Tuesday, July 28, 2009

Port-la-Nouvelle

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J'ai fini par détester Port-la-Nouvelle. C'était injuste de ma part, bien sûr. Je ne voulais plus y aller, plus en entendre parler.
Et pourtant, Port-la-Nouvelle revient, encore et encore, au fil de mes années. Je croise de loin en loin, sur mon chemin, cette petite ville de l'Aude. L'été dernier, le train de nuit qui nous emmenaient de Paris à Barcelone (et qui a pris tout son temps tout au long du voyage) m'a mis sous les yeux les plâtrières de Port-la-Nouvelle au soleil levant. Je n'en revenais pas de passer juste devant, comme ça, sans prévenir.

Port-la-Nouvelle.
C'est un mot-valise, un vrai. Qui contient tant et tant ... C'est un mot-valise-de-vacances.

Un jour - mais comment en sommes-nous arrivés à parler de cela? - dans les premiers temps de ma romance avec mon Jeune Homme, j'ai évoqué mon enfance à Port-la-Nouvelle. Et il m'a immédiatement sorti la sienne. A quelques immeubles de distance, nous avons passé nos jeunes étés côte à côte. Oui. Il est même plus que probable que nous avons fait de l'optimist ensemble, à l'unique Club de Voile de Port-la-Nouvelle. Ah, le Destin se marre, c'est sûr (mais comme il était de près de 3 ans mon cadet, il y a peu de chance pour qu'à l'époque nous nous soyons remarqués. A 11 ans, je n'allais tout de même m'intéresser à un marmot de 8 ans...)

J'ai appris à faire du vélo sur le parking désert du dernier immeuble de la plage, ces week-ends d'hiver où mes parents quittaient Toulouse pour passer deux jours à la mer. Il n'y avait personne, absolument personne. Le sable était froid, malgré le soleil, et je portais des bottes en caoutchouc - et des sous-pulls en nylon sous ma tunique violette, c'était les 70's, quand même.

L'été, toute ma famille s'entassait dans l'appartement acheté par mon grand-père pour ses enfants et petits-enfants. Nous partagions les chambres, quelques-uns dormaient dans la salle à manger, il fallait faire la queue pour accéder à la douche et se dépêcher de laisser la place ("Qui a encore laissé du sable plein la baignoire?"). Un de mes oncles dormait toujours sur le balcon.

Le 14 juillet, nous regardions toujours le feu d'artifice au-dessus de la jetée. Le 17, c'était l'anniversaire du petit dernier de la famille (du moins à l'époque, d'autres sont venus se rajouter après), et parfois c'était quelqu'un de chez nous qui allumait des fusées et des pétards sur la plage.

Une année, ce même petit cousin a saisi à plein bras une méduse échouée. Il a beaucoup pleuré.

Souvent, nous emportions un pique-nique sur la plage, salade de riz et thon, pastèque. Nous, les cousines, étions nues, mais il fallait porter des chaussures en plastique à cause des vives, dont la "morsure" cruelle agitait la plage, chaque fois qu'un imprudent marchait dessus. Tout le monde se rassemblait, abreuvait de conseil le malheureux (ou ses parents): "Il faut de l'ammoniaque, qui a de l'ammoniaque? ... Alors il faut lui faire pipi sur le pied. Ou alors approcher un briquet très près. Faites-le marcher, il faut faire circuler le sang." Je me souviens, ça fait vraiment mal, les piqûres de vive.

Et puis, il y avait le manège. En fin d'après-midi, nous rentrions, recuits, sablés, irrités par une journée dans les remous constants du bruit des vagues, des cris des enfants et des mouettes, du cinglement de l'eau et du sable. Fraîches douchées et shampooinées, parées de nos robes d'été: c'était l'heure du manège. Nous partions avec notre oncle, laissant nos mères et/ou tantes un temps de répit. Parfois en voiture, parfois à pied le long du bord de mer. Et chaque jour, chaque année, la même excitation renouvelée, incroyablement intacte: le manège. Nous faisions des tours et des tours, à nous en donner le tournis, pendant que notre oncle s'achetait une gaufre (parfois des frites) à la baraque à côté du manège. Un peu plus loin, sur la jetée, la Réserve, allongée, paraissait endormie, attendant la nuit pour s'éclairer. Mais ça, c'est plus tard, quand nous nous sommes finalement lassées du manège.
La première, l'aînée des cousines (celle qui venait à PLN le moins souvent), a décidé d'arrêter. Trop grande, a-t-elle dit avec une moue dédaigneuse. Elle a commencé à manger des gaufres (parfois des frites). Nous avons encore tenu bon, nous les presque-jumelles, prétextant que la plus petite ne pouvait monter sur le manège toute seule, il fallait la tenir. Quand elle a eu 4 ans et qu'elle nous a envoyé balader, quand son frère n'a plus du tout voulu qu'on le tienne dans la toupie, il a bien fallu renoncer. Nous avions 10, 11 ans, et nos longues jambes, même bien pliées, ne rentraient déjà plus dans l'hélico. Nous avons rejoint les spectateurs-mangeurs de gaufres (et parfois de frites).

L'année suivante, tout a changé. A 12 ans, nous avons - de haute lutte - obtenu le droit de nous promener seules (pas tard!) sur l'esplanade.

L'année où j'ai reçu pour mon anniversaire un appareil photo, j'ai organisé des défilés de mode sans fin, utilisant ce que j'avais sous la main - cousines, cousin, serviette de plage et paréo.

Et, finalement, l'été de nos 14 ans, deux de nos oncles nous ont emmenées à la Réserve, qui nous faisait rêver depuis quelques années.

Et puis, ça a été la fin de Port-la-Nouvelle. Et je n'ai plus voulu y revenir. Pendant quelques années, PLN a été pour moi une petite ville laide et minable, avec cet appartement rongé par le sable et le sel, ces plages remplies de beaufs et ces usines comme toiles de fond. J'étais ingrate, oui, et partiale. Ma vision troublée par le ressentiment. J'oubliais les années et les années de bonheur au bord de la mer, ces étés parfois trop longs, le sable qui fouettait parfois trop fort, le soleil, toujours, l'optimist - parce que mon dernier été à PLN a été malheureux.

J'y suis retournée, depuis. Deux fois. Et le temps a adouci ma rancoeur. Ce n'est pas la faute de Port-la-Nouvelle, vraiment, mais celle des adultes autour de moi si, à 15 ans, je suis entrée dans une période grise. Maintenant, l'appartement est vendu, mais il reste des liens: la famille de mon Jeune Homme y passe toujours ses étés. Et une amie de blog va y faire le plein d'air marin et de sable blanc. Elle y a peut-être vu mon fantôme, avec ou sans maillot (mais avec des chaussures en plastique), creusant des châteaux de princesse et cherchant des tenilles pour en remplir mon seau.

[Bien sûr, ces réminiscences m'ont été inspirées par les nouvelles de La Nouvelle offertes par Samantdi. Depuis, les souvenirs de Mab (avec une très belle photo) sont venus se rajouter aux miens, tissant la chaîne de "celles qui ont passé leurs étés à La Nouvelle". Il y en a d'autres?]

Monday, July 20, 2009

From Philadelphia to strange inertia

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Je suis partie à Philadelphie à reculons - pour un séminaire sur "Comment Devenir Chef" ou "Les Premiers Pas d'un Calife". Et je suis revenue en faisant des bonds partout, pleine d'énergie, d'idées fantastiques, de contacts utiles... C'était vraiment bien. Le Chef qui menait le séminaire est un homme formidable, un excellent pédagogue (la preuve, son temps de parole était inférieur à celui des participants), et un homme de théâtre (ce qui est toujours bon signe), qui ne nous a jamais laissés longtemps dans l'immobilité. Il a démontré par l'exemple ce qu'est un bon prof - et un bon chef. Notre groupe de 24 néo-Califes est reparti rempli de reconnaissance et d'enthousiasme.
Bon, forcément, nous avons passé plus de temps dans l'hôtel que dans les musées, ce qui fait que de Philadelphia je n'ai guère vu que ce que m'offrait la fenêtre de ma chambre d'hôtel

Un bar à tapas, très chic, très très bon (et pas très cher, si si, c'est possible)

Un restau de fruits de mer façon bouiboui, mais où les crabes (bleus) étaient fort bons. (La serveuse, à qui mon amie demandait comment était le Shiraz australien, répondit: "It's red wine!", et nous nous en sommes contentés...)
Et un glacier 1900, assez bon ma foi, mais surtout remarquable pour le décor (et les costumes) d'époque.
Quand ma petite famille est venue me récupérer, j'ai pu enfin m'offrir une après-midi de tourisme - version tourisme 8-11 ans. Nous avons visité un authentique sous-marin

un authentique bateau du 19e (le cruiser Olympia, qui a défait la flotte espagnole à Manila Bay)

et un musée (en fait, on y est entrés pour les toilettes, mais une expo sur les tatouages a attrapé l'oeil de l'homme et de fil en aiguille nous en avons visité la plus grande partie). Bref, le zoo - qui était prévu pour la deuxième partie de l'après-midi - a dû être déprogrammé faute de temps, mais nous sommes revenus avec deux futurs marins à la vocation bien ancrée (ahah).

Maintenant, je cherche en vain des traces de l'énergie que j'ai rapportée avec moi de Philadelphie. Le New Jersey doit avoir une atmosphère néfaste qui dissout les reserves d'entrain. Tiens, d'ailleurs, je vais me coucher de ce pas.

Thursday, July 09, 2009

Quelques jours en Nouvelle Angleterre

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C'est la troisième année d'affilée qu'Else nous invite dans sa maison-refuge du New Hampshire.
[En revenant en arrière, je me rends compte 1) que j'ai annoncé mais pas chroniqué mon voyage de l'année dernière; 2) que je parle à répétition des vodka-tonic au coucher du soleil, ça en devient suspect...]
Cette fois, je suis partie avec ma mère et mes garçons. Après avoir longuement hésité, je me suis laissé convaincre d'y aller en voiture. Je ne suis pas une bonne conductrice, je n'aime pas les autoroutes, ni les camions, j'ai un sens de l'orientation épouvantable et changer de file sur une multi-voies me fait transpirer horriblement.
Mais ma mère a promis de conduire la plupart du voyage, et de fait, en nous relayant au volant, le voyage (à l'aller) s'est déroulé facilement. 7 heures et quart pour passer du New Jersey au New Hampshire.

Il a plu, plu, plu. Comme l'année dernière, en fait. Et comme l'année dernière, les garçons enfermés ont été parfois pénibles. Mais quand même, quand même ... C'était bien!


Cette année, j'ai laissé à ma mère la jolie chambre et j'ai dormi sur le porche. On y entend la rivère si fort qu'on a l'impression de dormir sur la rive. Et de se réveiller au milieu des arbres.

Blackwater River...


Nous avons bravé le mauvais temps pour nous offrir une journée à l'océan. Bien nous en a pris: après un début sous les nuages...

(qui n'a pas empêché les braves de courir dans les vagues), le soleil nous a fait la grace de sa visite (enfin!)

Le voyage du retour a été autrement moins plaisant que l'aller... A cause d'une engueulade à propos d'un ticket de péage, nous avons pris la mauvaise direction, et il m'a fallu 3 quarts d'heure - oui, oui - pour m'apercevoir que nous partions vers Boston, et pas vers New York. Demi-tour, embouteillages de fin de week-end, bref, nous avons mis 10 heures pour rentrer. Et là, je me suis dit que mes garçons avaient beau avoir des tonnes de défauts, ils sont en tout cas de super voyageurs (habitués depuis tout petits...). Je les en remercie - et leur DS aussi!

Wednesday, July 08, 2009

Départs

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Je viens de raccompagner ma mère à l'aéroport. Deux semaines passées si vite. Et même si les derniers jours ont été un peu tendus, même si nous nous sommes irritées l'une contre l'autre, même si je m'agace d'être constamment sous le regard de quelqu'un ("Qu'est-ce que tu fais? Qu'est-ce que tu manges? Où tu vas? Qu'est-ce que tu tiens?"), même si je m'exaspère - trop vite - d'être obligée de tout expliquer, de tout traduire, j'ai eu du mal à la voir partir.
Un grand vide, ce soir, et un petit soulagement. Je peux me mettre à l'ordinateur sans qu'elle fasse de commentaire. Je n'ai plus à entendre ses remarques mezzo voce sur l'ourserie de l'homme de la maison. Je n'ai plus besoin de l'écouter me dire que, oui, vraiment, Paolo est difficile.
Mais je n'ai plus personne avec qui décider du repas de ce soir. Je n'ai plus personne pour me dire: "Je vais te plier le linge, et après on regardera les photos du New Hampshire". Je n'ai plus personne pour m'aider à décider où accrocher les cadres depuis trop longtemps par terre.

Je redoutais ce long séjour - il s'est passé beaucoup mieux que les précédents, pourtant plus courts. Mais nous avons quitté la maison, nous sommes parties à l'aventure dans les terres sauvages du New Hampshire, emportant avec nous champagne, magret farci au foie gras, deux petits garçons (dont un "difficile") et leurs DS, le nouvel album de Francis Cabrel que je n'ai pas trouvé le moyen d'écouter en 15 jours (comme il me l'a été souligné cette après-midi), et la satisfaction de laisser dans le New Jersey l'homme de la maison passablement grognon. Dans la maison et dans l'hospitalité d'Else, nous avons passé quelques jours pluvieux et très agréables.

Entre 18h15 et 19h31, ce soir, j'ai attendu le train sur un quai ensoleillé, en bordure d'aéroport et le long d'une décharge. Quelqu'un avait attaché des ballons aux grillages, le long des voies sur lesquelles un rat courait, de temps à autre. Je m'en suis voulu d'avoir oublié mon appareil photo.
J'ai eu le temps de penser. Le temps de regretter que mes enfants aient regardé partir leur grand-mère sans grande émotion, même s'il est presque sûr qu'ils ne la reverront que dans un an. Le temps de me dire que la patience, oui, est une vertu qui me fait souvent défaut et que j'aurai dû puiser en moi la force d'être plus bienveillante, même quand ma mère me tapait sur les nerfs par son insistance et ses réactions trop tranchées. Le temps de me demander combien ceux qui sont si loin, si loin, vont changer avant que je n'aie la chance de les revoir. Le temps - bref - de frémir à l'idée de ce que je vais manquer. Des naissances - et ...
Le soleil est resté jusqu'à ce que mon train arrive.

Demain, l'été continue, mais j'ai l'impression que mes vacances sont presque finies.

Pour la photo de la femme en maillot de bain, pour que mon blog se respecte, il faudra patienter un peu ... Ou alors, je vais piocher dans les photos de l'année dernière, nettement plus avantageuses en ce qui me concerne!

Tuesday, June 30, 2009

Gone for a while ...

Je m'en vais passer quelques jours dans le New Hampshire, alors je ferme les commentaires. Vous pouvez toujours m'envoyer un e-mail (adresse en bas de page).

Je vais retrouver la maison au bord de la rivière, les après-midi thé-bouquins, les cocktails à 6 h du soir, mon amie Else, les balades dans la campagne, les tartes aux myrtilles et ... la pluie (alors qu'elle vient de s'arrêter dans le NJ!)

Je vous souhaite à tous/toutes un beau début d'été. A très bientôt!

Monday, June 29, 2009

The High Line (New York with my mother, Part 2)

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The High Line est une voie de chemin de fer réservée au transport de marchandises, construite dans les années 30. Le but était de faire passer en hauteur les trains dans les quartiers industriels de New York (Meatpacking district, dans le West Side). Abandonnée dans les années 80, cette voie était promise à la démolition, mais un groupe de "locaux" a tout fait pour préserver cette structure, témoin d'une époque révolue. Il leur a fallu du courage, de la perséverance et une bonne dose de persuasion pour arriver à leurs fins, mais voilà: il y a quelques semaines, leur projet a été ouvert au public, sous la forme d'un jardin suspendu serpentant au-dessus des rues de New York. C'est beau, ça donne envie de s'asseoir avec un bouquin pour y passer l'après-midi, c'est l'endroit où il faut aller en ce moment, et ... si l'orage ne nous en avait pas chassées, nous y serions restées beaucoup plus longtemps!


Nous avons couru, mais la pluie nous a rattrapées avant que nous puissions arriver au métro. Nous avons patienté sous l'auvant bienveillant d'un restau chinois...
Retour à la maison entre deux averses, bien fatiguées, mais bien contentes de notre journée.

Sunday, June 28, 2009

New York with my mother

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Mercredi, j'ai pris le train pour aller à l'aéroport. Fin juin, c'est la tradition.
Sauf que d'habitude je monte dans le train chargée de multiples valises et d'enfants harnachés dans leurs sacs à dos. Cette fois, j'étais sans bagage, avec juste Jane Austen pour me tenir compagnie. Et à Newark, j'ai un peu tourné en rond, trop habituée à aller vers les départs alors qu'il me fallait repérer les arrivées.
Voilà, nous ne partons pas cette année, et j'ai un peu du mal à m'y résoudre. Mais la France voyage un peu vers nous, et ma mère est la première à arriver.

Vendredi, après avoir déposé les garçons au foot (leur dernier jour), nous avons, elle et moi, repris le train pour aller à New York.

Du soleil et de la pluie (on ne saurait s'en passer, ces jours-ci!), un peu de shopping (pas beaucoup, je deviens vite agoraphobe), beaucoup beaucoup de marche à pied, un musée, un super restau, un orage ... C'était bien.

Le MOMA pour commencer. Le jardin des sculptures était fermé, dommage.
Entendu dans la salle où étaient exposées les oeuvres d'Andy Wharol: "Attends, je prends une photo des canettes et on s'en va." (il y avait énormément de Français, je ne sais pas pourquoi. Celle-ci avait du mal à s'y retrouver entre les boîtes de conserve et les cans, et elle parlait beaucoup trop fort.) La mode semble être de coller votre enfant (ou votre copine, ou votre cousin) à côté d'une oeuvre d'art, et de le/la prendre en photo. Attention, il faut choisir une oeuvre d'art très connue. Après il faut prendre en photo la petite affichette à côté du tableau pour se souvenir de qui a peint, quand et comment ça s'appelle. Ma mère m'a proposé de m'immortaliser au milieu des "canettes", mais rien à faire, je n'ai pas cédé.

Melle Pogany, dans la même salle que les "canettes".

Etrange expo/installation: Waste Not. Fascinant vu d'en haut, dérangeant de près. Cinquante ans de la vie d'une femme (la mère de l'artiste) résumés en objets. Objets gardés, réutilisés, stockés pour les temps de pénurie.


Je n'ai jamais eu le sens de l'orientation, mais je l'ai rarement manifesté autant que ce jour-là: je suis partie résolument et systématiquement dans la mauvaise direction en sortant du métro. Au bout de trois blocks, généralement, je m'en apercevais et nous faisions demi-tour. Sauf, bien sûr, au moment de trouver le restau dans lequel je voulais aller déjeuner. Nous avons marché 20 minutes avant que je me rende compte que j'allais dans le mauvais sens ... Du coup, nous nous sommes retrouvées à côté d'un de mes "repères", celui où j'avais emmené ma soeur le mois dernier pour fêter ses 20 ans, The Mercer Kitchen. Trop cher pour juste déjeuner, ai-je dit. Mais non, faisons-nous plaisir, ce n'est pas tous les jours que je viens à New York, a répondu ma mère. Et allez!

Pizza au thon cru et wasabi. Un délice.

Nous nous sommes régalées. Et ce déjeuner ne nous aurait pas coûté si cher que ça si nous n'avions bu que de l'eau. Mais bon, ce n'est pas tous les jours que ma mère vient à New York, alors la demi-bouteille que nous nous sommes partagée a pesé dans l'adition. Peu importe, nous sommes ressorties sur un petit nuage. La rue aussi était joyeuse.


(A suivre ...)

Tuesday, June 23, 2009

First days of Summer: a Chronology

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Jeudi:
Toute la journée à travailler sur ces fichus bulletins. J'ai fini ceux de mes élèves, il me reste ceux de mes 10 advisees, et j'y passe beaucoup trop de temps. Dehors, il pleut sans discontinuer (avec des éclairs de temps en temps, et quelques roulements de tonnerre pour pimenter la grisaille). Les garçons ont joué au foot dans le gymnase ce matin. Cette après-midi, je les ai laissés à leur père, et je suis allée m'installer chez Else. Nous travaillons en silence, l'une comme l'autre le nez dans notre ordinateur. Elle est plus en retard que moi, mais elle va deux fois plus vite.

Jeudi soir (ou plutôt vendredi matin, il est une heure et demie du mat'):
Fini. Tout terminé, plié, envoyé (le soulagement d'appuyer sur Send...).

Vendredi:
Journée de l'inefficacité triomphante. Le trop-plein de fatigue, la lassitude de toutes choses scolaires et l'incrédulité d'en avoir terminé. Pourtant, il faut (faudrait?) que je m'attelle à ma prochaine tâche, mon rocher de Sysiphe: il faut ranger mon bureau... C'est bien gentil d'avoir tout empilé, ces dernières semaines ("Je m'en occuperai quand je serai en vacances"), mais là, là, rien à faire, il faut s'y attaquer. Et j'ai le même à la maison, avec en plus une montagne de paperasse urgente à trier/remplir/envoyer... Arrrggghh!!


Samedi:
Comme hier devant mon bureau, je me sens totalement submergée. Mais quelle idée, quelle idée d'organiser une "Solstice Party", alors que je suis une loque, vidée de toute énergie...
Heureusement, Else co-organise (même si la fiesta est chez nous), et l'homme, malgré son horreur non dissimulée de tout événement sollicitant sa sociabilité (uhu, l'allitération sifflante ...), a mis la main à la pâte. Il m'a aidée à ranger la maison, il a construit le feu de camp selon les régulations de la municipalité, il a contacté les pompiers, reçu l'inspecteur-pompier pour lui montrer le site, payé le permis (ça ne rigole pas ici, on ne peut pas faire un feu dans son jardin comme on veut!). Moi, j'ai passé la journée à faire les courses/le ménage/la cuisine. Et une petite sieste, parce que sinon je me serai effondrée à l'arrivée des invités.


Finalement, il pleuvait trop pour faire un feu dehors. Alors on a rassemblé les bougies et on a sauté par-dessus en faisant un voeu, pour respecter la tradition. Et puis l'homme a fait un feu dans la cheminée et les enfants (ils étaient 6, de 3 à 11 ans) ont fait griller des marshmallows sur des bouts de bois. On a bien mangé, beaucoup bu, parlé, rigolé ... Les groupes se sont mélangés. C'était bien.

Dimanche:
Mal de crâne impressionnant. Je ne dois PAS mélanger les vins. Je ne dois PAS.
Lentement, lentement, remettre en ordre la maison. Picorer les restes. Faire la sieste. Regarder le jardin détrempé et le feu de camp sans feu. L'euphorie de la fête est passée, une sorte de tristesse vague s'installe.

Lundi:
Encore l'école. Je ne serai donc jamais en vacances? Rangements, découragement.
Stage de formation: comment utiliser un Smart Board. J'en ai un dans ma classe dont je ne me sers jamais.
Lundi soir: vu The Breakfast Club. Enfin! Depuis le temps que je l'avais sur ma liste. J'ai beaucoup aimé.

Mardi:
Same as yesterday.
Ma mère arrive demain. Ranger la maison, encore une fois.

Je vais avoir du mal à écrire ici, pendant, hum, au moins 15 jours. Je sais que je me fais rare, ces derniers temps. Les heures m'échappent.

Je vous souhaite un beau début d'été. Avec du soleil...

Thursday, June 18, 2009

The smell of New Jersey

La lourde, lourde épaisseur de l'humidité, le vert tout-puissant, envahissant, la terre et l'herbe coupée... L'été dans le New Jersey.

Depuis dix jours, il pleut. Tous les jours. Orages le soir, averses la nuit, bruine le matin. Les garçons jouent au foot dans la boue. Ils reviennent couverts de terre humide collée à tout leur corps. L'air est encore plus dense, la terre gorgée d'eau. J'ai l'impression de traverser des rideaux humides. Je voudrais que ça s'arrête.


Saturday, June 13, 2009

Derniers jours

Dernière semaine d'école ... sous la pluie.

Derniers jours. Dernière assemblée (repasser les chemises, demander à l'homme de faire le noeud de cravate avant de partir, je n'ai toujours pas appris). Dernier concert de fin d'année.
Dernières recommandations. Class party. Bowling party. N'oubliez pas les $10 pour le cadeau de fin d'année au maître. Madame, can you explain the subjunctive again? Will the participe présent be on the exam? Can we go over imparfait / passé composé one last time? (C'est un grand avantage de ce système de final exams: les derniers jours, au lieu de traîner et de faire des jeux en classe, on révise comme des forcenés, et on n'a pas l'impression de perdre son temps. Je me souviens de ces jours interminables, au collège et au lycée, où on jouait aux cartes en classe, il faisait trop chaud, le temps s'étirait inutilement...)

On compte...
*Paolo compte les jours avant les vacances. Plus que 5, 3, 2... et promet qu'il peut arriver à NE PAS faire de colères / se battre avec un copain / faire un tour dans le bureau du directeur / désobéir à son maître / casser ses lunettes une fois de plus avant la fin de l'année scolaire. Il y est (presque) arrivé.
*Dudie compte le nombre de ses exams de fin d'année (c'est la première fois qu'il en a, hé oui, il est collégien...). Puis le nombre de points obtenus (pas assez selon ses parents, et de son propre avis). Du coup il promet de faire des maths, des sciences et de l'espagnol pendant les vacances. On verra s'il s'y tient.
*Je compte les heures de sommeil de la semaine qui vient de s'écouler. Vraiment pas assez. Je suis au bord de l'étourdissement tellement je suis fatiguée. Mais je compte aussi les exams de fin d'année corrigés en un temps record (une après-midi et la meilleure partie d'une nuit), les dernières heures avec mes élèves, les dernières réunions, les derniers heurts entre collègues.

Et je compte les mots de la traduction que j'ai (stupidement) accepté de faire en cette période, la plus remplie, la plus folle de l'année. Une présentation sur un poète classique de la Chine antique. Justement, mon domaine d'expertise... Du coup, j'ai beaucoup appris sur la dynastie Han (entrecoupée par la dynastie Xin) et sur les 5 Eléments (en anglais: 5 Phases). Malheureusement, cette traduction entre en compétition avec tous les bulletins à écrire avant lundi (15 lignes par élèves). Qui va gagner? Je sens encore une nuit blanche en perspective.