Thursday, October 06, 2011

Amants

...

Ce doit être la saison des escapades amoureuses - ou alors, c'est encore un coup de l'effet zahir: parce que je ne pense qu'à partir en weekend avec mon correspondant, se multiplient autour de moi les récits de tels moments. 
New Hope est déjà loin, New Hope s'estompe, et pourtant ...  Je me raccroche à ces moments heureux, tellement inattendus, hors du temps, que nous ne cessions de nous répéter: cela doit faire une semaine, au moins, que nous sommes ensemble.  Non, en fait, juste deux jours - et deux nuits - pour nous deux.  Cette évidence - je suis bien avec toi - qui s'est imposée malgré les appréhensions.  Tu vois, nous ne nous étions jamais vraiment approchés, avant son arrivée à la petite gare de Small Town.  Nous avons passé une petite semaine, cet été, à se voir, se revoir, se frôler, se chercher sans même s'en rendre compte, et puis, le dernier jour, alors qu'il partait dans quelques heures, je me suis réveillée avec cette certitude: il faut que je lui parle.  Pas très sûre de quoi, ou comment, mais je ne pouvais le laisser partir sans lui parler.  Je l'ai trouvé sans difficulté, prêt à m'écouter et, lui pourtant si discret toute la semaine, à me parler ouvertement de lui-même.

Regarde-nous: nous sommes assis, chacun sur un canapé, et un peu plus loin dans la pièce, mademoiselle E., la fille de ma cousine, papillonne en tendant l'oreille.  Rien de très secret dans notre conversation, et pourtant j'aimerais que nous soyons seuls.  Regarde-nous: nos yeux se cherchent, nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, et pourtant il va partir.  Je l'accompagne, avec ma cousine, son mari et ses filles, jusqu'au parking.  Il me dit quelques mots d'encouragement (Entoure-toi bien), derrière lesquels je voudrais entendre plus.  Nous nous faisons la bise, effleurement des joues de convention, comme les autres autour de nous.  Juste avant de monter dans sa voiture, il suggère une soirée poker le samedi 10 septembre, il sera de retour à Paris et sans enfant à ce moment-là.  Ma cousine lui dit on verra, tu sais la rentrée, on est toujours un peu speed...  Je me sens exclue, presque jalouse, je sais que je serai déjà si loin, le 10 septembre.
Si j'avais su, alors, que le 10 septembre il serait avec moi, rien qu'avec moi, que pour moi il aurait traversé l'Atlantique, franchi la distance...

Mais avant d'en arriver là, il y a eu des semaines de correspondance.  A commencer par un message de ma part (je n'en reviens pas toujours pas d'avoir eu l'audace de demander à ma cousine son adresse e-mail...), le remerciant simplement de notre conversation, le jour de son départ.  Il m'a répondu tout de suite.  J'ai fait de même.  Et nous ne nous sommes plus arrêtés.  Je ne sais comment, si vite, nous en sommes venus à reconnaître une attirance réciproque.  Je ne sais comment nous avons pu, pendant un mois, nous écrire chaque jour, sentant grandir entre nous ce qui n'avait pas encore de nom.  Nos projets de voyage, projets en l'air sur lesquels nous aimions rêver, ces dates que nous échangions, sans parvenir à trouver le moyen de faire coïncider nos calendriers.  Et puis, une sorte de malentendu, je me froisse si facilement, et cette période intense m'a mis les nerfs à fleur de peau - je propose une pause, ne nous écrivons pas pendant quelque temps, c'est mieux.  Il me répond, Tu plaisantes?  Je garde le silence.  Il décide alors qu'il est temps que nous nous revoyions et qu'il va venir. Le weekend suivant.  Je me souviens que j'ai manqué de m'évanouir en lisant son message.  Mais il ne plaisantait pas.  Et deux jours avant le weekend, il m'a confirmé qu'il avait acheté ses billets.  A moi de choisir où nous allions nous retrouver.

Vendredi 9 septembre, il devait pleuvoir toute la journée, et cet extraordinaire soleil ne semble pourtant pas vouloir se voiler.  Je tremble depuis le matin, c'est incontrôlable, mes mains ne m'appartiennent plus.  Mon sac est prêt, bouclé.  J'y ai passé la soirée.  Je regarde sans cesse mon portable, mais j'ai cours - je ne sais comment j'ai réussi à le laisser dans mon bureau le temps d'aller enseigner.  A la fin de l'heure, je quitte ma salle de classe presque en courant.  Son message me dit qu'il est monté dans le train.  Peut-on vraiment éprouver en même temps un tel soulagement et une terreur sans fin?
L'assemblée pour commémorer le 11 septembre me bloque plus longtemps que prévu.  L'émotion est forte, ceux qui prennent la parole ont des larmes plein la voix et je suis prête à défaillir.  Pour le coup, quand on nous lâche enfin, je me mets à courir, je ne m'arrête plus jusqu'à ma voiture.  Il fait si beau, si beau, j'écoute la musique à fond sur la route de mon bonheur, j'ai peur, j'ai envie, que vais-je trouver à la gare?  Cet homme, je ne sais même plus à quoi il ressemble.  Il n'est pas très beau, je sais, alors d'où vient cette attirance?  Il n'est plus temps de se poser des questions.  Je me crois en retard, mais le train n'arrive que deux minutes après que j'ai garé ma voiture.  Je ne tiens à la main que mon portable.  J'attends sur le quai, la peur nouée au ventre, l'inquiétude - et si je ne le reconnaissais pas?  J'en suis capable, je suis handicapée de la recognition des visages.  Le train se vide, il n'est pas là.  Cette fois, c'est sûr, mes jambes vont se dérober.  Je redescends lentement vers la rue.  Je me fais alpaguer par une espèce de grand, large, épais énergumène qui entreprend de me brancher (c'est bien le moment!): You go to Rutgers?  I have seen you before.  Where have I seen you before?  Is your name Marietta?  Je m'échappe, I am sorry, I don't have time.  Je l'ai vu, un peu plus loin, sa silhouette sombre me tournant un peu le dos, les yeux fixés sur son téléphone.  Est-ce lui, vraiment lui?  Je renonce à l'interpeller, j'ai peur que ma voix ne s'étrangle dans ma gorge.  Et si ce n'était pas lui?
Je m'approche, doucement.  Et je m'arrête juste à côté de lui, sans bouger, sans faire de bruit.  C'est bien lui.  Il sent une présence, il se retourne, l'air interrogateur, et puis me reconnaît.  Je voudrais ne jamais oublier ce sourire, l'expression de son visage, cet immense soulagement et ce bonheur qui tout d'un coup l'envahissent.  Il a un geste vers moi, comme s'il voulait entourer mes épaules, et sans que j'ai besoin d'y réfléchir, mes bras sont autour de son cou, il me serre contre lui et nous ne nous lâchons plus.  Je ne sais combien de temps nous sommes restés enlacés.  Il faisait si beau, deux heures de l'après-midi, gare de Small Town, au milieu des voyageurs qui arrivaient de New York.  Son odeur que je n'oublierai plus.  Quand notre étreinte s'est desserrée, nous avons pu enfin nous voir - pas très longtemps, parce que je me suis mise sur la pointe des pieds pour l'embrasser, enfin, à pleine bouche.  Depuis le temps que nous nous l'écrivions, ce baiser ...  Il était à la hauteur de nos espérances, je crois.
Il a fallu partir - les premiers mots que je lui ai dits: "Il faut y aller, j'ai cours dans un quart d'heure", pas très glamour, mais ma journée n'était pas terminée, il fallait bien expédier les affaires courantes.  Je l'ai laissé à Small Town, lui indiquant la bibliothèque, le café, le glacier.  Il m'a embrassée encore une fois et j'ai filé vers l'école.  Je suis arrivée juste à temps pour mon cours, essoufflée, et incapable de rassembler le début du commencement d'une pensée cohérente.  Ne me demande pas ce qui s'est passé pendant l'heure de cours, je n'en ai pas la moindre idée.  J'étais complètement en pilote automatique, je crois que mes élèves ne se sont doutés de rien, et pourtant ils n'avaient devant eux qu'un fantôme de prof.
Il a encore fallu récupérer mes enfants, les ramener à la maison, donner quelques instructions à la babysitter, un peu étonnée de ma fébrilité (Mais où tu vas? - Ah, je ne sais pas encore ... - Mais si tu ne sais pas, comment sais-tu ce que tu dois emporter?  - Bah, je me débrouille...)  Elle a bien rigolé.  Elle a 19 ans, moi 40, et c'est moi l'adolescente.
J'ai repris le chemin de Small Town.  J'ai retrouvé mon correspondant en ville.  Le temps de faire trois pas pour aller jusqu'à la banque, nous avons croisé deux de mes élèves.  Il était temps de partir.  Notre weekend commençait.  Celui qui allait durer une semaine au moins: deux jours - et deux nuits.

 

Tuesday, October 04, 2011

Comme un mardi (52)

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Voilà, c'est fini pour cette année, fini pour les mardis.
Ils me sont venus moins facilement que les lundis.  Mais j'ai fait le tour de l'année, semaine après semaine.  La récapitulation... quand j'aurai le temps (dans une autre vie?)

Wednesday, September 28, 2011

Confused and conflicted

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J'attendais un message de mon correspondant - et c'est d'un autre qu'il m'en est arrivé un, avec, étrangement, des mots qui semblaient empruntés à celui qui m'écrit maintenant si régulièrement.

je pense beaucoup, tout le temps, à toi

Je ne sais que te répondre.  Notre histoire en pointillés, tes interminables silences, nos faciles retrouvailles et tous nos rendez-vous manqués, tout cela ne s'additionne pas en quelque chose de très défini.  Que sommes-nous, au juste, l'un pour l'autre?  Difficile à dire, surtout si tu te tais.
Je n'arrive pas à me débarrasser du sentiment poignant de culpabilité qui m'étouffe.  Je ne supporte pas de te faire souffrir, tout en ne sachant pas exactement ce que tu ressens.  De la colère?  De la déception?  De l'amertume?  Si seulement tu m'en disais plus.  Si seulement tu m'en avais dit plus, avant, avant qu'un autre se mette à m'écrire, souvent, puis quotidiennement.  Celui-là a pris toute la place, et je l'ai laissé faire.
As-tu seulement idée de qui je suis?  Tu ne sembles guère te poser la question.  Cette ombre de Lola adolescente, de Lola à 21 ans qui a été, pour une saison, ton amoureuse, paraît te suffire.  Je ne sais pas, si seulement tu me disais?
Ton silence me jette dans le doute et les questionnements infinis.

Qu'est-ce qu'on aime, vraiment, quand on aime?  N'aime-t-on jamais que la projection qu'on se fait d'un être sur ce qu'il est vraiment, une ombre posée en transparence qui fait écran, pour toujours?

Est-ce que je ne peux aimer que parce qu'on m'aime?  Depuis mon amour malheureux, mes 16 ans à guetter qui ne voulait pas vraiment de moi, et mes 18 à vouloir donner à qui ne demandait rien, plus aucun homme ne m'a fait chavirer le cœur qui ne m'avait déjà dans le sien.  Ça a d'ailleurs été l'origine de cette malheureuse trajectoire croisée sur laquelle est bâtie l'histoire avec mon jeune homme: il m'aimait tellement que j'ai fini, non sans hésitation et résistance, par me laisser aller dans ses bras.  Et m'y trouver si bien qu'en quelques mois je suis devenue complètement, irrémédiablement amoureuse, dépendante, accrochée, addict.  Et lui, pendant ce temps, parcourait le chemin inverse, se détachait peu à peu, ne m'abandonnait pas parce que j'étais alors si fragile, mais laissait s'estomper l'intensité de ses sentiments - jusqu'à les reporter sur une autre, mon image inversée, mon opposée point à point, ma meilleure amie.  Mais c'est encore une autre histoire.

Moi et mes bagages.  L'homme, qui ne sera bientôt plus l'Homme de la Maison, parce que de maison il n'y aura plus, m'a prédit un jour de grande colère que je finirai seule.  Seule.  C'est bien possible.  En attendant, je me demande comment il est possible que les sentiments dormants pendant tant d'années se réveillent soudain tous en même temps autour de moi.  Je me demande si j'ai changé.  Je me demande si, ou plutôt comment je vais payer ces temps de haute intensité.

Confusion.  Je suis déconcertée, désorientée, désarçonnée.  En même temps, je ne peux m'empêcher de penser que changer de route est la meilleure chose qui pouvait m'arriver.  L'étendue devant moi est vaste, à moi d'y tracer mon chemin.  Il y a une certaine exaltation à ce dépaysement.  Même si la peur et l'inquiétude sont du voyage.

Tuesday, September 27, 2011

Comme un mardi (51)

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C'était aujourd'hui l'anniversaire de quelqu'un qui m'est cher, mon correspondant de ces dernières semaines, mon compagnon d'escapade vers la Nouvelle Espérance.  Je le savais seul, dans un lieu dans lequel chaque pas le conduisait vers une vie irrémédiablement, irréversiblement morte pour lui, mais dont il n'est pas encore complètement détaché.  Et je suis si loin ...  Nos mots, à mi-chemin entre nous, tissent jour après jour des liens nouveaux - mais j'aimerais quand même être un peu plus près de lui.  Très près, en fait.

Par une de ces coïncidences qui semblent se multiplier ces derniers temps, mes advisees avaient décidé aujourd'hui de fêter l'anniversaire de l'une d'entre eux (vous ai-je dit que pour la première fois j'ai dans mon groupe un garçon?  Oui, oui!  Je ne peux plus dire "mes filles", mais je me régale à dire "My girls and my boy"...)  Ils sont venus décorer mon bureau avant notre meeting hebdomadaire.  Je les ai laissé faire.  Une fois la surprise révélée, les cupcakes dévorés, les miettes de brownies dument écrasées sur la moquette, ils sont tous repartis en classe et j'ai remis mon bureau un peu en place.  En regardant la photo, je m'aperçois que cet espace est un vrai capharnaüm,  et dire que je pensais avoir mis un peu d'ordre ...

Voilà comment je me suis retrouvée à célébrer un anniversaire aujourd'hui, même si c'est l'homme qui fête aujourd'hui ses 42 ans, et non la jeune fille de 16 ans qui occupait mes pensées.

Happy birthday, my dearest!

Friday, September 23, 2011

Le plus bel enfant

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Parfois je me demande si les gens auraient moins de patience, de bienveillance envers lui, s'il n'était si beau.  Quand il sourit et que ses yeux se plissent, quand il rayonne, le monde entier s'éclaire.
Et pourtant, pourtant, ses crises de colère, ses rages tumultueuses, ses soudaines obstinations me poussent à bout.  Presque quotidiennement.  Et puis, si je lui tends la main, une fois que nos émotions enflammées (les siennes autant que les miennes) sont retombées, il abandonne tout d'un coup sa position de défiance, son retranchement intransigeant, son exaspération qui est montée aussi vite que la mienne.  Il se love dans mes bras et il se trouve que mes bras ont exactement la forme qu'il faut pour contenir son corps câlin.  C'était vrai quand il était petit - et ça n'a pas changé.  Je n'ai pas les bras extensibles, mais il s'adapte fort bien aux contraintes physiques de son développement.  En revanche, sur le plan social et émotionnel, s'il pouvait toujours rester à 10 ans, ça lui conviendrait très bien.  Il n'a pas hâte de grandir.  C'est étonnant - et douloureux pour moi- , de voir à quel point grandir est un difficile processus pour cet enfant.  Sa route est semée d'embûches et il n'a toujours pas compris que freiner un peu à l'avance suffirait à éviter les pires accidents.

Mon bel amour, le plus bel enfant (oui, je sais, pour moi, parce que les vôtres aussi sont les plus beaux pour vous), mon Paolo a eu 11 ans aujourd'hui. 
Il a passé une excellente journée.  Son casier a été décoré par les copains, les enfants de sa classe l'ont "Happy Birthdayisé', le directeur du collège a chanté pour lui à la cantine, son père lui a fait des steaks sur le bbq, Else est venue dîner à la maison (pour la première fois depuis ... ohlalal! une éternité), il a reçu plein de cadeaux super, qu'il attendait ou non...  Il ne veut pas se coucher ce soir.  Peut-être que si on ne dort pas (du tout), on peut rester au même âge toute sa vie.  Et profiter des saisons sans sentir la pesante obligation de progresser.  Il a bon espoir.

Tuesday, September 20, 2011

Comme un mardi (50)

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21h30.  La journée est enfin finie, j'ai fait le tour des profs de mes enfants, me partageant entre les deux emplois du temps, choisissant un peu les classes qui me plaisaient (oh, le bonheur d'écouter parler la prof de théâtre, qu'est-ce que je l'admire, cette femme-là!)
Sur mon bureau, je retrouve une poire (pour la soif?) et je me dis que cette journée dominée par la colère (la mienne surtout, mais aussi celle des autres) aurait bien besoin de finir sur une pointe de douceur.
C'est à moi de la trouver, cette douceur, à moi seule de faire advenir l'apaisement qui me permettra de continuer sereinement, l'énergie qui me mettra du vent dans les voiles.  La route est longue!

Monday, September 19, 2011

Un petit bout de dimanche matin

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Il n'a pas fait beau longtemps, mais tant que ça a duré, j'en ai profité.  J'ai écrit à celui avec qui je voudrais passer mon temps (au lieu de traîner en essayant vaguement mais vainement de travailler), je lui ai écrit un message ensoleillé et puis les nuages sont arrivés.  Ma semaine va être interminable.  Deux soirées passées à l'école, l'une en tant que parent, l'autre en tant que prof, et la fatigue qui commence à peser sur mes épaules (déjà?)
Il m'est de plus en plus difficile d'écarter les tracasseries du quotidien à grands coups de moments heureux.  J'y étais arrivée jusqu'à aujourd'hui, mais là je déclare un peu forfait.  La magie s'estompe...

C'était aujourd'hui l'anniversaire de mon frère.  Dix-huit ans ...  Et je n'ai pas pu trouver un moment pour l'appeler, enchaînant cours et réunion.  Je me souviens, il y a dix-huit ans, de la merveilleuse journée d'été indien durant laquelle j'avais parcouru le Marais avec ma cousine - journée du Patrimoine.  Et mon frère, minuscule, au prénom de poète, que j'étais allée voir en fin de journée.  Maintenant, il faut qu'il se plie en deux pour m'embrasser, il dépasse mon père, cette grande perche!  Je ne sais pas s'il a fait beau à Paris, aujourd'hui.  J'espère que oui, pour tous ceux que j'aime et qui s'y trouvent.

Tuesday, September 13, 2011

Comme un mardi (49)

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 Sortie d'école.

Monday, September 12, 2011

New Hope

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Un merveilleux weekend.  Oui, juste merveilleux.

Tuesday, September 06, 2011

Comme un mardi (48)

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Un vrai temps de pré-rentrée ...
Demain, c'est pour de vrai, on entre dans l'arène.  C'est reparti jusqu'en juin!

Monday, September 05, 2011

Des papillons

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J'ai des papillons partout en moi.  Jusqu'au bout des doigts.  Je ne me reconnais pas.  Pourtant, c'est moi, c'est bien moi - et je devrais le savoir, depuis cet été et même le précédent, je devrais savoir que je suis capable de suivre mon cœur, de me laisser porter par ce qui me soulève - des papillons, en l’occurrence, qui tourbillonnent jusqu'à me donner le vertige.
La rentrée, demain.  Mais je suis le mouvement sans vraiment m'inquiéter.  Je suis déjà ailleurs.

Playlist du matin (pourtant au hasard):
We have finally decided to grow...
***
Je n'aime que toi...
***
Tout peut changer aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie...
***
Cher ami à bientôt...
***
C'est d'accord, je t'accueille, moi je dors le fauteuil...
***
Le souvenir qui nous pèse
Plutôt que le laisser pourrir
Se rendre en haut de la falaise
Et là jeter tout à la mer
Des containers de vieilles affaires
Des rancunes et des pardons
Envoyés par dix mètres de fond
Tout ce qui m'a touché, coulé
Tout ce que j'ai choyé, noyé
De ce naufrage, ce Trafalgar,
Toi seule sera rescapée
Je ne sauve que notre histoire
Tout le reste peut bien sombrer...

Saturday, September 03, 2011

Mon été

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Je ne sais comment parler de mon été.

A vrai dire, je ne sais plus vraiment comment écrire ici.
Juste avant de partir en France, je me suis dit que j'allais, pour de bon, fermer ce blog. Le sens qu'il y aurait à continuer à écrire ici m'échappe. Plusieurs conversations avec des gens que j'estime - et qui ignorent tout de mon jardin secret - m'ont presque fait honte. Quelle idée de s'exposer ainsi, pour qui et pour quoi? Et puis, mes garçons sont à l'âge où les mises en garde sur les dangers du www deviennent nécessaires. En leur répétant: rien ne s'efface, on ne peut pas revenir en arrière, tout ce que vous mettez de personnel sur le web peut être utilisé contre vous, je pense à moi et mon exhibitionnisme, ici même. Et je ne me contente pas de me montrer, je les ai enrôlés dans mon show, eux aussi, sans qu'ils le sachent.
Oui, j'ai honte.

En même temps, je sais ce que m'a apporté cet endroit, qui est à la fois une sorte de journal, compte-rendu des humeurs, des hauts et des bas que je traverse, et un exutoire où épancher ma tristesse, ma frustration, mes peurs. Le petit cercle qui au fil des ans s'est formé autour de ces pages m'est devenu précieux. Pourtant, quand je me suis retrouvée à Paris, en juillet, toute engluée dans une détresse paralysante, je n'ai pu appeler aucune de ces bienveillantes commentatrices. J'avais besoin de me détacher de mon blog. Et je ne savais comment établir le contact entre la vraie vie et celle d'ici (là). Je me rends compte à quel point je me sens peu libre: c'est comme si, dès que je mets le pied en France, tout mon entourage, famille, amis, avait le droit de revendiquer mon temps, tout mon temps. Je m'y prête de bonne grâce, je dois le reconnaître. Mais il m'est difficile d'échapper à leur vigilance pour avoir un peu de temps pour moi. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point pouvait être pesante cette affection sans relâche. Je croyais que mon manque de liberté venait de l'homme qui m'accompagnait - c'était vrai, mais ce n'était qu'une partie du tableau.

Maintenant que j'aimerais aller et venir à ma guise, partir pour un weekend sans rendre de compte, rencontrer qui bon me semble sans en rien dire à personne, je m'aperçois que c'est illusoire: ma vie entière semble être constamment sous le regard de quelqu'un. D'où le délicieux frisson de cette correspondance secrète, qui m'enchante depuis plusieurs semaines. Mais si elle aboutit un jour à un voyage, comment le dire à ceux qui attendent de moi que je sois exactement là où ils pensent que je dois être?

Mon été, donc, puisque j'ai décidé d'en parler, a été un bizarre échafaudage, une superposition hétéroclite de bons et de mauvais moments, que j'ai grimpé sans savoir où j'allais arriver. Le plus étrange, dans cette construction, c'est que je n'arrive pas bien à en mettre en ordre les strates temporelles: les événements s'empilent sans séquence chronologique, les rencontres se télescopent, il y a comme un décalage que je ne m'explique pas bien. J'ai passé, depuis que je suis revenue, beaucoup trop de temps à essayer de mettre en ordre mes souvenirs, et je ne crois pas y être bien arrivée.
Au cœur de mon été, il y a eu la maladie et un passage trop près de la mort qui ne se laissera pas oublier. Il y a eu la volonté de vivre, insufflée encore et encore, un effort commun. La découverte que la famille peut être chargée de ce devoir de veille: rempart contre le malheur, nous tous serrés les uns contre les autres, conscients des failles dans notre barrage, mais faisant face, bravement. Que je suis heureuse d'avoir été là, avec eux!
Et puis, les rencontres. Celles que j'attendais, qui se sont parfois produites, mais à côté desquelles je suis le plus souvent passée. Frustration de l'interminable attente, déception des communications défaillantes. Tu m'entends? Non, décidément pas. Celles que je n'attendais pas, celles que j'ai provoquées (j'ai eu de l'audace, cet été, et je ne parle pas seulement des escaliers de pierre à deux heures du matin). Quelques mots lancés dans le vide pour voir s'ils atterriraient quelque part. Ils ont visiblement traversé le gouffre et ont été récupérés, de l'autre côté. Un fil ténu, auquel je m'accroche désormais un peu trop.

Voilà, tout cela est vraiment trop sibyllin, volontairement sans doute. Pour ma mémoire.
Je reviendrai quand je pourrai, c'est promis.

Tuesday, August 30, 2011

Comme un mardi (47)

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Comme un mardi (46)

...
Jour de voyage, pas de photos.
Alors je triche et j'emprunte à mercredi: le jour suivant, j'ai reçu un merveilleux paquet, de qui me connaît si bien sans m'avoir jamais rencontrée. A cette amie, qui a adouci un retour difficile: merci, merci ...
(23, enfin 24 août)

Comme un mardi (45)

...
De ma fenêtre, au réveil.
J'ai peu dormi, cet été.

Je portais, ce jour-là, une longue jupe blanche. C'était le jour de la clôture, de la courette, c'était un jour doux-amer.
(16 août)

Comme un mardi (44)

...
Un peu de sérénité, finalement.
Et le début d'une correspondance qui m'est devenue si précieuse.
(9 août)

Comme un mardi (43)

...
The day after.
Plus rien ne sera jamais comme avant.
(2 août 2011)

Comme un mardi (42)

...
Chez mon père. Sous la pluie.
(26 juillet)

Monday, August 29, 2011

Irène, mes valises et moi

...
Irène est passée par chez moi et a été clémente. Alors qu'autour de moi, je n'entends parler que coupure d'électricité, inondation, arbres en travers des routes, je ne peux me plaindre que d'une nuit un peu angoissée et d'un peu d'eau dans la cave (avant d'entendre les récits des autres, je disais "Cave inondée!"; maintenant je relativise).

Oui, j'ai, comme tout le monde, couru partout vendredi pour faire le plein de bouteilles d'eau (3 supermarchés avant d'arriver à dénicher un pack, l'avant-dernier du rayon), de boîtes de conserve, de paquets de chips et autres nourritures non périssables. Pas moyen de mettre la main sur des lampes de poche, les magasins avaient été dévalisés. Tant pis, on en a deux ou trois. En fin de compte, nous sommes parmi les rares dans le coin qui n'avons pas eu de coupure d'électricité et internet a tenu le coup sans défaillir, ce qui m'a permis de rassurer ma famille et de continuer la correspondance secrète qui m'enchante, ces derniers temps.
Oui, j'ai rempli ma baignoire et toutes les casseroles, bols, bassines d'eau, en prévision d'une coupure qui nous gênerait pour nous laver et pour tirer la chasse (trrrrrès embêtant). Pas de coupure, j'ai pu ce matin vider la baignoire et ranger les casseroles.
Oui, j'ai scotché du carton sur les fenêtres des chambres des garçons.
Oui, j'ai passé une (courte) nuit un peu difficile, installée par terre dans le den avec Dudie, parce que les deux gros arbres de l'autre côté des murs de nos chambres bougeaient un peu trop. Une poignée d'heure à dormir, quelques unes à s'inquiéter, et tout le reste à éponger la cave.
Oui, j'ai écouté les vents violents, la pluie incessante, le grondement du ruisseau devenu torrent, en bas de notre jardin, en me disant qu'un ouragan, par définition, passe et va voir ailleurs s'il y a mieux à détruire.
Et voilà, c'est fini, Irène est passée et nous sommes parmi les chanceux qu'elle n'a pas trop embêtés. Quelques heures d'épongeage, de serpillage et de séchage, et la cave est redevenue elle-même.
Ma semaine de pré-rentrée (4 jours pleins de réunions et séminaires) s'est transformée en "temps pour moi" (non, j'exagère, j'ai tellement de boulot en retard... Disons "période de rattrapage"): l'école est sans électricité, fermée jusqu'à la semaine prochaine. Les réunions ont été réduites à presque rien, la rentrée est décalée d'un jour.
Du coup, j'ai plus de temps pour ranger mes valises, qui traînent depuis presque une semaine, et c'est tant mieux.

Après le tremblement de terre qui nous a longuement retenus dans l'aéroport de Montréal, l'ouragan qui nous a accueillis à peine arrivés, je peux dire: I luvvvve NJ! Maintenant quoi? Une tempête de neige?

Merci de tous vos mots gentils. Je reviens bientôt - je ne sais pas encore sous quelle forme, mais je reviens. Merci encore d'être là.


Sunday, July 24, 2011

Pas de mardi (41)

...
Mardi est le seul jour de la semaine dernière où je n'ai pas pris de photo.
Mardi à Paris, mardi gris, mardi pluie.
J'aurais tellement, tellement aimé être heureuse d'être là, profiter, marcher dans les rues, voir des amis et d'autres qui le sont presque, boire un verre en terrasse, raconter des bêtises jusque tard dans la nuit - mais voilà, un voile sombre couvre tout et je n'ai qu'une hâte, partir. L'angoisse gagne insidieusement, et je plie. A part un mercredi au Louvre, promis depuis un an, je n'ai rien pu faire de mon passage à Paris. Une courte visite à un nouveau-né m'a presque fait défaillir d'anxiété. J'ai acheté des pyjamas - pour les garçons et aussi un pour moi -, des pulls - il fait froid, et puis j'ai rebroussé chemin.

Tout ce que je pensais laisser derrière moi, je l'ai retrouvé en fait ici.
L'année dernière, je n'attendais rien de mon été, j'étais arrivée complètement vidée - d'énergie, d'espoir, de perspective - et je suis repartie tellement plus forte. Tout ce qui m'avait alors accueillie, entourée, regonflée, je l'attendais cette année, j'y comptais. Hélas, rien de cela. La tristesse, la souffrance, la peur - une juste continuation de mon année.
Et la pluie, le froid, pour s'accorder avec l'humeur du moment.