas l'un, c'est l'autre.

J'en ai marre d'entendre parler d'eux sur le mode "problèmes". J'en ai marre d'entendre dire - même avec affection, même sans arrière-pensée critique - que ce sont des enfants difficiles. J'en ai plus qu'assez d'entendre chanter les louanges des filles de mes cousines - je l'ai fait exprès d'avoir deux garçons, et pas des anges? Je n'en peux plus qu'on me dise qu'ils ne se comportent pas bien, qu'ils sont "picky" à table, qu'ils ne savent pas dire bonjour, ou au revoir, ou merci aux adultes. Je ne veux plus qu'on les compare à ces autres enfants, si doués, si charmants, si "faciles".

Oui, j'ai des enfants difficiles. Qui ne sont des génies en rien, des rois de l'à-peu-près et de la motivation tiède. Et alors?

Monday, May 03, 2010

Comme un lundi (33)

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Mes iris, dans la nuit tombante. Comme de petits phares phosphorescents.

Sunday, May 02, 2010

Moins ça va ...

... plus je remplis leurs vies de souvenirs ensoleillés.

Après, savoir ce qu'ils en garderont...