Monday, September 17, 2012

Projet du weekend




J'ai récupéré un bureau (grâce à Freecycle, une mane si on prend le temps de jeter un coup d'oeil sur les messages régulièrement).  Assez bon état, mais jaune pisseux et surtout terrible odeur de renfermé, racontant un long séjour dans une cave.  Je l'ai lavé, récuré, intérieur et extérieur, j'ai délogé quelques araignées qui y avaient élu domicile, j'ai décollé quelques vieux stickers, mais rien à faire: l'odeur de moisi est tenace.  J'ai fini par acheter une bombe de peinture pour peindre l'intérieur des tiroirs, et mon grand garçon s'en est donné à coeur joie.  On verra si ça marche ...


Puis il m'a aidée à repeindre l'extérieur.


Nous y avons passé des heures, mais je suis assez fière du résultat.  Moi dont la main imprécise fait immanquablement des bredouillis de peinture, je me suis appliquée, j'ai patiemment corrigé chaque erreur, j'ai attendu que la première couche sèche avant de passer la deuxième ...  Comme quoi, on change en vieillissant!  (et on aurait tort de toujours donner raison aux idées arrêtées que véhiculent "les autres" sur nous: ma légendaire maladresse, mon incapacité à faire quoi que ce soit de manuel ...)



Et je vous le montrerai complètement fini...

Monday, September 03, 2012

Le plus dur

...

Je crois toujours que le plus dur est de rentrer.

La nuit blanche.  Le long voyage.  Traîner les bagages, du tapis roulant à la douane, de la douane à la navette, de la navette au train.  Les hisser dans le train.  Résister au sommeil, 40 minutes durant.  Secouer les garçons, les mettre sur pied, chacun ses sacs en main, les pousser sur le quai.  Grimper dans la généreuse voiture venue nous chercher, débarquer à la maison, remercier, ouvrir la porte.  Soupirer.  La poussière, l'odeur de renfermé, le désordre.  Se souvenir du départ précipité - Paolo n'ayant rien trouvé de mieux que de chopper la première otite de sa vie la veille, nous voilà chez le pédiatre, un dimanche matin, à 4 heures du décollage.  Et je ne parle même pas du tour des pharmaciens de la ville, pour dégoter les gouttes antibiotiques miracle à $182 (heureusement qu'elles ont marché, à ce prix-là...).  Alors voilà, malgré toutes mes bonnes intentions, je n'avais pas fait le ménage avant de partir.  Et ... hum.  Ça se voit.
Et le frigo vide.  Les draps humides (Welcome to New Jersey!).  Les centaines d'e-mails en attente d'une réponse urgente (je me suis un peu avancée dans les aéroports.  Une semaine sans internet, après un bon mois de connexion aléatoire, ça crée des piles virtuelles vertigineuses).
Trois ou quatre jours de dégoût.  De questionnements incessants, qui me réveillent à des heures indues (Qu'est-ce que je fais ici?  Pourquoi tout est laid et insipide autour de moi?  Qu'est-ce que je fous de ma vie?  Pourquoi tout ce qui m'est cher - enfants exceptés - est-il si loin de moi?).  Je n'arrive plus à manger, je dors par à-coups, et - cette fois - il m'a fallu reprendre le travail dès le lendemain de l'arrivée.  Brutal.

Bon, mais vraiment, le plus dur?  C'est peut-être les jours qui suivent, la lente réadaptation, la résignation, au climat, aux gens, au travail, aux tâches lourdes et absurdes que j'avais mises de côté, poussées dans l'oubli avant de partir.  Soudain, tout revient au premier plan: oui, il faut que j'entame cette saloperie de procédure de divorce, avec de l'autre côté un individu qui ne négocie pas.  Il faut que je renouvelle ma carte verte (en juillet, ça fera 10 ans - ! -  que je suis arrivée aux USA).  Il faut que je cherche un appartement (en juin, je suis à la porte).  La banque, les impôts, l'assurance, la voiture, etc.  Tout, toute seule. 
Ah, et j'ai aussi un enfant qui rentre au lycée.  Et un autre, sur le fil depuis des années, qui va essayer de terminer sa deuxième année de collège sans se faire virer.  Chiche?

Le plus dur, c'est maintenant, ce soir.  A deux jours de la rentrée, pas prête, hébétée de fatigue et de découragement.
Allez, demain sera un nouveau jour.


Wednesday, August 29, 2012

Chats d'ici et de là

...
Pour Samantdi, à qui j'ai beaucoup, beaucoup pensé tout cet été.





 Tout petit chat du New Jersey (Puzzles)

Chat ariégeois (M'embrumez pas, je prends le frais).


 Multiples chats grecs (et enfants français).

 Chat grec à l'heure de la sieste.

 Bébés chats grecs qui se marchent dessus à l'heure de la tétée.

 Jeune chat grec face au dilemme: Je me lève pour aller jouer, ou je reste ici à lézarder?
 
Très jolie bébé chatte grecque aux yeux de miel.
  
Cette ribambelle de chats, croisés ici et là depuis le printemps, pour toi, S., pour te dire que nous sommes là, les chats et les humains, pour t'entourer.  Je t'embrasse fort.

Sunday, July 01, 2012

Aujourd'hui: Clés

...
A quelques jours de l'expiration du bail, on m'a annoncé qu'il était renouvelé pour un an.  Immense soulagement: je me voyais mal, en quinze jours, trouver un nouvel appartement et organiser encore un déménagement.

Du coup, je m'autorise à me sentir "chez moi", dans ce petit (tout petit) nid.


Bien sûr, la transition a été rude.  Passer de quatre chambres à une seule.  De deux salles de bains à une seule.  D'une salle de séjour, un salon, une salle à manger à une seule pièce de vie (qui me sert aussi de chambre), ouverte sur la cuisine. 


Avoir la moitié de mes possessions dans la cave d'une amie (mais au fait, en ai-je vraiment besoin?...).  Me demander combien de temps je vais supporter les engueulades des deux zouaves forcés de cohabiter après trois ans en chambre individuelle.


Tout cela est provisoire et je continue à croire que les avantages de ce modeste logement sont largement supérieurs à ses inconvénients.  Je suis contente d'en garder les clés un an de plus (même si je reste bizarrement inconsolable de la perte de ma maison).


Summer...

...

Depuis que l'école est finie, je n'ai pas arrêté de travailler.  Même le weekend.  Tant de choses à régler.  C'est le privilège du Calife (puissance 2) de rester quand les autres sont partis.  Les chefs, le Magicien des Emplois du Temps, et moi.  Je viens de réussir à engager un des deux profs d'espagnol qui me manquent pour compléter mon équipe.  YEAH!  Mais ça ne veut pas dire que j'ai fini.
La semaine dernière, un stage m'a obligée à me lever à l'heure habituelle tous les jours.  J'arrivais un peu plus en retard au fur et à mesure que la semaine avançait (presque une demi-heure de retard vendredi...)  La fatigue m'écrase souvent dans l'après-midi.  Je voudrais pouvoir boucler les dossiers, refermer pour de bon cette année si lourde et difficile.

Alors, mes plans du genre "profiter de l'été dans le NJ" sont tombés à l'eau (pas de la piscine, où je n'ai guère amené les enfants ... Elle n'est pourtant pas loin!).

Mais de temps en temps, quand même, l'été a du bon...

Breakfast in the sun.







Dîner solitaire sur la terrasse.

Monday, June 25, 2012

Since October (2)

...

Avril - L'entrée brutale dans l'adolescence agressive et contestataire (on ne dirait pas, à le voir...).  Mon garçon, mon premier né, a commencé à se raser.  Il ne laissera pas grandir l'ombrette de moustache sur son beau visage.  J'encaisse le passage à l'étape suivante.


Avril - De passage à New York.  Avec qui?  J'y suis allée cette année plus souvent que les précédentes.  Chaque fois une nouvelle rencontre. 
En automne: Christie et Nicolas, mon Correspondant.
En hiver: Myosotis, les copines d'ici, mon père.
Au printemps: Milky, ma cousine, mon ancienne élève danseuse. 
C'est l'été, il est temps que j'y retourne.
(Je crois que ces photos ont été prises le jour où j'ai rencontré Milky en coup de vent, entre un workshop et un retour précipité dans le New Jersey pour arriver avant la fermeture du bureau de vote - premier tour des présidentielles.  On a quand même eu le temps de discuter boutique, éducation nationale et enseignement dans le cadre privilégié d'une école privée américaine).

 Mai - Visite de ma cousine.  Balade avec l'Architecte dans L'ville. 


 Juin - Insomnies et exacerbation des tensions entre frères.  Le plus jeune préfère dormir sur le canapé.

Juin - Drôle de photo (ratée) du jour de "graduation" de l'aîné. On entrevoit son beau costume, sa fleur à la boutonnière, mais il préfère montrer ses chaussettes en tire-bouchon et cacher sa mauvaise humeur derrière ses genoux repliés.  Photo prise par son frère, dans mon bureau, alors qu'ils m'attendaient tous deux (je suis arrivée juste à temps pour éviter le pugilat).

C'est la dernière du rouleau.  J'aurais aimé finir sur mieux.  Peut-être demain m'offrira-t-il un meilleur angle, une meilleure perspective?  J'ai l'optimisme chevillé au corps, je continue à y croire.

Since October (1)

...

J'avais perdu le cordon de mon vieil appareil photo.  Je viens de le retrouver, exactement là où il aurait dû se trouver - encore un coup de ces objets apparaissant-disparaissant qui me jouent des tours (just checking if you were paying attention).
90 photos - depuis octobre.  Pas les plus importantes, j'ai le nouvel appareil pour celles-là, mais celles, en marge, que je prends quand je n'ai sous la main que le petit qui traîne dans mon sac.  Retour en arrière sur quelques mois durant lesquels ma vie a pris des tournants abrupts (non, en fait: durant lesquels j'ai fait basculer ma vie et celle de ceux qui m'entourent de manière abrupte.  Pas de regret, mais pas sûr qu'un jour je me pardonne).



Octobre - Dans le jardin de cette maison qui n'est plus la nôtre.  Leurs longs et mystérieux jeux-conciliabules. 
Il n'est pas dit que je puisse leur montrer ces photos sans qu'ils se mettent à pleurer. Je m'abstiendrai, pour le moment.

Un matin d'automne de ma fenêtre - mon ancienne fenêtre.

Décembre - Où?  Des lumières dans l'obscurité du mois le plus sombre.  Je ne les situe plus.

Avril - Après le déménagement et tous les bouleversements.  Sur le chemin de l'école, nous traversons le playground des petits.

 Avril - Premières glaces.

Avril - Paolo, transformé, joue les stars.  Il ramène de bonnes joues de son séjour en France (ma mère est une excellente cuisinière...).  Il a temporairement laissé tomber les attaques, l'agressivité, la colère et retrouvé le sourire.


Avril - Ces mois si difficiles ont été ceux du renforcement de mon amitié avec l'Architecte.  Il a pris la place qu'Else a délaissée.  Il est devenu, depuis l'été dernier, mon confident (presque le seul qui soit au courant de mon aventure avec le Correspondant - et je n'oublierai pas sa réaction à l'annonce de "It's over, you know."  Il a posé sa main sur mon bras, il m'a regardée bien en face et il m'a dit: "It didn't work out.  It didn't work out, but it doesn't mean he is not a good guy.  Remember that.  You had that."  J'ai acquiescé.  Et nous n'en avons plus reparlé.)
Nos déjeuners du samedi dans "notre" restau.  Nos verres du vendredi soir chez Térésa.  Il m'a aidée à traverser ces temps durs.  J'ai été là pour lui, aussi.

(A suivre...)





Friday, June 22, 2012

Le 21 juin

...

Hier, j'ai écrit un billet un peu insignifiant sur les légumes (mais j'aimais vraiment les photos).  J'ai tourné et retourné, effacé et réécrit, sans parvenir à dire ce que je voulais dire.
Ce matin d'insomnie, alors que je me tournais et retournais dans mon lit d'inconfort, j'ai finalement reconnu mon échec.  Et compris pourquoi je ne pouvais écrire, ce que je ne pouvais écrire, hier.

Le 21 juin, c'était le quinzième anniversaire de notre mariage.  Et probablement le dernier.  Comme celui de mes parents, mon mariage aura duré quinze ans. 
Une sorte de lenteur, de lourdeur au creux du ventre.  De regrets, non, je n'en ai pas.  De la nostalgie, oui.  Mais ce qui est passé ne reviendra pas, jamais.  La douleur de l'échec, notre vie qui se défait.  Mais de regrets, non.  Qu'il est difficile d'avancer.  Mais impossible, et inenvisageable, de revernir en arrière. 
L'année dernière, encore sous le même toit, nous avions tenté de ne pas nous souvenir de la date.  l'année d'avant, j'avais fui, très loin, cette semaine-là.  Et l'avais payé à mon retour.  Il y a trois ans, il y a cinq ans, nous avions fait la fête - j'avais voulu une fête.  Dans une autre vie?

Thursday, June 21, 2012

Jardin

...
 Dimanche, j'ai emmené les garçons arroser le jardin potager (bio) de l'école. 
Depuis quatre ans, les élèves plantent, récoltent, étudient le cycle des légumes, gratouillent la terre, goûtent "leurs" carottes encore terreuses.  Nous mangeons régulièrement à la cantine des pâtes au pistou maison (basilic du jardin), des salades du jardin et des cakes aux courgettes du jardin (il y a aussi des betteraves, mais avant que vous me fassiez approcher d'une betterave...).  C'est peu dire que nous en sommes fiers, de notre "organic garden"!
L'été, des volontaires vont arroser et arracher les mauvaises herbes (pas mon fort, les mauvaises herbes!), et les profs peuvent aller se servir des légumes (avec modération, il faut partager).  Nous sommes donc revenus avec carottes, petits pois, haricots verts et courgettes bicolores.  Paolo a fait un massacre chez les carottes, arrachant à tout va et jetant celles qui n'étaient pas assez grosses à son goût.  Je suis passée derrière pour récupérer les bébés carottes (pas sur la photo).  Je l'ai maudit, c'est la galère de peler des carottes de 2 ou 3 cm - mais je n'allais tout de même pas les gâcher (j'en ai fait de la purée).

C'est une chance, un privilège, de pouvoir jardiner à l'école, de pouvoir manger les légumes qu'on a cueillis soi même après les avoir vu grandir.
Je n'aime pas les petits pois.  Mais quand ils sont tout frais, crus ou à peine blanchis...  Je m'en régale. 
Bon, si je m'entraînais au tir à l'arc, je pourrais faire un civet (nos nouveaux voisins se reproduisent comme ... des lapins), et nous pourrions presque vivre en autarcie.  Non, je rigole, j'ai aidé une fois une de mes tantes à "déshabiller" un lapin, on ne m'y reprendra jamais!


Monday, June 18, 2012

Burn out

...

L'année scolaire est finie.  Ces dernières semaines ont été épuisantes, stressantes, elles m'ont vidée.  Je n'arrive plus à travailler, je n'arrive plus à accomplir la moindre des tâches qui m'attendent et deviennent urgentes au fur et à mesure que le temps passe sans que je ne m'y attaque.  Il faut que je retrouve l'énergie de boucler l'année, mais je n'y arrive pas, je n'y arrive pas.  Tant à faire.
Je ne sais toujours pas si je pourrai rester l'année prochaine dans cet appartement qui ne devait être qu'une solution temporaire, mais qui finalement nous convient bien, même s'il est tout petit.  Je ne me vois pas déménager, maintenant. 
La paperasse s'amoncelle.  Juste faire le tour de tout ce que je dois faire me serre le cœur.  J'aurais tant besoin que quelqu'un s'assoie à côté de moi, m'accompagne pas à pas dans le défrichage.
La fatigue physique qui me plombe ne semble pas s'estomper, même si je recommence à dormir normalement.  La semaine dernière, une série de petites nuits et de journées non-stop m'a mise sur les genoux.  J'ai fini les bulletins vendredi.  Et depuis, j'essaie de reprendre le collier - en vain. 

L'été est là, juste là.  Je l'attendais pourtant depuis tellement longtemps.